Le jeu pervers de la coalition occidentale de Doha

La grande Charte des Nations Unies assure théoriquement le droit des personnes, des peuples et des nations. Elle définit les droits des uns et des autres : tout ce qu’il faut pour s’assurer les conditions d’un monde de paix. Mais les USA, ont toujours voulu la guerre et que celle-ci soit permanente. Ils se sont donc arrangés pour que la guerre soit la règle habituelle depuis leur naissance…

Ainsi donc, les États-Unis sont en permanence engagés dans des guerres illégales et des horreurs dévastant le monde ; des comportements criminels qui auraient dû conduire sans doute à de nombreuses sanctions contre cet Empire dominant qui fait à sa tête et comme bon lui semble…

« Si les lois de Nuremberg étaient appliquées, tous les présidents des États-Unis de l’après-guerre auraient été pendus, » disait Noam Chomsky.

Toutes ces dernières années, les États-Unis, avec leurs alliés, se sont invités en toute illégalité sur le territoire d’autres États sans se formaliser. Ce comportement flibustier est devenu une seconde nature de « l’État profond » américain : au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique, en Amérique latine et en Europe de l’Est. L’arrogance domine ce comportement méprisant et prédominant qui s’impose de force à l’ensemble de la planète!

Depuis plusieurs années, de nombreux pays réclament une réforme de l’exercice du pouvoir au sein de l’ONU. Le pouvoir est entre les mains du Conseil de sécurité dont les membres, avec droit de veto, ont été déterminés dès la création des Nations Unies. Rappelons qu’il s’agit des États-Unis, de l’Angleterre, de la France, de la Russie et de la Chine.

En 2017, près de 200 000 hommes, soit 10% du personnel militaire américain, étaient déployés à l’étranger dans 800 bases militaires et 177 pays. Cette force militaire d’occupation n’est pas, bien entendu, sous le commandement des Nations Unies, mais sous commandement étasunien qui ne fait que « protéger » ses intérêts dans le monde. Les USA imposent leur prédominance sur les États et sur leurs richesses. Toute opposition à cette volonté de domination est considérée par les États-Unis comme une menace à sa sécurité nationale ! C’est un chef-d’œuvre d’arrogance et de cynisme !

C’est la raison pour laquelle le Venezuela est maltraité comme il se doit, car il ne se soumet pas à la dictature militaire et économique du grand pilleur de toute l’Amérique Latine! Le Venezuela a été déclaré, par décret présidentiel d’Obama, « menace à la sécurité nationale des États-Unis »! Si ce décret s’était adressé à la Chine, on aurait pu le comprendre, mais au Venezuela, on a là l’aveu explicite d’une volonté de brigandage ! Ce que le décret en question se garde bien de préciser, c’est que le Venezuela a la plus grande réserve de pétrole au monde, et que ses mines d’or et de diamant devraient venir alimenter exclusivement les coffres forts des Gringos flibustiers du monde…

La gosse de riche Nikki Haley, nommée « ambassadrice » des USA à l’ONU, ne tarit pas dans le genre « arrogance », « mensonge », « cynisme », « manipulation », « indignation », « fake news », et « menaces de répression, de destruction, de sanctions… » ! Bref : dès que cette personne insolite ouvre la bouche, c’est pour piquer une crise de nerfs et se moquer du monde entier en fanfaronnant l’idéologie de la violence, typiquement étasunienne. Elle joue à merveille le rôle qu’on lui a assigné : une comédie cynique venant confirmer l’idéologie du mensonge qui préside à toutes les décisions impérialistes des USA depuis leur naissance!

Avec elle, tous les États sont mis constamment en demeure de devoir choisir leur camp : si un État ne choisit pas son camp, alors il fait automatiquement partie de « l’axe du Mal » ; le camp des USA faisant, bien entendu et toujours, partie de « l’axe du bien » ! Cela va de soi. Ce camp est aussi celui des bigots et des fanatiques djihadistes du Salafisme wahhabite venu de la monarchie obscurantiste d’Arabie Saoudite, alliée et grande amie des USA. Ces fanatiques sont les mercenaires à son service au proche et moyen Orient… Tous ceux qui ne soutiennent pas ces criminels salafistes, les djihadistes égorgeurs et qui « font du bon boulot » au service de l’Empire en Syrie, en Libye, au Yémen, En Irak, en Afghanistan, ou tous ceux qui ne soutiennent pas les néo nazis d’Ukraine martyrisant le Donbass Novorossia, sont donc des « salauds », des « complotistes », des « révisionnistes » et des « négationnistes », mais aussi des « antisémites », car les opposants à la « coalition occidentale » sont des opposants à tous ces pays obscurantistes et fascistes du « pacte de Doha » (novembre 2012): les USA, l’OTAN, L’Angleterre, la France vassalisée, la Turquie, Israël, le Qatar, l’Arabie Saoudite.

La Nikki Haley « dénonce et menace », comme si elle parlait au nom de dieu en personne, donnant l’ordre à toutes les nations de dénoncer à leur tour tout ce qu’elle décrète comme étant « dénonciable », du haut d’un Sinaï politique fantasmatique et pitoyable! Toute Nation qui oserait préférer l’analyse critique à la béatitude de la propagande est aussitôt déclarée ennemi de la « paix » et de la « liberté » comme de la « démocratie »… Toute Nation qui opte pour le raisonnement objectif, le dialogue de la diplomatie, les enquêtes supervisées par les instances légitimes des Nations Unies, est déclarée amie des dictateurs et des dictatures qui « martyrisent leurs peuples »!

