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L’OTAN manque de bombes. Autres armes et avions pour la guerre en Libye.
Par Manlio Dinucci
Mondialisation.ca, 19 avril 2011
ilmanifesto.it 19 avril 2011
Url de l'article:
https://www.mondialisation.ca/l-otan-manque-de-bombes-autres-armes-et-avions-pour-la-guerre-en-libye/24394

Le général Abdul Fatah Younis

Mustapha Abdul Jalil, qui, il y deux mois encore, était ministre de la justice de Kadhafi, est aujourd’hui en visite officielle à Rome où, en costume de « président du conseil national de transition libyen », il rencontre le ministre des affaires étrangères Franco Frattini et le président du conseil Silvio Berlusconi, et sera reçu par le président de la république Giorgio Napolitano. Ce qui intéresse le plus Jalil est ce que Frattini lui a promis à la récente réunion du « Groupe de contact » à Doha : « Des armes mais aussi des instruments de communication et des appareils pour l’interception des communications radio du régime ».

Le général Abdul Fatah Younis, chef d’une tribu de la Cyrénaïque qui était, jusqu’à il y a deux mois, ministre de l’intérieur de Kadhafi et qui est maintenant à la tête des forces anti-Kadhafi, a déclaré dans une interview à Al Arabiya que ses forces « reçoivent des armes », même s’il n’a pas spécifié de qui. L’émir du Qatar, Cheikh Hamad bin Khalifa al -Thani, l’a dit, en déclarant à CNN avoir envoyé des fournitures d’armes aux rebelles. Ces derniers jours de nombreux containers d’ « aides humanitaires » sont arrivés à Bengazi, du Qatar. Qui, rappelle le New York Times, a déjà reconnu, avec l’Italie et la France, le conseil de Bengazi comme « gouvernement légitime de la Libye ».

Le vice-président du conseil de Bengazi, Abdul Hafidh Ghoga, a dit avoir demandé des instructeurs étrangers pour l’utilisation des armes, et le porte-parole Mustapha Gheriani a expliqué que des « centres professionnels d’entraînement » ont été ouverts. Dans une conférence de presse à Bengazi, samedi dernier, Ghoga avait déclaré que « les forces de l’OTAN et les rebelles [avaient] équipé une salle opérationnelle conjointe », pour coordonner les opération terrestres avec les attaques aériennes effectuées par l’OTAN.

Du 31 mars jusqu’à aujourd’hui le Commandement  de la force conjointe alliée, dont le quartier général est à Naples, a effectué plus de 3.000 incursions aériennes en Libye, 150 par jour en moyenne. Les attaques sont menées, pour la moitié environ par des chasseurs-bombardiers français et britanniques, pour le reste par des  avions belges, danois, norvégiens et canadiens ; un quart des incursions est effectué par des avions étasuniens, avec mission prévalente d’individualiser les objectifs et interrompre les télécommunications ennemies. A ce sujet cependant, écrit le Washington Post, émergent « les limites des pays européens de l’OTAN à soutenir une action militaire relativement petite pour une période étendue » : les bombes à commande laser se raréfient, et les bombes étasuniennes ne sont pas utilisables par les avions français et britanniques. Des fonctionnaires du Pentagone prévoient du coup qu’il faudra de nouveau employer aussi, pour les bombardements, des avions étasuniens, y compris les A-10 Thunderbolt et AC-130 Specter : ceux dont les canons tirent des milliers de projectiles à la minute (en majorité à uranium appauvrir).

Et, démentant la « réticence » du gouvernement italien à utiliser des avions pour bombarder, un haut fonctionnaire étasunien, cité par le Washington Post, déclare : « Il est probable que l’Italie fournisse des avions pour des missions d’attaque au sol ».

Edition de mardi 19 avril de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110419/manip2pg/08/manip2pz/301615/

Traduction : Marie-Ange Patrizio

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