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Le marché mondial de l’armement, une industrie en pleine expansion
Par Prof. Jules Dufour
Mondialisation.ca, 15 juin 2016

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Encore une dépêche qui laisse indifférents les Occidentaux : « La levée de l’embargo sur les ventes d’armements au Vietnam par les États-Unis et ainsi par leurs fidèles alliés » (Jérôme, Cartillier, Le Devoir, le 24 mai 2016, p. B 1). Les marchands d’armes se montrent plutôt heureux, car cela signifie une expansion de ce marché et une plus grande activité des industries de la mort. C’est le triomphe des armes qui s’éternise nourrissant les conflits armés au Moyen-Orient, en Asie centrale et dans le continent africain, donnant un nouvel élan à la guerre contre la terreur, confinant la Russie avec un arsenal d’armements considérable en Europe de l’Est et participant au réarmement planétaire. Des armements en abondance et à la portée de tous les États préparant peu à peu un génocide de l’humanité.

Nous avons abordé quelques aspects de cette thématique en 2015, thématique dont le contenu se retrouve dans quelques articles publiés par Mondialisation.ca (voir plus bas la liste des références). L’analyse que nous proposons, ici, fait suite à la publication de cinq articles traitant des processus de militarisation planétaire et de ses conséquences sur l’environnement et l’humanité. Le présent essai se veut une synthèse de ces éléments avec la présentation du commerce mondial des armements. Nous prenons soin de présenter, en premier lieu, le bilan des dépenses militaires mondiales observées au cours des dernières années.

I.Un processus de militarisation planétaire continu et intensif. Des drones de combat terrifiants qui multiplient les attaques contre des civils. Un réarmement mondialisé. Des guerres destructrices au Moyen-Orient et en Afrique. Un processus intensif de militarisation de l’Europe de l’Est effectué par l’US-OTAN.

Nous reproduisons les conclusions des articles suivants que nous avons publiés en 2015 :

– La militarisation planétaire s’intensifie. Les drones de combat sèment la terreur et la mort. Montréal, Mondialisation.ca. Le 3 mars 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/la-militarisation-planetaire-sintensifie-les-drones-de-combat-sement-la-terreur-et-la-mort/5434583

–  L’aube du XXIème siècle. Plus d’armements. Plus de guerres. La spirale de la terreur et de la mort se poursuit (1ère partie). Montréal, Mondialisation.ca. Le 2 avril 2015. En ligne:http://www.mondialisation.ca/laube-du-xxieme-siecle-plus-darmements-plus-de-guerres-la-spirale-de-la-terreur-et-de-la-mort-se-poursuit/5440161

–  L’aube du XXIème siècle. Plus d’armements. Plus de guerres. La spirale de la terreur et de la mort se poursuit.  Les interventions et occupations militaires de l’Occident dans le monde. Irak, Syrie, Libye et Gaza (2ième partie). Montréal, Mondialisation.ca. Le 6 avril 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/laube-du-xxieme-siecle-plus-darmements-plus-de-guerres-la-spirale-de-la-terreur-et-de-la-mort-se-poursuit-2ieme-partie/5440984

– Militarisation de l’Europe de l’Est: Menaces US/Otan à l’endroit de la Russie. Montréal, Mondialisation.ca. Le 30 juin 2015. En ligne: http://www.mondialisation.ca/militarisation-de-leurope-de-lest-menaces-usotan-a-lendroit-de-la-russie/5459176

–  Le grand réarmement planétaire 2015. L’humanité se retrouve face à un grave danger d’extinction. Montréal, Mondialisation.ca. Le 14 novembre 2015 (http://www.mondialisation.ca/le-grand-rearmement-planetaire-2015/5488806).

