Deux lacunes pour les F-35 canadiens

Le ravitaillement en vol et l'atterrissage dans le Grand Nord posent problème

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 » alt= »Le F-35 est incompatible avec le système de ravitaillement en vol du Canada. Les Forces canadiennes affirment que ses deux ravitailleurs doivent être remplacés d’ici 2015, et que l’achat de nouveaux appareils compatibles avec le F-35 pourrait être la solution.
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Photo : Tom Reynolds
Le F-35 est incompatible avec le système de ravitaillement en vol du Canada. Les Forces canadiennes affirment que ses deux ravitailleurs doivent être remplacés d’ici 2015, et que l’achat de nouveaux appareils compatibles avec le F-35 pourrait être la solution.

Les nouveaux avions de chasse F-35 que le gouvernement veut acquérir au coût de 9 milliards de dollars ne sont pas adaptés aux atterrissages dans le Grand Nord et sont incompatibles avec les avions-citernes de ravitaillement du Canada. Des modifications de plusieurs millions de dollars pourraient donc être nécessaires pour que les F-35 remplissent ces deux besoins des Forces canadiennes.

Les avions de chasse CF-18 de Boeing, acquis par le Canada dans les années 80, avaient été développés pour la marine américaine, notamment pour une utilisation sur les porte-avions. La distance de freinage des appareils est donc très courte, et un crochet à l’arrière de l’avion permet de s’accrocher à un câble si la piste n’est pas assez longue.

Or, la version du F-35 de Lockheed Martin que le Canada souhaite acheter est celle de l’armée de l’air américaine. Sa distance de freinage plus longue l’empêche d’atterrir sur les courtes pistes du Grand Nord canadien, où des patrouilles sont nécessaires. Le bureau du premier ministre Harper avait d’ailleurs justifié l’achat du F-35 par la nécessité d’intercepter les bombardiers russes dans l’Arctique.

Hier, le ministre de la Défense, Peter MacKay, a soutenu que les Forces canadiennes «ont des discussions» à propos de ces difficultés et que l’une des solutions envisagées est l’ajout d’un petit parachute à l’arrière de l’avion, que les pilotes pourraient actionner à l’atterrissage pour réduire la distance de freinage. «La technologie existe» pour contourner ce problème, a dit le ministre. Il n’a toutefois pas dit combien pourrait coûter une telle modification à l’appareil. Des spécialistes estiment toutefois que les grands vents du nord pourraient rendre cette technologie difficile à utiliser certains jours.

Chez Lockheed Martin, la porte-parole, Kim M. Testa, a refusé de dire combien pourrait coûter une telle modification à l’appareil, renvoyant la balle dans le camp du gouvernement canadien. Elle a ajouté que les Pays-Bas et la Norvège se penchent sur le même problème.

Autre difficulté avec le F-35: il est incompatible avec le système de ravitaillement en vol du Canada. Les Forces canadiennes utilisent deux avions CC150 Polaris pour ravitailler les CF-18 lors des missions à long rayon d’action.

Les Forces canadiennes affirment que ces deux avions doivent être remplacés d’ici 2015, et que l’achat de nouveaux appareils compatibles avec le F-35 pourrait être la solution. La facture atteindrait alors plusieurs millions de dollars.

Les Forces canadiennes envisagent aussi de demander à Lockheed Martin d’équiper les F-35 canadiens avec le système de ravitaillement de la version du F-35 destiné à la marine américaine, qui, lui, est compatible avec les CC150 Polaris. Kim M. Testa, de Lockheed Martin, affirme que cette permutation est possible. «L’appareil est prévu pour effectuer une telle modification», a-t-elle dit, refusant encore une fois d’aborder les coûts. Les Forces canadiennes n’ont pas été en mesure de répondre à nos questions hier.

Alec Castonguay, journaliste, Le Devoir
Avec la collaboration d’Hélène Buzzetti



Articles Par : Alec Castonguay

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