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Ils fêtent leurs destructions criminelles à Gaza
Par Silvia Cattori
Mondialisation.ca, 23 novembre 2010
SilviaCattori.net 23 novembre 2010
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https://www.mondialisation.ca/ils-f-tent-leurs-destructions-criminelles-gaza/22060

Israël interdit la présence de journalistes et caméramans dans les zones où son armée d’occupation commet quotidiennement des exactions contre la population palestinienne. Rares sont les images « volées » qui permettent au monde de voir les comportements des soldats israéliens en action. Les séquences que nous présentons ici ont été filmées lors de l’offensive israélienne de 2008 – 2009 à Gaza, qui a coûté la vie à quelques 1400 Palestiniens.
 

Entendre et voir des soldats rire, applaudir, manifester leur joie indécente au spectacle de maisons de malheureuses familles palestiniennes qu’ils font exploser ; voir qu’ils en redemandent, alors qu’il n’y a pas d’armée en face, est un spectacle au-delà du supportable.

« Tout est filmé et enregistré. Allons, fais-en sauter une troisième s’il te plaît », insiste un soldat. « Tout est documenté, Bro. Wow. Qu’en est-il de la troisième maison ? La troisième maison, s’il vous plaît (rires…) ».

Au spectacle des explosions, les soldats crient de joie : « Wow ! Yaow ! Tellement beau…Il n’y a rien de tel [rires.] Bye, Gaza, Bye. Wow, Bro ! Quelle chose ! » [1].

Ces images insoutenables, faut-il le rappeler, s’ajoutent à d’autres images insoutenables de soldates et soldats, qui se sont faits allègrement photographier aux côtés de Palestiniens mis en situation d’infériorité et humiliés. [2]

 Autre exemple d’humiliation : La Sous-lieutenant israélienne, Eden Abergil, 26 ans, posant avec des prisonniers palestiniens en 2008.

Elles ont été filmées avec un téléphone portable par les soldats de la Brigade Golani et transmises par un soldat anonyme à Assaf Kintzer, militant du petit groupe « Anarchists Against the Wall ».

A noter que ces images n’ont été reprises par aucune télévision occidentale.

Haggai Matar, commente ainsi le comportement de ces soldats israéliens :
« Les soldats sont nonchalamment couchés sur le dos, riant, filmant … ils sont tout simplement en train de détruire. « Bye, Gaza, bye », dit le caméraman, en reprenant une série d’expressions semblables exprimées partout dans cette guerre, écrites sur les murs des maisons occupées (…) Expression de la jubilation, de la passion de la destruction. Et tout cela avec le sourire, en riant, et avec une joie enfantine. »

Ce sont ces mêmes brutes, qui entrent chaque nuit dans les villages palestiniens, terrorisent les familles, embarquent des jeunes garçons, sans que rien ne le justifie (*).

Peut-on s’en détourner, continuer de vaquer à nos occupations, comme si tout cela était normal ?

Nos autorités savent pourtant ! Mais elles font mine de ne pas savoir ; car on ne touche pas sans danger à l’impunité d’Israël.

Sur qui peut-on compter pour mobiliser les médias et dénoncer ces actes de barbarie toujours en cours au moment où nous écrivons ces lignes ?

Silvia Cattori

(*) Des jeeps chargées de soldats sont entrées dans le village de Bil’in cette nuit, à peine avais-je terminé ce texte. Après avoir encerclé la maison d’Adeeb Abu Rahmah (un chauffeur de taxi de 38 ans, père de 9 enfants, emprisonné en Israël depuis l’été 2009, célèbre pour sa résistance contre le mur d’apartheid) ils ont envahi sa maison, terrorisé sa famille, kidnappé son fils ainé âgé de 16 ans.

 

 

[1] Voici la transcription complète des sous titres anglais de la vidéo (source : http://972mag.com/footage-soldiers-cheers-as-houses-are-bombed/) :

Soldier 1 : “Now, now.”
[An explosion behind the first house on the right]
Soldier 2 : “Wow ! Wow. Ya-alla (=oh my god). It’s the house [at the] back. It’s not that house.
[House on right explodes in a blaze].
Soldiers : Wow ! Wahoo ! Wow ! Wow !
Soldier 1 : Bro, he want like two, one – bang ! Wow. Bro, did you see the flames ?
Soldier 3 : Everything’s filmed ?..
Soldier 1 : Everything’s documented, bro. Wow. What about the third house ? The third house, please. [giggles]. How they’re taking houses down in a second, it’s killing me.
Soldier 3 : He went like two, one, bang ! Then like two, one, bang.
Soldier 4 : Can you hear that ?
Soldier 1 : Now.
Soldier 2 : Ten seconds.
Soldier 1 : Ten ?
Soldier 4 : How long ?
Soldier 2 : Four-three-two-one –
Soldier 1 : There you go.
[House on the left explodes.]
Soldiers scream with delight : WOW ! Yaow ! So beautiful.
Soldier 1 : There’s nothing like it [laughs.] Bye, Gaza, Bye. Wow, BRO ! What a THING !
[Camera pans back, exposing two smiling faces in close up- presumably Soldier 1 and Soldier 2. ]
Soldier 1 : We’re so small next to that. We’re so small compared to that.

[2] Voir : « Une Palestinienne raconte les tortures et les humiliations subies », par Ma’an News, 8 octobre 2010.

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