1)  La militarisation planétaire s’intensifie. Les drones de combat sèment la terreur et la mort, Le 3 mars 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/la-militarisation-planetaire-sintensifie-les-drones-de-combat-sement-la-terreur-et-la-mort/5434583

 « L’industrie mondiale de fabrication des drones et des Q drones est en pleine croissance. Implantée dans 24 pays elle est financée généreusement par les gouvernements nationaux au détriment du développement économique et social. Elle fait partie intégrante des complexes militaro-industriels et, tout spécialement, de ceux des États-Unis et de l’Europe. L’autorisation de la vente de ces appareils par les États-Unis annoncée récemment fait craindre une prolifération de ces engins qui s’ajouteront aux autres armements un peu partout dans le monde et se déploieront de plus en plus dans les guerres qui accablent l’humanité ».

 « Les drones armés sèment la terreur et la mort. Ce spectacle est tout simplement intolérable. Il est primordial de tout faire pour interdire la fabrication de ces engins à l’instar de la campagne mondiale qui a permis de stopper la fabrication et la vente des mines antipersonnel dans le cadre de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel ou Convention d’Ottawa (wikipedia.org) » (http://www.mondialisation.ca/la-militarisation-planetaire-sintensifie-les-drones-de-combat-sement-la-terreur-et-la-mort/5434583).  Jules Dufour

2)  L’aube du XXIème siècle. Plus d’armements. Plus de guerres. La spirale de la terreur et de la mort se poursuit (1ère partie). Le 2 avril 2015. En ligne: http://www.mondialisation.ca/laube-du-xxieme-siecle-plus-darmements-plus-de-guerres-la-spirale-de-la-terreur-et-de-la-mort-se-poursuit/5440161

« Depuis le début du siècle ce sont principalement les membres de l’OTAN qui ont semé la terreur et la mort sur cette planète. Ils l’ont fait directement ou par procuration. Le bras militaire de l’Occident exécute une veille permanente aux intérêts des pays membres et n’hésite pas à intervenir, avec les armes, pour les sauvegarder et ce peu importe les conséquences sur les établissements humains et sur les peuples affectés. Des pays détruits, des milliers de morts et des sociétés désintégrées. Pour justifier aux yeux de l’opinion publique ses interventions l’OTAN procède de la manière suivante : Cette approche ou ce modèle opérationnel qui sera désormais suivi pour évincer du pouvoir tout leader ou tout régime politique infidèle semble se définir ainsi: Infiltration dans les réseaux sociaux de messages faisant appel au renversement du pouvoir en place et déstabilisation des institutions nationales; accusations de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité logées contre le Président du pays et son régime devant être évincé du pouvoir; constitution à l’étranger d’un gouvernement provisoire rendu légitime par une reconnaissance formelle de la part des gouvernements occidentaux; résolution soumise et approuvée par le Conseil de sécurité de l’ONU autorisant le recours à la force armée contre le régime en place dans le but de « sauver » des vies humaines; création d’une zone d’exclusion aérienne (moyen utilisé dans la guerre contre la Libye), demandes répétées au Président ou au Premier ministre de quitter illico le pouvoir, demandes accompagnées par des menaces de sanctions; adoption de sanctions économiques et politiques; interventions armées aériennes et terrestres; reconnaissance de la victoire obtenue par les combattants maintenant perçus par l’Occident comme étant des héros et même des « révolutionnaires ».

« Comment pouvons-nous ne pas rester indifférents devant ce panorama qui afflige l’humanité toute entière? Comment ne pas s’interroger sur les causes à l’origine de ces guerres et de ces révoltes sanglantes et tenter une réponse? Dans cet essai, nous n’avons pas fait état du décompte des victimes, car cela devient une simple statistique. Il s’agit de la mort de centaines de milliers de personnes dont la vie est sacrifiée pour la sauvegarde des intérêts des forces impérialistes. Rien n’a changé depuis la fin de la guerre froide. Les mêmes acteurs continuent leur œuvre de destruction dans un contexte dans lequel ils s’assurent de contrôler les trois composantes suivantes : Les organisations politico-économiques mondiales, les forces de sécurité et les gouvernements nationaux. Il s’agit d’un « projet » redoutable qui trouve ses racines dans la logique de la formation et du maintien des empires. Neutraliser le développement de ce « projet » est l’objectif de la société civile organisée qui cherche à redéfinir les fondements de l’économie mondiale et à transformer le mode actuel de gouvernance. Il ne faut pas l’oublier. Un certain nombre de pays ont entrepris un travail de résistance et, tout spécialement, les membres de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique – Traité de commerce des Peuples (ALBA – TCP) qui regroupe Antigua-et-Barbuda, la Bolivie, Cuba, la Dominique, l’Équateur, la Grenade, le Nicaragua, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les-Grenadines et le Venezuela. À ces pays membres s’ajoutent des observateurs tels que l’Iran, Haïti, la Russie, le Suriname et l’Uruguay » (http://www.mondialisation.ca/laube-du-xxieme-siecle-plus-darmements-plus-de-guerres-la-spirale-de-la-terreur-et-de-la-mort-se-poursuit/5440161). Jules Dufour

