La droite portugaise joue avec le FMI

Région :

Le premier ministre socialiste Jose Socrates est mis en minorité sur son quatrième plan d’austérité, lors d’un vote commun de la droite et de l’extrême-gauche. Le leader de la droite veut demander l’aide de la zone euro et du FMI, et donc la mise sous tutelle du Portugal.

(capture d'écran Dailymotion - afp - cc)
(capture d’écran Dailymotion – afp – cc)

Le premier ministre socialiste José Socrates ne sauvera pas le Portugal de la failite. Il a été mis en minorité au Parlement, sur son quatrième plan d’austérité en trois ans, mercredi 23 mars. Le libéral Pedro Passos Coelho l’a renversé avec l’aide de l’extrême gauche, tout en promettant autant de rigueur que la gauche.

Passos Coelho s’était d’ailleurs abstenu sur tous les budgets du socialiste, jusqu’au moment où il a fallu taxer les retraites. Il n’y a donc que peu de différences entre les deux hommes. Sauf que le socialiste assurait travailler à conserver l’indépendance nationale en refusant le recours au fonds de stabilisation de l’euro, alors que le leader de la droite est prêt à aller chercher le secours de l’Allemagne, de la zone euro, et de la Commission européenne où siège son ami Barroso. Cet appel « à l’aide extérieure », impliquerait  forcément le FMI, comme ce fut le cas en Grèce et en Irlande. Les conditions d’un prêt du FMI et de la zone euro seraient certes moins élevées que le recours aux marchés financiers, mais les contreparties sociales seraient tout aussi dures à avaler pour les Portugais que l’amère potion de José Socrates. Cette médecine ne réglerait qu’une partie du problème. « Le Portugal est un petit pays, qui subit une crise économique dont il n’est absolument pas responsable, du fait de l’ouverture de la zone euro », explique Pascal de Lima, chef économiste chez Altran. Les taux d’intérêt qui atteignent presque 8 % lui barrent l’accès au refinancement alors que la récession atteint – 0,9 %. En fait, le PSD joue plus la politique que l’économie.

Le Portugal vivait en effet en cohabitation. Le président, Anibal Cavaco Silva, de centre droit, peut désormais convoquer des élections anticipées, qui pourraient avoir lieu avant juin. Elles seront délicates pour les socialistes, dont l’impopularité est extrême. La Grèce et l’Irlande sont tombées sous la tutelle contre leur gré. La droite portugaise se sert du grand méchant FMI pour conquérir le pouvoir !

Cet après-midi, José Socrates se rendra à Bruxelles pour le conseil européen, réduit à l’état de potiche.



Articles Par : Hervé Nathan

Avis de non-responsabilité : Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que le ou les auteurs. Le Centre de recherche sur la mondialisation se dégage de toute responsabilité concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes.

Le Centre de recherche sur la mondialisation (CRM) accorde la permission de reproduire la version intégrale ou des extraits d'articles du site Mondialisation.ca sur des sites de médias alternatifs. La source de l'article, l'adresse url ainsi qu'un hyperlien vers l'article original du CRM doivent être indiqués. Une note de droit d'auteur (copyright) doit également être indiquée.

Pour publier des articles de Mondialisation.ca en format papier ou autre, y compris les sites Internet commerciaux, contactez: [email protected]

Mondialisation.ca contient du matériel protégé par le droit d'auteur, dont le détenteur n'a pas toujours autorisé l’utilisation. Nous mettons ce matériel à la disposition de nos lecteurs en vertu du principe "d'utilisation équitable", dans le but d'améliorer la compréhension des enjeux politiques, économiques et sociaux. Tout le matériel mis en ligne sur ce site est à but non lucratif. Il est mis à la disposition de tous ceux qui s'y intéressent dans le but de faire de la recherche ainsi qu'à des fins éducatives. Si vous désirez utiliser du matériel protégé par le droit d'auteur pour des raisons autres que "l'utilisation équitable", vous devez demander la permission au détenteur du droit d'auteur.

Contact média: [email protected]