Irak : les exécutions sommaires des GI’s

De nouvelles photographies renforcent les accusations d’une exécution par vengeance menée par une unité US et où 24 civils désarmés trouvèrent la mort.

Selon un rapport diffusé hier ; des photographies récentes examinées par les enquêteurs US semblent confirmer que les quelques 24 irakiens désarmés tués dans la ville irakienne de Haditha, après la mort d’un américain dans un attentat à la bombe au mois de novembre dernier, ont effectivement été exécutés.

Selon des officiels du Congrès et de la Défense cités par le Los Angeles Times, les images montrent des blessures sur les parties supérieures des corps des victimes, dont plusieurs femmes et six enfants. Certains ont été exécutés d’une balle dans la tête et d’autres d’une balle dans le dos.

Selon un assistant du Congrès, le rapport indique que « Il n’y a pas eu de fusillade, il n’y avait pas d’impacts de balles sur les murs ». Le rapport cite un officiel du Département de la Défense qui a eu accès aux photos et qui a déclaré que « la nature des blessures indiquent une exécution ».

Des enquêteurs militaires US sont en train d’examiner les événements du 19 novembre 2005, et l’image qui se dessine est celle d’un petit groupe de soldats qui a perdu ses esprits au lendemain d’un attaque contre leur véhicule, où un des leurs trouva la mort. D’autres soldats ont ensuite aidé à couvrir l’acte atroce.

Un officier de haut rang britannique à déclaré hier que ces accusations de massacres de civils irakiens par des « marines » US risque de saper le soutien du public à la présence de troupes Britanniques dans le pays. Le chef d’Etat-Major, le Maréchal Sir Jock Stirrup, a déclaré que ces rapports sur les exécutions de plusieurs dizaines d’irakiens désarmés seraient « terrifiants » s’ils s’avéraient vrais. « Nos hommes sont en Irak et dans d’autres parties du globe et font un travail dangereux dans des conditions difficiles au nom de leur pays et ils ont besoin du soutien de leur opinion publique. Ce genre d’accusation – et ce n’est pour l’instant qu’une accusation, bien entendu – rend ce soutien plus difficile, » a-t-il déclaré à la BBC.

Deux enquêtes parallèles cherchent actuellement à déterminer ce qui s’est réellement passé ce jour là. Les enquêtes ont été déclenchées par une première série d’éléments recueillis par le magazine Time et des militants des droits de l’homme Irakiens. Une enquête, diligentée par le Service d’Enquêtes Criminels de la Marine, se concentre sur la tuerie, et l’autre sur les éventuelles tentatives de dissimulation. Les deux enquêtes devraient remettre leurs conclusions dans les prochaines semaines. De l’avis général, ces enquêtes se concluront par des Courts Martiaux pour plusieurs soldats et de possibles inculpations pour meurtre.

Certains politiciens US de haut rang, traitant les affaires de Défense, ont déjà été informés du dossier et ont déclaré aux journalistes que les indices étaient préjudiciables. « Des « marines » ont perdu tout contrôle… et ils ont tué de sang froid des civils innocents, » a déclaré au Washington Post le député John Murtha, un ancien marine. Un général à la retraite, David Brahms, a déclaré au journal : « Lorsque ces enquêtes seront rendues publiques, elles soulèveront une tempête. Ce sera pire qu’Abou Ghraib. Personne n’a été tué à Abou Ghraib. »

L’incident s’est déroulé après qu’une bombe ait explosé au passage d’une unité de marines dans la ville de Haditha. Un marine, Miguel Terrazas, a été tué. Deux autres ont été blessés par l’explosion.

La suite des événements fait l’objet d’une enquête. Des témoins oculaires et des groupes de défense des droits de l’homme pensent que les marines ont ensuite traversé la ville animés par une soif de vengeance. L’attaque aurait duré plusieurs heures et aurait coûté la vie à 24 civils irakiens. Parmi les victimes, ont compte un vieillard amputé de 76 ans et un garçon de quatre ans. Dans une maison, toute une famille, dont sept enfants, furent attaqués à coups de fusils et de grenades. Seule une fille de 13 ans a survécu.

Des soldats britanniques actuellement basés en Irak disent qu’ils sont soucieux de se distinguer des Américains et que les Irakiens semblaient faire la différence. Un soldat, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, a dit : « A nous on nous donne une formation. Aux américains, on leur donne un fusil. Les Irakiens savent faire la différence. »

La capitaine Victoria Wedgwood-Jones a dit : « Lorsque nous annonçons que nous sommes britanniques, ils nous accueillent chaleureusement. » 


Articles Par : Paul Harris et David Smith

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