3)  L’aube du XXIème siècle. Plus d’armements. Plus de guerres. La spirale de la terreur et de la mort se poursuit.  Les interventions et occupations militaires de l’Occident dans le monde. Irak, Syrie, Libye et Gaza (2ième partie). Montréal, Mondialisation.ca. Le 6 avril 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/laube-du-xxieme-siecle-plus-darmements-plus-de-guerres-la-spirale-de-la-terreur-et-de-la-mort-se-poursuit-2ieme-partie/5440984

Pour ne pas oublier!

« Depuis le début du siècle ce sont principalement les membres de l’OTAN qui ont semé la terreur et la mort sur cette planète. Ils l’ont fait directement ou par procuration. Le bras militaire de l’Occident exécute une veille permanente sur les intérêts des pays membres et n’hésite pas à intervenir, avec les armes, pour les sauvegarder et ce peu importe les conséquences sur les établissements humains et sur les peuples affectés. Des pays détruits, des milliers de morts et des sociétés désintégrées. Pour justifier aux yeux de l’opinion publique ses interventions l’OTAN procède de la manière suivante : Cette approche ou ce modèle opérationnel qui est suivi, avec certaines variantes, pour évincer du pouvoir tout régime politique ou leader infidèle semble se définir ainsi: Infiltration dans les réseaux sociaux de messages faisant appel au renversement du pouvoir en place et déstabilisation de l’économie et des institutions nationales; tentatives répétées de coups d’État; accusations de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité logées contre le Président du pays et son régime devant être évincé du pouvoir; constitution d’un gouvernement provisoire rendu légitime par une reconnaissance formelle de la part des gouvernements occidentaux; résolution du Conseil de sécurité autorisant le recours à la force armée contre le régime en place dans le but de « sauver » des vies humaines; création d’une zone d’exclusion aérienne (moyen utilisé dans la guerre contre la Libye), demandes répétées au Président ou au Premier ministre de quitter illico le pouvoir, demandes accompagnées par des menaces de sanctions; adoption de sanctions économiques et politiques; reconnaissance de la victoire obtenue par les combattants maintenant perçus par l’OTAN comme étant des sauveurs ou même des révolutionnaires. Quand tout ce processus ne fonctionne pas on a alors recours à l’assassinat des leaders gênants.

 « L’examen de ces quatre guerres catastrophiques ne peut laisser personne indifférent. Comment peut-on accepter sans protester que des gouvernements massacrent ou puissent faire massacrer les habitants de pays souverains et de peuples tout entiers dans la plus grande impunité? Nous connaissons les motifs qui animent les grandes puissances et leurs alliés. Nous savons que les guerres font fonctionner les industries de la mort. Nous connaissons ceux qui prennent les décisions. Pourquoi alors continuer de collaborer avec eux? Pourquoi ne pas boycotter leur mode de gouvernance et dénoncer leur politique étrangère? Il faut un réveil des consciences en faveur de la paix bâtie par la justice sociale et la solidarité. Tant que nous ne marcherons par millions pour manifester notre colère contre ceux qui sont responsables de ces tueries rien ne changera et les décombres et les victimes des guerres continueront de se multiplier. Des pays seront détruits et des centaines de milliers de personnes seront sacrifiées pour le bénéfice des intérêts des grandes puissances ». Jules Dufour

