Enquête sur les armes utilisées dans la guerre du Liban en 2006

Rapport intermédiaire

Le rapport d’octobre 2006 de Dai Williams est aisément compréhensible et on peut en recommander la lecture à chacun. Il permet aux lecteurs de comprendre et de ressentir ce qu’est la dure réalité de la guerre. Après cela, il est impossible de refouler images et problèmes. Nous publions le chapitre 18 et une partie du chapitre 19 de ce document destiné au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. (Horizons et Débats)

Conclusions intermédiaires destinées aux inspecteurs du Conseil des droits de l’homme des Nations unies (CDH).

La commission d’enquête dispose d’une équipe de soutien comprenant notamment un expert militaire. Elle est sans doute tout à fait au courant de l’éventail des armes utilisées par les forces armées israéliennes, dont celles fournies par les Etats-Unis et d’autres pays. Elle connaît sans doute également les métaux secrets utilisés dans les 25 armes guidées que je soupçonne de contenir des ogives à l’uranium. S’il en est ainsi, il est possible qu’elle ne soit pas autorisée à divulguer ces informations. Toutefois les informations apportées ici, auxquelles s’ajoutent les résultats d’enquêtes effectuées par diverses organisations donneront l’occasion à la commission d’enquête du CDH de rendre publiques des données sur plusieurs nouvelles technologies en matière d’ogives en vue d’inspections internationales.

Plusieurs personnes et groupes, dont des membres de l’AIEA, des Suisses, des Hollandais, des Américains, des Allemands et des Italiens ont cherché des preuves de radioactivité ou d’usage d’armes à l’uranium. Leur niveau de connaissances en matière d’armes connues ou éventuellement illégales joue un rôle important dans leur recherche de preuves de l’usage d’armes illégales toxiques, radioactives ou autres. Comme les sites touchés sont nettoyés, il devient rapidement difficile de découvrir des preuves matérielles.

D’après des témoins oculaires, l’usage d’armes thermobariques par Tsahal semble évident. Le CDH pourrait recueillir des témoignages analogues. Toutefois, il est nécessaire d’enquêter plus en détail sur les victimes, la contamination et l’état de santé actuel des personnes habitant dans les zones bombardées.

Les armes thermobariques peuvent être des armes aux effets indiscriminés indépendamment des matériaux dont elles sont faites. Mais si elles contiennent de l’uranium – soit dans l’enveloppe des ogives soit dans leur métal explosif réactif – elles constituent sans aucun doute des «bombes sales» aux conséquences sanitaires et environnementales irréversibles. Ces armes représentent probablement un aspect important de l’enquête du CDH.

Je crois que l’usage des armes incendiaires est limité par des dispositions de la Convention sur l’interdiction ou la limitation de l’emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination. (Genève, 1980) Il convient d’enquêter de manière approfondie sur l’éventuel usage d’uranium ou d’autre métaux réactifs dans les nouveaux systèmes d’armes américaines ou israéliennes.

Pour obtenir des preuves décisives de l’utilisation d’armes à l’uranium, les enquêteurs peuvent avoir besoin d’instruments permettant d’étudier d’importants échantillons d’air prélevés dans le sud du Liban. Le PNUE et l’AIEA ont accès à ce genre d’instruments et à des spécialistes aptes à effectuer de tels contrôles, lesquels sont soumis à l’autorisation et au financement des Nations unies.

Des scientifiques de différents pays suivent ces études avec intérêt. De nombreux pays effectuent régulièrement des mesures de la radioactivité de l’air. L’AIEA devrait posséder des données mondiales concernant les 8 dernières années. Elles devraient être demandées et publiées par les Nations unies.

Autres sujets d’enquête

Je m’intéresse principalement aux conséquences de l’usage des armes à l’uranium pour la santé et la sécurité des civils et des soldats. Le développement de ces armes a été dissimulé pendant 15 à 20 ans mais maintenant il est officiel. L’utilisation militaire d’armes à l’uranium est attesté par les données concernant les échantillons d’air de l’Atomic Weapons Establishment du Royaume-Uni qui montrent que l’augmentation des taux d’uranium dans des filtres est étroitement associée à des périodes de conflit.

Il existe des risques sanitaires potentiels pour les personnels – de l’ONU ou d’autres organisations – qui étudient les sites frappés par ces armes, risques provenant soit de munitions non explosées soit d’une possible contamination toxique ou radioactive. Les plus exposées aux dangers sont les personnes qui ont été dans les régions de combats pendant le conflit, qui y vivent ou y travaillent encore et celles qui nettoient et transportent les débris trouvés sur les sites bombardés potentiellement contaminés. Leur état de santé devrait être surveillé régulièrement.

Le PNUE et le CDH sont sans doute conscients du fait que beaucoup des systèmes d’armes en question représentent d’importants intérêts commerciaux aux Etats-Unis, en Israël et dans près de 20 autres pays. Ils peuvent être l’objet de pressions visant à réduire la surveillance sanitaire et environnementale ou à censurer les publications qui leur sont hostiles. Si l’on constate une contamination au Liban, il faut s’attendre à une contre-propagande visant à minimiser les dangers sanitaires des armes à l’uranium – comme l’a fait l’OTAN en 2001 pour détourner l’attention des morts mystérieuses de soldats engagés dans les Balkans.

La publication régulière des résultats est une des stratégies permettant au PNUE et au CDH de mener des études les plus objectives possibles au Liban.

J’espère que les équipes du PNUE aussi bien que de la commission d’enquête du CDH seront autorisées à procéder à des recherches rigoureuses. Je suis reconnaissant à ceux qui m’ont assisté dans mes recherches, notamment en photographiant les nouvelles armes utilisées par Tsahal. La plupart d’entre elles ont été fournies par les Etats-Unis et étaient semblables à celles utilisées en Irak. Aussi les recherches des Nations unies pourront-elles avoir des implications sur de futures études effectuées dans d’autres zones de conflit.

Le rapport intermédiaire s’est concentré essentiellement sur la description des cibles afin de permettre l’identification des armes. Mon premier rapport (30 août) était complété par un certain nombre de suggestions concernant des questions de santé et de sécurité et sur la protection des personnes et des organisations participant aux recherches. Il est disponible sur le site www.eoslifework.co.uk/pdfs/u26leb806.pdf

Dai Williams est chercheur indépendant en Grande-Bretagne.          

Article original en anglais: www.eoslifework.co.uk/pdfs/u26leb19oct.pdf 

Traduction: Horizons et Débats


Articles Par : Global Research

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