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La « guerre au terrorisme » est un prétexte pour violer la souveraineté des peuples, dénonce Cuba
Par ACN
Mondialisation.ca, 26 septembre 2008
ACN service en français 26 septembre 2008
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La Havane, 25.09.08 (acn) « Des concepts comme la limitation de la souveraineté, la guerre préventive ou le changement de régime expriment la prétention de mutiler l’indépendance de nos pays », a déclaré le premier vice-président du Conseil d’Etat et du conseil des ministres de Cuba, José Ramon Machado Ventura, devant l’Assemblée générale de l’ONU.  

 « Le combat supposé contre le terrorisme ou la prétendue promotion des libertés, servent de prétexte à l’agression et à l’occupation militaire, à la torture, à la détention arbitraire et au rejet de l’autodétermination des peuples, aux blocus injustes et aux sanctions imposées de manière unilatérale, à l’imposition de modèles politiques, économiques et sociaux qui facilitent la domination impériale au détriment de l’histoire, des cultures et de la volonté souveraine des peuples », a ajouté le dirigeant cubain.

Il avait commencé son intervention au débat général de la 63ème session de l’Assemblée générale de l’ONU en indiquant que l’humanité vit aujourd’hui un moment décisif de son histoire. « La promotion de la paix, de la solidarité, de la justice sociale et du développement soutenable constitue la seule voie capable de garantir l’avenir », a-t-il estimé.  

« L’ordre international en vigueur, injuste et insoutenable, doit être remplacé par un nouveau système véritablement démocratique et équitable, fondé sur le respect du droit international et sur des principes de solidarité et de justice, mettant fin aux inégalités et à l’exclusion auxquelles ont été condamnées la plus large majorité des populations de notre planète », a déclaré aussi José Ramon Machado Ventura.   

Les pays industrialisé s doivent faire face à leurs responsabilités  

« Les responsables de cet état de choses, les pays industrialisé s, et en particulier la seule superpuissance, doivent assumer leurs responsabilité s », a indiqué ensuite le dirigeant cubain avant de déclarer qu’il est impossible de continuer « le gaspillage de fortunes fabuleuses alors que des millions d’êtres humains sont victimes de la faim et meurent de maladies curables ».  

« Il est impossible de continuer à polluer l’air et à empoisonner les mers, ce qui détruit les conditions de vie pour les générations à venir », a-t-il fait remarquer.  

José Ramon Machado Ventura a observé aussi que le gouffre qui sépare les riches et les pauvres se creuse de plus en plus faisant des Objectifs de développement du Millénaire, déjà très modestes, « un rêve irréalisable pour les plus larges majorités ».  

« Tandis que le monde dépense un million de millions de dollars en armes, plus de 850 millions d’êtres humains souffrent de la faim », a fait remarquer le dirigeant cubain avant de rappeler aussi que 1,1 milliards de personnes n’ont même pas accès à l’eau potable et que le monde compte plus de 800 millions d’analphabètes.  

Il a souligné que les désastres naturels, comme ceux qui ont touché récemment Haïti, la Jamaïque, Cuba et d’autres pays de la Caraïbe, deviennent de plus en plus fréquents à cause du changement climatique et a lancé un appel à la solidarité avec le peuple haïtien, qui vit aujourd’hui une situation dramatique.  

Le Sud paie le prix du gaspillage et de la spéculation irrationnelle

S’exprimant au nom du Mouvement des Pays non alignés, que Cuba préside actuellement, José Ramon Machado Ventura a déclaré que ce sont les nations du Sud qui sont en train de payer « le prix et les conséquences de l’irrationalité , du gaspillage et de la spéculation d’un petit groupe de pays du Nord industrialisé , qui sont les responsables de la crise alimentaire mondiale. »

« Ils ont imposé la libéralisation du commerce et les formules financières d’ajustement structurel aux pays en développement. Ils ont provoqué la ruine d’un grand nombre de petits producteurs ; ils ont nié, et dans certains cas, ils ont détruit le développement agricole naissant des pays du Sud et en ont fait de simples importateurs d’aliments », a déclaré le dirigeant cubain avant d’observer que ces mêmes pays industrialisé s « conservent des subsides agricoles scandaleux alors qu’ils imposent leurs règles au commerce international ».  

« Ils fixent des prix, monopolisent des technologies, imposent des certifications injustes et manipulent les canaux de distribution, les sources de financement et le commerce », a rappelé José Ramon Machado Ventura.

Le monde a besoin de moins d’égoïsme  

Ayant déclaré que le monde a besoin de « moins d’égoïsme », le dirigeant cubain a énoncé, au nom du Mouvement des Pays non alignés, une liste de mesures dont « la fin des guerres d’occupation et du pillage des ressources des pays du Tiers Monde » et l’utilisation d’au moins une partie des milliards destinés aux dépenses militaires « à l’aide internationale au développement durable ».  

Parmi les mesures que Cuba a proposé à l’ONU au nom du Mouvement des Pays non alignés se trouvent aussi l’annulation de la dette extérieure des pays en développement, le respect de l’engagement à destiner au moins 0,7% du PIB à l’aide officielle au développement, sans conditions préalables, et destiner à la production d’aliments un quart des sommes gaspillées chaque année en publicité commerciale (ce qui apporterait 250 milliards de dollars supplémentaires à la lutte contre la faim dans le monde) ainsi que le respect du Protocole de Kyoto.

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