Print

La quarantaine en Europe a conduit à des émeutes et à des protestations contre la vaccination
Par Pierre Duval
Mondialisation.ca, 09 septembre 2021
Observatoire continental
Url de l'article:
https://www.mondialisation.ca/la-quarantaine-en-europe-a-conduit-a-des-emeutes-et-a-des-protestations-contre-la-vaccination/5660056

Les autorités de l’UE sont épuisées, essayant par tous les moyens de contrôler les Européens contre la Covid-19. Dans les plus grandes villes de l’UE, des milliers de protestations contre les règles et restrictions de quarantaine ne s’arrêtent pas. A la suite, récemment, d’affrontements entre les manifestants et la police, des centaines de personnes ont souffert et il y a eu des morts. Une autre vague de mécontentement a été provoquée par la décision des autorités de procéder à la vaccination obligatoire des médecins, infirmiers, soignants, pompiers et militaires. 

La goutte d’eau de trop a été l’idée des pass sanitaires. Cela a provoqué un refus de la part des non vaccinés mais aussi de nombreux vaccinés qui ne veulent pas montrer un passeport pour aller boire un café ou se rendre au restaurant ou à l’hôpital. Les vaccinés et les non vaccinés se retrouvent ainsi à protester contre les directives des gouvernements dans plusieurs pays de l’UE.

La vaccination de masse des résidents de l’UE contre le coronavirus a commencé en décembre 2020. Les gouvernements nationaux ont acheté environ 4,6 milliards de doses de divers médicaments, dont plus de la moitié – 2,4 milliards – proviennent du développement conjoint de BioNTech et Pfizer. 200 à 460 millions de doses supplémentaires ont été achetées auprès de Novavax, Sanofi-GSK, Johnson & Johnson, AstraZeneca, CureVac et Moderna.

La menace du variant Delta a obligé les politiciens à reparler de l’introduction de mesures de quarantaine strictes. Les centres commerciaux, les restaurants et les hôtels ont décidé de ne pas fermer, mais plutôt d’imposer des restrictions aux citoyens non vaccinés. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaréqu’elle s’attend à une forte augmentation du nombre de décès en Europe et en Asie centrale dus aux effets du coronavirus dans les prochains mois. Début décembre, 236 000 autres personnes pourraient mourir du coronavirus dans 53 pays. Ainsi, dans les prochains mois, les Européens qui ont refusé la vaccination seront contraints de payer eux-mêmes les tests de dépistage du coronavirus, sans lesquels ils ne pourront plus se rendre dans les lieux publics .

Etant donné que la proportion d’Européens vaccinés est actuellement d’environ 55%, les nouvelles restrictions de quarantaine compliqueront la vie d’au moins 240 millions de citoyens de l’UE et du Royaume-Uni, dont certains rejoindront les rangs du mouvement des sceptiques de la Covid-19 qui compte actuellement environ 250 mille membres actifs.

La France est allée plus loin que d’autres dans la poursuite de l’immunité collective. Les autorités ont mis les citoyens devant un choix: être totalement vaccinés ou de voir leur salaire suspendu et leur contrat de travail rompu si ils continuent de refuser les doses. Les dirigeants de la Ve République sont aussi prêts à augmenter le nombre de personnes vaccinées au détriment des adolescents de 16 et 17 ans, en leur donnant le droit de se faire vacciner sans l’autorisation parentale. De plus, pour inciter les citoyens à se faire vacciner, il faudrait des laissez-passer pour visiter les lieux publics pour les vaccinés.

Pour les non vaccinés, un certain nombre de restrictions sont prévues, notamment l’interdiction de fréquenter les théâtres, les cafés, les restaurants et l’achat de billets de train. Pour les violations de ces mesures, les récalcitrants ont été menacés d’amendes et même de peines de prison. Les adversaires des masques, de la vaccination et les partisans de la liberté et les gilets jaunes s’unissent.

