La vérité cachée sur l’Ukraine. La dignité bon marché de la révolution ukrainienne

Les tireurs d'élite d'Euromaidan à Kiev tuent des manifestants. Reportage de la télévision italienne.

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Ce rapport émane des grands médias italiens, Canale 5, un réseau de télévision appartenant à Mediaset, une société largement contrôlée par la famille de l’ancien Premier ministre S. Berlusconi.

Canale 5 est la chaîne de télévision la plus regardée en Italie.

Pourquoi ce reportage qui révèle la « vérité cachée » concernant le coup d’État de Kiev en février 2014 à Euromaidan n’est-il pas l’objet de la couverture médiatique de l’actualité?

 » Le documentaire Ucraina, le verità nascoste diffusé par la chaîne italienne Canale 5 nous apprend ce que nous avions déjà compris, à savoir que la fusillade de la place Maïdan à Kiev (20 février 2014), qui avait fait des victimes tant du côté des forces de l’ordre que des manifestants, était un coup monté. » Bruno Guigue, Le coup monté de la fusillade de la place Maïdan enfin dévoilé, publié le 20 novembre 2017 par Mondialisation.ca)


Les interviews de trois snipers de nationalité géorgienne, menées par le journaliste italien Gian Micalessin et diffusées  dans le style de documentaire à suspens sur Canale 5 (programme Matrix) la semaine dernière, n’ont toujours pas trouvé d’écho dans les grands médias internationaux. Cela n’est guère surprenant si l’on tient compte des preuves accablantes contre les vrais auteurs et organisateurs du coup d’État de 2014 à Kiev, généralement connu sous le nom de « révolution de la dignité ».

Le documentaire présente Alexander RevazishviliKoba Nergadze et Zalogi Kvaratskhelia, des officiers géorgiens recrutés pour effectuer une «mission spéciale» à Kiev par Mamuka Mamulashvili, proche de  Bacho Akhalaia, l’ancien ministre de la défense de Mikhaïl Saakachvili. Ils affirment que le 15 janvier 2014, ils ont atterri à Kiev équipés de faux documents et ont été transférés à Maidan. Ayant reçu 1000 USD chacun et avec promesse de recevoir 5000 USD après le « travail », ils ont été chargés de préparer des postes de snipers dans les bâtiments de l’Hôtel Ukraine et du Conservatoire, dominant la Place Maidan.

Map of the Maidan square in Kiev and surrounding buildings

Les faits qu’ils ont révélés par la suite étaient choquants. Avec d’autres tireurs d’élite (certains d’entre eux étaient des Lituaniens) ils ont été mis sous le commandement d’un agent militaire américain Brian Christopher Boyenger (sa page Facebook est ici ). L’équipe de coordination comprenait aussi Mamulashvili et tristement célèbre Segrey Pashinsky, qui a été arrêté par des manifestants le 18 février 2017 avec un fusil de sniper dans le coffre de sa voiture et a ensuite dirigé la première administration du président par intérim de l’Ukraine post-Maïdan. Les armes sont arrivées sur place le 18 février et ont été distribuées aux divers groupes géorgiens et lituaniens. « Il y avait trois ou quatre armes dans chaque sac, il y avait des canons Makarov, des fusils AKM, d’autres fusils et beaucoup de cartouches.« – témoigne Nergadze.

Le lendemain, Mamulashvili et Pashinsky ont expliqué aux tireurs d’élite qu’ils devaient tirer sur la place et semer le chaos. « Quand Mamulashvili est arrivé, je lui ai aussi posé la question. Les choses se compliquent, nous devons commencer à tirer – il a répondu que nous ne pouvons pas aller aux élections présidentielles. « Mais tirer sur qui? » Demandai-je. Il a répondu que peu importe qui et où cela n’avait pas d’importance, il fallait tirer quelque part le plus possible pour semer le chaos.

