Gilets jaunes en France – Révolte généralisée

Quelque soit le pays actuellement en révolte dans le monde, et ils sont nombreux, nous pouvons constater que la ploutocratie oligarchique, ne peut plus rien contrôler. Le mensonge a été tellement utilisé et resservi à tous les repas de la gabegie sociale, que les peuples en ont été gavés « ad nauseam ».

Les populations du monde se sont enfin soulevées et les prédateurs dominants n’ont pas trouvé mieux que de taxer péjorativement de « populistes », tous les sympathisants de ces révoltes populaires! Comme si la révolte des peuples était quelque chose de saugrenu, d’illégitime, de coupable, de condamnable, voire de punissable…

C’est bien là ce que croient tous les bobos nantis et profiteurs d’en haut avec les « élites » politiques qui jugent les peuples comme « foules haineuses », dédaigneusement sous entendu: «à exterminer».

Les « élites », à l’instar du Préfet Lallement en France, pensent sincèrement que les Gilets jaunes sont constitués exclusivement d’une racaille « pro Lepen », ce dernier référent étant diabolisé intentionnellement depuis des lustres, afin de maintenir indéfiniment les charlatans de la politique au pouvoir par le jeu pervers d’un chantage odieux réédité à chaque élection. « Ceux qui ne sont rien », c’est-à-dire, « ceux qui n’ont pas réussi à s’offrir une Rolex avant 50 ans », représentent une population inutile et encombrante pour le bonheur des profiteurs d’en haut. Il faut donc les ignorer, voire les massacrer; en tous les cas, s’en débarrasser d’une façon ou d’une autre. Il est donc hors de question de pactiser ou encore moins de négocier avec ces « populistes », tous mis dans le même sac, sans discernement… 

Mais les peuples ont enfin compris pour de bon que « le système idéologique du fascisme ultralibéral » ne fonctionnait absolument pas pour eux. La saturation a fait déborder le vase: trop c’est trop. Lorsqu’on a tout perdu, il n’y a plus rien à perdre. C’est cela qui a fait descendre les peuples dans la rue: ils n’avaient plus rien à perdre!

L’exemple d’une « élite » ploutocratique en Grande Bretagne, qui élabore tous les coups tordus possibles pour faire capoter le Brexit, est révélateur. Ces gens-là se moquent éperdument du peuple et ne pensent qu’à leurs privilèges et intérêts de caste. La trahison est ouvertement clamée, sans complexe: ils ont pris le pouvoir et entendent le garder. Le peuple n’a qu’un seul droit: celui de la fermer et de se soumettre.

Si l’on voulait, en France, mettre en avant le Frexit, en réalité la seule véritable mesure à prendre contre la destruction massive du patrimoine français et de son organisation sociale, le discours et le comportement seraient absolument identiques à ceux des ordures sans scrupules qui manoeuvrent actuellement pour mettre en échec absolu la décision du peuple Britannique. 

Nos « élites » sont persuadées que la « racaille populiste » est toujours entrain de mal voter et qu’elles sont là fort heureusement pour « réparer ses erreurs ». Il n’est pas question de laisser au peuple une initiative quelconque, le droit constitutionnel d’un RIC, ou l’abandon du « régime représentatif »… Grâce à l’Union Européenne, cette situation politique intolérable est garantie, elle est gravée dans le marbre, et donc le populisme ne peut certainement pas s’attaquer à cette forteresse qui protège les prédateurs ploutocrates au pouvoir, en leur laissant les coudées franches pour tous les abus possibles servis par une « viviculture » des privilèges cultivés en vase clos et alimentés par de serviles lobbies interposés…

Encore une fois, la seule issue possible face à la dictature de l’oligarchie au pouvoir en Europe, c’est une remise en cause radicale du Traité de Lisbonne. Mais qui va se charger de remettre en cause radicalement la dictature européenne, si les « élites » politiques restent en place grâce au jeu pervers de la falsification électorale organisée depuis si longtemps?

Il me semble que seul le peuple peut avoir l’initiative de décider par lui-même ce que sera sa vie, son existence, son présent politique et son avenir sociétal. Mais les « élites » en place vont s’opposer naturellement à ce genre d’initiative, par la répression policière.

Il faut donc que le peuple accepte de passer par l’usage de la force lui aussi; il y est quasi contraint, ou alors rien ne changera.

Dans un des articles précédents, posté sur mondialisation.ca du 30 septembre 2019, nous avons parlé du Chiapas exemplaire au Mexique, pour proposer aux Gilets jaunes cette expérience comme source d’inspiration à leurs propres initiatives en France. Nous devons voir et savoir que cet exemple exceptionnel n’a été possible, au cœur du Mexique, que par la constitution d’une armée insurrectionnelle de libération (l’EZLN: Ejercicio Zapatista de Liberacion Nacional: Armée Zapatiste de Libération Nationale) dont l’objectif n’était pas de remplacer un pouvoir par un autre pouvoir, mais de conquérir la démocratie, en protégeant le processus démocratique de toute ingérence étatique et permettre l’organisation de l’autogestion et de l’autogouvernement de la Région du Chiapas à l’intérieur de la Nation  Mexicaine; une expérience destinée à faire école pour les autres Régions du Mexique et du monde.

