Groupe état islamique : L’espion détenu en Turquie affirme qu’il travaillait pour le renseignement canadien

L’espion qui aurait aidé trois jeunes filles britanniques à rejoindre le groupe État islamique le mois dernier serait un citoyen syrien collaborant avec le Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS), atteste un rapport des services de renseignement turcs obtenus par CBC.

Le document en question indiquerait que le Dr Mehmet Resit, de son vrai nom Mohammad al-Rashed, a été arrêté le 28 février en possession d’un passeport syrien.

Le réseau anglais de Radio-Canada rapporte, toujours sur la base de la documentation obtenue, que l’homme a fourni de l’information sur le voyage des trois jeunes au SCRS le 21 février.

Lors de son interrogatoire, il aurait déclaré aux agents turcs « qu’il travaillait pour les services de renseignement canadiens, qu’il voyageait de temps à autre en Jordanie avec des billets payés par le service [de renseignement] et qu’il partageait de l’information qu’il avait obtenue avec l’ambassade canadienne en Jordanie ».

Le document fait également état de messages textes que M. Al-Rashed aurait échangés avec des membres du SCRS. Fait à noter, aucun paiement provenant des services canadiens n’a toutefois été retrouvé.

Il semblerait donc que l’homme à l’origine de nombreuses questions depuis jeudi soit un collaborateur pigiste du SCRS, et non un employé en bonne et due forme.

Ces informations portent un éclairage nouveau sur les déclarations du chef de la diplomatie turque, Mevlüt Çavusoglu, qui a pris la parole vendredi. « La personne que nous avons arrêtée est quelqu’un travaillant pour le service de renseignement d’un pays de la coalition » menée par les États-Unis, a indiqué M. Çavusoglu lors d’un point de presse à Ankara. Cette personne « est de nationalité syrienne », a-t-il ajouté, sans fournir d’autres détails.

Premières images

Des images de la rencontre entre l’espion présumé et les jeunes filles avant leur départ pour la Syrie, apparemment dans une gare routière du sud de la Turquie, ont par ailleurs été diffusées vendredi par la chaîne de télévision A Haber.

L’agent a filmé les images lui-même, selon le quotidien Sabah. Les trois jeunes filles n’y sont que partiellement visibles et portent toutes le voile islamique. L’homme leur parle dans un mélange d’anglais et d’arabe.

« Allons-y ma soeur ! Va vers cette voiture », dit l’homme pendant le chargement des bagages. « J’oublie de vous donner les passeports », ajoute-t-il dans un éclat de rire, avant d’assurer aux jeunes filles qu’il n’y a qu’une heure de voiture jusqu’à la frontière syrienne.

D’autres images montrant le même homme, barbu et muni de lunettes, comparaissant devant un juge, ont été diffusées.

M. Çavusoglu avait annoncé jeudi que son pays avait arrêté une personne « ayant aidé les trois adolescentes britanniques à passer en Syrie » depuis la Turquie, et d’ajouter que le pays en question pour lequel il travaillait n’était ni les États-Unis ni un pays de l’Union européenne.

Le journal turc Milliyet a affirmé vendredi que cet agent était de nationalité canadienne, mais cette information avait été rejetée la veille à Ottawa, où une source officielle a indiqué à l’AFP que « l’individu n’était pas un citoyen canadien » ni « un employé du SCRS ». Le quotidien Sabah a maintenu que le Syrien travaillait pour le renseignement canadiens.

Annonce tardive

Trois amies proches, Kadiza Sultana, 16 ans, Shamina Begum et Amira Abase, toutes deux âgées de 15 ans, ont pénétré en Syrie le 17 février après avoir voyagé en avion de Londres à Istanbul. Elles s’étaient rendues en bus jusqu’à la ville turque de Sanliurfa, près de la frontière syrienne, selon l’enquête turque.

La Turquie avait reproché aux autorités britanniques d’avoir tardé à annoncer le départ des trois adolescentes de leur territoire. Elle a souligné avoir besoin de recevoir de telles informations avant l’arrivée sur son territoire pour pouvoir endiguer le flot de candidats souhaitant rejoindre les rangs du groupe djihadiste État islamique.

 Karl Rettino-Parazelli – Avec l’Agence France-Presse

Voir la vidéo :

L’espion détenu en Turquie affirme qu’il travaillait pour le Service de renseignement canadien (SCRS)

 



Articles Par : Karl Rettino-Parazelli

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