Pour la France, deuxième économie de l’UE, la pandémie a été beaucoup plus destructrice que pour l’Allemagne, et la forte baisse du niveau de vie dans le pays a exacerbé des problèmes sociaux de longue date. L’imposition d’un verrouillage strict et d’un couvre-feu a retourné une grande partie de la population contre les autorités et a plongé la cote de popularité du président Emmanuel Macron en juin à un niveau catastrophique de 39%. Dans le même temps, les résultats des récents sondages sociologiques montrent que chez les jeunes citoyens, la confiance dans le président au premier mois de l’été s’est effondrée de 13% d’un coup.

Une situation épidémiologique relativement stable est observée en Allemagne. Pourtant, elle est le centre de la résistance européenne comptant environ un million d’activistes qui sont prêts à descendre dans la rue plusieurs fois par mois et à défendre agressivement leurs droits et libertés, notamment avec Querdenken 711 («penser en dehors des sentiers battus» et 711 indicatif de Stuttgart) qui comprend plusieurs dizaines de milliers de membres actifs dans toute l’Allemagne et se compose principalement, selon le pouvoir politique, de partisans de théories du complot, qui nient l’existence du coronavirus, qui, selon eux, a été créé par le gouvernement mondial dans le but d’assujettir totalement la population.

L’un des leaders du mouvement de protestation allemand était l’oto-rhino-laryngologiste, Bodo Schiffmann qui est connu pour sa chaîne YouTube avec plus de 150 000 abonnés germanophones. Dans ses vidéos, il critique durement la politique sanitaire de l’Etat, nie l’utilité des masques et la létalité de la Covid-19. Il pense que le virus corona n’est pas pire que la grippe classique et que le taux de mortalité n’est pas plus élevé. Il craint la «destruction des droits fondamentaux» et met en garde contre les dommages psychologiques et économiques qui, selon lui, seraient le résultat des restrictions. En tant que «nouveau penseur», il se plaint que les voix critiques ne sont pas les bienvenues.

Avec Querdenken, des «Citoyens du Reich» (Reichsbürger), s’activent contre le pouvoir de Berlin qu’ils considèrent comme un pouvoir d’occupation. Le pouvoir actuel de Berlin considère ces deux organisations politiques appartenir à l’extrême droite.

L’intelligentsia d’outre-Rhin a rejoint les coronasceptiques en voyant la fermeture des institutions culturelles et le soutien financier intempestif du gouvernement. Les antifascistes, les écologistes d’Extinction Rebellion et Fridays For Future, défilent côte à côte avec l’extrême droite lors de milliers de manifestations dans les plus grandes villes d’Allemagne. On assiste à une unité de la contestation. L’élément fédérateur pour tous les manifestants est l’idée que leurs droits fondamentaux sont bafoués.

En Italie, la célèbre organisation néo-fasciste, Casa Pound, a rallié des milliers d’hôteliers et de restaurateurs ruinés sous les auspices du conseiller municipal de Rome Luca Marcella et et a consolidé sa position parmi les anti-vaccins. Le mouvement, fondé en 2003, a reçu son nom en l’honneur du poète pro-fasciste américain Ezra Pound et est enregistré depuis 2007 par l’Etat en tant que mouvement social.  L’extrême droite, Forza Nuova, fondée par le néo-fasciste italien Roberto Fiore, a pu rapidement unir les skinheads italiens, les fans de football et les opposants à l’Otan. Les deux mouvements politiques autrefois en conflit agissent comme un front uni lors de manifestations antigouvernementales.

Les lois sanitaires ont provoqué une unité des populations contre les gouvernements. En France, en Allemagne, en Italie, ils voient leur gouvernement utiliser la quarantaine à des fins mondialistes. En France, le seul homme politique a avoir agi très tôt contre les lois sanitaires (vaccination obligatoire, pass sanitaire) est Florian Philippot un ancien cadre du FN.

Pierre Duval

Avis de non-responsabilité: Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que le ou les auteurs. Le Centre de recherche sur la mondialisation se dégage de toute responsabilité concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes.