L’Algérie et la  route de la Soie :  Un saut qualitatif pour le développement

«Le voyage de mille lieues a commencé par un pas.» Lao Tseu

L’Algérie a rejoint à Pékin, où se tient le 7e Forum sur la coopération sino-africaine, l’initiative chinoise des « Nouvelles routes de la Soie », a annoncé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué à Alger. L’Algérie et la Chine ont signé un mémorandum d’entente sur l’adhésion de l’Algérie à l’initiative chinoise,   C’est par ces mots qu’on apprend que l’Algérie décide enfin de se projeter à l’international en s’inscrivant dans le projet du siècle

 Historique de la Route de la Soie

La Chine veut recréer une «route de la Soie» entre l’Asie et l’Europe. «Elle va, écrit Fréderic Martel, construire des milliers de ponts, de routes, de chemins de fer et de ports à travers l’Asie centrale et le Moyen-Orient. 40 milliards de dollars d’investissements, Est-ce une arme économique ou diplomatique? Un expansionnisme commercial?» (1)

«La route de la Soie désigne un réseau ancien de routes commerciales entre l’Asie et l’Europe, reliant la ville de Chang’an (actuelle Xi’an) en Chine à la ville d’Antioche, en Syrie médiévale (aujourd’hui en Turquie). Elle tire son nom de la plus précieuse marchandise qui y transitait: la soie. La route de la soie était un faisceau de pistes par lesquelles transitaient de nombreuses marchandises, et qui monopolisa les échanges Est-Ouest pendant des siècles. Elle se développe surtout sous la dynastie Han(221 av. J.-C. – 220 ap. J.-C.),  À partir du XVe siècle, la route de la soie est progressivement abandonnée, du fait de la période des «Grandes découvertes»  Par une culture internationale, elle a permis des échanges matériels, culturels, religieux et scientifiques entre peuples aussi divers et mutuellement lointains que les Turcs, les Tokhariens, les Sogdiens, les Perses, les Byzantins et les Chinois… » (2)

« Elle a suscité le rassemblement d’États militaires fondés par des nomades de Chine du Nord, amené le nestorianisme, le manichéisme, le bouddhisme puis l’islam en Asie centrale et en Chine, provoqué le puissant empire des Turcs Khazars. (…) La nouvelle route de la soie pourrait redistribuer les cartes, à l’heure où la mondialisation de l’économie fait pencher la balance vers l’Est. Plusieurs tronçons ont déjà été transformés en autoroute. Cette route pourrait alors rejoindre l’Europe en passant par le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, l’Iran et la Turquie. Côté chinois, on achève le Xinsilu, une quatre-voies de 5000 km qui relie la mer Jaune aux monts Tian. Un axe qui a pour but de délester la route maritime, par laquelle transitent des millions de conteneurs par an.  » (2)

 Les conséquences de cette vision du soft power chinois

A en croire les analystes occidentaux, la Chine veut dominer le monde.  . «Pour Washington, le partenariat stratégique entre la Chine, la Russie et l’Iran, qui se développe au sein du Club de Shanghai, est un cauchemar géopolitique.   Frederic Martel parle d’une sorte de soft power: «Comment booster l’économie tout en confortant une influence politique? Comment aider l’Asie du Sud-Est et, du même coup, freiner l’influence américaine et indienne? Comment faire du nouveau avec du vieux? Pékin a trouvé la solution: la nouvelle route de la Soie.  .Et début mars 2015, le Premier ministre chinois Li Keqiang a annoncé la création de la «Silk Road Company Ltd (…) Plus encore que la démesure des investissements et du rêve chinois, ce qui frappe, c’est le nom du projet. Un plan de communication efficace. Un logo. Une marque. Une nouvelle route de la soie!» Pour la Chine, il s’agit d’un plan stratégique qui vise à réorienter sa géopolitique vers l’intérieur du continent, notamment vers l’Asie centrale et l’Europe, plutôt que vers l’Est et sa côte Pacifique.   (1)

«Le nom officiel du projet est: « One belt, one road » (une ceinture, une route).   Rien de moins. Avec près de 6500 kilomètres, la route part de l’est de la Chine (pays qu’elle traverse sur près de 4000 kilomètres), avant de bifurquer vers des pays qui s’appellent aujourd’hui l’Inde, ou le Pakistan, l’Afghanistan, l’Iran, l’Irak, la Syrie, pour rejoindre la Méditerranée.  . (…) Pékin a choisi de redonner vie aujourd’hui à deux routes de la Soie.  Tout un symbole. Cette nouvelle route de la Soie sera constituée de milliers de ponts, de voies de chemin de fer, de gares et de pipelines pour relier l’Est à l’Ouest En clair, réussir avec l’économie là où les Américains ont échoué avec le militaire ». (1)