4)  Militarisation de l’Europe de l’Est: Menaces US/Otan à l’endroit de la Russie. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 30 juin 2015. En ligne: http://www.mondialisation.ca/militarisation-de-leurope-de-lest-menaces-usotan-a-lendroit-de-la-russie/5459176

Les risques du déclenchement d’une guerre nucléaire sont toujours présents

Terminons en citant les propos de Chems Eddine Chitour, professeur de l’École nationale polytechnique d’Alger, qui écrivait en novembre 2014 :

« Le monde est à un tournant et Mikhaïl Gorbatchev a raison de nous prévenir de l’imminence d’une troisième guerre mondiale qui est programmée et qui sera d’autant plus probable au fur et à mesure de la rareté de l’énergie des matières premières et des dégâts des changements climatiques… » (http://www.mondialisation.ca/la-faute-morale-de-loccident-une-troisieme-guerre-mondiale-a-nos-portes/5415212). Selon David North et Alex Lanthier, « Il n’y a aucun moyen d’arrêter ce mouvement vers la guerre si ce n’est par une intervention politique consciente de la classe ouvrière. Quiconque croit qu’une guerre nucléaire est impossible parce que les gouvernements modernes, à l’opposé de ceux au pouvoir en 1914, ne prendraient pas le risque d’une catastrophe, se fait des illusions. Les régimes existant aujourd’hui sont peut-être encore plus irresponsables que ceux de l’époque. Assaillis par des problèmes économiques et sociaux pour lesquels ils n’ont pas de solution progressiste, ils sont de plus en plus enclins à voir la guerre comme un risque valant la peine d’être encouru » (Jules Dufour, La conjoncture mondiale 2015: le risque d’une conflagration « nucléaire » pointe de nouveau à l’horizon, 18 février 2015).

Selon Joseph Kishore, « la crise ukrainienne fait partie de la stratégie d’ensemble de l’impérialisme américain. Les États-Unis sont en guerre de façon quasiment continuelle depuis plus d’un quart de siècle. La classe dirigeante américaine a tiré de la dissolution de l’Union soviétique la conclusion que les États-Unis pouvaient établir « un nouvel ordre mondial » fondé sur la suprématie militaire américaine. Celle-ci serait utilisée pour contrer le long déclin de la position économique de l’impérialisme américain. Tant sous les démocrates que sous les républicains, la classe dirigeante a poursuivi cette politique de façon systématique, cherchant à conquérir et à contrôler l’Asie centrale, le Moyen-Orient, l’Asie orientale, l’Afrique, l’Amérique latine et l’Europe orientale ».

 « À présent ces actions ont mis la question d’un conflit mondial impliquant des puissances nucléaires à l’ordre du jour du capitalisme mondial. Quelle que soit la résolution de cette dernière crise au sujet de l’Ukraine, l’impérialisme a pris un cours qui, sans l’intervention indépendante des travailleurs, conduit inexorablement à la guerre mondiale » (Joseph Kishore, Les Etats-Unis poussent à l’escalade militaire contre la Russie, 10 février 2015). Jules Dufour

5)  Le grand réarmement planétaire 2015. L’humanité se retrouve face à un grave danger d’extinction. Le 14 novembre 2015 (http://www.mondialisation.ca/le-grand-rearmement-planetaire-2015/5488806).

«  La militarisation planétaire se poursuit à un rythme effréné. Les États-Unis procèdent à la consolidation de leurs stocks d’armements nucléaires et classiques en les rendant plus opérationnels et plus efficaces tout en redéployant leurs installations dans l’univers terrestre, maritime et spatial. Depuis 2014 nous assistons à une poussée de leur système de défense vers l’Europe orientale à l’intérieur du processus de confinement de la Russie. Leur suprématie militaire dans l’ouest du Pacifique s’est amoindrie avec la présence de plus en plus significative et affirmée de la Chine sur laquelle ils exercent une pression accrue. L’ensemble des membres de BRICS ont consacré (un sommet) pour la défense la somme totale de 274.08 milliards de dollars en 2011 selon les données compilées par le SIPRI (http://www.sipri.org/research/armaments/milex/milex_database).

