La COP 23 : Autopsie d’un échec annoncé

« Vivant dans le Pacifique et subissant personnellement les impacts du climat, nous comptons apporter à Bonn un sens de l’urgence », « une histoire qui peut trouver écho partout dans le monde Nazhat Shameem Khan négociatrice fidjienne.

« Si le climat était une banque il y a longtemps qu’il serait sauvé » Hugo Chavez, ancien président du Vénézuela

La 23e conférence des parties sur le climat, la COP 23, s’ouvre à Bonn (Allemagne), lundi 6 novembre. Pendant deux semaines, elle doit engager 196 pays dans une lutte concrète contre les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. Pour empêcher une hausse des températures globales supérieure à 2°C par rapport au début de l’ère industrielle, il va falloir revoir de fond en comble nos façons de nous chauffer, de nous éclairer ou encore de nous déplacer.

Pour la première fois un petit État insulaire, de ceux pour qui le réchauffement est une menace vitale, sera à la manœuvre, présidant ces deux semaines de négociations: l’archipel des Fidji. Le contexte est marqué par le désenchantement. On se souvient avec quel battage médiatique la COP 21 a été mise en œuvre. Dans un scénario hollywoodien avec happy end on voit Laurent Fabius taper du marteau et annoncer à la face du monde la fin de la kermesse sous les applaudissements de personnalités qui donnaient à voir dans un jeu hypocrite avec notamment le fameux shall du texte qui a failli faire capoter le texte. Il ne fallait pas contraindre l’oncle Sam.

Après la COP22 de Marrakech dont on ne retiendra rien, voilà la COP 23 qui s’annonce comme sans résultat probant d’autant que qu’on accuse Trump de s’être retiré de la COP21 poru expliquer l’échec de la COP 21 alors que cet échec était patent du fait qu’il n’y avait aucune contrainte pour les pollueurs sinon des vœux pieux .

Etat des lieux d’une planète abimée

On a tendance à lui faire adosser la responsabilité de l’échec de la Terre à réguler la consommation d’énergie. Il n’en est rien les conclusions de la COP 21 étaient non contraignantes Pour l’instant, l’accord de Paris, c’est un peu un jeu de l’oie mondial avec une case « départ » (l’état de la planète aujourd’hui), une case « arrivée » (limiter la hausse des températures à 1,5°C d’ici 2100), 196 joueurs… et pas la moindre règle. Les rédacteurs ont galvaudé les recommandations au point que les études sérieuses actuelles disent que c’est l’échec sauf miracles

« L’ONU estime qu’il y a peu de chance que les objectifs de la COP 21 soient atteints et que le réchauffement climatique se restreigne à 2 degrés Si on prend 2016 comme exemple, c’est une année de records. De records de températures, mais aussi de concentration de carbone dans l’atmosphère. » D’où vient ce réchauffement climatique? « Principalement des énergies fossiles« ,   Le climat plus instable « Avec le réchauffement climatique, les courants changent, les pluies changent et les glaces du Groenland fondent » (1)

« Les ouragans, les sécheresses ou encore les inondations se multiplient aux quatre coins de la planète en raison du dérèglement climatique. Chaque année, 25 millions de personnes sont contraintes de migrer. Les catastrophes naturelles se multiplient. Ces réfugiés climatiques fuient trois grandes régions : l’Afrique subsaharienne, qui connaît de nombreuses sécheresses, l’Asie du Sud-Est, souvent frappée par les typhons, et les petits États insulaires menacés par la montée des eaux.    Gaz à effets de serre, températures record, banquise qui fond de plus en plus… i le dérèglement climatique n’est plus une menace pour les générations futures mais une réalité pour la nôtre. Le chantier est énorme, mais les dangers qui nous menacent le sont davantage. Famine, déplacements de populations, crises économiques, extinctions massives d’espèces, déstabilisations géopolitiques, guerres… Si rien n’est fait, l’avenir promet d’être sombre pour l’espèce humaine.  On le sait depuis longtemps, les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère sont responsables du réchauffement climatique. D’environ 275 ppm (partie par million) avant la révolution industrielle, il est passé à 340 ppm en 1980 avant d’atteindre son record en 2016 avec 403 ppm si l’on souhaite contenir la hausse des températures moyennes du globe à moins de 2°C d’ici à 2100, il faut impérativement empêcher la concentration de CO2 d’excéder 450 ppm. Mais d’autres estiment que la limite doit être fixée bien plus bas, à 350 ppm.  nous ne sommes même pas encore parvenus à stabiliser ce taux alors qu’il est urgent d’inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre. Selon un article publié en juin dans la revue Nature  il faut absolument inverser cette tendance dès 2020, sans quoi il sera trop tard » (1).

