Kashechewan: Ottawa et Queen’s Park se renvoient la balle

Région :

Le premier ministre Paul Martin se défend d’abdiquer ses responsabilités dans le dossier de l’évacuation de la communauté autochtone de Kashechewan dans le nord de l’Ontario.


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Interrogé aux Communes, M. Martin a admis que la responsabilité première de ce dossier revenait clairement au gouvernement fédéral et qu’Ottawa allait prendre l’initiative.

« Il faut le faire, a déclaré M. Martin, et nous allons le faire immédiatement. » Ceci étant dit, a ajouté le premier ministre, la solution consiste pour nous à travailler de concert avec le gouvernement des Autochtones et le gouvernement provincial. 

M. Martin réagissait alors à la déclaration du premier ministre de l’Ontario, Dalton McGuinty, qui a accusé le gouvernement fédéral de n’avoir rien fait dans ce dossier.


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Le fédéral a été inactif, et il doit maintenant prendre ses responsabilités, a soutenu le premier ministre McGuinty. Il est « inacceptable » que 1900 résidents de cette communauté de la baie James vivent dans des conditions aussi « déplorables » alors que leur santé est de responsabilité fédérale, a affirmé M. McGuinty, mercredi.

Le député ontarien néo-démocrate Gilles Bisson est allé plus loin, en réclamant la démission du ministre fédéral des Affaires indiennes, Andy Scott.

De son côté, le ministre Scott a soutenu que son gouvernement avait fait tout ce qu’il pouvait dans les circonstances, que la décision d’évacuer relevait du gouvernement ontarien et qu’Ottawa payait les coûts de l’opération. Le gouvernement fédéral travaille à trouver une solution à ce problème grave et ancien, a dit M. Scott, mais il a « malheureusement », été pris de court par les événements de la dernière fin de semaine.

L’évacuation se poursuit


 

Des résidents de la communauté
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Le gouvernement ontarien a ordonné l’évacuation de plus de la moitié des 1900 habitants de la réserve de Kashechewan. Un premier groupe de 75 évacués est arrivé mercredi soir à Sudbury, où il a été accueilli par des membres de la Croix-Rouge et des représentants municipaux.

Plus d’un millier de personnes souffrent de diverses infections de la peau et de maladies, exacerbées par les fortes doses de chlore qu’on a dû déverser dans l’eau potable pour la désinfecter.

Devant l’ampleur de la situation, le ministre provincial des Affaires autochtones, David Ramsay, n’écarte pas la possibilité d’évacuer l’ensemble du village et même son abandon pur et simple.

Un problème connu et chronique


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Un rapport de l’Agence ontarienne des eaux a tiré la sonnette d’alarme au sujet de la station d’épuration des eaux de Kashechewan il y a plus de deux ans déjà. Depuis, les habitants de la réserve doivent faire bouillir leur eau.

Le dossier a soudainement pris une tournure plus urgente, il y a deux semaines, quand on a découvert la dangereuse bactérie E. coli dans des échantillons d’eau. Santé Canada a cependant indiqué que des tests effectués les 17 et 19 octobre n’avaient montré aucune trace de la bactérie.

Selon les leaders autochtones de cette région, la station d’épuration des eaux de la réserve de Kashechewan connaît des problèmes chroniques depuis son installation, il y a dix ans. Le fait que l’usine ait été aménagée en aval d’un bassin de stabilisation des eaux usées aggraverait le problème.

Une cinquantaine d’autres communautés autochtones de l’Ontario sont obligées de faire bouillir leur eau. La province est en train d’évaluer la situation sur les autres réserves, a fait savoir David Ramsay, le ministre ontarien responsable des questions autochtones.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations, Phil Fontaine, doit rencontrer le ministre Scott pour obtenir un plan national pour garantir la qualité de l’eau.



Articles Par : Global Research

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