Une banque pour accompagner le projet

 «La nouvelle route de la Soie s’adossera à la nouvelle banque d’investissement asiatique que Pékin vient de lancer avec une vingtaine d’autres pays (Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, ou AIIB). Presque toute l’Europe occidentale, sauf la Belgique et l’Irlande, a officiellement adhéré à l’AIIB. Les États-Unis, le Canada et le Mexique ont tous refusé d’adhérer. Quatorze pays européens dont la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont rejoint le projet en ordre dispersé. Le dernier jour avant la date limite pour devenir membre fondateur (31 mars 2015), le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew, annonce la volonté US de coopérer avec l’organisation  la société d’État chinoise China Railway Corporation (CRC) a proposé   la construction d’une ligne de trains rapides reliant la Chine occidentale à l’Iran, un de ses partenaires majeurs au Moyen-Orient.   ‘La Chine a maintenu ses relations commerciales avec l’Iran en dépit des sanctions et les sociétés chinoises y ont massivement investi dans l’industrie, des biens de consommations à l’énergie en passant par l’automobile ».» (3)

L’aspect économique et financier de «  la Route de la Soie »

Il ne faut pas se faire d’illusion, ! il n’ya pas de philanthropie en l’occurrence. La Chine veut se développer et placer ses excédents commerciaux, Pour cela elle doit irriguer le monde , elle a compris que les infrastructures sont déterminantes même à l’ère du Web 3.0, nous avons d’infrastructures portuaires de réseaux ferrés de routes pour transporter les marchandises  L’économiste Hassan Haddouche dans un article de référence écrit à ce sujet  les autorités algériennes qui ont pris conscience tardivement du caractère déséquilibré de la relation économique avec le partenaire chinois ont commencé à le lui faire savoir au cours des toutes dernières années en réclamant plus d’investissements des entreprises chinoises dans notre pays. C’est dans le prolongement de cette démarche que le Premier ministre algérien signait, à Pékin, le 4 septembre dernier, un « mémorandum d’entente » qui a été interprété comme une adhésion au gigantesque projet chinois de « Routes de la soie ». Ahmed Ouyahia avait notamment indiqué à cette occasion que l’adhésion de l’Algérie à l’initiative chinoise « apportera une densité plus forte à notre coopération et à notre partenariat avec la Chine, comme le laissent entrevoir déjà nos projets communs majeurs du port centre et du complexe de phosphate intégré ». Le projet chinois et les chances qu’il offre à l’Algérie ainsi qu’aux pays du Maghreb était précisément, voici quelques jours, le sujet choisi par le think-tank Care pour la reprise de ses activités (4).

 « L’économie chinoise  poursuit l’auteur accumule depuis longtemps des excédents commerciaux considérables. Hassan Heddouche rapporte les propose de l’économiste Mouloud Hedir  qui : « mentionne le chiffre de 510 milliards de dollars rien que pour l’année 2016. La moitié de cet excédent commercial est réalisé avec les États-Unis. Mais ils sont loin d’être les seuls concernés. Dans des proportions plus modestes, le déficit commercial de l’Algérie avec le partenaire chinois était quand même supérieur à 7 milliards de dollars en 2017. Ce qui a représenté près des trois-quarts de notre déficit global l’année dernière. Pour l’économiste algérien, l’initiative des autorités chinoises renverse un paradigme classique. Jusqu’ici, en gros, avec les bailleurs de fonds occidentaux « on avait beaucoup de besoin, relativement peu de financements, et des délais importants pour finaliser les projets ». Les Chinois nous disent maintenant : « Le financement on s’en occupe, quels sont vos projets et vos priorités ? ». Une Banque de développement asiatique, qui marche clairement sur les traces de la Banque Mondiale, a été dotée d’un capital de 40 milliards de dollars. Récemment, la Banque de développement des BRICS, avec une dotation de 100 milliards de dollars, envisage de financer des plans de stabilisation, à l’image des activités du FMI. Au premier rang figure l’Arabie Séoudite avec des financements de 180 milliards de dollars dont 100 milliards réservés à un programme de développement de centrales nucléaires. L’Égypte est également en bonne place avec des financements prévus de plus de 20 milliards de dollars. » (4)

 L’Algérie sur le trajet de la route de la Soie: pourquoi pas?