Preuve de l’irresponsabilité des dirigeants les apprentis sorciers pensent sauver le climat en mettant en œuvre des technologies chères et dangereuses. Pour rappel pendant la guerre du Vietnam dans sa lutte contre le vietminh pensait embourber les combattants en lançant des fusées avec d l’iode qui a pour but d’agréger les gouttes de pluie et amener des précipitations importantes..en vain. Selon une étude, le réchauffement planétaire dangereux ne peut être stoppé sans la géo-ingénierie La communauté internationale a déjà raté sa chance de limiter le réchauffement climatique entre 1,5 et 2 degrés Celsius,  Mais une solution au problème pourrait résider dans les technologies de géo-ingénierie. Une nouvelle recherche, publiée dans la revue Climatic Change , a révélé qu’il est déjà trop tard pour atteindre cet objectif, après que les scientifiques aient utilisé une modélisation informatique sophistiquée pour prédire les étapes à franchir. Leur solution au problème est la technologie de captage direct de l’air (DAC), qui consiste à filtrer le carbone directement de l’air que nous respirons et à l’utiliser pour accroître la vie végétale, ce qui entraînera des émissions de carbone négatives » (2) .

Ce qui est prévu d’être fait à la COP 23

L’accord de Paris énonçait des principes, mais pas les détails, avec un diplomate comparant cela à un nouveau smartphone génial mais sans système d’exploitation. La réunion de Bonn sera vitale dans la construction des règles qui permettront à l’accord de Paris de fonctionner. Les engagements actuels pour les réductions de carbone par les nations du monde signifieraient au moins 3C de réchauffement de la planète et de graves dommages. Ainsi, l’accord de Paris prévoyait un mécanisme de révision et d’augmentation des engagements, mais sans fixer de règles. Le travail de base nécessaire à cette fin doit être fait à Bonn avant d’être finalisé en 2018. Le problème est double d’abord freiner drastiquement la pollution c’est de la responsabilité des grands pays pollueurs ! Il faut savoir que toute l’Afrique 55 Etats : Un milliard d’individus consomme moins ( 500kWh/hab/an) et donc pollue moins qu’un pays comme l’Allemagne (80 millions avec 8000kWh/hab/an) Ensuite aider les pays victimes des changements climatiques notamment par les réfugiés climatiques potentiels à lutter contre les effets dévastateurs des changements climatiques

Les nations en développement devraient être indemnisées pour la destruction résultant du changement climatique qu’elles n’ont pas ou peu causé. « Le principe en est un de compensation car les pays occidentaux ont développé leurs économies au détriment de la planète et des pauvres », explique Dorothy Grace Guerrero, du groupe de campagne Global Justice Now. Les enjeux sont d’autant plus importants que certains pays en développement se sentent perdants dans l’accord de Paris qui, contrairement aux accords précédents, n’impose pas d’engagements juridiquement contraignants aux pays riches.   Les nations riches s’étaient déjà engagées à fournir 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour aider les pays les plus pauvres à réduire leurs émissions et à s’adapter aux changements climatiques.  Les 100 milliards de dollars non encore récoltés suffiront-ils ?

