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Il y a 25 ans. La communauté européenne engageait le démembrement de la Yougoslavie
Par WSWS
Mondialisation.ca, 15 janvier 2017
wsws.org 9 janvier 2017
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Photo : Dégâts de la guerre civile en Yougoslavie

Le 15 janvier 1992, la Communauté européenne (CEE) a formellement établi des relations diplomatiques avec les deux républiques du Nord de la Yougoslavie : la Croatie et la Slovénie. L’Allemagne fut la première à annoncer des liens avec ces deux républiques au début de la semaine, en déclarant que les 12 membres de la CEE suivraient rapidement, engageant ainsi la dissolution de l’État fédéral yougoslave.

Ces actions se déroulaient pendant que les Nations unies déployaient le premier contingent d’une « force de maintien de la paix » qui devait atteindre 10 000 hommes. La bureaucratie stalinienne déliquescente de Belgrade, qui était surtout implantée en Serbie, dénonçait alors la décision de la CEE comme une violation du droit international et de la « souveraineté de la Yougoslavie ».

Ces actions visant à démembrer la Yougoslavie, un État fondé en 1918, faisaient suite à une âpre guerre civile qui avait coûté des milliers de vies et fait près de 600 000 réfugiés. Cette guerre avait été provoquée par des cliques rivales dans les diverses républiques yougoslaves qui tentaient de préserver leurs intérêts dans des conditions où la bureaucratie au pouvoir se désintégrait. Elles renforçaient toutes leur chauvinisme national afin de diviser la classe ouvrière yougoslave et de mener à bien leur programme de restauration du capitalisme ; qu’il s’agisse de celles qui affirmaient préserver l’unité nationale comme le président serbe Slobodan Milosevic, ou de celles qui se posaient en championnes de l’autodétermination comme le président croate Franjo Tudjman.

La décision de la CEE de suivre Berlin en reconnaissant la Croatie et la Slovénie fut le résultat de l’affirmation la plus marquée de ses intérêts et de ses ambitions par l’impérialisme allemand depuis la chute du Troisième Reich. Des informations avaient fait état d’une opposition initiale de la France à la reconnaissance de la Croatie, qui citait des inquiétudes pour les droits des Serbes vivant dans ce pays, mais la pression allemande fut finalement la plus forte.

La reconnaissance de ces deux républiques reçut l’opposition des Nations unies, qui agissaient ainsi dans l’intérêt des États-Unis, l’ex-ministre américain des affaires étrangères Cyrus Vance étant alors le négociateur en chef pour l’ONU en Yougoslavie. Les États-Unis craignaient à la fois que la fragmentation de la Yougoslavie puisse déstabiliser une grande partie de l’Europe et voyaient avec une hostilité affichée l’audace nouvellement acquise de l’Allemagne.

Article original anglais, WSWS, paru le 9 janvier 2017

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