Futurs sombres pour l’Irak

La guerre d’Irak n’est pas terminée, mais les USA l’ont déjà perdue. Brzezinski, Cole, Scheuer, et les experts rassemblés par le magazine Rolling Stone pour analyser le futur de l’Irak et l’évolution de la crise au Moyen-Orient, sont tous très pessimistes et considèrent que la situation va empirer. Jusqu’où ? Trois scénarios pour l’Irak tentent d’y répondre.

 1022 Photo
Illustration: Victor Juhasz

La guerre d’Irak n’est pas terminée, mais – renfort ou pas – les USA l’ont déjà perdue. C’est le sombre constat sur lequel s’accordent les experts rassemblés par Rolling Stones pour discuter du futur de l’Irak. « même si nous avions un million d’hommes à mobiliser, il est trop tard », juge le général à la retraite Tony Mc Peak, qui a servi à l’état major durant la première guerre du Golfe.

Les experts, parmi lesquels des diplomates, des analystes du contre-terrorisme et un ancien général en chef, estiment que la tentative du président Bush pour sécuriser Bagdad aura pour effet d’étendre ailleurs le conflit, et de conduire à une situation bien pire que n’importe quel bourbier dans le style du Vietnam. Les renforts ne mettront pas fin au nettoyage ethnique qui ravage l’Irak, car la majorité chiite désormais au pouvoir veut régler les comptes de plusieurs siècles d’oppression de la minorité sunnite. Ils ne désamorceront pas le baril de poudre que constituerait un kurdistan Irakien cherchant l’indépendance pour les gouvernements de Turquie, de Syrie et d’Iran, qui maltraitent depuis longtemps leurs séparatistes kurdes. Et cela ne fera qu’affaiblir la lutte contre le terrorisme.

« Notre invasion et notre occupation ont créé un chaudron qui continuera de produire ses effets sur les acteurs du Moyen Orient dans le futur proche », dit Michael Scheuer, qui a dirigé à la CIA la chasse de Ben Laden. « En renversant Saddam, nous avons permis au Jihad de se déplacer de 1000 km vers l’ouest, d’où il peut projetter ses forces, ses cadres, son idéologie en Turquie, et depuis la Turquie vers l’Europe ».

A quel point les chose peuvent tourner mal en Irak, et quel prix le monde aura à payer pour la décision de prolonger la guerre prise par le président ? Pour répondre à ces questions, nous avons demandé à ces experts de dessiner trois scénarios pour l’Irak : le meilleur que nous puissions espérer, celui qui semble le plus probable, et enfin le scénario du pire.

Les experts réunis par Rolling Stone :

Zbigniew Brzezinski
Conseiller pour la Sécurité Nationale auprès du President Carter

Richard Clarke
Directeur du Contre-terrorisme de 1992 à 2003

Nir Rosen
Auteur de « In the Belly of the Green Bird », sur la dérive Irakienne vers la guerre civile, en liaison depuis Le Caire.

Genéral. Tony McPeak (à la retraite)
Membre du « Joint Chiefs of Staff » durant la guerre du Golfe.

Bob Graham
Ancien membre de la commission Sénatoriale du Renseignement.

Chas Freeman
Ambassadeur en Arabie Saoudite durant la guerre du Golfe. President du Middle East Policy Council

Paul Pillar
Ancien analyste en chef sur le contre-terrorisme pour la CIA

Michael Scheuer
Ancien chef de l’unité de recherche d’Osama ben Laden à la CIA. Auteur de « Imperial Hubris »

Juan Cole
Professeur d’histoire contemporaine du Moyent Orient à l’université du Michigan

Scénario le plus favorable

Guerre Civile en Irak et renforcement d’Al Quadea

Zbigniew Brzezinski : Si nous voulons dialoguer avec tous les voisins de l’Irak – y compris l’Iran – dans le cadre d’un effort au niveau régional pour contenir la violence, le mieux que nous puissions espérer c’est un Irak qui soit politiquement inoffensif, mais qui sera hostile aux USA.

Gen. Tony McPeak : La question n’est pas allons-nous quitter l’Irak, mais quand allons-nous quitter l’Irak. Et tout le monde en Irak le sait. Alors il se disent « Bien, nous allons cacher des armes et attendre que vous partiez. Et à ce moment là nous ferons ce que nous voudrons »

Rolling Stone : Mais l’administration insiste sur le risque de chaos en Irak après notre départ, et justifie ainsi que nous devions rester et combattre.