« Ce n’était pas grave si nous tirions sur un arbre, une barricade, ou ceux qui jetaient un Molotov, ce qui comptait était de semer la panique. »

» J’ai écouté les cris « , se souvient Revazishvili.  » Il y avait beaucoup de morts et de blessés en bas. Ma première et unique pensée était de partir précipitamment avant qu’ils ne me rattrapent. Sinon, ils me mettaient en pièces. «

Quatre ans plus tard, Revazishvili et ses deux compagnons rapportent qu’ils n’ont pas encore reçu les 5000 USD promis et ont décidé de dire la vérité sur ceux qui les « ont utilisés et abandonnés « .

Le documentaire complet avec sous-titres anglais est disponible ci-dessous (en deux parties):

Deux jours plus tard, une agence de presse macédonienne, Infomax, a organisé une conversation nocturne de 52 minutes avec Koba Nergadze et Zalogi Kvaratskhelia (en macédonien) dans laquelle ils ont fourni plus de détails sur leurs origines et leur mission à Kiev:

Ces trois hommes se présentent comme des officiers militaires repentis qui « obéissaient simplement aux ordres » et ne savaient pas qu’ils « devaient tuer des gens ». Une tentative naïve d’agents professionnels des escadrons de la mort, pour ne pas dire plus. En même temps, le temps et l’heure de ces confessions et révélations  sont parfaitement synchronisés avec l’agonie actuelle du régime en place à Kiev.

Dès le début, ces Géorgiens bavards affirment explicitement que l’opération a été initiée par l’ancien président de la Géorgie Mikhaïl Saakachvili. Le chef de Mamulashvili, Bacho Akhalaia, était un proche du dirigeant géorgien qui avait perdu les élections législatives en octobre 2012 à la suite du scandale des abus en prison (Human Rights Watch a consacré un rapport spécial au « Georgian Abu-Ghraib », prison de Gldani, le même mois). A l’époque où le trio de sniper géorgien a été engagé pour un sale boulot à Kiev, Akhalaia était sous le coup d’un procès pénal sous l’accusation d’abus de pouvoir pendant qu’il dirigeait la section pénitentiaire du ministère de la Justice, et également de détention illégale et de tortures (en octobre 2014, il plaide coupable devant le tribunal de Tbilissi et sera condamné à 7,5 ans de prison). Un mois plus tôt, en novembre 2013, Mikhaïl Saakachvili, confronté à de multiples accusations criminelles en Géorgie, avait quitté le pays pour les États-Unis et s’était officiellement  installé à l’Université Tufts. Lui et ses comparses, ayant subi une défaite douloureuse dans leur pays d’origine, n’initieraient pas un projet risqué et aventureux dans un pays voisin à moins qu’ils n’y aient été obligés par leurs maîtres pour rattraper l’échec de leur mission en Géorgie. .

Quoi qu’il en soit, aux premiers jours de la crise ukrainienne, le vaste réseau financé de Soros en Géorgie (Bacho Alakhaia, un brillant rejeton du célèbre clan criminel Mengrel, reçoit de l’argent de Soros au Georgia Liberty Institute depuis ses études au début des années 2000) a été activé pour mener des opérations spéciales à Kiev.

Quatre ans plus tard, la situation a radicalement changé. Une alliance démocratique de façade entre Porochenko et Saakashvili a volé en éclats. Saakachvili a de nouveau prouvé être un psychopathe incapable de construire une relation politique stable (depuis septembre 2017, l’Ukraine envisage d’extrader Saakachvili aux autorités géorgiennes pour répondre à leur demande). Pendant ce temps, le 1er novembre, l’un des assistants les plus proches de Bacho Alakhaia et Saakachvili, l’ancien chef de la police militaire au ministère de la Défense géorgien, Megis Kardava, a voulu faire face aux mêmes accusations criminelles en Géorgie, a été arrêté avec de faux passeport à la frontière ukrainienne. Le service de sécurité ukrainien a déjà annoncé qu’il serait extradé à Tbilissi dans les 40 jours. Plusieurs autres Géorgiens de l’équipe de protection personnelle de Saakachvili ont été arrêtés en Ukraine et expulsés vers leur pays d’origine plus tôt fin octobre.