Par ailleurs on sait que les multinationales de l’énergie feront tout pour influer sur les conférences come nous l’avons vu avec Exxon qui a financé des études visant à montrer que le réchauffement n’était pas anthropique . Un rapport publié le 1er novembre par des ONG de transparence montre que les «grands» pollueurs représentant le charbon, le pétrole et le gaz pourraient avoir accès à la table de négociation des négociations climatiques de l’ONU et polluer la politique climatique. Dans une série d’exemples, les auteurs soulignent comment les sociétés de combustibles fossiles peuvent «s’introduire» en sponsorisant des événements COP et en empêchant les discussions de régulation directe d’incliner les politiques de changement climatique en faveur de solutions basées sur le marché.

L’Europe et l’OCDE les mauvais exemples

Les pays de l’Ocde qui donnent des leçons devraient commencer par fare le ménage chez eux ; Sait on par exemple que les 30 pays de l’OCDE ( 1milliard d’habitants ) détiennent 80 %du milliard de voitures et que Les navires de croisière peuvent émettre autant de particules qu’un million de voitures chaque jour et la qualité de l’air sur le pont peut être aussi mauvaise que celle des villes les plus polluées du monde, Dans l’étude suivante Les experts du climat insistent sur le fait que les combustibles fossiles n’ont pas leur place dans les plans énergétiques de l’UE après 2035  Pour l’UE, le bilan carbone des émissions d’après-2017 ne représente qu’entre 23 et 32 ​​gigatonnes de CO2. Selon l’étude, cela équivaut à entre six et neuf ans d’émissions actuelles d’énergie uniquement, ce qui suggère que l’horloge tourne à plein régime. L’ONU a publié son rapport annuel sur les écarts d’émissions mardi (31 octobre), mettant en évidence un bilan lamentable: avant la COP23, les pays sont à deux tiers de ce qui est nécessaire pour atteindre la réduction convenue des émissions. En outre, la réduction de la capacité des pays non membres de l’OCDE à réduire les changements climatiques signifie que d’ici 2035, l’UE devra réduire ses émissions de 95% pour ne pas épuiser son budget carbone, concluent les auteurs Kevin Anderson et John Broderick. Ils ont ajouté que ce défi signifiait « qu’il n’y a absolument aucun rôle à jouer dans la production de réserves supplémentaires de combustibles fossiles, y compris le gaz, ». Ces facteurs ont conduit l’étude à conclure que les combustibles fossiles, y compris le gaz naturel, ne doivent pas jouer un rôle important dans le système énergétique de l’UE après 2035 si l’Europe entend honorer l’engagement à deux degrés.(3)

L’appel de détresse de 15000 scientifiques

Il ne faut pas croire qu’iil n’y a pas de problème du aux convulsions climatiques. Encore une fois la cause anthropique est la cause principale de ces errances climatiques.   La mise en garde des scientifiques qui n’ont aucun intérêt dans un sens ou dans l’autre à présenter la Terre dans une perspective néfaste est à prendre au sérieux. Nous lisons sur le journal le Monde : ‘« Mise en garde des scien­tifiques à l’humanité : deuxième avertissement. » C’est une alerte solennelle que publient, lundi 13 novembre dans la revue BioScience, plus de 15 000 scientifiques de 184 pays. Biologistes, physiciens, astronomes, chimistes ou ­encore agronomes, spécialistes du climat ou des océans, de zoologie ou d’halieutique, les auteurs mettent en garde contre la destruction rapide du monde naturel et le danger de voir l’humanité pousser « les écosystèmes au-delà de leurs capacités à entretenir le tissu de la vie ». Leur texte, enjoint aux décideurs et aux responsables politiques de tout mettre en œuvre pour « freiner la destruction de l’environnement » et éviter que ne s’aggrave l’épuisement des services rendus par la nature à l’humanité. « Pour éviter une misère généralisée et une perte catastrophique de biodiversité, l’humanité doit adopter une alternative plus durable écologiquement que la pratique qui est la sienne aujourd’hui. » (4)