Richard Clarke : Tous ce qu’ils décrivent comme devant se produire se produit déjà. L’Irak est déjà une base terroriste, il y a déjà une guerre civile. Nous avons 150 000 hommes là-bas, et nous ne parvenons pas à arrêter cela.

Nir Rosen : Il n’y a pas de bon scénario pour l’irak. C’est maintenant, que l’anarchie complète règne. Il n’y a aucune famille qui soit indemne des kidnappings, meurtres, nettoyages ethniques. Tout le monde vit dans un état de terreur perpétuel. Si l’on met à part le Kurdistan, qui est un cas très différent, personne en Irak n’est en sécurité. Vous pouvez vous faire tuer parceque vous êtes un sunnite, parceque vous un êtes un chiite, parceque vous êtes éduqué, parceque vous avez fait partie de l’ancien régime, ou du nouveau régime. Les américains tuent aussi des civils irakiens ici ou là. Il n’y a pas de gouvernement en Irak. il n’existe pas en dehors de la Zone Verte [1]. Cela n’est pas seulement de la faute du gouvernement, c’est notre faute. Nous avons délibérément créé un gouvernement faible, pour nous permettre de conserver la haute autorité sur toutes les décisions en Irak.

Michael Scheuer : Même dans le cas du meilleur scénario, le désastre auquel nous assistons maintenant n’est rien en comparaison de celui auquel nous assisterions après notre départ. La vraie question ici, c’est celle des intérêts des USA. Plus longtemps nous restons, plus nous aurons de pertes humaines. Je ne crois pas que plus nous restons, meilleur sera l’Irak. C’est plutôt l’inverse.

Rolling Stone : Qu’adviendra-t-il de la guerre civile entre chiite et sunnites après notre départ ?

Juan Cole : La guerre civile durera cinq ou dix ans. C’est inévitable. Mais dans le cas du meilleur scénario, à la fin, les Irakiens parviendront à se réconcilier comme état-nation, comme le Liban a su le faire en 1989.

Rosen : on parle de processus de réconciliation, mais les chiites ne veulent pas d’un compromis avec les sunnites. Ils n’ont pas à le faire. Il va y avoir un génocide de sunnites à Bagdad. Les chiites sont assez nombreux pour y parvenir. Ils sont capables de supporter toutes les voitures suicides sunnites que cela leur coutera. Les américains ne pourront pas interrompre cela. Ils n’arrivent pas à distinguer un chiite d’un sunnite. Le mieux que vous pouvez espérer c’est que la violence ne s’étende pas aux états voisins.

McPeak : Il faut espérer que les Irakiens s’acheminent vers un état fédéral avec trois gouvernements régionaux forts. Mais il y a un écueil. Les turcs seront furieux. Ils considèrent que le Kurdistan serait la base arrière de la rébellion sur le sol Turc, qui les harcèle comme l’IRA l’a fait en Irlande ou l’ETA au pays basque. Et si l’Irak évolue vers trois mini états, des « stans », il sera très difficile au sunnistan de ne pas devenir le havre des agents d’Al Quaeda.

Rolling Stone : Donc même dans le cas du scénario le plus favorable, A Quaeda garde durablement ses bases en Irak ?

Paul Pillar : Le président Bush présente cela comme si Ossama Ben Laden allait entrer dans Bagdad, s’installer dans l’un des palais de Saddam Hussein, et gouverner un Etat terroriste. Rien de cela n’est possible, même dans le cas du pire scénario. Il est vrai que dans cinq ans, les mêmes gens qui affutent leurs capacités dans la province d’Anbar pourront former les cellules qui essayeront de provoquer un nouveau 11 septembre. Mais cela se déroulera quoique nous fassions. Nous avons le plus de chance de minimiser ces risques en nous retirant. Au moins cela supprimera une cause de l’anti-américanisme que notre présence provoque là bas.

Scheuer : Quoi qu’il advienne à l’heure actuelle, les islamistes auront défaits les deux super-puissances : d’abord les Soviétiques en Afghanistan, et maintenant les USA au coeur de l’Islam. L’impact de cet évènement dans la monde islamique sera énorme. Nous avons fait de Ben Laden un prohète. Son concept d’organisation pour Al Quaeda était : « Les Russes étaient beaucoup plus corriaces que les Américains. Si nous pouvons battre les Russes, nous parviendrons à battre les USA. Plus significatif encore, Al Quaeda disposera d’un territoire contigu à la Péninsule Arabique pour mener ses attaques.

