La douleur maximale est le but de la nouvelle arme des Etats-Unis

L’armée américaine subventionne le développement d’une arme qui remet une douleur terrible à des distances jusqu’à 2 kilomètres. Destiné à l’utilisation contre les émeutiers, il est censé laisser les victimes indemnes. Mais les chercheurs sur la douleur sont furieux que le travail à but de contrôler la douleur a été utilisé afin de développer une arme. Et ils redoutent que la technologie soit utilisée pour la torture.

« Les aspects éthiques de cette recherche me préoccupent profondément », dit Andrew Rice, un consultant en médecine de la douleur à l’hôpital de Chelsea et Westminster à Londres, au Royaume-Uni. « Même si l’utilisation d’une douleur sévère temporaire peut être justifié comme mesure de restreinte, ce je ne crois pas, les effets physiques et psychologique à long term ne sont pas connus. »

La recherche a vu le jour dans des documents découverts par le « Sunshine Project », une organisation basée à Texas et à Hambourg, en Allemagne, qui démasque la recherche sur les armes biologiques. Les documents furent relâchés sous l’Acte sur la liberté de l’information des Etats-Unis.

Un document, un contrat de recherche entre le Bureau de Recherche Navale et l’Université de Floride à Gainesville, aux Etats-Unis, est titré ‘Conséquences sur les sens des impulsions électromagnétiques émises par des plasmas induits par laser ». Il traite des « Pulsed Energy Projectiles » (Projectiles d’énergie impulsée ou PEPs), qui lancent une impulsion laser qui génère un éclatement de plasma qui s’aggrandit lorsqu’il touche quelque chose de solide, comme une personne (New Scientist, 12 octobre 2002). L’arme, destinée à être utilisée en 2007, pourrait littéralement renverser les émeutiers.

Déclencheur de douleur

Selon une analyse de 2003 des armes non-mortelles par le Conseil des études naval des EU, qui conseille les forces marines et navales, les PEPs produisent une douleur et une paralysie temporaire lors des tests sur animaux. Ceci semble être le résultant d’une impulsion électromagnétique produite par le plasma qui s’aggrandit et déclenche des impulsions dans les cellules nerveuses.

La nouvelle étude, qui court jusqu’en juillet et sera réalisée avec des chercheurs de l’Université de Floride Centrale à Orlando, a pour but d’optimiser cet effet. L’idée est de déterminer comment générer une impulsion qui déclenche des neurones de douleur sans endommager le tissu.

Le contrat, beaucoup censuré avant sa parution, demande aux chercheurs de chercheur « des paramètres de pulsion optimaux pour provoquer l’activation des nociceptors » – en d’autres mots, générer le maximum de douleur possible. Des études de cellules cultivées dans un laboratoire identifiera la quantité de douleur qui peut être infligé à quelqu’un sans induire la mort ou de blessure.

Risque à long terme

New Scientist a contacté deux chercheurs travaillant sur le projet. Martin Richardson, un expert en laser à l’Université de Floride Centrale, EU, a refusé de parler. Brian Cooper, un expert en douleur dentaire à l’Université de Floride, s’est distancié du projet, disant « Je n’ai rien d’intéressant à dire. J’ai seulement fourni quelques informations de base au groupe. » Son nom apparaît sur une liste publique des projets de recherche de l’Université sous la rubrique « subventions de plus de 500 000 dollars ».

John Wood de l’Université College Londres, au R-U, un expert sur comment le cerveau perçoit la douleur, dit que les chercheurs impliqués dans le projets devraient affronter la censure. « Ca pourrait être utilisé pour la torture », il dit, « les [chercheurs] doivent être conscients de ceci ».

Amanda Williams, une psychologue clinique à l’Université College Londres, craint que les victimes risquent des dommages à long terme. « Une douleur persistante peut résulter d’une gamme de stimulis soi-disant non-destructifs, qui peuvent néanmoins changer le fonctionnement du système nerveux », dit-elle. Elle a peur que les études de cellules cultivées ne pourront pas démontrer un niveau sûr pour une explosion de plasma. « Elles ne peuvent pas nous parler de la douleur et des conséquences psychologiques d’une expérience telllement douleureuse. »



Articles Par : David Hambling

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