Tous ces éléments pourraient faire en sorte que le trio de snipers géorgiens apparaisse préventivement à la télévision italienne comme des «lanceurs d’alerte volontaires dévoilant la vérité» sur Euromaidan avant qu’ils ne soient capturés et punis comme boucs émissaires.

Ils ont nommé, plutôt prudemment, un certain nombre de personnalités emblématiques du régime en place à Kiev – Andriy Parybiy (actuellement président de la Verkhovna Rada d’Ukraine), Segrey Pashinsky (député représentant le Front populaire pro-gouvernemental) et Vladimir Parasyuk (un autre membre charismatique du Parlement) ) – en tant qu’organisateurs et coordinateurs du massacre sur la place Maidan le 20 février 2014.

Leurs affirmations sont confirmées par d’autres preuves. Le recueil le plus complet de ces faits a été réalisé par le professeur de l’Université d’Ottawa Ivan Katchanovsky (il a également commenté le documentaire italien la semaine dernière).

Quels que soient nos sentiments envers les snipers repentis, leurs confessions publiques ne les exonèrent pas de la responsabilité d’avoir délibérément tué des gens. Ce n’était pas des soldats sur un champ de bataille pendant une guerre déclarée. Ils ne pouvaient pas recevoir d’ordres de leurs chefs. Ils ont été embauchés pour de l’argent pour faire un sale boulot et ils savaient que ce qu’ils allaient faire était un sale boulot. Leur bavardage pour tenter de prouver le contraire est ridicule. Par conséquent, ce trio, Alexander Revazishvili, Koba Nergadze et Zalogi Kvaratskhelia, ainsi que ceux qui les ont embauchés et commandés – Mamuka Mamulashvili (actuellement il est le commandant de la Légion Geogian dans le Donbass), Brian Boyenger (il a combattu du coté ukrainien au Donbass en 2015-2016) – et d’autres snipers de Géorgie, de Lituanie et d’Ukraine doivent être jugés en Ukraine ou dans tout autre pays dont les citoyens ont péri pendant l’Euromaïdan. Ensuite viendront les politiciens ukrainiens, principaux bénéficiaires de ce massacre – ceux qui ont été nommés (Andriy Parybiy, Segrey Pashinsky et Vladimir Parasyuk) et ceux encore inconnus du public.

The Heavenly Hundred, perished on Maidan square in 2014

Porochenko au mémorial de Heavenly Hundred en 2014
En savoir plus sur http://reseauinternational.net/la-dignite-bon-marche-de-la-revolution-ukrainienne/#VMAzb8uizd5rbwGc.99

En fait, cette histoire encore sous-silence sape totalement la légitimité du régime de Porochenko. Les larmes de crocodile des dirigeants de cette nation qui souffre depuis longtemps sur les tombes des victimes de la « révolution de la dignité » ne feront qu’accentuer et souligner à chaque fois le rôle des dirigeants dans le massacre de leurs propres partisans. Ayant payé une somme dérisoire de 1000 USD à chaque tireur d’élite étranger, ils sont arrivés au pouvoir pour abuser des rêves et de la confiance des millions de citoyens Ukrainiens. C’était le prix réel de la «dignité» ukrainienne pour les maitres d’œuvre de leur catastrophe nationale.

Article original en anglais :

The Hidden Truth About Ukraine, Kiev Euromaidan Snipers Kill Demonstrators. Italian Documentary Bombshell Evidence

Oriental Review, le 23 novembre 2017

Traduction : AvicRéseau International

Photos publiées par Oriental Review.



Articles Par : Oriental Review

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