La menteuse de Washington

Il est vrai que Condoleezza Rice est plus intelligente que son patron visiblement ignorant, le président George Bush. Toutefois, en termes de morale, il est amplement évident que Rice est au moins aussi malhonnête et menteuse que son patron.

Après tout, nous parlons d’une femme qui ne fait peu ou pas de distinction morale entre la vérité et le mensonge, et entre le bien et le mal.

C’est la femme qui, il y a deux ans, a eu le courage de féliciter son homologue israélienne, Tzipi Livni, sur la « réussite » blocus israélien de type Nazi qu’Israël a imposé à la Bande de Gaza, qui a détruit l’économie de Gaza et a poussé 1,5 millions d’êtres humains innocents à se retrouver presque à d’Auschwitz.

Après tout, un génocide silencieux est toujours le génocide, et ça ne fait aucune différence si les victimes meurent dans les chambres à gaz ou meurent d’une lente et angoissante mort de faim.
C’est la femme qui a réagi à la destruction massive des centres de population libanaise par Israël et au largage par l’armée de l’air israélienne de 2 à 3 millions de bombes à fragmentation, ce qui est suffisant pour tuer ou mutiler 2 à 3 millions d’enfants, en disant: «Israël a le droit de se défendre ».

En 2006, Rice a décrit l’anéantissement de centaines de civils innocents au Liban, y compris des familles entières qui dormaient dans l’intimité de leur foyer, comme représentant « les douleurs de l’accouchement d’un nouveau Moyen-Orient».

Et maintenant, avec la menace de fin de l’infâme administration Bush, Rice conclut son mandat en tant que Secrétaire d’État avec une autre dose concentrée de mensonges pornographiques au sujet du legs de Bush et d’elle-même.

Dans une récente interview avec la BBC, Rice a déclaré qu’elle croyait que le Moyen-Orient était un endroit meilleur pour les politiques du président Bush, en ajoutant que les États-Unis avaient contribué à faire avancer la cause de la liberté.
« Le Moyen-Orient est un endroit différent et meilleur. » Interrogée sur une estimation du legs de l’administration américaine sortante, Rice a dit qu’elle était « particulièrement fière de la situation dans les territoires palestiniens.

Eh bien, la femme ne fait que forniquer avec le langage, non seulement parce que ce qu’elle dit est totalement et absolument faux, mais surtout parce qu’elle est certainement consciente que son délire et son estimation n’ont pas grand-chose à voir avec la vérité et la réalité.

Bien sûr, nul ne prétend que le Moyen-Orient était le jardin d’Eden avant l’avènement de l’administration Bush.

Toutefois, après huit années de nihilisme politique de Bush, d’orgueil impérialiste, de pugnacité et d’agression sanglante en Irak et en Afghanistan, il est manifestement clair que la cause de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme dans l’ensemble du Moyen-Orient a reculé, c’est le moins que l’on puisse dire.

Il suffit de regarder l’état des droits de l’homme et des libertés civiles dans des pays comme l’Egypte, la Jordanie, les États du Golfe, la Tunisie et dans les enclaves palestiniennes quasi-autonomes et vous serez consternés par la consolidation de l’appareil du régime policier dans ces pays.

Un autre exemple est celui d’Israël, la soi-disant seule véritable démocratie au Moyen-Orient. Il y a manifestement un discours raciste contre les 5 millions de Palestiniens en Israël, en particulier en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, où l’establishment Ashkenaze mène une lente campagne de nettoyage ethnique contre les habitants palestiniens autochtones, souvent en coordination avec les terroristes juifs, connus autrement sous le nom de colons.

Les appels de « Mort aux Arabes» et «Arabes hors d’Israël » ne sont plus prononcés par une petite minorité de mécréants et de voyous d’extrême-droite, mais ils se propagent rapidement parmi la population juive moyenne.

