L’hypothèse d’une opération israélienne en solitaire

Les chasseurs israéliens sont capables de mener une attaque sans l’US Air Force, mais avec une ampleur et une efficacité limitées.

SI LA DIPLOMATIE se retrouvait dans l’impasse, et si Washington calait devant l’option militaire, les Israéliens pourraient-ils s’attaquer seuls au nucléaire iranien ? Au-delà des lourdes conséquences politiques d’une telle intervention, la question technique se pose.

Le 7 juin 1981, des avions israéliens détruisaient le réacteur expérimental d’Osirak, coupant ainsi la route vers le nucléaire au régime irakien. Située près de Bagdad, la centrale irakienne était dans le rayon d’action de la chasse israélienne. Aujourd’hui, les objectifs potentiels iraniens, eux, se trouvent en limite de portée des bombardiers de Tsahal. Et, surtout, posent le problème de la discontinuité géographique.

Les Israéliens ne disposent pas de missiles balistiques conventionnels ou de missiles de croisière capables de frapper l’Iran. Tout reposerait donc sur l’aviation. Et cette fois-ci, les chasseurs israéliens devraient survoler des pays dotés de systèmes de détection : une route aérienne de 1 500 kilomètres par la Jordanie et l’Irak, 2 000 par l’Arabie saoudite, plus de 2 500 en faisant le détour par la Turquie.

Offres de service de Tsahal

Avec l’acquisition récente des versions «longue portée» des chasseurs-bombardiers F 15 et F 16, l’armée de l’air israélienne a considérablement étendu son rayon d’action. Elle possède aussi des capacités de ravitaillement en vol. «Mais ces moyens restent limités et ne pourraient permettre que des raids de faible ampleur, estime un expert, ils ne peuvent ainsi ravitailler en même temps des bombardiers, des chasseurs de protection et des avions de guerre électronique.»

Les Israéliens, à l’évidence, se verraient plutôt agir de concert avec l’US Air Force. Des généraux de Tsahal se sont rendus à plusieurs reprises à Washington pour faire leurs offres de service. Pour acheter, aussi, au début de l’année 2005, quelque 500 bombes antibunkers. Ces emplettes ont été comprises dans la région comme un signal envoyé à l’Iran.

Des spéculations alimentées par la jolie réplique du chef d’état-major israélien. Alors qu’on lui demandait un jour jusqu’où Israël serait prêt à aller pour stopper le programme nucléaire iranien, le général Dan Halutz avait répondu : «2 000 kilomètres.»



Articles Par : A.L. G.

Avis de non-responsabilité : Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que le ou les auteurs. Le Centre de recherche sur la mondialisation se dégage de toute responsabilité concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes.

Le Centre de recherche sur la mondialisation (CRM) accorde la permission de reproduire la version intégrale ou des extraits d'articles du site Mondialisation.ca sur des sites de médias alternatifs. La source de l'article, l'adresse url ainsi qu'un hyperlien vers l'article original du CRM doivent être indiqués. Une note de droit d'auteur (copyright) doit également être indiquée.

Pour publier des articles de Mondialisation.ca en format papier ou autre, y compris les sites Internet commerciaux, contactez: [email protected]

Mondialisation.ca contient du matériel protégé par le droit d'auteur, dont le détenteur n'a pas toujours autorisé l’utilisation. Nous mettons ce matériel à la disposition de nos lecteurs en vertu du principe "d'utilisation équitable", dans le but d'améliorer la compréhension des enjeux politiques, économiques et sociaux. Tout le matériel mis en ligne sur ce site est à but non lucratif. Il est mis à la disposition de tous ceux qui s'y intéressent dans le but de faire de la recherche ainsi qu'à des fins éducatives. Si vous désirez utiliser du matériel protégé par le droit d'auteur pour des raisons autres que "l'utilisation équitable", vous devez demander la permission au détenteur du droit d'auteur.

Contact média: [email protected]