La nuit privée d’étoiles

Depuis mars 2020, nous nous sommes avancés sur une route délabrée, jonchée de trous, de pierres éclatées, de désordre, de ruines et de confusion. Nous avons observé en avançant sur ce chemin étrange, le désastre de la « guerre » provoquée par une « fausse pandémie ». Une caste de médecins s’emparait du pouvoir : on les voyait chaque jour se succéder sur les plateaux de télévisions qui s’étaient mis gracieusement à leur disposition.

Le ministre de la santé, Véran de son nom, et les directeurs des organismes sanitaires de l’État, comme Salomon, égrenaient chaque jour leur chapelet de catastrophes, la litanie falsifiée des milliers d’infectés et de morts. La caste médicale s’était recyclée dans l’art de fomenter la peur, la question de la mort étant manipulée afin de faire croire implicitement qu’il était possible de l’éviter, comme si la mort était le mal absolu contre lequel nous devions tous nous mobiliser de manière obsessionnelle et erronée, engageant toutes les énergies des humains dans une « guerre insensée contre les virus », alors qu’on doit vivre avec eux et que certains d’entre eux font même partie de notre génome. 

La caste médicale se lançait dans le narratif idéologique du covidisme et aujourd’hui, de la vaccino-pathologie devenu un trouble obsessionnel compulsif, après avoir couvé tout ce temps depuis mars 2020, dans le délire hypnotique collectif, pour éclore enfin et donner naissance à la confusion mentale d’une société entière qui bascule maintenant dans le mélange des genres, dans le sophisme parfait, dans l’obsession fanatique de tout détruire ! 

A cette occasion, nous avons découvert que le pouvoir médical rêvait de devenir le maître du monde ! Derrière les instances décisionnaires, les Académie nationale de médecine, le Conseil National de l’Ordre des médecins (CNOM) et le fameux « Conseil scientifique », les ARS, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), la Haute Autorité de santé (HAS) l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), l’Ordre national des pharmaciens, l’observatoire de pharmacovigilance, mais aussi une cohorte de nombreux médecins, allaient s’exprimer ex cathedra, tournant en dérision tous ceux qui se permettaient une critique objective par leurs prises de paroles compétentes.

Jusqu’à nouvel ordre, la médecine est un art du diagnostic et ne fait pas partie des sciences exactes. Pourtant nous avons entendu, à l’occasion de cette crise, un discours dogmatique qui s’affirmait comme étant la « vérité » sur les questions de santé en se hissant au niveau de la légitimité scientifique. Le discours dogmatique est sectaire par définition. J’ai constaté que le monde médical avait une posture sectaire et des médecins au service de la propagande se comportaient comme des sectateurs détenant la vérité révélée sur la santé des hommes et tout ce qui va avec : le sanitairement correct ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, inévitablement, d’autres voix de médecins, eux aussi, se sont faites entendre en totale opposition à ce narratif manipulateur qui, en faisant peur aux gens, voulait se faire respecter comme une nouvelle et suprême valeur supplantant toutes les autres… Ces médecins ont pour longtemps complètement décrédibilisé la médecine, pendant que d’autres, comme le Dr Fouché, ont sauvé son honneur…

Ces gens persuadés d’être la partie la plus « essentielle » de l’humanité, faisaient preuve d’un fanatisme sectaire surprenant. Même de grands médecins n’allaient pas hésiter, poussés par le conflit d’intérêts, à téléphoner en pleine nuit pour menacer de mort des Pr Raoult, des Pr Perronne et tant d’autres après eux, inscrits aujourd’hui sur une sorte de « liste noire »  devenue sidérante ! Non seulement la censure allait s’acharner comme cela n’avait encore jamais existé, même pas au temps des inquisiteurs, mais les poursuites, les sanctions, les menaces et les condamnations arbitraires allaient s’abattre sur tout divergent résistant et contestataire traité de « complotiste » ou de « rassuriste » ou de « négationniste », chaque fois que les fanatiques sectaires du sanitairement correct n’aurait aucun argument sérieux à opposer aux critiques objectives de ceux qui réfléchissent encore…

