Le général Petraeus et les affaires politiques présidentielles

Préparer le terrain pour une guerre contre l'Iran

De 1964 jusqu’en 1968, le général William Westmoreland a présenté un flot constant de brillantes, dynamiques et inspirantes évaluations du potentiel de la victoire états-unienne au Vietnam. Lorsque Westmoreland est devenu commandant des forces US au Vietnam, il y avait à peine 15,000 soldats avec leurs bottes sur le terrain. Après quatre années de ce malencontreux optimiste du général Westmoreland, 535,000 soldats avaient leurs bottes enfoncées jusqu’aux chevilles dans le profond bourbier de la jungle vietnamienne. À une époque qui remonte bien avant l’Internet, la message positif du général Westmoreland visant à accroître l’engagement des États-Unis dans une intervention militaire au Vietnam a massivement reçu l’attention des médias et le soutien du public pour ce qui allait devenir une guerre extrêmement décourageante.

Prochainement, le général David Petraeus va emprunter une page du scénario dramatique du général Westmoreland. Dans son témoignage devant le Congrès, Petraeus présentera ses arguments à l’effet que l’augmentation des troupes en Irak a fonctionné, qu’il fonctionne et qu’il continuera de fonctionner longtemps dans ce que le général dépeindra comme un bonheur futur. Il est prévisible que le général diabolisera la nation et le gouvernement de l’Iran comme étant hostiles à la politique US en Irak. Citant des rapports sur des commandants du champ de bataille iranien qui sont aux côtés des insurgés chiites de Bassorah, le témoignage de Petraeus est conçu pour susciter la demande du public aux États-Unis pour élargir la guerre, afin de ressusciter les perspectives présidentielle du sénateur John McCain, le meilleur espoir des néo-cons pour réaliser leur vision de l’avenir c’est-à-dire un autre siècle d’impérialisme US, de déclin économique et de désintégration culturelle.

Selon les concepteurs de cette stratégie de message, c’est-à-dire les suspects habituels: Rove, Cheney, Rumsfeld, Rice, les néo-cons et George W. Bush, le public US aura sa réaction typiquement pavlovienne (1) et il demandera une attaque massive sous la forme d’un violent bombardement « choc et effroi » ciblant les centres stratégiques nucléaires et militaires iraniens. Tout à fait par hasard, ce plan est sur les planches à dessin du Pentagone depuis les quatre dernières années.

Une flotte US est en poste dans le golfe Persique. Armés d’ogives nucléaires sur ses missiles Sidewinder, les sous-marins US glissent silencieusement au-delà du détroit d’Ormuz pour se poster près de la côte de l’Iran pour prendre part à l’équivalent planétaire d’une thérapie de l’électrochoc. L’objectif de cette série de chocs n’est pas la population de l’Iran, ni même le grand Moyen-Orient, mais le corps politique états-unien qui semble être devenu plus blasé et troublé par l’approfondissement de l’abîme que représente la guerre en Irak. Dans l’esprit des néo-cons, le peuple états-unien est devenu complaisant, froussard et même lâche dans son attitude à l’égard de la glorieuse guerre en Irak. Une vive et féroce leçon de « choc et d’effroi » visant un abominable ennemi, un pays de l’axe du mal, devrait réveiller les États-Unis de son dangereux sommeil.

Dans ses récentes conversations secrètes avec le roi Abdullah d’Arabie Saoudite, le vice-président Cheney a informé le roi de la prochaine attaque contre l’Iran qui pourrait produire des retombées nucléaires dans une large zone de la région. Peu de temps après le départ de Cheney, le roi a informé le public de la menace à leur sécurité nationale et a ordonné la préparation immédiate contre les retombées nucléaires. Les matières nucléaires peuvent provenir soit de l’attaque US ou de l’explosion de sites nucléaires iraniens, ou les deux.

Pour souligner la gravité de la menace, Israël a mis en garde l’Iran à l’effet qu’ils prendront des mesures de représailles massives si jamais Israël était attaqué. Provenant comme ce fut le cas de la troisième plus puissante nation nucléaire, les Iraniens n’ont pas ignoré la menace belliqueuse d’Israël. Pour leur part, l’Iran a proposé un bouclier anti-missiles régional pour protéger leurs citoyens contre une attaque US ou israélienne, un signe avant-coureur d’une autre course aux armements astronomiquement coûteuse et aux proportions mondiales.

Quand Petraeus se présentera en audience devant le Congrès, il devra faire face à l’interrogatoire des trois derniers espoirs présidentiels. McCain ne représentera pas un problème pour le général. Tous deux lisent le même script. Hillary Clinton et Barack Obama seront sur la scène mondiale et sous la chaleur d’immenses projecteurs. Leur soutien public est fondé sur leur opposition à la politique US en Irak et dans la région.

Leurs prestations vont préparer le terrain pour le déroulement de la scène pour le prochain acte. Le plan Républicain consiste à envelopper l’un ou l’autre ou les deux candidats du parti Démocrate dans leur filet de mensonges pour légitimer leur échec militaire en élargissant le bourbier de l’agression qui est maintenant connu comme la guerre en Irak.

La scène est prête. Petraeus donnera le prétexte à la guerre contre l’Iran. McCain va redonner et redonner son appui. Puis, les projecteurs brilleront sur Hillary Rodham Clinton et Barack Obama. La plupart des experts internationaux estiment que les Démocrates acquiesceront aux demandes stridentes de Petraeus pour l’expansion de la guerre. Le monde entier aura les yeux tournés [sur eux], de même que l’électorat américain.

Le général Petraeus et les affaires politiques présidentielles

Si l’un ou l’autre des Démocrates mord à l’appât de Petraeus, ce sera la fin de leurs aspirations personnelles à la présidence. Si les deux le font, cela marquera le début de la fin du Parti Démocratique tel que nous l’avons connu et ce sera le début d’un réalignement de la politique fondamentale aux États-Unis.

Lire l’aticle original en anglais: http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=8596

Traduction Dany Quirion pour Alter info, 9 Avril 2008. [email protected] 

 



Articles Par : Michael Carmichael

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