Voilà ce que nous écrivions en 2016 quand nous appelions de nos vœux l’intégration de l’Algérie dans la marche du monde :

« L’Algérie n’a pas encore déprogrammé son tropisme vers l’Europe. Pourquoi toujours coller à l’Europe et ne pas créer une nouvelle dynamique avec l’Asie qui s’affirme de plus en plus comme le barycentre du monde. Mise à part l’Allemagne, les autres pays ont d’énormes problèmes financiers. L’Algérie a raté son adhésion à la banque fondée par la Chine en mars 2015. Il n’est pas trop tard, si nous avons un cap pour le développement du Sahara, la Chine pourrait nous accompagner. Au vue des défis du futur, il est de mon point de vue nécessaire pour les deux pays de mettre en place une université ou on enseigne la technologie en chinois et en anglais, l’Algérie serait la porte de l’Afrique. Faire partie de la route de la Soie relève a priori de l’utopie tant il est vrai que nous ne sommes pas sur le tracé! il n’est pas interdit de penser à une route de la Soie avec un prolongement africain par voie maritime. La route maritime qui va vers Venise peut très bien faire un crochet vers l’Algérie. Au vu de la densité des rapports algéro-chinois forgés pendant la lutte de libération, il est possible de penser à une route de la Soie qui emprunterait à partir d’Alger le trajet de la transaharienne électrique et qui irait irriguer toute l’Afrique centrale, de l’est et de l’ouest du fait qu’un partenariat Chine-Afrique existe. Qui ne tente rien n’a rien. Faisons-le! C’est le premier pas qui compte comme nous y invite Lao Tseu. » (5)

Ce que nous faisons avec la Chine

Dans une contribution que j’avais faite en 2016 au tout début de l’annonce de l’initiative  j’avais proposé que l’Algérie s’inscrive dans cette démarche : «Et si la route de la soie passait par l’Algérie ? Nos chances dépendent de notre ambition ? » Environ 18% du total des importations algériennes provenaient de Chine en 2017, faisant de Pékin le premier fournisseur de l’Algérie, devant la France (environ 9%) et trois autres pays de l’Union européenne. La Chine n’était en 2017 que le 13e client de l’Algérie, ne recevant que 2% de ses exportations. Pékin a multiplié les investissements au Maroc,  notamment dans la locomotion  électrique   mais continue d’entretenir des relations historiquement privilégiées avec Alger.

Au-delà des activités d’échange, la Chine étant le premier partenaire de l’Algérie, ayant détrôné la France avec plus de 8 milliards de dollars d’achat s’il y a une coopération chinoise en Algérie, il y a aussi une diaspora algérienne en Chine qui peut servir de trait d’union. Saïd Belguidoum enseignant à l’université de Sétif nous parle d’un retour de la soie en décrivant un séjour qu’il a effectué en Chine. Nous l’écoutons: «(…) Les enquêtes que nous menons en Algérie depuis plus de trois ans montraient que le rôle et le poids de Yiwu s’amplifiaient au point de devenir la principale destination des entrepreneurs marchands algériens, supplantant d’autres places telles que Marseille (dont le rôle est devenu marginal), et surtout celles du Moyen-Orient et Dubaï.   Remonter à notre tour ces ‘nouvelles routes de la Soie » devrait permettre de mieux comprendre comment, à partir de ces routes, ont pu se constituer en Algérie des places marchandes au rayonnement national et aux connections internationales. El Eulma et Aïn Fakroun, deux localités de l’Est algérien, illustrent la montée en puissance de ce nouveau type de ville.»(6)

«Les commerçants poursuit-il, de passage sont très nombreux. Leur présence est continue toute l’année, même si c’est au moment des grandes foires que l’affluence bat son plein. Les «traders» algériens, dont il est difficile d’évaluer le nombre précis, sont de plus en plus nombreux à s’installer. (…) Une vingtaine de «gros bureaux», les pionniers venus au début des années 2000, ont pignon sur rue. Ils traitent les grandes affaires d’exportation vers l’Algérie et sont en relation avec une importante clientèle.  Dix ans après les premières installations, on assiste à un processus indéniable de constitution d’un comptoir algérien durable, alimenté par une population jeune   entreprenante et prête à se fixer comme le montrent certains signes. (…) Ces premiers mariages avec des Chinoises facilitent une intégration(…)»(6)

Enfin La Chine a convaincu l’Algérie !

