Le cocktail inflammable du Moyen-Orient va-t-il exploser?

Profitant des prétendues failles de sécurité dans la défense israélienne provoquées par le schisme entre les réservistes et Benjamin Netanyahou, la branche armée du groupe islamiste Hamas, a lancé l’offensive la plus sanglante depuis 2007 avec l’infiltration de dizaines de ses membres dans des localités israéliennes et le bombardement de milliers d’obus sur de vastes zones, notamment Tel-Aviv et Jérusalem, avec pour le reste 1.400 victimes israéliennes et la prise d’environ 240 otages. 

La réalité est que l’offensive sanglante du Hamas ne serait qu’un appât pour les agents du Mossad infiltrés au sein du Hamas après un premier succès qui provoquerait une réponse dévastatrice de l’armée israélienne dans la bande de Gaza et l’extension ultérieure du conflit à l’ensemble du Moyen-Orient. Le récent assassinat à Beyrouth du commandant de la branche militaire du Hamas, Saleh al-Arouri serait le piège imaginé par Israël et les États-Unis pour obtenir l’implication des membres de la Brigade des Fatimides, milice chiite dépendant organiquement de l’élite du Hamas, des Forces armées iraniennes ou Pasdaran (corps des gardiens de la révolution islamique) et enfin, l’entrée de l’Iran sur la scène de la guerre et le début d’un nouveau conflit régional au Moyen-Orient.

Ainsi, après les fiascos de la Syrie, de la Libye et de l’Irak, l’offensive du Hamas serait le nouvel appât du plan machiavélique esquissé par l’alliance anglo-américaine en 1960 pour attirer à la fois la Russie et la Chine et provoquer un conflit régional majeur qui marquera l’évolution de la situation pour la région dans les années à venir et ce serait un nouvel épisode local qui s’inscrirait dans le retour à l’endémisme récurrent de la guerre froide entre les États-Unis et la Russie.

Benjamin Netanyahou et Joe Biden ont-ils besoin d’une grande guerre? Israël considère l’Iran comme le plus grand exportateur de terrorisme et de violations des droits dans le monde, tout en dénonçant que l’Iran continue d’enrichir de l’uranium et se rapproche dangereusement de l’obtention de la bombe nucléaire et que Benjamin Netanyahou a urgemment besoin d’une nouvelle guerre pour lui faire oublier le processus judiciaire en lequel il est accusé de corruption, de fraude et d’abus de confiance.

De leur côté, le Congrès et le Sénat américains ont approuvé une déclaration préparée par Lindsey Graham et Robert Menéndez qui affirme avec insistance que «si Israël est obligé de se défendre et d’agir (contre l’Iran), les États-Unis se tiendront à ses côtés pour le soutenir militairement et diplomatiquement». Et, après que Tsahal ait rasé la bande de Gaza, nous verrons une augmentation prévisible de la pression de la part du lobby pro-israélien américain (AIPAC) pour procéder à la déstabilisation du Liban et de l’Iran par des méthodes accélérées (Opération Perse).

Ainsi, profitant du fait que la Russie est occupée avec l’Ukraine, que la Chine est entourée par l’arc de crise nucléaire de l’AUKUS pour protéger Taïwan et que les réserves stratégiques américaines sont au maximum, Joe Biden profiterait d’une première attaque surprise d’Israël contre l’Iran pour lancer une nouvelle offensive dans la guerre au Moyen-Orient avec le double objectif d’assécher les sources énergétiques de la Chine et de faire grimper son indice de popularité pour être réélu à la prochaine élection présidentielle de 2024.

Un tel conflit pourrait impliquer les trois superpuissances (États-Unis, Chine et Russie), comptant comme des collaborations nécessaires avec les puissances régionales (Israël, Syrie, Égypte, Jordanie, Irak, Arabie Saoudite et Iran) et couvrirait l’espace géographique qui s’étend de l’arc méditerranéen (Israël, Syrie et Liban) au Yémen et à la Somalie dans le but avoué de dessiner la cartographie du Nouveau Moyen-Orient favorable aux intérêts géopolitiques des États-Unis, de la Grande-Bretagne et d’Israël avec la mise en œuvre du Grand Israël («Eretz Yisrael»: La Terre d’Israël).

Cela impliquerait le rétablissement de la Déclaration Balfour (1917) qui dessinait un État d’Israël avec une vaste superficie s’étendant de la Méditerranée à l’est de l’Euphrate jusqu’à la Syrie, le Liban, le nord-est de l’Irak, la partie nord de l’Euphrate, l’Arabie saoudite, la bande côtière de la mer Rouge et la péninsule du Sinaï en Égypte, tandis que la Jordanie serait contrainte d’accueillir la population palestinienne de l’actuelle Cisjordanie et Gaza contrainte à une diaspora massive (nouvelle nakba).

Germán Gorraiz López, analyste politique 



Articles Par : Germán Gorraiz López

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