« C’est la deuxième fois que les « scientifiques du monde » adressent une telle mise en garde à l’humanité. Le premier appel du genre, publié en 1992 à l’issue du Sommet de la Terre à Rio (Brésil), avait été endossé par quelque 1 700 chercheurs, dont près d’une centaine de Prix Nobel. Il dressait déjà un état des lieux inquiétant de la situation et s’ouvrait sur cette alerte : « Les êtres humains et le monde naturel sont sur une trajectoire de collision. » Ce premier appel n’a pas été suivi d’effets. Un quart de siècle plus tard, la trajectoire n’a pas changé ». (4)

Les Etats unis persistent et signent : En avant toute pour le charbon !

A Bonn, il ya les Américains venus plaider le respect de l’accord de la COP 21 et les autres ceux envoyée par l’administration américaine.

« C’était le premier débat organisé par la délégation américaine en marge des négociations officielles de la conférence sur le climat des Nations unies à Bonn, en Allemagne, et cela restera le seul de toute la COP23 pour le camp de Donald Trump. (…) L’intention de la Maison Blanche était pourtant claire. Alors que la COP23 s’apprête à accueillir, à partir du 15 novembre, une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement, Washington souhaitait réaffirmer son choix de tourner le dos à l’accord de Paris et de privilégier les énergies fossiles.  Pendant le week-end, l’ancien maire de New York Michael Bloomberg et le gouverneur de Californie, Jerry Brown, ont lancé, depuis Bonn, l’initiative « America’s Pledge » (« l’engagement américain ») afin d’évaluer les efforts de réduction de gaz à effet de serre du deuxième plus gros émetteur mondial après la Chine. pour concrétiser l’engagement de Barack Obama de réduire de 26 % à 28 % les émissions américaines d’ici à 2025 » (5)

Leurs arguments ne tenaient pas la route :

« Les six invités du débat de lundi – George David Banks, assistant spécial de Donald Trump pour l’énergie et l’environnement, Francis Brooke, conseiller du vice-président Mike Pence, Barry Worthington, directeur de l’Association américaine de l’énergie, et les représentants des sociétés Peabody (charbon), Tellurian (gaz) et NuScale Power (nucléaire) – devaient, pour leur part, vanter les nouvelles technologies d’exploitation des fossiles et les petites unités de production nucléaire. Penser que le monde peut « atteindre des objectifs climatiques ambitieux, soutenir comme il le faudrait le développement des pays pauvres et assurer l’accès à l’énergie uniquement en déployant le solaire et l’éolien est naïf », a réfuté George David Banks. « Nous n’avons vraiment pas besoin de l’accord de Paris », a poursuivi Barry Worthington  (…)», (5)

Trois ans pour sauvegarder notre climat

Quelle serait la solution ? Selon de nouvelles études récemment publiées, l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions pour atteindre l’objectif de 1,5°C de réchauffement se situe entre 16 et 19 Gt éq-CO2, plus important que celui prévu auparavant. Afin d’atteindre les objectifs Le rapport détaille différentes façons pour y parvenir, particulièrement dans le domaine de l’agriculture, du bâtiment, de l’énergie, de la foresterie, de l’industrie et du transport. Les investissements dans les technologies spécifiques à ces secteurs – d’un coût inférieur à 100 dollars par tonne de CO2 évitée, et souvent beaucoup moindre – pourrait contribuer à éviter jusqu’à 36 Gt éq-CO2 par an à l’horizon 2030 »(6).