Le récent pogrom virtuel des Arabes d’Acre -les habitants autochtones de l’ancienne ville côtière – est sans aucun doute la preuve qu’Israël marche sur le même chemin que l’Allemagne au début du siècle dernier. Nous connaissons tous la suite de l’histoire.

En 2006, l’administration Bush a forcé Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité Palestinienne soutenu par les Américains, à tenir des élections législatives dans l’ombre des tanks de l’occupation israélienne.

Bush espérait alors que des éléments soutenus par la CIA gagneraient les élections, ce qui permettrait alors la liquidation de la cause palestinienne d’une façon ou d’une autre.

Toutefois, lorsque le groupe Islamique du Hamas a remporté une victoire, en battant le Fatah, Bush, furieux, a immédiatement coupé toutes les aides au peuple palestinien et rompu tous les liens avec l’Autorité Palestinienne.
En outre, il a encouragé l’Etat israélien du type Nazi à imposer un draconien blocus économique et financier à la Cisjordanie et à la bande de Gaza dans le but de punir les Palestiniens pour avoir osé élire les « mauvaises personnes« .

Peu de temps après les élections, la CIA a collaboré avec des agents palestiniens dans la Bande de Gaza pour déclencher une guerre civile, incitant le gouvernement élu du Hamas à écraser et évincer les conspirateurs qui, plus tard, se sont regroupés à Ramallah.

Mais même cela n’a pas empêché l’administration Bush de continuer à intervenir activement dans les affaires palestiniennes internes, le tout dans le but d’approfondir les divisions palestiniennes et de créer une junte d’Etat-policier semblables à celles créées par la CIA en Amérique centrale et du Sud pendant la seconde moitié du XXe siècle.

Aujourd’hui, grâce à cette intervention effrontée et à la main lourde dans les territoires palestiniens occupés, l’Etat de droit est pratiquement paralysé, les agences de sécurité arrêtent, emprisonnent, torturent et parfois sont soupçonnées de meurtre, en piétinant ouvertement l’Etat de droit.
À la lumière de cela, c’est vraiment une perte de temps que d’essayer de comprendre ce qui rend particulièrement fière Rice de la situation dans les territoires occupés.

Quant au proverbial «processus de paix », il est cliniquement mort puisque des années de discussions intensives et des négociations entre un gouvernement israélien insolent et un vaincu suppliant appelé «Autorité Palestinienne» n’apportent aucune avancée, principalement parce qu’Israël refuse d’abandonner ses butins de la guerre de 1967.

Cela s’est produit parce qu’Israël continue sans relâche à construire des murs d’apartheid, à voler plus de terres palestiniennes et à construire plus de colonies pour Juifs seulement dans les territoires occupés de Cisjordanie et à Jérusalem-Est alors que des responsables américains continuent à proférer les mêmes platitudes fatiguées et des formules diplomatiques conseillant à Israël de ne pas prendre des mesures qui pourraient ébranler le processus de paix.

Alors, on peut vraiment se demander : Qu’est-ce qui rend Rice si particulièrement fière de la situation en Palestine?

En Iraq, où, selon Rice, la liberté s’améliore de plus en plus, le pays a été plongé dans une guerre civile intestine grâce à l’invasion et à l’occupation américaine de ce pays arabe.

La mort de près d’un million d’Irakiens est plus que suffisante pour juger l’invasion américaine et l’occupation de l’Irak comme un acte criminel aux proportions immenses, en particulier à la lumière du fait que l’invasion était basée sur des mensonges concoctés par des gens mal intentionnés comme Bush, Rice et Powell.

Le sang de centaines de milliers de victimes en Irak, en Afghanistan, à Gaza, en Somalie et dans d’autres lieux est carrément sur leurs mains maléfiques.

Il ne fait aucun doute qu’ils seront punis pour leurs crimes horribles, si ce n’est dans ce monde, alors ce sera dans l’au-delà.

Khalid Amayreh est journaliste à Jésuralem.



Articles Par : Khalid Amayreh

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