La nouvelle plaie du politiquement correct

Photo : Natacha Polony

Ceux qui considèrent avoir le droit à la parole, aujourd’hui, confondent volontairement ou involontairement (consciemment ou inconsciemment) les styles, les genres, les choses dans leur ensemble, à partir du moment où ce qui est dit ne correspond pas à leur a priori ou à leurs intérêts égocentriques.

Un pamphlet, une satyre, une critique, sont acceptables tant que tout cela est fait dans l’ordre des choses : c’est-à-dire au profit du monde des dominants et des prédominants dans le cercle fermé des élites qui se sont emparées de tous les pouvoirs en affirmant ouvertement qu’elles ne désirent pas du tout les partager. Selon les élites au pouvoir, ne « pas partager le pouvoir démocratiquement » signifie refuser de jouer le jeu du « populisme »!

La manipulation des opinions publiques est devenue quelque chose de délirant et qui a atteint un point dont on n’aurait jamais pu imaginer l’ampleur encore il y a une décennie! Lorsque tout le monde se dit, crie ou affiche « je suis Charlie » et que tout de suite après vous en tirez des conclusions logiques en proposant donc une réflexion objective, critique, philosophique, sur la situation politique actuelle, vous découvrez brutalement que, si vous ne soutenez pas inconditionnellement l’ordo-libéralisme actuel et ses idéologues, votre proposition sera interdite, rejetée, sanctionnée, censurée, empêchée, poursuivie, condamnée. C’est déconcertant, mais pourtant la réalité actuelle au sein d’une société vraiment désorientée!

C’est ainsi que vous avez en Occident une corporation d’inquisiteurs dont le travail consiste à censurer et sanctionner tout ce qui n’est pas « politiquement correct ».

Natacha Polony, en France, a été virée de partout : cette femme journaliste faisait preuve de trop d’indépendance d’esprit et de capacités critiques sur les domaines sensibles. Elle est actuellement présidente du Comité Orwell.

Le cas d’Eric Zemmour est similaire : non compatible avec le « politiquement correct », donc viré de bien des manières!

Michel Onfray a osé écrire une satyre sur « Manu » qui l’a conduit aussitôt au bagne des renégats, chassé lui aussi de partout y compris de la possibilité, désormais fermée, de trouver un lieu pour continuer son Université populaire qu’il est contraint d’arrêter. Rappelons que l’Université populaire de Michel Onfray était gratuite, mais que la location des salles était payante! Plus personne ne veut ni accueillir, ni même louer une salle au philosophe pour la continuation de ses cours de philosophie de l’Université populaire, pour la simple raison qu’il n’est pas « politiquement correct ». Même ses producteurs ont suspendu sans explication, la diffusion du cycle en cours : il a été viré de France Culture! Un jour, il découvrait que la diffusion du nouveau cycle de ses cours, cycle intitulé « Décadence », était interrompue sans qu’il en ait été averti. Il était également déprogrammé par la « 5 » au dernier moment, d’une émission de santé durant laquelle il devait parler de l’AVC… Tout cela, parce qu’il a été déclaré « politiquement incorrect » par le panthéon élyséen de la France Jupitérienne.

Les élites au pouvoir ne tolèrent pas la pensée libre et dissidente, qu’ils censurent donc sans états d’âme. Si vous ne partagez pas l’idéologie du fascisme ultra libéral et ne vous soumettez pas aux élites qui l’imposent partout dans le monde et à tous les niveaux, vous êtes violemment rejeté, écarté de l’accès à toute parole. Ce n’est pas un Michel Onfray, notamment qui est privé de quelque chose, en l’occurrence, par ces mesures répressives déplacées de la dictature française actuelle sous « état d’urgence », ce sont des gens du peuple qui sont privés de cette chance. Les pervers au pouvoir s’acharnent donc sur le peuple qu’ils traitent avec un mépris déconcertant et qui ne pourra certainement pas rester indéfiniment impuni…

Même si vous voulez continuer à faire entendre votre parole, un autre son que celui du « politiquement correct », les lieux de réunion vous sont fermés et interdits.

C’est aussi le cas pour toute personne compétente qui veut organiser une conférence d’information sur la Syrie : il est interdit en France de parler de la Syrie, car le discours officiel est un mensonge destiné à protéger un crime d’Etat perpétré sur le peuple Syrien arbitrairement martyrisé par l’intermédiaire de ses mercenaires de DAECH aux ordres et « faisant du bon boulot ». Hors de question de permettre à qui que ce soit de parler dans l’hexagone sur cette réalité qui doit rester dans le brouillard de la manipulation médiatique exécrable qui est pratiquée sans vergogne par les médias aux mains des milliardaires protecteurs de la perversion ultra libérale régnante. Pour le Yémen c’est la même chose : ces peuples, syrien et yéménite, ont eu le tort de n’avoir pas accepté la loi du pillage pratiqué par le néo colonialisme de l’occident et ses règles de domination au nom de la « liberté » et de la « démocratie ».