Certes, beaucoup de médecins, sans doute la majorité, allait se positionner dans la contestation du narratif officiel devenu dément ! On allait voir une caste médicale toute puissante, omniprésente sur les médias collabos, interdire aux médecins contestataires de prescrire des traitements qui étaient parfaitement efficaces contre la Covid-19. On découvrait hébétés, les gigantesques « conflits d’intérêts » qui animaient le fanatisme médical des décideurs lâchés comme des charognards sur la population pétrifiée, traumatisée, manipulée, maltraitée ! Les menaces et les sanctions pleuvaient sur tout ce qui allait s’opposer à la tyrannie de cette dictature sanitaire… La censure acharnée serait orchestrée au niveau mondial, privant toute voix dissidente de droit. Cette sorte de pan-médicalisme faisant de la santé la valeur suprême sur laquelle toutes les autres réalités de la vie commune devraient s’aligner, allait introduire une confusion des genres scandaleuse et intolérable !

Désormais, la santé devenait la valeur suprême, alors que la santé n’est qu’un bien, certes enviable, mais certainement pas identifiable à une « valeur ». L’amour, la générosité, le courage, la sagesse, un éveil de la conscience, la liberté, l’égalité, la solidarité sont des valeurs supérieures auxquelles on peut aspirer, pour lesquelles on peut avoir de l’admiration, mais la santé est simplement un bien que l’on peut éventuellement désirer mais certainement pas admirer ! On admire le courage de quelqu’un, mais pas sa santé, à moins d’être un idiot.

En transformant un bien en valeur, le pan-médicalisme d’aujourd’hui a esclavagisé la société tout entière en lui faisant croire que tout devait être subordonné à son impératif. C’est ainsi qu’un bien a flanqué brutalement par terre une valeur supérieure comme celle de la liberté, faisant de notre monde une colonie pénitentiaire de Kafka. C’est un comble, un délire supplémentaire au milieu des autres délires. 

La société actuelle façonnée par le pan-médicalisme, est obscurantiste, elle est dans la nuit privée d’étoiles. Le fait de soumettre par la loi, des valeurs supérieures comme la liberté à un bien en soi inférieur, comme l’est la santé, c’est dire à quel point notre société est dans une errance nihiliste. Nous avons perdu le sens des choses, l’ordre naturel des choses, l’échelle des valeurs et des biens ; nous sommes en pleine décadence et c’est pour cela que la dictature sanitaire a pu s’emparer du monde à ce point ! La suite logique d’une telle décadence, c’est la chute pour de bon et la disparition de ce monde.

Je voulais, pour achever cette réflexion, vous confier le texte d’un « simple » musicien, la pensée d’un être « non essentiel » ! Ce texte a été écrit à l’occasion des tristes événements qui se sont emparés des personnes et des choses.

Ce musicien se nomme Prabhu Edouard (tablas). On lui doit ce texte profond, lucide, puissant et inédit, qui s’adresse à la conscience humaine, à tout homme de ce monde qui erre dans la nuit obscure de la décadence, dans la nuit privée d’étoiles. Il interpelle uniquement celui qui veut bien se remettre en cause.

« Ce soir je serai à nouveau sur scène au pays de Voltaire.
je jouerai ce dimanche, en trio avec des gens que j’adore.
Lui originaire du Vietnam, elle du Japon et moi de l’Inde.
Un trio qui se nomme Saiyuki, dédié au roman chinois du grand voyage d’un bonze, marchant vers l’Ouest, en quête de sagesse sur la Terre natale du Bouddha ! Celle de mes ancêtres. 

Mais c’est en France que tous les trois, nous nous sommes rencontrés. Ce pays qui a conjugué nos destinées pour y inventer une musique de racines et de liberté!
Nous jouerons ce soir « Ananda Sangam », un morceau dont le refrain dit en sanskrit « ensemble dans le son et la joie». 

Les gens le reprendront en rythme et à l’unisson avec les battements de leurs mains et de leur cœur !
Des passeurs de traditions, de joie et de fraternité pour tous sans exception, voilà ce que nous sommes. 

Notre Pass à nous s’appelle Musique, Il ne trie aucun citoyen de ce monde. Ce soir je serai à nouveau sur scène au pays de Voltaire, après 15
mois d’un tampon « non-essentiel » posé sur la peau de mes tambours. Mais en réalité, ce n’est pas cette étiquette là qui m’a tant dérangé. 

