Gaza: la trêve se consolide, le Hamas critique l’aide américaine à Abbas

Le président palestinien Mahmoud Abbas, le 30 janvier 2007 au Caire en Egypte – AFP

Le Fatah et le Hamas s’efforçaient mercredi de consolider la trêve qui a mis fin à leurs combats meurtriers en libérant les otages qu’ils détenaient, tandis que le mouvement islamiste a dénoncé l’aide de Washington aux forces de sécurité fidèles à Mahmoud Abbas.

« Hier soir, nous avons commencé à appliquer l’accord entre le Fatah et le Hamas et les otages des deux côtés ont été échangés », a affirmé à l’AFP le porte-parole du Hamas Ismaïl Radwane.

« Des dizaines d’otages ont été libérés des deux côtés », a confirmé le porte-parole du Fatah dans la bande de Gaza, Tawfiq Abou Khoussa.

« L’atmosphère est meilleure mais (…) la Force exécutive (contrôlée par le gouvernement du Hamas) est toujours déployée dans les rues, ce qui provoque des tensions et n’aide pas au rétablissement de la confiance » entre les deux mouvements, a-t-il ajouté.

L’échange a eu lieu au deuxième jour du cessez-le-feu, annoncé mardi soir, après la mort de 35 Palestiniens -depuis jeudi- dans la pire vague de combats interpalestiniens qu’aient connues la bande de Gaza depuis la victoire du Hamas aux élections de janvier au dépens du Fatah.

L’accord, largement respecté en dépit de la mort d’un activiste du Hamas mardi, prévoit le retrait des hommes armés des rues, la libération d’activistes enlevés, la fin des campagnes hostiles entre les deux mouvements et la remise aux autorités des éléments « soupçonnés d’implication dans des meurtres ».

Le Premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh (2G), Rawhi Fattouh, le représentant du président Abbas (D) et le ministre palestinien des Affaires étrangères Mahmud al-Zahar (2D), à Gaza, le 29 janvier 2007 – AFP

Alors que le calme se rétablit à Gaza, le Hamas a accusé l’administraion américaine de chercher à provoquer une guerre civile dans les territoires palestiniens en annonçant une aide de plus de 86 millions de dollars aux forces de sécurité fidèles au président Mahmoud Abbas, le chef du Fatah.

« Il ne fait pas de doute que cela s’inscrit dans le cadre de la politique américaine visant à provoquer une escalade et une guerre civile, au service d’un plan sioniste », a déclaré à l’AFP le porte-parole du Hamas Ismaïl Radwane.

« A chaque fois que l’administration américaine voit que nous sommes arrivés ou sur le point d’arriver à un accord (entre le Hamas et le Fatah), elle envoie Condoleezza Rice (la secrétaire d’Etat) pour envenimer le climat ou annonce une aide financière (au président Abbas) pour entretenir la tension sur la scène palestinienne », a-t-il ajouté.

Le président américain, George W. Bush, a ordonné l’octroi d’environ 86,4 millions de dollars d’aide pour les forces de sécurité placées sous le contrôle direct du président Abbas, a indiqué la Maison-Blanche mardi.

Ghazi Hamad, le porte-parole du gouvernement Hamas, a pour sa part dénoncé « une ingérence américaine flagrante dans les affaires palestiniennes, visant à entretenir les divisions et les luttes interpalestiniennes ».

Le gouvernement palestinien a en revanche salué dans un communiqué les conclusions d’une commission parlementaire britannique critiquant le boycott international du cabinet issu du Hamas.

Décombres à Naplouse le 31 janvier de la maison d’un membre des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa après un raid israélien en risposte à un attentat, la veille à Eilat – AFP

« Le gouvernement exprime son profond soulagement devant la position positive de la Commission au développement international de la chambre des Communes », a affirmé le gouvernement.

Saluant une « démarche courageuse » de la chambre des Communes britanniques, le gouvernement a appelé l’Occident à revoir sa politique de « boycott et d’isolement » à son égard.

La commission parlementaire britannique a affirmé dans ses conclusions rendues publiques mercredi que la décision de boycotter le gouvernement palestinien était « sujette à caution » et pourrait mener à un redoublement des violences.

Par ailleurs, le Premier ministre Ehud Olmert a modifié le tracé de la barrière de séparation qu’Israël érige le long de sa frontière avec la Cisjordanie, le repoussant de 5 km plus à l’est, afin d’englober deux colonies juives laissées côté palestinien, a rapporté le quotidien israélien Haaretz.



Articles Par : Sakher Abou El-Oun

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