Les solutions de captures à la source et stockage en sol existent mais sont chères, incertaines, n’ayant jamais connu de développement industriel important. L’exemple du captage atmosphérique du CO2 en Islande et son enfouissement à 2000m de profondeur dans des roches basaltiques est une avancée scientifique mais le passage à l’échelle industrielle rentable est à voir Le meilleur stockage résiderait dans une politique forestière et agricole à grande échelle. Cela dit, le gaz a un meilleur bilan carbone que le charbon en production d’électricité, donc l’idée est de commencer par fermer les sources les plus émettrices. Aller ensuite vers une politique de reboisement inverse de la déforestation actuelle …. Reverdir le Sahara comme à commencer à le faire l’Algérie des années 70 permettrait de stabiliser les sols qui subissent une érosion et être des puits de carbone. Là encore l’Afrique a proposé une ceinture verte . Green belt entre Dakar et Djibouti , le financement définitif se fait attendre

Pour les chercheurs Christiana Figueres et ses collègues tout n’est pas perdu il y a moyen de s’en sortir Ils ont établi un plan en six points pour inverser la tendance du dioxyde de carbone dans le monde d’ici 2020. (…) Selon un rapport d’avril   (préparé par Carbon Tracker à Londres, les émissions devraient continuer à augmenter niveau, les objectifs de température fixés à Paris deviennent presque inaccessibles. Les objectifs de développement durable des Nations Unies convenus en 2015 seraient également gravement menacés. (…)    La bonne nouvelle est qu’il est encore possible d’atteindre les objectifs de température de Paris si les émissions commencent à baisser d’ici L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a prédit que d’ici 2020, les sources renouvelables pourraient fournir 26-27% des besoins mondiaux en électricité,   La croissance des véhicules électriques à eux seuls pourrait déplacer 2 millions de barils de pétrole par jour d’ici 2025, L’année dernière, la capacité installée d’énergie renouvelable a établi un nouveau record de 161 gigawatts; en 2015, les niveaux d’investissement ont atteint 286 milliards de dollars dans le monde, soit plus de six fois plus qu’en 2004. Plus de la moitié de cet investissement, 156 milliards de dollars, a été consacrée à des projets dans les économies en développement et émergente L’économie sans fossiles est déjà rentable   et crée des emplois (  l’AIE montre que les efforts pour arrêter le changement climatique pourraient stimuler l’économie mondiale de 19 billions de dollars 7.

Pour y arriver six étapes sont nécessaires.  D’ici 2020, voici où le monde doit être: Énergie.  Aucune centrale au charbon ne doit être construite au-delà de 2020, et toutes les centrales existantes sont à la retraite. Un effort doit être fait dans les infrastructures Les villes et les États ont lancé des plans d’action pour décarboniser complètement les bâtiments Dans les transports Les véhicules électriques doivent représentent au moins 15% des ventes de voitures neuves dans le monde, il faur augmenter de 20% l’efficacité énergétique des véhicules lourds et réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre dans l’aviation Comment protéger la Terre.  Des politiques d’utilisation des terres sont promulguées pour réduire la destruction des forêts et favoriser les efforts de reboisement et de boisement.  Dans l’industrie.  l’objectif de réduire de moitié les émissions bien avant 2050.   En conclusion de cette étude si nous tardons, les conditions de la prospérité humaine seront sévèrement restreintes. Il y a trois étapes pressantes et pratiques pour éviter cela.

« L’économie sans fossiles est déjà rentable. » les solutions existantes doivent être rapidement mises à l’échelle. Comme il n’y a pas de temps à attendre, tous les pays devraient adopter des plans pour parvenir à une production d’électricité 100% renouvelable, . (…) Il y aura toujours ceux qui cachent leur tête dans le sable et ignorent les risques globaux du changement climatique. Mais nous sommes beaucoup plus nombreux à vouloir vaincre cette inertie. Laissez-nous rester optimistes et agir avec audace ensemble » (7).

