Entretien avec Denis Gorteau: « À mort l’Irak »

QUE FAIRE : Quand ton livre a-t-il été écrit ?

Denis Gorteau : Mon roman a été rédigé juste après la chute de Bagdad en avril 2003. Par la suite, l’ensemble n’a subi que des retouches de forme.

Q F : Quel est l’apport de ton livre À MORT L’IRAK ?

DG : À MORT L’IRAK est d’abord un roman qui raconte à la première personne, la guerre d’un jeune soldat américain sans expérience qui quitte sa vie médiocre de civil pour venir profiter de sa position de force dans un pays battu d’avance. Un comportement très courant en cas de guerre lointaine.

Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est la guerre au quotidien À MORT L’IRAK donne une vision à chaud du conflit.

De plus, mon introduction historique et géopolitique replace la guerre de 2003 et ses suites dans le contexte de la mondialisation.

QF : Pourquoi avoir choisit un style célinien pour ton roman ?

DG : Qui mieux que Louis-Ferdinand Céline a décrit l’absurdité et l’horreur de la première guerre mondiale ? Avec un style direct et populaire, il a montré mieux que quiconque comment la guerre 14-18 avait été un mensonge géant et un cauchemar pour le monde entier.

Pour montrer simplement l’invasion de l’Irak, je me devais d’être à la fois efficace et accessible pour disséquer l’horreur programmée du président Bush.

QF : Ton livre est-il un livre politique ?

DG : Oui et non. En effet, s’opposer à la guerre en Irak ou même démasquer les mensonges de l’US army est forcément politique. Mais le rejet de l’impérialisme américain en général et l’opposition à la guerre de 2003 en particulier ne sont le monopole d’un parti ou d’un camp. La politique de Bush soulève le cœur de citoyens de toutes opinions et de toutes origines.

QF : La conclusion de ton livre peut paraître pessimiste. La folie est-elle la seule issue à la guerre ?

DG : Avant que les rapports de force internationaux changent, la folie, l’intégrisme ou le racisme seront longtemps les conséquences prévisibles de l’injustice et de l’impérialisme. La folie du personnage principal n’est que l’allégorie de la folie du système qui le manipule.

QF : Pourquoi avoir demandé à Alain Chevalérias de rédiger la préface ?

DG : Alain Chevalérias connaît très bien le Proche-Orient. De plus, c’est un journaliste arabophone qui a connu des situations de guerre. J’ai pensé qu’il pouvait très utilement présenter À MORT L’IRAK comme une œuvre de pure fiction qui cadre avec le rejet croissant de la politique étrangère des États-Unis. De plus ses travaux sur le terrorisme sont riches d’enseignements.

Denis Gorteau, plus connu sur ce site sous le pseudonyme de Terouga va publier prochainement À MORT L’IRAK, un roman sur l’invasion de l’Irak.

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