Depuis quelques semaines c’est sur la peau de mon front que de nouveaux sceaux se sont posés, m’attribuant à moi et tant d’autres l’ignorance, la perfidie et la culpabilité !
Ce front qui abrite un organe dont nous aurions fait usage à outrance ; l’outrance de douter, de questionner et d’hésiter ! 

Quand on intime à un peuple épris de liberté de penser de s’exécuter au nom de la science, quoi de plus naturel que de lui imposer une loi qui défie toute rationalité!
« Il n’y a pas de petites querelles », le sage Amadou Hampâté Bâ l’a si bien écrit. 

Derrière la grégaire guéguerre savamment orchestrée, entre les excités et les effarouchés de la seringue, se cachait un autre combat duquel
il fallait nous détourner et nous désarmer.
Celui de défendre ensemble notre fragile et précieux héritage « De l’Esprit des Lois »!
Il doit s’en retourner dans sa tombe le pauvre Montesquieu de nous
voir à ce point égarés sur le chemin de lumière qu’il a pavé!
Ce pavé que j’ai battu ses dernières semaines avec une bande de
présumés illuminés!
Ce serait bien hypocrite si mes tambours disaient oui à ce pour quoi
ma bouche a crié non! Mon sens de la logique serait alors à l’image de
celui qu’emploient ces faiseurs de lois iniques,
Je jouerai ce soir dans ce pays où Hugo et Rimbaud m’ont nourri.
Mais pour la première et la dernière fois j’y monterai sur scène pour
un public que l’on aura trié sur la base de principes arbitraires sous
couvert du bien sanitaire !
Mon « monde d’après » n’est pas celui là ! Cette « normalité » lasse,
je ne m’en languissais pas !
Un grand percussionniste sud-indien disait que la musicalité, c’est
l’art de savoir quand ne pas jouer ! La musique pour moi est aussi un
chemin de vie. Elle est indissociable de qui je suis !
Etre compris de tous est une vaine poursuite qui ne sied ni à l’art ni
à la conscience.
Dans cette vallée de Tarentaise où ce soir nous jouerons, non loin de
nous il y a le Mont-Blanc. Ce géant inébranlable et silencieux assis
tel un bouddha qui enseigne aux randonneurs que pour atteindre un but,
le chemin ne peut être ni imposé ni unique.
Alors d’autres chemins seront possibles pour célébrer et communier ensemble. 

Ailleurs que dans les lieux qui étriquent nos existences à la taille
d’un QR-code plat, carré et monochrome!
De nouveaux liens à tisser avec courage et créativité pour partager
l’humain et le beau; d’autres esprits libres s’y sont déjà attelés, un
salut au pas-sage.
Qu’à cela ne tienne, nous offrirons la récolte de nos chants en
circuit court à ciel ouvert et en musiques de proximité!
Car dans le paradigme de société dont nous osons rêver, un système de
caste au nom de la santé n’a droit de cité!
A ce Pass Sanitaire au pays de Voltaire, mes tambours dirons NON! »
(Prabhu)

Dans cette nuit privée d’étoiles, comment pourrions-nous nous diriger, nous orienter, retrouver le chemin naturel de notre existence humaine complexe et motivée par les valeurs ? Comment des valeurs pouvaient-elles devenir « non-essentielles » ? Comment un tel renversement pourrait-il encore longtemps conduire la marche des peuples vers leur libération ? Le « Great Reset » pourra-t-il, au nom de la numérisation, au nom du passage de l’internet des objets à l’internet des corps, du mariage des êtres humains avec la machine, l’emporter sur les valeurs éternelles de sagesse et de liberté ?

Jean-Yves Jézéquel

 

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Jean-Yves Jézéquel, philosophe et psychanalyste, diplômé du troisième cycle en sciences humaines, est l’auteur d’une trentaine d’essais en philosophie, spiritualité, religion, psychologie. Il publie également depuis 2014, une série d’analyses sur les grandes questions actuelles de société.

 



Articles Par : Jean-Yves Jézéquel

A propos :

Jean-Yves Jézéquel, philosophe et psychanalyste, diplômé du troisième cycle en sciences humaines, est l’auteur d’une trentaine d’essais en philosophie, spiritualité, religion, psychologie. Il publie également depuis 2014, une série d’analyses sur les grandes questions actuelles de société.

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