Le Liban obtient un nouveau gouvernement d’union nationale après des mois de marchandage

Montréal, le 16 novembre 2009 – Le premier ministre désigné du Liban, Saad Hariri, annonçait lundi soir qu’un nouveau gouvernement d’union nationale venait d’être formé, après cinq mois d’impasse politique entre sa propre coalition et le bloc de l’opposition mené par le Hezbollah chiite dirigé par Hassan Nasrallah et son allié le maronite Michel Aoun. « Le gouvernement d’union nationale est enfin né », a déclaré Hariri. « Nous ouvrons une nouvelle page ». Fils de Rafic Hariri, l’ex-premier ministre assassiné en février 2005, Saad Hariri a appelé tous les partis « à la coopération » pour « un pouvoir exécutif efficace, responsable des affaires du pays et non pas de querelles politiques ».

Conformément à l’accord de Doha de mai 2008, le Cabinet est composé de 30 ministres, dont 15 sont nommés par la majorité de Saad Hariri, 10 par le bloc de l’opposition et 5 par le président de la République. Le Hezbollah se voit donc confier 2 ministères, celui de l’État de la Réforme administrative et de l’Agriculture, tandis que l’autre parti chiite, Amal, obtient les Affaires étrangères et la Santé. Le parti de Michel Aoun sera en charge du ministère de l’Énergie, alors que les ministères de l’Intérieur et de la Défense ont été alloués respectivement à Ziyad Baroud et Elias el-Murr par le président, Michel Sleimane. Selon cette formule, aucun parti ne dispose d’un droit de veto, le chef de l’État jouant le rôle d’arbitre entre l’opposition et la coalition d’Hariri.

Les Libanais étaient sans gouvernement effectif depuis les législatives du 7 juin dernier, qui avaient accordé une mince victoire à la majorité sortante, la liste de M. Hariri. Ce dernier s’était alors vu confier la difficile tâche de former un gouvernement « de compromis » dans un pays où le maintien du fragile équilibre confessionnel a traditionnellement eu une grande importance. «Ce gouvernement est à l’image du Liban actuel », dira Saad Hariri. « Il peut paraître aux yeux de certains le reflet des différends confessionnels et politiques, mais nous devons prouver au monde entier qu’il est, aux yeux des Libanais, la véritable image de l’entente nationale ».

CJPMO se réjouit des nouvelles perspectives qui s’offrent aux Libanais par cet arrangement et demande au gouvernement canadien d’accorder tout son appui à la formation et à la viabilité de ce nouveau cabinet. « Les dirigeants libanais ont fait montre d’un esprit de compromis remarquable – dans la tradition du ‘Dialogue national’ – afin d’en arriver à cet accord », souligne Tom Woodley, le président de CJPMO. « Les Libanais ont démontré que, lorsque suffisamment de temps leur est accordé, ils peuvent élaborer leurs propres solutions. L’ingérence étrangère dans les affaires libanaises doit prendre fin et les Libanais autorisés à travailler de façon autonome sur une destinée commune et unifiée ». CJPMO note que le gouvernement canadien a déjà déclaré qu’il ne sera pas en contact avec les représentants du Hezbollah à l’intérieur du gouvernement d’unité nationale. Selon le principe politique de CJPMO « des attentes égales de la part de toutes les parties en conflit », CJPMO observe que la position du Canada est contradictoire puisqu’il entretient actuellement des relations complètes avec d’autres entités qui commettent des actes de violence contre des civils à des fins politiques.

La répartition des portefeuilles et le choix des ministres au Liban constituaient la principale pierre d’achoppement à la formation du nouveau gouvernement. L’opposition refusait que la coalition majoritaire soit responsable de toutes les décisions importantes, notamment sur la question de la branche militaire du Hezbollah, la dernière faction armée issue de la guerre civile. Tout au long du processus, les deux côtés s’accusaient mutuellement de servir les intérêts de ses propres alliés à l’étranger. Un accord sur le partage des pouvoirs avait cependant été conclu entre les parties le vendredi le 7 novembre.

 
 
 
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Articles Par : CPJMO

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