Guatemala,cas Sepur Zarco : Condamnation pour violence et esclavage sexuel et domestique lors du conflit armé interne

Communiqué International

Des groupes du Canada manifestent leur solidarité avec les survivantes qui reçoivent enfin justice

Canada, le 1er mars 2016. Demain, le 2 mars, un tribunal fera connaître sa décision quant aux réparations à remettre aux survivantes de Sepur Zarco, un cas emblématique pour la justice au Guatemala. Le 26 février 2016, la Cour suprême du Guatemala condamnait des ex-militaires à 360 années de prison pour des crimes commis plus de 30 ans plus tôt pour crimes de violence et esclavage sexuel et domestique commis lors du conflit armé.

Pendant le conflit armé interne au Guatemala, entre 1982 et 1983, sans la présence des guérillas dans la région de Sepur Zarco, des soldats du détachement militaire ont soumis la population à des agressions sexuelles et ont commis des crimes contre l’humanité sous forme de violence sexuelle, esclavage sexuel et domestique contre 11 femmes Maya Q’eqchi’; traitements cruels ciblant deux petites filles, ainsi que la disparition forcée de six hommes (les époux des victimes) et l’assassinat de trois femmes – une mère et ses jeunes filles.

Le Tribunal condamna le lieutenant-colonel Esteelmer Francisco Reyes Girón à 120 ans de prison (30 pour crimes contre l’humanité sous forme de violence et esclavage sexuel et domestique et 90 pour l’assassinat d’une femme et ses deux enfants) et l’ancien commissaire militaire Heriberto Valdez Asij à 240 ans pour ces crimes (30 pour crimes contre l’humanité sous forme de violence et esclavage sexuel et domestique et 210 pour la disparition forcée des maris des victimes).

Face à ces crimes, les organisations sociales, de solidarité et personnes signataires de ce communiqué manifestent :

    1. Notre profonde admiration pour les 15 femmes courageuses qui ont eu la force d’entreprendre le long chemin pour amener le cas Sepur Zarco devant la justice face à un État qui les discrimine et stigmatise.
    2. Notre appui aux organisations ayant amené l’affaire en cour.

** ** L’Unité nationale des femmes guatémaltèques (UNAMG), Femmes transformant le monde (MTM) et l’Équipe d’études communautaires et d’action psychosociale (ECAP) signalent que ce cas constitue le premier d’une multitude de cas qui suivront : plus de mille récits semblables ont déjà été documentés.

  1. Notre reconnaissance du fait que la justice est possible lorsque la volonté est au rendez-vous.
    ** ** Ce jugement est un pas pour renforcer le système judiciaire et vers la reconstruction du tissu social des peuples mayas. En ciblant les femmes mayas par son armée, l’État guatémaltèque s’attaquait au symbole même de la reproduction de la population maya, comme partie d’une stratégie de destruction des peuples mayas et de conquête du territoire guatémaltèque.Pour cette raison, en manifestant notre profonde admiration et appui à la lutte de nos héroïnes de Sepur Zarco, nous souhaitons :
  2. Fortement reprocher à l’État guatémaltèque d’avoir occulté impunément pendant plus de trois décennies la majorité des crimes contre l’humanité subis par d’innombrables communautés autochtones et paysannes.
  3. Condamner l’État pour avoir considéré ces femmes comme ennemies à la sécurité nationale et, par le biais de son armée, s’être rendu coupable de ces crimes.
  4. Demander au gouvernement du Guatemala l’application de la peine établie aux accusés.
  5. Demander à l’État guatémaltèque la garantie de ne pas répéter la nature de ces faits et la réparation et compensation des survivantes.
  6. Demander à l’État guatémaltèque le renforcement de l’état de droit où tous les responsables de crimes de guerre, génocide, disparition forcée, esclavage sexuel et domestique soient condamnés.
  7. Ni oubli, ni silence!   Nous sommes toutes et tous Sepur Zarco!

    Les plaignantes et le public manifestant leur joie lors de la lecture de la décision de la cour (Photo : Quimy de Léon)Signent ce communiqué :
    COALICIÓN TODOS POR GUATEMALA – CANADA, FORO NUESTRA AMÉRICA – CANADA, ESPERANZA: CANADÁ – EL SALVADOR, COOPERACIÓN PARA EL DESARROLLO, LATINAMERICAN CANADÁ SOLIDARITY ASSOCIATION (LACASA) – ONTARIO, CANADA, GUATEMALA COMMUNITY NETWORK – TORONTO, ONTARIO, CANADA, LONDON GUATEMALA SOLIDARITY COMMITTEE – LONDON, ONTARIO, CANADA, ASOCIACION DE SOLIDARIDAD CON LATINOAMERICA Y CANADA – CANADA, WATERLOO REGION MAYAN PROJECT– ONTARIO, CANADÁ, CENTRO INTERNACIONALISTA RYERSON – FUNDACIÓN AUBIN (CIRFA) – MONTREAL, QUEBEC, CANADA, TZIJOLAJ – OTTAWA – MONTRÉAL, CANADA, CASA LATINOAMERICANA – QUÉBEC, CANADA, AMANDLA PROGRAM TEAM – CKUT RADIO – MONTRÉAL, QUÉBEC, CANADA, ÈQUIPE DE TRADUCTION ANGLAIS ET ESPAGNOL CIRFA – MONTRÉAL, QUÉBEC, CANADA, MARITIMES – GUATEMALA RED ROMPIENDO EL SILENCIO (MARITIMES, CANADA), COMITÉ POUR LES DROITS HUMAINS EN AMÉRIQUE LATINE (CDHAL) – MONTRÉAL, QUÉBEC, CANADA, Sociologue Alfredo Marroquín, Movimiento Farabundista – Canada, Elizabeth Pickett, LL. M. – Canada , Professeur d’université David Heap, PhD. – London, Ontario, Canada, René Calderón, Nomada Photography – Ontario, Canada , Professeur Bernie Hammond, Universidad de Western Ontario – London, Ontario, Canada, Avocat en immigration, Edward Corrigan – London, Ontario, Canada, Interprète culturel, Marie-France Arismendi – London, Ontario, Canada, Professeur d’université Valerio Pillar – Porto Alegro, Brésil, Walter Griscti –  Uruguay, Historien et écrivain, Jesús Majada – Málaga, España, Professeur d’université, Aziz Fall – Montréal, Québec, Canada, Activiste, Lesvia Vela – Montréal, Québec, Canada, Interprète culturel, Steven Kaal – Montréal, Québec, Canada, Scientifique, Dr. Gerald Ernest Rowe – Montréal, Québec, Canada, Pédagogue, B. P. Rowe – Montréal, Québec, Canada, Ingénieur Jorge Peña – Auch, Francia, Jackie McVIcar (Canada/Guatemala), Shelley Porteous coordonnatrice OPIRG McMaster, Hamilton, Ontario, Canada, Mary Ellen Davis, réalisatrice, enseignante – Montréal, Quebec, Canada, Allen Gunderson journaliste/photographe/activiste des Droits humains – Ontario, Canada,


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