Après Natacha Polony, Eric Zemmour et Michel Onfray, c’est aussi rigoureusement la même chose qui se passe avec d’autres personnes que l’on peut aimer ou ne pas aimer, comme Dieudonné. Le pouvoir qui ne veut entendre qu’une seule voix derrière lui, va jusqu’à ceinturer, par un cordon de policiers, la salle de spectacle où se produit l’humoriste, pour en empêcher l’accès aux spectateurs !!! Ce comportement dictatorial qui existe actuellement en France est pire que tout ce qui peut se passer dans une dictature, car il se fait en pleine hypocrisie: il n’y a aucune explication donnée à ce comportement totalitaire ni de justification légale, pour la simple raison qu’il n’y en a pas. La société de droit est ouvertement bafouée et le Pouvoir considère qu’il n’a de comptes à rendre à personne! Le silence de ce Pouvoir impose sa loi de répression arbitraire sans donner d’explications, simplement parce que cet humoriste n’est pas « politiquement correct ». Nous sommes dans une apogée de l’intolérance, dans la plus totale négation de ce qui assure et caractérise la démocratie : le droit à la parole, le droit de l’exprimer, le droit de penser librement…

Inutile de dire que la « Déclaration des Droits de l’Homme » n’a plus cours en France, car les élites n’ont que haine pour ces droits qu’ils abolissent partout, dans le seul but d’imposer leur volonté qu’ils considèrent comme « compétente », les peuples étant « ignorants » et « incompétents » pour savoir ce qui est réellement bon pour eux! Dès que la parole est donnée au peuple, on est dans le « populisme »! Dès qu’un philosophe initie des gens du peuple à la philosophie, il est condamné pour « populisme », car il est sans doute dangereux d’apprendre aux gens à réfléchir et à exercer leur sens critique. Tout est fait hypocritement pour enlever à Mr Onfray le droit et la possibilité même de pouvoir continuer à faire entendre sa voix! Le message paraît clair: le peuple doit rester dans l’ignorance et se contenter d’obéir en se soumettant à la dictature d’une oligarchie au pouvoir… Comment expliquer une telle peur des élites face à tous ceux qui disent ce que le « politiquement correct » ne tolère pas? Il va de soi que les élites détiennent un pouvoir qu’il est hors de question pour elles de partager démocratiquement! La démocratie n’est pas compatible avec le pouvoir qui « se prend ». Lorsque la responsabilité de l’Etat s’exerce vraiment au nom d’un peuple, alors il n’est pas question d’un pouvoir, mais d’une autorité légitime, si elle est bien entendu exclusivement occupée par son rôle de gardienne de l’intérêt commun (de tout le peuple)…

Si l’on ne cadre pas avec l’idéologie fasciste du monde ultra libéral qui impose sa loi à tous, sans demander l’avis de personne (Cf., article du 18 mai 2017, dans mondialisation.ca : « Pourquoi l’ultra libéralisme est-il un fascisme ? »); si l’on se montre critique du système; si l’on ose attaquer la vulgate du « politiquement correct », on est traité aussitôt, au choix et selon le contexte, « d’antisémitisme », « d’homophobie », de « complotisme », de « populisme », de « racisme »…

Dès que quelqu’un fait preuve d’indépendance d’esprit, de liberté, de sens critique, on lui dit qu’il « ne détient pas les bonnes informations », qu’il est le jouet des « fake news », qu’il est naïf, « manipulé », « suicidaire », comme on l’a dit à Michel Onfray : « suicidaire nietzschéen », « délirant »… On va même jusqu’à réclamer une « expertise psychiatrique » comme cela a été fait concernant Marine Lepen et Jean Luc Mélenchon!

Il est devenu impossible de dialoguer, de débattre en France macronienne. Tout est verrouiller par la caste au pouvoir et le reste de la nation, c’est-à-dire la majorité des Français qui n’a pas voté Macron, est autorisé à se taire!

(Cf., article du 08 mai 2017 dans mondialisation.ca, auteur JYJézéquel : « Le résultat final des fausses élections présidentielles françaises ».

« … Les voix exprimées pour Emmanuel Macron s’élèvent au nombre de : 20.630.677,00. 66,10% de 31.211.311,00 (de gens qui ont voté)= 20.630.677,00 de voix exprimées pour Macron. Le site du Ministère de l’Intérieur donne le chiffre de : 20.753.798,00 de voix pour Emmanuel Macron. Ce qui confirme une imprécision sur les inscrits du départ. Le nombre de Français inscrits et ayant le droit de vote s’élève à 47.644.602,00. Il faut donc savoir que le nombre de Français n’ayant pas choisi Macron pour président, s’élève à : 27.013.925,00 de citoyens, c’est-à-dire une écrasante majorité!… » )

Il était plus qu’évident, dans ce monde orwellien qui est devenu le nôtre, que le seul président français possible serait un pratiquant inconditionnel de la religion ultra libérale, un ultra défenseur du régime « maastrichtien » de l’UE qui se caractérise par la négation permanente de tout ce qui de près ou de loin revendique la démocratie. C’est le fondement même du pouvoir de la haute finance, dont Macron n’est qu’un représentant, et qui ne peut rien avoir en commun avec les attentes démocratiques.