Rollig Stone : Qu’en sera-t-il pour Israel ?

Scheuer : Les néoconservateurs et leur guerre en Irak ont mis Israel dans une situation pire qu’à aucun moment depuis 1967. Nous allons voir de plus en plus de gens tenter de lancer des attaques en Israel, qui ne seront ni Palestiniens ni Libanais. Rien de tout cela ne présage favorablement d’un accord de paix au Moyen Orient.

Le scénario le plus probable

Nettoyage ethnique et guerre avec l’Iran

Illustration : Otto Dix – Krieg (La guerre)

McPeak : Nous allons assister à une guerre totale entre les communautés qui ne s’éteindra que lorsque l’une des parties sera complétement détruite, réduite à rien. Les Kurdes tenteront de rester à l’écart, mais je ne vois pas comment ils pourraient y échapper, tout spécialement dans la région de Kirkurk, où ils sont assis sur une grosse réserve de pétrole. Cela prendra la forme d’un nettoyage ethnique comme nous en avons connu au Kosovo ou en Bosnie, mais sur un mode majeur, considérable. Et nous ne pouvons pas l’arrêter.

Bob Graham : Si on cherche une analogie, cela sera une version aggravée de la guerre civile qui a ravagé le Liban durant 15 ans.

Scheuer : Il n’y a aucune limite supérieure au nombre de victimes. Selon la durée de la guerre, peut-être un million de victimes ?

Rolling Stones : quel est le type de gouvernement qui s’installera en Irak quand tout sera terminé ?

McPeak : une dictature chiite dirigée par un quelconque lieutenant colonel que nous ne connaissons pas encore. Cela serait une restauration d’un pouvoir à la Saddam Hussein, excepté qu’il s’agira d’un chiite, et qu’il portera peut-être la robe d’un religieux à la place d’un uniforme.

Rolling Stones : Faut-il tirer un trait sur la démocratie ?

Pillar : La stabilité et la minimisation du carnage, voila la gamme de possibilités et d’espérances de laquelle nous devrions discuter, et pas d’une Suisse sur Tigre ou quoique ce soit qui ressemblerait de loin à une démocratie libérale. Un Saddam chiite, incomparablement moins brutal, mais tout de même un homme fort, voila ce qui serait l’un de nos meilleurs espoirs.

Chas Freeman : La manière la plus efficace d’éviter des massacres de masses est d’aider les shiites à gagner rapidement, à consolider leur « foutue » dictature et sortir de là. Le niveau d’anarchie, de haine et de ressentiments est tel qu’il est difficile d’imaginer quoique que ce soit si ce n’est un règne de la terreur du style Saddam qui réussirait à pacifier le pays.

Rolling Stone : Quelles sont nos options concernant l’Iran ?

McPeak : L’influence de l’Iran aura été accrue de plusieurs ordres de grandeurs. Nous sommes déjà les perdants dans cette affaire, et maintenant nous devenons les plus gros perdants.

Freeman : Le résultat de notre politique a été de créer une zone de sécurité pour l’Iran, ce qui à mon avis explique pourquoi nous sommes maintenant en train de menacer d’attaquer l’Iran.

Rosen : Nos alliés sunnites dans la région, les soit-disant états modérés – des dictatures comme la Jordanie et l’Arabie Saoudite – font pression pour que les USA changent d’alliés et passent au coté des sunnites. Nous avons travaillé à cela, évidemment. La montée en puissance vers une nouvele guerre contre l’Iran, qui ressemble à celle de 2002, fait partie de cela. On n’entend plus parler d’Al Quaeda en Irak. Nous entendons de plus en plus parler de l’Iran et des chiites.

Graham : Cette administration semble prête a commettre – à un niveau bien plus significatif, plus important – la même erreur en Iran que celle que nous avons faite en Irak. Si l’Irak a été un désastre, cela serait un Irak démultiplié. Sans exagération, cela pourrait bien être l’horreur du 21ème siècle.

Brzezinski : Si la guerre se poursuit sans que les américains n’aient la volonté de touver un terrain d’entente avec la région et de se retirer, la guerre d’Irak va s’étendre en Iran. Et si nous sommes entrainés dans une guerre avec l’Iran, cela ouvre la perspective d’une implication pour 20 ans dans une violence endémique en Irak, Iran, Afghanistan, et probablement au Pakistan. Je ne suis pas prophète, mais si le président ne change pas de politique, alors le pronostic le plus sombre devient vraisembable.