« Annoncé en mars 2013 par un haut dignitaire chinois, lit on sur El Watan le lancement d’un mégaprojet de nouvelles routes de la soie a jeté le trouble dans les pays les plus riches de la planète qui avaient perçu ce projet titanesque comme un péril pour leurs économies qui venaient à peine de se remettre de la crise financière de 2008. Beaucoup d’entre eux ont changé d’avis depuis l’élection d’un président américain qui prône et impose ouvertement le protectionnisme. Troublant par sa simplicité et son redoutable pragmatisme, le projet de nouvelles routes de la soie a en effet de quoi susciter des cauchemars aux dirigeants occidentaux qui auront bien du mal à contenir la déferlante de courants d’affaires qui utiliseront ces nouvelles voies commerciales. (…)  L’Algérie n’a du reste jamais caché son intérêt pour la proposition chinoise qui lui permettra, non seulement, de renforcer sa position de hub entre l’Europe et l’Afrique, mais également d’accroître le maillage de ses grandes infrastructures (route transsaharienne, autoroute Est-Ouest, autoroute des Hauts-Plateaux, nouvelles voies ferrées, nouveaux ports, etc.) qui lui permettront d’atteindre tous les pays du Maghreb sans exception et certains pays du Sahel. Elle s’est, de ce fait, facilement laissée convaincre !  La toute récente décision de Donald Trump d’abroger les traités de libre- échange entre pays bordant l’Atlantique et ceux du Pacifique, a cependant contraint certains pays européens et sud-américains à reconsidérer leurs positions en mesurant tous l’intérêt qu’ils pourraient tirer d’une adhésion à ce méga-projet qui, «in fine», offre une large vision en matière de connectivité et de coopération à l’échelle planétaire. Des avantages considérables que ne garantit évidemment pas, la politique de repli sur soi défendue par le président américain. » (7)

Quelles opportunités pour l’Algérie?

Hassan Haddouche ajoute que : «  Notre pays n’est d’ailleurs pas absent des projets de financement chinois au cours des dernières années. Dans le prolongement de l’accord de partenariat stratégique signé par les présidents chinois et algérien en 2014, deux projets importants sont notamment en cours de finalisation. Ils concernent la réalisation du port de Cherchell pour environ 3 milliards de dollars et un ambitieux projet d’exploitation des gisements de phosphate de la région de Tébessa avec un investissement prévu de près de 6 milliards de dollars. On peut y ajouter trois projets de partenariats industriels conclus entre des entreprises algériennes et chinoises dans les domaines des véhicules utilitaires, de la production de terminaux électroniques de paiement et dans l’industrie du marbre » (4).

 « Reste à identifier les nouveaux projets qui pourraient faire l’objet de financements dans des domaines où les pays voisins ont déjà avancé leurs pions. Mouloud Hedir suggère quelques pistes dans une réflexion qui n’est encore qu’à ses débuts et à propos de laquelle les autorités algériennes se montrent encore très avares de communication. Il mentionne notamment la réalisation d’une zone franche d’exportation au Sud du pays à l’image des expériences de « Zones économiques spéciales » qui ont permis de booster les exportations chinoises. Une telle zone permettrait notamment, selon le conférencier, de rentabiliser la route transsaharienne Alger –Lagos dont la partie algérienne est quasiment achevée. Dans le même esprit, la construction d’une voix ferrée Alger – Tamanrasset – Lagos pourrait favoriser les débouchés africains du futur port de Cherchell. À la même échelle colossale, les investissements chinois pourraient permettre de faire décoller le programme algérien des énergies renouvelables, notamment solaire, qui dispose d’atouts naturels évidents. Mouloud Hedir rappelle que la Chine a déjà investi plus de 40 milliards de dollars à l’international dans ce domaine. (…) Les   Marocains ont identifié deux gros chantiers avec les projets Tanger Tech et véhicules électriques.    (…) Sans stratégie de partenariat du coté algérien, le recours à ce type de financements fait donc augmenter les importations et accroît notre dépendance technique et financière vis-à-vis de l’étranger si ces projets ne sont pas mis à profit pour capitaliser le savoir-faire. »(4)