Il y a de toute évidence aujourd’hui, une « criminalisation » systématique de la pensée d’opposition, qu’elle soit de droite ou de gauche. Toute pensée d’opposition est présentée comme « raciste », « populiste », « homophobe », « antisémite », « complotiste », « délirante », etc… On installe un discrédit « allant de soi », à propos de toute pensée d’opposition! Quelqu’un qui ne pense pas selon la norme du fascisme de cet ordo-libéralisme formatée par la caste des élites de l’oligarchie au pouvoir, est condamné, rejeté, discrédité, interdit de parole, expulsé de tout accès, non seulement aux médias, mais aussi à une simple salle de conférence n’importe où dans l’hexagone! Cela se passe dans la France des « droits de l’homme!»

Il faut avouer que les Français sont tombés bien bas, en acceptant en silence le massacre de leurs valeurs républicaines traînées dans la boue par les escrocs qui les gouvernent actuellement et on se demande aussitôt à quel moment sa flamme révolutionnaire va se rallumer?

Même si je ne suis pas « nationaliste », je trouve scandaleux qu’il soit absolument interdit, actuellement en France, d’être nationaliste! La « France Insoumise » est elle aussi qualifiée de « populiste » et cette catégorie de personnes est parfaitement indésirable en France. La « France Insoumise » n’a pas le droit à la parole : on fait tout pour tuer « légalement » ce mouvement politique qui affiche son opposition déterminée au « politiquement correct ». Marine Lepen et Jean Luc Mélenchon ont subi tous les deux des commandos de la police surarmée pour des perquisitions contestables aux sièges de leur parti, dans leur propre domicile et aux domiciles de sympathisants. On croyait ces pratiques vichystes révolues! Tout est fait pour discréditer les opposants grâce à l’appui infaillible et dévoué des médias aux mains des milliardaires veillant sur l’avenir radieux de leur business nécessitant des citoyens dociles et dressés à l’aune de l’idéologie qui permet l’enrichissement démentiel des plus riches sur le dos des plus pauvres…

L’histoire elle-même est revisitée par un Macron immature et réinterprétée dans le « bon sens » du fascisme ultra libéral. On en est là en France, à cet univers Orwellien décrit dans « 1984 » : tout ce qui n’est pas conforme à l’idéologie est sévèrement persécuté et il est même question déjà de « programmes de rééducation » des récalcitrants. Ce programme est mis en application, à travers les réformes, dans l’éducation nationale. Les diplômes ne sont accordés qu’à ceux qui se montrent dociles et bien formatés à la norme du fascisme actuel. Tout résistant est éliminé d’office et écarté d’un avenir de responsabilité dans la vie sociale…

Au final, si l’on pense correctement et objectivement la réalité, le système fanatique d’une radicalisation inconditionnelle pour la cause de l’empire « maastrichtien » de l’UE, est à égalité avec la vision « nationaliste » condamnée en France. Le comportement des inconditionnels de l’Europe telle qu’elle est, non conforme au désir des Français, (Referendum de mai 2005), est exactement le même que celui des « nationalistes »! Pourquoi donc, le comportement « maastrichtien » serait encensé, idéalisé, vanté, imposé et le comportement « nationaliste » dénigré, combattu, réprimé, persécuté, interdit? Pourquoi le premier qui reconnait la domination de l’OTAN sur notre sécurité serait meilleur que le second voulant l’indépendance patriotique de la nation souveraine, libre et indépendante?

On criminalise la pensée libre et autonome. On classe grossièrement les personnes de manière parfaitement manichéenne en « populistes » et en « progressistes »! Cette manière archaïque de traiter les gens, cette oeuvre néfaste réalisée par les élites, est une authentique régression mentale, le symptôme visible d’une décadence de la civilisation devenue le signal de sa chute finale.

Ma bien chère France, à quel moment vas-tu redevenir toi-même? A quel moment vas-tu enfin te faire respecter? Ne vois-tu pas « le vol noir des corbeaux sur nos plaines »? « Ami, entends-tu le bruit sourd du pays qu’on enchaîne?»

Jean-Yves Jézéquel

 



Articles Par : Jean-Yves Jézéquel

A propos :

Jean-Yves Jézéquel, philosophe et psychanalyste, diplômé du troisième cycle en sciences humaines, est l’auteur d’une vingtaine d’essais en philosophie, spiritualité, religion, psychologie. Il publie également depuis 2014, une série d’analyses sur les grandes questions actuelles de société.

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