Le pire des scénarios

Troisème guerre mondiale

Freeman : cela pourrait être l’équivalent islamique de la guerre de Trente Ans entre Catholiques et Protestants au 17ème siècle, un schisme religieux qui a dégénéré en violences, meurtres massacres et guerres. Les différentes factions de l’Irak obtiendront le soutien des Etats du Moyen-Orient pour mener leurs combats ethniques et idéologiques. Cela deviendra une querelle sanglante s’étendant au dela de la zone d’anarchie de l’Irak.

Scheuer : Les chiites d’Iran ne toléreront pas la ré-émergence d’un gouvernement sunnite en Irak. Et la dernière chose que les Saoudiens, Koweitis, Egyptiens, Jordaniens et le reste des états à dominante sunnite tolérereont sera de laisser les chiites contrôler un autre état richement doté en pétrole au coeur du monde Musulman. Alors vous allez voir ces états fournir armes et fonds aux combattants sunnites d’Irak. Pour la jordanie et l’Egypte c’est une occasion en or pour envoyer leurs jeunes têtes brûlées combattre en Irak comme ils l’ont fait pour l’Afghanistan. C’est une soupape de sécurité pour les dictatures sunnites : les fauteurs de troubles qui jugent que leurs gouvernements ne sont pas assez Islamiques iront en Irak se battre contre les parfaits hérétiques, les chiites.

Rolling Stone : cela pourrait déboucher sur un conflit régional plus étendu ?

Clarke : il est assez malaisé de construire des scénarios qui aboutiraient à un conflit régional. Les dirigeants Saudiens, Jordaniens et Syriens sont tous rationnels. Les Iraniens, quoique nous puissions penser d’eux, sont aussi des acteurs très rationnels, de leur point de vue. Donc, l’idée que l’une de ces nations voudrait déclencher un conflit multinational est assez difficile à imaginer. Les scénarios de guerre régionale évoqués par le gouvernement me rappellent « l’effet domino » dont on parlait lors de la guerre du Vietnam. On nous disait que si nous nous retirions du Vietnam,cela entrainerait la chute de l’Indonésie, la chute de la Malaisie, la chute de la Thailande, la chute des Philippines. Et bien sûr, cela n’a pas été le cas.

Graham : Je ne suis pas d’accord. Je crois que le chaos en Irak pourrait entrainer des pays comme l’Iran et l’Arabie Saoudite dans le conflit avec une probabilité de l’ordre de 40 à 50%. Le grand danger, c’est ce que j’appelle le syndrome d’aout 1914. L’assasinat de l’Archiduc Ferdinand à Sarajevo – ce qui aurait du, à l’échelle de l’histoire, rester un évènement mineur – a déclenché un mouvement qui s’est avéré incontrôlables pour les puissances occidentales. Et cela c’est terminé par la guerre la plus brutale de l’histoire de l’humanité, déclenchée par accident. Si les Saoudiens prennent résolument le parti des sunnites, comme ils ont menacé de le faire, et que les Iraniens, soit directement soit via des groupes comme le Hezbollah, deviennent d’actifs soutien des chiites, et que les Turcs et les Kurdes entre dans un conflit frontalier, les flammes pourraient s’étendre à toute la région. Le vrai cauchemard après le cauchemard serait que les populations islamiques d’europe occidentales s’embrasent à leur tour. Alors cela pourrait devenir un problème d’ampleur mondiale.

Rosen : L’Irak sera le champ de bataille ou se déroulera l’affrontement entre chiites et sunnites, mais cela ne se limitera pas à l’Irak, cela va déborder. La boite de Pandore est ouverte. Nous ne l’avons pas seulement ouverte, mais nous y avons jetté de l’essence et des allumettes. Vous verrez bientôt les milices chiites destabiliser des pays tels la Jordanie et la Syrie – où les Frères Musulmans sont très forts. Cela a pris une dizaine d’années pour que les Palestiniens se politisent et s’arment après avoir été expulsés de Palestine [2] . Nous allons assister à quelque chose de comparable dans l’énorme popuplation réfugiée en Syrie et Jordanie. Le Roi Abdallah de Jordanie est mal aimé car il est le comparse des USA et le complice d’Israel. Je suis persuadé que la monarchie Jordanienne tombera pour cette raison, et Israel sera confronté avec un état hostile sur sa plus longue frontière avec un pays arabe.

