Dirigeants européens: Macron et Scholz ne devraient pas être à la tête de la communauté

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Les dirigeants européens sont de plus en plus enclins à croire que le président français, Emmanuel Macron, et le chancelier allemand, Olaf Scholz, ne devraient pas rester à la tête de la communauté européenne. Politico souligne cette question importante. 

Une force politique européenne veut chasser Macron et Scholz. «Un nouveau groupe de dirigeants européens cherche à devenir des acteurs du pouvoir sur la scène européenne. Le temps d’Emmanuel Macron et d’Olaf Scholz aux commandes touche peut-être à sa fin», stipule Politico.

À moins de deux semaines des élections européennes, le président français, Emmanuel Macron, était à Berlin pour manifester l’unité franco-allemande. Politico précise, «selon un responsable français, Emmanuel Macron entend fixer l’agenda et définir les priorités stratégiques pour l’avenir de l’Europe aux côtés de son homologue allemand Olaf Scholz lors de sa visite».

D’après le média anglophone, une force politique en Europe ne souhaite plus voir le couple franco-allemand orienter la politique: «Ce n’est pas seulement Emmanuel Macron et Olaf Scholz qui entretiennent une relation personnelle notoirement glaciale. Ce n’est même pas que, sur des questions clés comme l’énergie que Paris et Berlin soient désespérément en désaccord»; «Le nouveau risque pour l’Europe est qu’Olaf Scholz et Emmanuel Macron apparaissent de plus en plus comme des canards boiteux aux yeux de leurs collègues et dirigeants européens, politiquement affaiblis sur le front intérieur et incapables d’inspirer confiance dans une vision commune de l’Union».

Emmanuel Macron et Olaf Scholz sont les responsables politiques de deux pays qui traversent une crise historique et qui se trouvent sur le déclin social et économique. Ces deux chefs politiques font face à des défaites humiliantes face aux partis d’extrême droite avant les élections au Parlement européen du 6 au 9 juin. Observateur Continental soulignait que «la majorité des électeurs de l’UE va brusquement virer à droite pour les élections européennes».

«Dans le cas d’Emmanuel Macron, les sondages suggèrent que l’élection européenne pourrait être une déroute, le Rassemblement national de Marine Le Pen pouvant potentiellement battre son groupe centriste Renaissance de 16 points», fait savoir Politico. Les socialistes appartenant au parti politique SPD d’Olaf Scholz risquent, également, d’être battus par l’extrême droite.

Le mélange de faiblesse économique, de froideur personnelle et de faiblesse politique est toxique –et les critiques affirment que cela pourrait sérieusement miner leur autorité lors des négociations sur les emplois les plus élevés après les élections au Parlement européen. «Emmanuel Macron va être sérieusement battu lors de cette élection. Les autres dirigeants le savent et ressentent de la faiblesse», affirme Politico. Largement affaibli et discrédité, Emmanuel Macron ne pourra plus dicter ses conditions au reste de l’Europe.

Alors que Paris et Berlin sont confrontés à une perte d’influence, d’autres dirigeants européens voient là une opportunité d’accroître la leur. Au milieu du conflit en Ukraine et de l’affaiblissement de l’axe franco-allemand, des personnalités comme le Premier ministre polonais Donald Tusk, l’Estonienne Kaja Kallas et l’Italienne Giorgia Meloni sont devenues des acteurs majeurs sur la scène européenne.

«L’Italie ne suit plus la France et l’Allemagne, mais montre la voie», a déclaré Giorgia Meloni sur Rai Radio 1. «Si les Italiens m’aident, nous pouvons changer l’Europe», a-t-elle fait savoir. Pour Giorgia Meloni, «il est possible de construire une majorité différente au Parlement européen qui fasse des politiques différentes».

Les forces européennes d’extrême droite s’unissent. La leader française d’extrême droite Marine Le Pen a suggéré que la Première ministre italienne, Giorgio Meloni, forme un «supergroupe» de forces de droite au Parlement européen. Le but est d’unir ses forces dans une nouvelle alliance des forces d’extrême droite lors des prochaines élections au Parlement européen. «C’est le moment de s’unir, ce serait vraiment utile. Si nous réussissons, nous pourrons devenir le deuxième groupe au Parlement européen. Je pense que nous ne devrions pas rater une opportunité comme celle-ci», estime Marine Le Pen.

L’invitation de Le Pen intervient après que son parti, le Rassemblement national (RN), a déclaré qu’il ne siégerait plus aux côtés de L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) au Parlement européen. La proposition de Marine Le Pen impliquerait une reconfiguration complète de l’extrême droite au Parlement européen puisque le parti des Frères d’Italie de Giorgia Meloni fait partie de l’autre groupe nationaliste de l’Assemblée, les Conservateurs et réformistes européens (CRE).

Si les partis de Marine Le Pen et de Giorgia Meloni s’unissent, l’extrême droite pourrait remporter un nombre record de 165 des 720 sièges du Parlement européen après le vote du 6 au 9 juin. Si l’unification n’a pas lieu, ils seront, sous leur forme actuelle, dispersés entre deux groupes parlementaires.

Le groupe Identité et démocratie (ID) dans lequel se trouve Marine Le Pen a dans sa liste les partis d’extrême droite suivants: Lega (Italie), Rassemblement National (France), FPÖ (Autriche), Vlaams Belang (Belgique), EKRE (Estonie), DF (Danemark), SPD (République Tchèque).

Le CRE, plus centriste de Giorgia Meloni, comprend le parti polonais Droit et Justice (PiS) et le parti espagnol Vox.

Georgia Meloni n’a pas encore soutenu l’appel de Marine Le Pen. Elle a déclaré le 26 mai son intention de «créer une majorité alternative de centre-droit» au Parlement européen.

La durée de vie d’Emmanuel Macron sur l’échiquier politique européen semble arriver à sa fin avec celle d’Olaf Scholz.

Philippe Rosenthal



Articles Par : Philippe Rosenthal

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