La locomotion électrique pour combattre les effets négatifs des changements climatiques

Curieusement ce qui pourrait atténuer les effets dévastateurs des convulsions climatiques viendrait de la locomotion électrique. Le transport est responsable d’environ 40 % de la consommation d’énergie pour le milliard de véhicules en circulation . Il est prévu qu’en 2030 dans uen douzaine d’années la locomotion électrique pourrait concerner jusquà 400 millions de véhicules Ce qui permettrait des gains de l’ordre 20 millions de barils /jour ou encore 1 milliard de tonnes de carburants essence ou diesel Des stratégies sont mises en œuvre dans le monde

Ainsi en dehors de l’avance fulgurante de la Chine dans ce domaine, l’Europe s’y met : Nous lisons dans la contribution suivante :

« Comment rendre réduire le CO2 dans les transports et à renforcer les véhicules électriques La Commission européenne a proposé mercredi 8 novembre un paquet législatif visant à réduire les émissions de CO2 dans les transports routiers et à encourager l’adoption des voitures électriques, afin d’aider l’industrie automobile européenne à rester compétitive face aux pressions croissantes des Etats-Unis et de la Chine. . la raison en est la nécessité de lutter contre le changement climatique, car les transports génèrent un quart des émissions de gaz à effet de serre et la pollution de l’air est responsable de 400 000 décès prématurés en Europe chaque année.

En vertu de la proposition, les émissions moyennes des voitures neuves en 2030 devront être inférieures de 30% à l’objectif de 20 tonnes de CO2 par kilomètre de 2021 soit de de 68 à 78 g / km.  L’Europe avait déjà pris du retard, tandis que la Chine et les Etats-Unis poursuivaient leur route avec des véhicules propres. Les voitures électriques représentent moins de 1% des nouvelles ventes », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il n’y avait que 6 types de véhicules électriques disponibles aux consommateurs en Europe, contre 600 en Asie.

« La recharge des voitures électriques sur les autoroutes de l’UE doit être aussi facile que le remplissage des stations-service, c’est pourquoi nous faisons de cette réalité une réalité. Il existe un plan d’action clair pour accélérer le déploiement des points de recharge . Le projet prévoit aussi l’obligation pour les fabricants de produire au moins 15 ou 20 % de voitures zéro-émissions, principalement des voitures électriques, d’ici 2030. Un objectif pour 2025 signifierait la fin prochaine de la production des voitures au diesel. Sans objectif intermédiaire, ces modèles continueraient à être produits jusqu’en 2025 » (8)

Et en Algérie ou en est –on ?

Le moins que l’on puisse dire est que le manque de visibilité n’augure rien de bon ! Nous n’avons toujours pas de stratégie d’ensemble ; à savoir la mise en place d’une stratégie énergétique vers le Développement Humain Durable en misant sur les énergies vertes en faisant la chasse au gaspillage pour lequel l’Algérie est championne du fait des prix dérisoires de l’énergie et d’une politique démagogique basée sur la rente et la satisfaction à tout prix d’une demande qui explose avec une croissance débridée de la demande interne qui frise les 10 %. A ce rythme dans dix ans l’Algérie ne pourra plus exporter d’hydrocarbures s’il en reste encore car il ne faut pas se le cacher les années trente seront difficiles car du fait d’une panne dans l’action , les pouvoirs publics tétanisés par la paix sociale à tout prix sont en train de compromettre l’avenir des générations avenir .

Certes des initiatives sont prises çà et là par Sonelgaz et sa filiale SKTM qui affiche programme réalisé de plus de 450 MW, des installations modestes par la taille sont signalées. Des entreprises privées se sont lancées à l’instar de Condor qui aurait une capacité de 100 MW Le CDER se démène lui aussi ,l’Aprue tente aussi de remplir un modeste d programme d’économies d’énergie ;Même le ministère actuel des énergies renouvelables lance des initiatives concernant l’environnement, le tri sélectif …Mais à ce rythme il est impossible d’atteindre le plan de 22.000 MW en 12 ans ce qui suppose d’installer au moins 1500 MW. Nous avons perdu dix ans car le kWh solaire nous disait on n’était pas rentable par rapport au kWH thermique ; Il l’était cependant en Chine en Inde en Allemagne. En Algérie une donnée importante n’était pas prise en compte le gaz naturel non consommé du fait d’une installation solaire pourrait payer à terme le cout de l’installation.