Scheuer : je ne peux m’empêcher de penser que nous avons signé l’arrêt de mort de la Jordanie. Le pays est déjà sous pression à cause de la répression que le Roi exerce sur les islamistes. Il pourrait se transformer en un état policier comme l’Egypte, ou en un pouvoir instable et inefficace, comme le Liban le devient maintenant.

Rosen : nous allons assister à des modifications de frontières, et des chutes de gouvernements. Le Liban est déjà au bord du précipice. A travers la région, les membres des gouvernements sont terrifiés. Personne ne sait comment arrêter ça. C’est la troisième guerre mondiale. Jusqu’ou se propagera-t-elle ? Aussi loin qu’il y a des mouvements Islamiques, comme en Somalie, au Soudan, au Yemen. Le Pakistan a déjà connu des affrontements entre chiites et sunnites. L’afflux des réfugiés Irakiens afectera l’Europe, à un certain point.

McPeak : Le pire des scénarios ? Les sunnites d’Irak se retrouvant le dos au mur, amenant les gouvernements sunnites, Jordanie, Arabie Saoudite, à intervenir. Israel se sentant menacé par ces développements. Une fois Israel impliqué, tout le monde s’en mêle. Et vous avez le nucléaire qui entre en scène au Moyen Orient. Cela serait le pire de ce qui peut arriver.

Rolling Stone : Il ne s’agit pas d’être trivial, mais un conflit de ce type aurait quelles répercussions sur les fournitures énergétiques mondiales ?

Cole : Durant la guerre entre l’Iran et l’Irak, Saddam et Khomeini n’ont pas détruit leurs capacités de production pétrolière, parce qu’ils savaient que cela transformeraient leurs pays en nations du quart-monde. Mais si vous avez une guerre de guerilla dans plusieurs pays, ces guerillas peuvent faire ce qu’elles ont effectué dans le nord de l’Irak : frapper les pipe-lines. Les Guerillas ne raisonnent pas comme les états qui comprennent les risques de destruction mutuelle assurée. Si il y a des sabotages de pipe-lines en Iran en Arabie Saoudite et dans le sud de l’Irak, cela pourrait diminuer de douze pourcents la production pétrolière mondiale. Cela ressemblerait à une seconde grande dépression du type de celle des années 30.

McPeak : il s’agit d’heures sombres de notre histoire. Quoi qu’il puisse advenir, la réputation internationale de notre pays a été mise en pièces par des gens qui n’ont pas la plus petite compréhension de la façon dont le monde fonctionne. L’Amérique a fait une expèrience durant ces six dernières années, en essayant de valider l’hypothèse que quel que soit celui qui est élu comme président, cela n’a pas réellement d’importance. Nous connaissons à l’heure actuelle le résultat de cette expérience [rires]. Si le gars est stupide, cela fait une grande différence.

Article original en anglais : Rolling Stone

[1] La Zone Verte est le nom attribué au quartier hautement sécurisé de Bagdad ou sont regroupés l’administration et le gouvernement Irakien et les bureaux de la force d’occupation US

[2] Après la guerre Israelo Arabe de 1948


Articles Par : Tim Dickinson

Avis de non-responsabilité : Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que le ou les auteurs. Le Centre de recherche sur la mondialisation se dégage de toute responsabilité concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes.

Le Centre de recherche sur la mondialisation (CRM) accorde la permission de reproduire la version intégrale ou des extraits d'articles du site Mondialisation.ca sur des sites de médias alternatifs. La source de l'article, l'adresse url ainsi qu'un hyperlien vers l'article original du CRM doivent être indiqués. Une note de droit d'auteur (copyright) doit également être indiquée.

Pour publier des articles de Mondialisation.ca en format papier ou autre, y compris les sites Internet commerciaux, contactez: [email protected]

Mondialisation.ca contient du matériel protégé par le droit d'auteur, dont le détenteur n'a pas toujours autorisé l’utilisation. Nous mettons ce matériel à la disposition de nos lecteurs en vertu du principe "d'utilisation équitable", dans le but d'améliorer la compréhension des enjeux politiques, économiques et sociaux. Tout le matériel mis en ligne sur ce site est à but non lucratif. Il est mis à la disposition de tous ceux qui s'y intéressent dans le but de faire de la recherche ainsi qu'à des fins éducatives. Si vous désirez utiliser du matériel protégé par le droit d'auteur pour des raisons autres que "l'utilisation équitable", vous devez demander la permission au détenteur du droit d'auteur.

Contact média: [email protected]