Le diesel est condamné à court terme

 Trois ans après la révélation du « dieselgate », scandale aux émissions polluantes de certains moteurs diesel visant à cacher les dangers du diesel, et après des années de dégringolade, les ventes de voitures diesel se sont stabilisées en Europe courant 2018 grâce aux véhicules d’entreprise cependant les véhicules diesel particuliers connaissent une chute continue Un pays comme la France avait un parc à 70 % dieselisé , ceci n’est pas dû à une quelconque performance  exceptionnelle par rapport à l’essence mais à une volonté délibérée- certains parlent de lobby encourageant ce type de carburation malgré les dégâts environnementaux et surtout plus graves encore les dégâts irréversibles sur la santé humaine. Le % décroit régulièrement depuis quelques années et on pense qu’il est à 45 % et ceci jusqu’à extinction  totale du diesel comme s’apprêtent à le faire certains  pays européens :

« Malgré des progrès technologiques afin de concevoir des moteurs moins polluants, la survie à terme de ce type de motorisation, tombé en disgrâce après le scandale Volkswagen, paraît toujours compliquée. Explications. Si les voitures diesel se vendent très difficilement auprès des particuliers (moins de la moitié du marché des voitures neuves), elles continuent d’être plébiscitées par les entreprises « La part de marché du diesel s’est maintenue autour de 36% en Europe depuis le mois de mars 2018 (contre 50% en 2015). Il est probable qu’il conservera cette part durant les prochains mois, parce que finalement c’est un choix valable pour beaucoup de conducteurs », estime Felipe Munoz, analyste automobile pour Jato Dynamics. L es moteurs diesel sont des sources importantes de pollution en raison de leurs émissions en oxydes d’azote et en particules fines.   Le problème des émissions d’oxydes de carbone et de particules fines a été pendant longtemps beaucoup plus important que ce que les constructeurs voulaient bien reconnaître On sait  en effet que la combustion du diesel  rejette outre le CO2 des particules  qui sont un danger de service public . En Europe la norme Euro 6  impose de ne pas dépasser 5 ppm ; En Algérie nous roulons à l’Euro  2 avec un seuil de 100 ppm . C’est donc un danger pour la santé de la population et pourtant d’une façon incompréhensible le Diesel est vendu deux fois moins cher que l’essence et deux fois et demi plus cher que le sirghaz qui peine à décoller réellement » (8)

« En Allemagne, poursuit l’auteur  plusieurs communes envisagent des interdictions d’accès au moins partielles pour les véhicules diesel les plus polluants,  ces restrictions devraient concerner à terme une vingtaine de grandes villes du pays. En France, Paris a même annoncé l’interdiction totale des voitures diesel pour 2024. « Le diesel était simplement apprécié parce qu’il était beaucoup moins taxé que l’essence, donc beaucoup moins cher à la pompe »« Si cette subvention tombe, le diesel devient très difficile à vendre », poursuit-il. Or, c’est ce qui est en train de se passer en France, où les taxes augmentent beaucoup plus vite sur le diesel avec l’objectif d’aligner sa fiscalité sur celle de l’essence d’ici trois ans. Parallèlement, le coût du diesel augmente à cause des équipements de dépollution supplémentaires induits par les nouvelles normes. Comme il se vend moins et que les séries de production sont plus courtes, sa compétitivité s’en trouve encore réduite… Et les investissements dans ces motorisations se réduisent faute d’avenir. « Les ventes de diesel pourraient se stabiliser pendant quatre ans autour de 30% du marché », estime M. Dudenhöffer. Mais, l’arrivée de l’hybride léger des moteurs essence assistés de batteries 48 volts, offrira des alternatives meilleures marché et avec la même réduction de CO2. À l’horizon 2022 ou 2023, les experts de Deloitte prédisent même des véhicules 100% électriques moins chers que les véhicules thermiques. (8)

 La situation de la locomotion électrique : 2018, l’an I de la révolution électrique

A titre d’exemple  pour montrer l’engouement mondial pour la révolution électrique :

