L’instrumentalisation des ONG syriennes

­Les ONG syriennes ont, jusqu’à présent, été la seule source d’information de la presse occidentale pour les reportages sur les prétendues atrocités commises dans le pays. Comment se fait-il alors que nombre de ces ONG sont soit financées par l’Occident soit y sont basées ?

Peu de gens savent que l’Observatoire Syrien pour les Droits de l’Homme, au premier rang des ONG qui font état des violations commises par le régime du Président Bachar al-Assad est un groupe entièrement basé à Londres, souligne Infowars.

On ne connaît pas vraiment qui en sont les adhérents, ni de qui il reçoit les fonds, mais Reuters a photographié le chef de cette ONG, Rami Abdelrahman, quittant le Foreign and Commonwealth Office où il venait de rencontrer, le secrétaire aux Affaires étrangères, William Hague, le 21 novembre 2011.

Dans le Democracy Digest d’août, publication de la National Endowment for Democracy (NED), institution américaine, l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme avait publié une déclaration avec l’Association syrienne pour les Droits de l’Homme et le Centre de Damas pour les Études sur les Droits de l’Homme , appelant les membres du Brics (Brésil, Russie, Chine et Afrique du Sud) à soutenir une résolution de l’ONU condamnant « le gouvernement pour son recours à la violence contre les manifestations pacifiques ».

Le Centre de Damas pour les Études sur les Droits de l’Homme qui entretient un partenariat étroit avec la National Endowment for Democracy a, lui aussi, été le principal fournisseur d’informations sur le nombre de morts, toujours invérifié, et de témoignages à la presse occidentale, tandis que continue la marche vers l’élimination d’Assad.

Avant la venue des 50 observateurs de la Ligue arabe, aucun observateur étranger n’a été autorisé à se rendre en Syrie, depuis le début des violences, en mars de cette année.

Cette interdiction a favorisé la campagne des activistes anti-Assad dans la mesure où la presse étrangère cherchait désespérément des récits sur la Syrie parmi les appels au changement de régime.

En fait, le rôle des États-Unis dans le financement de l’opposition syrienne, si critique à l’égard du régime d’Assad, remonte à l’administration Bush qui avait émis des menaces grandissantes à l’égard de Damas pour sa politique vis-à-vis d’Israël.

En avril, WikiLeaks avait rendu publique une dépêche diplomatique montrant que les États-Unis avaient activement financé l’opposition syrienne depuis 2005. Il révélait aussi, selon Reuters, que le Département d’État avait, depuis 2006, accordé une somme de 6 millions de dollars pour l’installation à Londres d’une chaîne satellitaire Barada TV dirigée par un groupe d’exilés syriens.

Un diplomate américain de haut-rang observait que « Damas verrait sans aucun doute les fonds américains à des groupes politiques illégaux comme équivalent à un soutien à un changement de régime ».

De plus, Asia Times, relève que l’entraînement récent et intensif des activistes syriens, joue le double rôle de fournir « un soutien à l’insurrection militarisée, armée ainsi qu’aux mouvements de protestations pacifiques pro-démocratiques ».

Ce double rôle a servi à déstabiliser la Syrie à l’intérieur tout en préparant l’opinion publique internationale à une intervention militaire dans le style de la Libye.

Si l’ONU chiffre à 5000 le nombre de personnes tuées sur 9 mois, les autorités syriennes comptent que plus de 2000 soldats et membres des forces de sécurité ont trouvé la mort.

Russia Today , 27 décembre 2011.

Texte original en anglais (27.12.2011) :
http://rt.com/news/syrian-ngo-western-support-755/

Traduit de l’anglais par Xavière Jardez (28.12.2011) :
http://www.france-irak-actualite.com/article-l-instrumentalisation-des-ong-syriennes-95229214.html



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