»Le gouvernement se méfie des compagnies américaines (…) »


La Guinée équatoriale vient d’ouvrir les portes de son juteux marché pétrolier à la Chine, avec l’ambition de relancer une production orientée à la baisse et de diversifier son exploitation jusque-là presque exclusivement aux mains des compagnies américaines.
 
De retour d’une tournée de deux semaines en Asie, le président Teodoro Obiang Nguema a lui-même annoncé jeudi soir à Malabo l’entrée en scène des Chinois dans son pays, troisième producteur de brut d’Afrique subsaharienne.
 
« Nous avons offert au gouvernement chinois la possibilité de pouvoir exploiter certaines de nos ressources naturelles au profit mutuel des deux Etats », a déclaré le chef de l’Etat, sans toutefois préciser si un accord formel avait été signé lors de sa visite en Chine.
 
L’arrivée de Pékin dans ce petit pays d’Afrique centrale était préparée depuis plusieurs mois.
 
La visite officielle du président Obiang a ainsi été précédée fin septembre par celle d’une délégation constituée du ministre des Finances Marcelino Owono Edu et du vice-ministre des Hydrocarbures Gabriel Obiang Mbegha Lima, spécialement destinée à convaincre les pétroliers chinois à investir en Guinée équatoriale.
 
Pékin deviendra ainsi « un nouveau partenaire pétrolier » de Malabo, commente-t-on de source proche du dossier dans la capitale équato-guinéenne.
 
« Le gouvernement équato-guinéen se méfie aujourd’hui des compagnies américaines et croit que le ralentissement de la production est une stratégie contre lui », ajoute-t-on de même source, expliquant qu’ »il cherche des nouveaux partenaires beaucoup plus flexibles ».
 
Depuis plusieurs années, le gouvernement souhaite en effet revoir les contrats négociés avec ces sociétés américaines « qu’il trouve ne pas lui bénéficier suffisamment », rappelle-t-on.
 
La visite en Chine la semaine dernière du président Obiang s’est inscrite dans ce contexte, à un moment où l’on parle avec insistance, dans les milieux pétroliers à Malabo, du ralentissement de la production d’or noir. Selon un responsable du secteur qui a requis l’anonymat, cette production devrait s’établir en 2005 à 384.000 barils par jour (b/j), contre une prévision de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) qui tablait sur 500.000 b/j.
 
La Guinée équatoriale « dispose actuellement de 13 blocs dont une petite partie sont en exploration et production tandis qu’une autre partie non négligeable est en commercialisation », a assuré récemment le vice-ministre des Hydrocarbures, Gabriel Obiang.
 
« Actuellement ExxonMobil produit 260.000 b/j sur ses champs Zafiro, Jade et Serpentina qui assurent 70% de la production équato-guinéenne », a-t-il précisé.
 
Les compagnies américaines se taillent donc la part du lion: outre ExxonMobil, Marathon Oil, Chevron-Texaco, Amerada Hess Triton, Vanco Energy et Devon Energy sont présentes dans ce petit pays du golfe de Guinée. D’autres, comme la malaisienne Petronas ou l’espagnole Repsol YPF sont en phase d’exploration.
 
Toutes ces sociétés devront désormais compter avec la Chine, déjà présente depuis les années 1970 dans les secteurs de la santé et des télécommunications. En contrepartie, Pékin semble s’être engagé à renforcer encore cette présence.
 
« A partir de maintenant, la Chine devient le principal partenaire avec lequel nous allons développer la Guinée équatoriale », a affirmé jeudi le président Obiang en évoquant l’annulation par Pékin d’une « grande partie » de la dette de son pays envers le géant asiatique.



Articles Par : Global Research

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