L’appel d’offre de 4000 MW n’a toujours pas vu le jour ! Plus que jamais nous avons de visibilité ; Ceci ne peut se faire qu’en mettant en œuvre dans le cadre d’une consultation nationale une transition vers le Développement Durable qui définit la part de chaque énergie, la nécessité de préserver l’environnement, de s’occuper du problème de l’eau le stress hydrique est une réalité .

Pourtant une stratégie bien expliquée dans le cadre d’états généraux, avec la participation des citoyens et de tous les départements ministériels permettrait de mettre de l’ordre dans la pagaille actuelle où chacun prêche pour sa chapelle sans cohérence d’ensemble. Pourtant nous pouvons faire reverdir le Sahara veritable pile électrique si on sait y faire, relancer sérieusement le barrage vert, développer à marche forcée les énergies renouvelables Mettre en place une politique des transports

Dans ce plan la stratégie énergétique donnera à Sonatrach- sous ensemble dépendant d’une cohérence globale- le cap à suivre pour garantir la pérennité des gisements d’une façon optimale. Le Plan énergie renouvelable pourra alors se réaliser si on s’adosse à des locomotives comme la Chine ou l’Allemagne qui seront d’une certaine façon payés pour les centrales renouvelables installées avec le gaz naturel non consommé.

S’agissant de la locomotion électrique là aussi nous sommes toujours en retard d’un train ! Le plan transport électrique est un sous ensemble de l’ensemble de la stratégie   Au moment où de part le monde, pour tenir compte aussi des changements climatiques, on développe la locomotion électrique le diesel est de plus en plus abandonné et les carburants le seront dans les 15 ans à venir en Europe en Chine. Un constructeur comme Wolkswagen a prévu de supprimer le diesel – danger pour la santé- avant 2025 Il mettra d’ici 2019 comme les autres constructeurs plusieurs modèles de voitures électriques ; Le constructeur allemand envisage de commercialiser d’ici 2025 une trentaine de modèles électriques qu’il souhaite écouler à 2-3 millions d’exemplaires, faisant des véhicules électriques 25% de ses futures ventes.      L’Alliance Renault-Nissan pourrait utiliser la Kwid, la voiture à très bas coût proposée en Inde et en Chine à moins de 3.500€, comme base pour cette future voiture électrique « low-cost ». .

Même Dacia veut se lancer la future voiture électrique ne s’éloignerait pas du credo de Dacia. À savoir afficher un prix d’accès très abordable. Dacia pourrait reprendre, des technologies éprouvées/amorties par l’Alliance Renault-Nissan. Autrement dit, reprendre à son compte la plateforme, le moteur et la batterie de la Zoé actuelle Pour Peugeot  Carlos Tavares a annoncé que les Peugeot 208 et 2008 seront les premiers à adopter cette motorisation. électrique, un plan visant à produire quatre modèles 100% électriques et sept hybrides a enfin été mis en route. Pourquoi pas en Algérie ? Pour quoi ne pas miser sur la voiture électrique et demander aux constructeurs qui veulent s’installer en Algérie de nous aider à gagner une étape ? Cela nous permettrait de diminuer la pression sur les carburants et il serait inutile de construire plus d’une raffinerie supplémentaire. Je rappelle que de part le monde la capacité de raffinage est excédentaire et le sera de plus en plus !