« Au Mondial de l’automobile, qui ouvre ses portes  , les reines des travées rouleront à l’énergie électrique. Mercedes lèvera le voile sur son imposante EQC, Audi sa « e-tron » (mieux vaut prononcer le nom à l’anglaise…), PSA présentera au public la nouvelle DS3 Crossback et sa déclinaison lithium-ion, Kia la grande  .  2018, l’an I de la voiture électrique ?C’est tout comme. Jusqu’à présent limitée, l’offre de véhicules zéro émission va sérieusement s’étoffer en Europe dans les mois à venir.  Les quatre véhicules qui se partagent aujourd’hui 60 % des ventes (la Nissan Leaf, la Renault Zoe, la Volkswagen e-Golf, et la BMW i3) ont déjà vu arriver cet été dans les concessions la Huyndai Kona, un petit SUV  PSA pourrait bientôt proposer une version 100 % électrique pour tous ses modèles. Il y a actuellement plus de 5 millions de voitures électriques une technologie qui a démarré il y a moins de cinq ans .» (8)

Mais c’est surtout en 2019 que le gros de l’artillerie sera déployé, avec la sortie de neuf nouveaux modèles à batterie. Parmi eux, les SUV EQC de Mercedes et DS3 Crossback de PSA, mais aussi la ID Neo de Volkswagen, la remplaçante de la e-Golf, ou encore les versions électriques de la Peugeot 208 et de l’Opel Corsa. Les constructeurs sont longtemps restés timides dans l’électrique, car ils n’arrivent pas à l’intégrer dans leur stratégie, tout en conservant leur rentabilité »,  Puis est arrivé le « dieselgate », et ils n’ont pas eu d’autre choix que de développer une offre électrique et de la faire fonctionner ». L’idée étant d’éviter de subir de lourdes amendes promises par Bruxelles s’ils ne respectent pas les objectifs d’émissions de CO2 imposés par l’Union européenne pour 2021 . Selon le cabinet AlixPartners, les constructeurs occidentaux ont annoncé 184 milliards de dollars d’investissements dans l’électrification de leur gamme d’ici à 2023 ». (9)

Interviewé par le journal les Echos Carlos Ghosn  le patron de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, qui espère vendre environ 11 millions de véhicules cette année, estime faire la course en tête en matière de voitures électriques. Malgré les assauts de la concurrence  »

« Plus de 10 % de nos ventes seront faites en pur électrique dans quatre ans ». La grande modification depuis 2016 déclare t-il c’est l’éruption de technologies permettant d’envisager des voitures beaucoup plus connectées ou autonomes, et surtout des services de mobilité. (…)  Après, passer de moins de 5.000 véhicules cette année à 1 million dans trois ans, ce serait un record. Si quelqu’un est capable de le faire, je lui tire mon chapeau. Fin 2022, 50 % de l’offre de l’Alliance (y compris celle de Renault) sera électrifiée. Et plus de 10 % de nos ventes seront faites en pur électrique dans quatre ans, avec sept ou huit produits mondiaux  Sur le plan industriel, les coûts de production devraient rapidement diminuer avec l’évolution technologique et l’augmentation des volumes. A la fin de notre plan stratégique, fin 2022, notre gamme zéro émission sera au moins au niveau de profitabilité de la moyenne du groupe.  Notre offensive portera d’abord sur l’électrique pur, c’est pour nous la technologie ultime. Maintenant, s’il y a une demande spécifique de marché, cela ne nous empêchera pas de faire de l’hybride ou de l’hybride rechargeable,   La baisse du diesel est très rapide. Nous révisons nos prévisions pratiquement tous les trimestres. Si je vous donne un chiffre aujourd’hui, il sera faux dans trois mois  Nous avions dit que nous réduirions notre offre diesel de moitié d’ici à fin 2022, je crains désormais qu’on ne doive aller plus loin »10).

Ce que je crois

Tout d’abord nous devons sortir de la malédiction du diesel dont le pourcentage  70 % est un héritage colonial. Ce % ne risque pas de baisser avec le  différentiel des prix  entre l’essence qui est deux fois plus cher que le Diesel . pour cela il est nécessaire d’aligner les deux carburants au même prix et ensuite favoriser encore plus le sirghaz (GPL)  par une augmentation des prix du carburants jusqu’à un prix réel dissuasif qui permet de réduire drastiquement les hémorragies aux frontières, diminuer la pollution et la consommation des carburants que nous importons pour près de 2 milliards de $.  De plus il nous faut prendre le train de la  mobilité électrique      Pourquoi  en effet ne pas investir dans la locomotion  électrique ? La Chien installe au Maroc des usines de voitures électriques ( 500.000) des usines de bus de trains de camions et même de batterie pourquoi ne pas demander d’être aidés dans ce domaines ? Certes nous avons une dizaine de constructeurs qui installent des modèles qui n’aurons plus court dans moins de dix ans Volkswagen arrête le diesel en 2025 . Il en est de même des pays européens comme le Danemark l’Allemagne ou la France qui annonce la fin des carburants à partir de 2030.

