L’attaque américaine contre les médias chinois: une mauvaise blague

Faits déformés. C’est ce que font les médias occidentaux lorsqu’ils « traitent » de la Chine, la Russie, l’Iran ou des pays « hostiles » d’Amérique Latine. C’est un jeu extrêmement ancien qui trouve ses racines dans l’ère coloniale.

Si vous avez le monopole de la diffusion de l’information aux quatre coins de la planète, une telle approche cynique peut fonctionner. Si une seule personne est autorisée à parler, alors ce qu’elle dit peut devenir la vérité.

Washington adore s’en prendre aux « pays non démocratiques ». Mais la vérité est que les États-Unis ont réussi à créer un système mondial de gouvernance, de pratiques économiques et « d’information » (en fait, de désinformation) totalement et véritablement antidémocratique.

En d’autres termes, si vous financez des « informations » inventées, fabriquées et affinées aux États-Unis ou en Europe par les agences de presse et les réseaux de télévision occidentaux, vous vous en sortirez très bien et vous serez félicité – surtout si ces informations contribuent à maintenir le rôle dominant de l’Occident dans la gouvernance politique et économique mondiale. Cela signifie que si vous payez pour faire subir un lavage de cerveau et un endoctrinement aux gens, vous serez bien classé dans les différents indices de « liberté d’information » créés par l’Occident.

Mais attention : Si vous dites la vérité, ou si vous exposez les mensonges de l’Occident, vous serez sali, insulté en tant que démagogue et menteur antidémocratique. C’est ce qui arrive à la Chine.

Réfléchissons au contexte de la décision américaine.

Début février, le Wall Street Journal a publié un article intitulé « La Chine est le vrai malade de l’Asie ». C’était un article insultant, vulgaire à bien des égards. Certains l’ont considéré comme raciste. Il a profité de la douleur que ressent le peuple chinois à cause de la nouvelle épidémie de coronavirus, et a transformé une urgence médicale en un problème politique. C’était un exemple pertinent de journalisme bon marché et de propagande évidente – des articles souvent écrits sur commande, tant en Amérique du Nord qu’en Europe.

Indigné, Pékin a demandé au Wall Street Journal de faire face à la gravité de son erreur, de présenter des excuses publiques et de tenir les personnes concernées pour responsables. Mais le média n’a pas présenté d’excuses et Washington a plutôt lancé une « guerre » contre les médias chinois.

Le 2 mars, The Guardian a rapporté :

« Les États-Unis ont réduit de près de moitié le nombre de ressortissants chinois autorisés à travailler pour leurs médias d’État aux États-Unis, jurant la réciprocité alors que Pékin restreint la presse étrangère… Un représentant du Département d’État a déclaré que cinq médias, qui le mois dernier ont été reclassés par les États-Unis en tant que missions étrangères, seraient autorisés à employer un maximum de 100 ressortissants chinois à partir du 13 mars, contre environ 160 actuellement… »

Qu’est-ce qui se cache vraiment derrière tout cela ?

Les médias russes, chinois, latino-américains et même iraniens deviennent de plus en plus influents dans les cercles instruits de l’Occident, car de nombreuses personnes en Europe et aux États-Unis se tournent vers des médias tels que RT, China Daily, CGTN, PressTV, NEO et Telesur pour obtenir des informations.

Washington encourage la concurrence, idéologique et commerciale, mais uniquement lorsqu’elle sert ses intérêts, c’est-à-dire lorsqu’elle est gagnante. Lorsque son idéologie ou ses produits commencent à prendre du retard sur ses concurrents (la Chine et la Russie, par exemple), elle impose immédiatement des sanctions ou applique la censure.

Aux États-Unis, nombreux sont ceux qui considèrent la Chine comme l’adversaire le plus « dangereux », en particulier les idéologues d’extrême droite et anti-chinois comme Peter Kent Navarro, le principal conseiller commercial du Président américain, ainsi que de nombreuses autres personnes au sein et en dehors de l’administration américaine. Pourquoi ? Parce que la Chine se développe, non seulement socialement et économiquement, mais aussi politiquement, grâce à des programmes tels que l’Initiative « Ceinture et Route » et ses politiques mutuellement bénéfiques.

Les États-Unis ont tenté de salir et de provoquer la Chine, et chaque fois qu’ils échouent, ils commencent à agir de manière irrationnelle, semant le chaos en privant les gens de points de vue et de sources d’information alternatifs.

Contrairement à ce qu’affirme le Wall Street Journal, la Chine est entrée dans la phase critique de la lutte contre le nouveau coronavirus. Elle a protégé sa population. Son économie ne s’est pas effondrée. Et malgré les attaques de l’Occident, la Chine deviendra encore plus résistante une fois l’épidémie contenue.

Washington pourrait expulser plusieurs journalistes chinois. Mais il ne pourra plus faire taire la vérité. Le monde regarde. Et il rit.

Les États-Unis adorent faire la leçon aux autres pays sur la « liberté d’expression », mais ils sont terrifiés par les opinions alternatives, car ils ont peur d’être exposés comme un géant aux pieds d’argile. Certains reporters étrangers pourraient être contraints de quitter les États-Unis prochainement, mais des milliers d’entre eux dans le monde refusent de se taire.

Andre Vltchek

 

Article original en anglais :

Is Washington’s Attack Against Chinese Media a Bad Joke?

La version courte de cet article en anglais a été publié par China Daily Global et traduit par Réseau International 



Articles Par : Andre Vltchek

A propos :

Andre Vltchek is a philosopher, novelist, filmmaker and investigative journalist. He covered wars and conflicts in dozens of countries. His latest books are: “Exposing Lies Of The Empire” and “Fighting Against Western Imperialism”. Discussion with Noam Chomsky: On Western Terrorism. Point of No Return is his critically acclaimed political novel. Oceania - a book on Western imperialism in the South Pacific. His provocative book about Indonesia: “Indonesia – The Archipelago of Fear”. Andre is making films for teleSUR and Press TV. After living for many years in Latin America and Oceania, Vltchek presently resides and works in East Asia and the Middle East. He can be reached through his website or his Twitter.

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