Cette grande initiative des habitants du Chiapas avait été décidée afin de mettre un terme définitif au pillage ultralibéral et à la misère interminable qu’il engendrait.

Les gens de cette Région, maltraités par la violence des injustices sociales et fiscales de l’idéologie ultralibérale inspirant l’Etat mexicain, n’ont pas eu peur de s’engager dans l’EZLN, afin d’obliger l’Etat à respecter leurs droits fondamentaux.

Le peuple Français se trouve dans la même situation. Si les Français veulent que l’Etat respecte leurs droits fondamentaux, il faudra qu’ils fassent de même, car il n’y a pas d’autres solutions pour en arriver à une authentique démocratie et à l’autogouvernement tout en entraînant, par la même occasion, l’abolition du « régime représentatif » actuel qui est foncièrement anti démocratique et depuis longtemps dépassé.

On l’a déjà dit: le « régime représentatif » était légitime en 1789, mais depuis longtemps il ne l’est plus en France, car les citoyens Français ne sont plus des illettrés, ils sont capables de s’autogouverner eux-mêmes; ils ont la culture politique et sont compétents pour la mettre en pratique; ils ont une conscience politique très exercée et ils sont tout autant capables de décider l’ensemble des orientations du pays, que les Suisses ou encore mieux, les habitants du Chiapas pris en exemple…

Vu le mépris affiché par la macronie au pouvoir, l’entêtement et l’affirmation arrogante de l’Etat français se considérant dans « un autre camp » que celui de son peuple, il n’y aura pas de solution à cette crise majeure de la révolte actuelle, sans la constitution d’un Comité Clandestin Insurrectionnel, réunissant des milliers de Françaises et de Français, les armes à la main, non pas pour les utiliser obligatoirement, (au Chiapas ils ne les ont utilisées que très peu: seulement pour faire comprendre aux instances étatiques, qu’ils étaient déterminés) mais pour faire entendre à l’Etat, de manière décisive, que son régime centralisé et élitiste est défunt et qu’il n’a plus le pouvoir de soumettre le peuple à ses caprices de tyran en ruinant le patrimoine social, politique, financier et industriel du pays…

C’est aussi la seule issue possible, à mes yeux, pour que la France puisse enfin imposer par la force sa sortie de l’Union Européenne, telle qu’elle a été organisée par la ploutocratie mondialiste et se réapproprier l’ensemble des vecteurs de sa souveraineté perdue. C’est seulement après cette étape décisive qu’elle pourra repenser une Europe des Nations respectueuse de la volonté exprimée des peuples qui la constituent.

La révolte s’est généralisée; elle explose partout dans le monde, quasi pour les mêmes raisons. L’hégémonie des « élites » de la Haute Finance internationale, (des « Banque Mondiale » et « FMI », BCE, La CITY, WALL STREET, la Banque des banques nommée la BRI à Bâle,  une sorte de «Banque de fer» ou de «Sauron» planétaire…), ne reconnaissant que sa « vérité » ultralibérale, arrive au moment ultime de sa chute finale. Certes, le raidissement violent du pouvoir en place depuis si longtemps, a peine à imaginer ce moment fatidique, mais il est là d’office, car il arrive, malgré lui, comme un tsunami provoqué par la logique ultralibérale elle-même. L’ultralibéralisme est lui-même l’auteur de sa propre fin, puisqu’il était une illusion, un mensonge dont l’existence était, par conséquent, limitée dans le temps…

La grève généralisée est engagée en France: ce bras de fer ne sera pas suffisant puisque le peuple vit dans un « autre camp », isolé des « élites », mis à part et devenu inutile, voire nuisible pour l’existence des profiteurs d’en haut.

Tous les peuples en révolte doivent comprendre que leur destin est entre leurs mains et qu’ils n’ont rien à attendre des pouvoirs en place. C’est à eux de décider, de prendre des initiatives, de commencer autre chose sans attendre quoi que ce soit des pouvoirs prédateurs en place, à l’image de ce qui a été fait et réussi au Chiapas. C’est aux peuples de se réapproprier leur souveraineté et de reprendre leur vie en mains. Nous sommes à ce carrefour de l’histoire et tout converge actuellement pour une remise en cause radicale de la situation présente du monde.

Jean-Yves Jézéquel



Articles Par : Jean-Yves Jézéquel

A propos :

Jean-Yves Jézéquel, philosophe et psychanalyste, diplômé du troisième cycle en sciences humaines, est l’auteur d’une vingtaine d’essais en philosophie, spiritualité, religion, psychologie. Il publie également depuis 2014, une série d’analyses sur les grandes questions actuelles de société.

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