En prenant  le train de la locomotion électrique    il faut  se souvenir que 1l d’essence c’est 10 kWh un plein d’essence à  7l/ 100km c’est 300 DA le plein d’énergie électrique pour la même distance c’est 42 Da ! Il esr prévu que les prix des véhicules thermiques et électriques vont s’aligner rapidement. Même si le prix actuel est 25% moins cher pour le thermique actuellement ; Sur la durée de vie du véhicule , le véhicule électrique est plus compétitif Cette électricité  d’origine solaire et ou éolienne   proviendrait du Sahara qui est une pile électrique si on le développe  correctement .

Des actions sont entreprises en Algérie mais   ne s’inscrivent pas dans un schéma d’ensemble qui est celui de la transition énergétique vers le Développement Durable qui nous permet de lancer sans tarder le plan  énergie  renouvelable de 22.000MW de tourner le dos aux carburants en mettant en place une politique de transport multimodale de la voituré électrique au bus  électrique au camion  électrique au métro et au tramway sans oublier le réseau électrique notamment en créant une transsaharienne électrique qui pourrait traverser le Sahara irriguer les pays frontaliers et aller jusqu’à Lagos.  Il nous faut  avoir une vision d’ensemble en retenant que chaque centrale solaire construite c’est 2 milliards de m3de gaz épargnés qui peuvent être laissés aux générations futures. Depuis le début de l’annonce du plan solaire et éolien avec une cadence de seulement 1000 MW/an  depuis 2011 c’est déjà 16 milliards de m3 qu’on aurait pu épargné et ces argents auraient pu permettre le financement du plan solaire en retenant qu’un milliard de m3 de gaz c’est environ  380 millions de dollars.  Soit un gain total de 5 milliards de dollars

Imaginons que nous confions dans le cadre d’un partenariat wiinn winnune partie du plan solaire à la Chine – une autre partie a d’autres locomotives comme l’Allemagne ou les Etats Unis-  nous pourrions financer le plan solaire avec le gaz naturel épargné chaque année du fait de son remplacement par l’énergie électrique.

Cette inclusion de l’Algérie dans la route de la soie est porteuse d’immenses possibilités. A nous d’être entreprenants aux  possibilités décrites par les experts permettront à l’Algérie d’être incontournable sur le trajet de la route de la soie. On pourra même penser avec le partenaire chinois à  la mise en place d’une université chinoise en Algérie pour les sciences et la Technologie et les enseignements seraient faits ne  chinois et en anglais  L’histoire des peuples à montré que les plus grands dirigeants rêveurs sotn deux qui ont laissé des traces durables.

Prof. Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

Notes

1.Frédéric Martel http://www.slate.fr/story/99575/ chine-route-de-la-soie 29.03.2015

2.https://fr.wikipedia.org/wiki/Route_de_la_soie – cite_note-peopledaily-9

3.http://iranfr.com/chine-integrera-liran-nouvelle-route-soie/22 décembre, 2015

4.Hassan Haddouche https://www.tsa-algerie.com/nouvelles-routes-de-la-soie-quelles-opportunites-pour-lalgerie/30 Sept. 2018 

5.http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur chitour/240524-nos-chances-dependent-de-notre-ambition.html

6.Saïd Belguidoum https://fr.hypotheses.org/21591

7.https://www.elwatan.com/edition/economie/nouvelles-routes-de-la-soie-la-chine-a-convaincu-lalgerie-dy-adherer-30-07-2018

8.https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution/automobile-le-diesel-est-il-condamne-a-long-terme_128112

9.https://www.lesechos.fr/industrie-services/automobile/0302312374092-mondial-de-lauto-2018lan-i-de-la-revolution-electrique-2209729.php#

10.https://www.lesechos.fr/industrie-services/automobile/0302334247864-voiture-electrique-guerre-commerciale-gafa-carlos-ghosn-se-confie-2209903.php# 

 Articles  de référence: 


Articles Par : Chems Eddine Chitour

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