Faut-il s’attendre à une troisième guerre du Karabakh en Transcaucasie?

L’Azerbaïdjan et l’Arménie ont relancé les activités militaires à la frontière. Un conflit a éclaté sur la ligne de démarcation sur le territoire des régions de Kelbajar et de Latchin transmis à Bakou après le conflit au Haut-Karabakh.

Bakou accuse Erevan de volonté d’améliorer sa posture en prenant des hauteurs et des positions plus avantageuses dans les régions de Kelbajar et de Latchin de la frontière nationale. Erevan insiste sur le fait que c’est Bakou qui a commencé des combats locaux à la frontière en utilisant des roquettes.

Selon le Parquet arménien, « le 14 novembre, un groupe de militaires azéris armés a traversé la frontière nationale arménienne en direction de la ville de Sisian, région de Syunik, a progressé sur 1-2 km, a approché de quatre postes de combat de l’armée arménienne et a menacé d’utiliser la force ».

L’autorité a noté qu’une affaire pénale avait été ouverte pour « franchissement illégal de la frontière nationale par un groupe de personnes avec préméditation, soit par un groupe organisé, soit avec violence ou la menace d’en faire usage » et pour « actes visant à enfreindre l’intégrité territoriale ». Suite à cette situation, comme l’a déclaré Armen Grigorian, secrétaire du Conseil de sécurité d’Arménie, le pays a déjà demandé à la Russie son aide pour défendre son intégrité territoriale. Il a noté que « c’est un appel oral qui aura une procédure écrite ». À la question de savoir quelle aide attend l’Arménie, le responsable a répondu: si possible, régler cette crise par les négociations, sinon « apporter à l’Arménie une aide militaire suffisante pour que l’Arménie puisse dénouer cette situation ».

Les litiges territoriaux entre les deux pays sont apriori irréconciliables. Le conflit de septembre au Haut-Karabakh a montré qu’aucun des belligérants n’accepterait l’état de choses actuel. Erevan attendra sa revanche, Bakou espérera approfondir son succès. La seule possibilité d’éviter une escalade militaire est la démarcation de la frontière sous la surveillance d’un tiers. En l’occurrence, de la Russie. La Russie est un allié de l’Arménie dans le cadre de l’Organisation du traité de sécurité collective ainsi qu’un partenaire de l’Azerbaïdjan.

Mais il existe un facteur aggravant, c’est le rôle de la Turquie. Le ministre turc de la Défense Hulusi Akar ne cache pas qu’Ankara soutient Bakou.

« Les forces armées turques continuent de soutenir l’armée azérie dans la modernisation et l’activité d’entraînement ainsi que la recherche et la neutralisation de mines (engins explosifs artisanaux) dans les régions libérées de l’occupation arménienne », a déclaré Hulusi Akar.

Il est à supposer que l’aide apportée à Bakou est bien plus large. L’Azerbaïdjan est économiquement bien plus prospère que l’Arménie. L’achat d’armements de pointe turcs a permis au pays de renverser le cours de la confrontation depuis des années au Karabakh et à reprendre les territoires considérés comme azéris sous son contrôle. Tout cela pourrait pousser Bakou à régler ses problèmes territoriaux par la force.

Alexandre Lemoine



Articles Par : Alexandre Lemoine

Avis de non-responsabilité : Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que le ou les auteurs. Le Centre de recherche sur la mondialisation se dégage de toute responsabilité concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes.

Le Centre de recherche sur la mondialisation (CRM) accorde la permission de reproduire la version intégrale ou des extraits d'articles du site Mondialisation.ca sur des sites de médias alternatifs. La source de l'article, l'adresse url ainsi qu'un hyperlien vers l'article original du CRM doivent être indiqués. Une note de droit d'auteur (copyright) doit également être indiquée.

Pour publier des articles de Mondialisation.ca en format papier ou autre, y compris les sites Internet commerciaux, contactez: [email protected]

Mondialisation.ca contient du matériel protégé par le droit d'auteur, dont le détenteur n'a pas toujours autorisé l’utilisation. Nous mettons ce matériel à la disposition de nos lecteurs en vertu du principe "d'utilisation équitable", dans le but d'améliorer la compréhension des enjeux politiques, économiques et sociaux. Tout le matériel mis en ligne sur ce site est à but non lucratif. Il est mis à la disposition de tous ceux qui s'y intéressent dans le but de faire de la recherche ainsi qu'à des fins éducatives. Si vous désirez utiliser du matériel protégé par le droit d'auteur pour des raisons autres que "l'utilisation équitable", vous devez demander la permission au détenteur du droit d'auteur.

Contact média: [email protected]