Les hurlements d’indignation sont commandés au claquement de doigts de la Nikki Haley prenant note des noms de tous ceux qui ne hurlent pas avec les loups, aussitôt inscrits sur la liste noire des « ennemis des USA »! Lorsque la Nikki Haley exhibe des photos d’enfants, déclarés « victimes des atrocités du Régime Assad », en ajoutant un discours de post-vérité que les Nations sont priées d’avaler comme « paroles d’évangile », sans sourciller, elle pense « sincèrement » que les peuples vont se mettre à pleurer lorsqu’on leur demande de pleurer à son claquement de doigts! De même, lorsque les États-Unis décident de changer provisoirement d’ennemis en Syrie, il faudrait que les Nations moutons se mettent à bêler en chœur contre un nouvel ennemi commun! Lorsque Nikki Haley raconte aux Nations Unies que les horribles égorgeurs de Daech d’hier sont aujourd’hui les Héros de la Ghouta Damas massacrés par le « Régime Assad » et ses alliés, ou en d’autres circonstances, tout l’inverse, il faudrait pratiquer les injures et les invectives dans la direction indiquée, une nouvelle fois à son claquement de doigts! L’ambassadrice des USA à l’ONU indique ainsi en permanence aux autres Nations, qui doit être louangé ou qui doit être condamné, qui est le « bon » et qui est le « méchant », qui doit être « soutenu » et qui doit être « combattu »… Les victimes de ce comportement odieux sont le dernier de ses soucis : elle est au service de « l’axe du bien » qui dirige sa politique du « bien » au nom d’une révélation divine, car les USA, disait très sérieusement Condoleezza Rice, sont le porte-parole de dieu et « la Nation qui a été choisie par lui » pour imposer au monde entier « sa loi de paix, d’amour et de liberté » : en d’autres termes, la guerre, la haine, le pillage et l’esclavage…!

Si une Nation n’est pas d’accord avec les USA, elle est un « ennemi de la liberté ». Tout opposant à la parole incarnée de dieu via Nikki Haley, doit être châtié, puni, sanctionné, détruit, brûlé, écartelé, anéanti. Les leçons de l’histoire : elle s’en tape le coquillard! Ce qui l’intéresse, c’est une odieuse manipulation ayant pour but de culpabiliser tout récalcitrant. Il n’y a qu’une seule issue, ou celle de la conversion à la soumission ou celle de la torture jusqu’à ce que la conversion soit obtenue. L’anéantissement étant toujours la « solution finale » préférée des USA, à coups de bombes atomiques…

Il ne faut évidemment pas demander à une Nikky Haley de faire dans la subtilité ou d’admettre la complexité de la réalité : ce niveau de pensée n’est pas à sa portée et les USA n’ont jamais pratiqué une culture de l’humanisme : « chacun pour tous et tous pour chacun ». Ce qu’ils connaissent c’est le « chacun pour soi et dieu pour tous, en espérant qu’il existe et qu’il acceptera un interventionnisme supplétif »… La Nation qui refuse d’ânonner les inepties du discours hégémoniste Étasunien, est d’office un ennemi à éliminer, sans plus.

Conclusion

Nikky Haley nous a demandé de « choisir notre camp », sachant que le « camp étasunien » est celui du « bien », alors que tout autre camp est forcément celui du « Mal »! Quand on parle de « camp » nous ne sommes pas loin de devoir penser que tous ceux qui ne choisiront pas le bon, pourront se retrouver un jour dans les « Sachsenhausen » ou les « Dachau » de l’intolérance archaïque de ces dominants reptiliens…

On connaît les mots du pasteur Allemand Niemöller, déporté en 1937 au camp de concentration de Sachsenhausen, pour sa résistance contre le parti nazi, puis transféré en 1941 à Dachau :

« Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.
 Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. 
Quand ils sont venus chercher les socio-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Quand ils sont venus chercher les Juifs,
je n’ai rien dit, je n’étais pas Juif.
 Quand ils sont venus chercher des catholiques,
je n’ai rien dit, je n’étais pas catholique.
 Puis ils sont venus me chercher, moi,
mais il ne restait plus personne pour protester ! »

Nous sommes certainement nombreux à protester et nous disons que la parole de Nikky Haley, représentant le jeu pervers de la coalition occidentale, est une injure faite à l’intelligence humaine et à la conscience de ceux qui se sentent responsables de la vie sur cette Terre. Nous sommes nombreux à ne pas attendre passivement le jour où nous serons dans l’obligation de choisir le camp de la honte : nous choisissons, non pas un camp, mais d’être des hommes libres et responsables avec une conscience capable de discernement. Voilà pourquoi ce « camp » pratiquant un jeu pervers au Proche et au Moyen Orient, a déjà perdu cette partie délirante.

Jean-Yves Jézéquel

 



Articles Par : Jean-Yves Jézéquel

A propos :

Jean-Yves Jézéquel, philosophe et psychanalyste, diplômé du troisième cycle en sciences humaines, est l’auteur d’une vingtaine d’essais en philosophie, spiritualité, religion, psychologie. Il publie également depuis 2014, une série d’analyses sur les grandes questions actuelles de société.

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