Conclusion

Le monde doit de toute urgence prendre des mesures pour réduire de 25 % les émissions prévues d’ici à 2030, indique le rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement. Selon une nouvelle étude de l’ONU, il faut que les gouvernements et les acteurs non-étatiques fassent preuve d’ambitions Dans l’état actuel des choses, une mise en œuvre complète des contributions prévues déterminées au niveau national conditionnelles et inconditionnelles entraînerait très probablement une augmentation des températures irréversible Sans coupures brusques des émissions mondiales de carbone, nous pouvons nous attendre à des «impacts graves, étendus et irréversibles» pour des milliards de personnes et le monde naturel. La santé de centaines de millions de personnes dans le monde est déjà affectée par le changement climatique,

A en croire les dernières études :

« Il y a seulement 5% de chance que la Terre évite de se réchauffer d’au moins 2 degrés Celsius à la fin du siècle, selon une nouvelle étude qui brosse un tableau dégrisant de l’effort international pour endiguer les changements climatiques dangereux Les tendances mondiales de l’économie, les émissions et la croissance démographique rendent extrêmement improbable que la planète reste en dessous du seuil de 2C défini dans l’accord de Paris sur le climat en 2015, indique l’étude.  » Il a été reconnu depuis longtemps que les réductions d’émissions promises dans le cadre de l’Accord de Paris ne seraient pas suffisantes pour éviter le réchauffement des 2C.  John Sterman, un universitaire de l’initiative Sloan Sustainability du MIT, parle d’un « appel urgent à l’action Pour lui les Etats-Unis doivent « accélérer considérablement le déploiement des énergies renouvelables et en particulier l’efficacité énergétique » (9).

Au risque d’être un prophète de malheur l’avenir n’est pas rose et le monde curieusement se désintéresse des changements climatiques par impuissance, méconnaissance ignorance et fatalité Ils ne font pas la relation entre la consommation d’énergie fossile et l’augmentation de température , bien qu’il y ait peut être d’autres facteurs le facteur anthropique est prédominant. Assurément Bonn rejoindra dans la liste des échecs francs Copenhague . Paris avait fait illusion et ce serait un miracle si l’initiative de la France –curieusement pas donénà Bonn- le 13 décembre qui fera illusion et ramènera Les Etats Unis à la table de négociation. Le problème est plus complexe car tous ceux qui ont applaudi à Paris, trainent les pieds et le fond de 100 milliards de dollars est loin d’être opérationnel Ce seront encore une fois les faibles qui en pâtiront. Après les réfugiés politiques dues aux guerres, les réfugiés économiques dus à un néo-libéralisme prédateur des ressources du Sud, voici venir dans toute son horreur les réfugiés climatiques. Périssent les faibles et les ratés disait Nietzsche. Il a milles fois raison

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

Notes

1.http://www.francetvinfo.fr/politique/conference-environnementale/climat-un-coup-de-froid-sur-l-europe-dans-les-decennies-a-venir_2447544.html  01/11/2017

2.Sam Morgan   https://www.euractiv.com/section/climate-environment/news/dangerous-global-warming-unstoppable-without-geo-engineering-says-study/ 23 août 2017

3.https://www.euractiv.com/section/climate-environment/news/climate-experts-insist-fossil-fuels-have-no-place-in-post-2035-eu-energy-plans/

4.http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/13/quinze-mille-scientifiques-alertent-sur-l-etat-de-la-planete_5214199_3244.html#80K4olBWd1mieee8.99

5.http://www.lemonde.fr/climat/article/2017/11/14/a-la-cop23-l-hymne-des-americains-aux-energies-fossiles_5214479_1652612.html#PdjYFOuFpYwwhplf.99

6.https://cop23.unfccc.int/fr/news/les-gouvernements-et-les-acteurs-non-etatiques-doivent-prendre-des-mesures-urgentes-pour-atteindre

7.https://www.nature.com/news/three-years-to-safeguard-our-climate-1.22201

8.Sam Morganet Zoran Radosavljevic   https://www.euractiv.com/section/electric-cars/news/eu-unveils-proposal-to-clean-up-transport-boost-electric-vehicles/ 8 nov. 2017

9.Oliver Milmannhttps://www.euractiv.com/section/climate-environment/news/5-chance-to-save-the-world-says-new-climate-study/

 

Article de référence https://lesoirdalgerie.com/articles/2017/11/13/article. php?sid=219809&cid=41

 

 



Articles Par : Chems Eddine Chitour

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