Les guerres livrées, directement ou par procuration, par l’OTAN au Proche-Orient, en Asie centrale et en Afrique, le processus de confinement de la Russie, et l’instabilité créée dans un grand nombre d’États dans les continents asiatique, sud-américain et africain s’avèrent fort générateurs d’une demande mondiale soutenue d’armements et d’équipements connexes. Plusieurs moyens sont employés par les industries de la mort pour inciter les États à se procurer de nouveaux armements de très haute technologie. Les deux principaux éléments du marketing de la Défense correspondent aux foires ou salons d’armements et aux exercices militaires auxquels sont conviés les représentants de l’industrie, le tout développé par le lobby militaire, les ministères de la Défense et les armées nationales qui assurent une présence active auprès des décideurs politiques et de l’opinion publique.

En somme, le monde est de plus en plus militarisé. Les dépenses militaires s’intensifient dans plusieurs régions du Globe et la gouvernance est de plus en plus soumise aux exigences des lobbys militaires.

En définitive, le contrôle de l’économie mondiale par les grandes puissances est assuré par un processus qui veille à créer et maintenir un environnement favorable à leurs intérêts de la manière suivante :

– Une production industrielle de très haute technologie de l’armement subventionnée par les États au détriment des autres secteurs économiques et sociaux;

– Des armées nationales très souvent dotées de pouvoirs absolus et non redevables à l’intérieur de la gouvernance étatique;

– Une gouvernance du politique de plus en plus calquée sur le modèle du militarisme et de moins en moins démocratique;

– Un discours des médias mainstream glorifiant sans cesse le militarisme et le caractère indispensable des activités militaires pour l’économie en obnubilant aux yeux du public les véritables enjeux entourant la course planétaire aux armements ». Jules Dufour

II.Les dépenses militaires mondiales 2011-2015 (figure 1)

Le processus de militarisation planétaire s’intensifie avec des dépenses militaires mondiales en hausse en 2014

Durant la deuxième partie du XXème siècle nous avons assisté à une course mondiale aux armements dans le contexte d’une confrontation Est-Ouest symbolisé par le rideau de fer. Avec le démantèlement de l’URSS tous les espoirs étaient permis de voir l’avènement d’un climat de paix avec des dépenses militaires à la baisse.  Celles-ci marquèrent une très légère pause puis continuèrent d’augmenter de façon constante. Depuis le début du XXIème le processus de militarisation de la planète s’est intensifié. La course aux armements ne s’est jamais arrêtée. Bien au contraire, plusieurs guerres sont venues alimenter les industries de guerre des grandes puissances. On a su trouver les justificatifs pour lui donner un nouvel élan. Et ce fut l’hécatombe dans plusieurs pays.

Aujourd’hui, nous sommes entrés dans une ère de grandes tensions entre les puissances occidentales et la Russie et jusqu’à un certain degré avec la Chine. Nous pouvons donc nous attendre à ce que les dépenses militaires augmentent de façon substantielle au cours des prochaines années. Avec les stocks d’armements nucléaires et classiques l’humanité se retrouve dans une situation de grande insécurité. La seule réalité de la présence militaire active des Étasuniens dans près de 160 pays est propre à empêcher l’établissement de la paix par la coopération, la justice sociale et la solidarité entre les peuples.

Il faut dire la vérité. Les États-Unis d’Amérique, ne représentant qu’un peu plus de 4% de la population mondiale, sont les principaux responsables de l’état lamentable dans lequel se retrouvent la planète et l’humanité. Leurs interventions à l’étranger visent à protéger leurs propres intérêts et ce au détriment de l’environnement et de la vie de tous les peuples. Leur convoitise n’a pas de limites. Ils ont pour objectif premier une mainmise absolue sur les ressources stratégiques, minières, énergétiques et hydriques. C’est l’impérialisme poussé à l’extrême. Tout est orchestré pour exercer un contrôle sur la gouvernance mondiale en menaçant de sanctions les pays qui leur résistent comme c’est le cas de l’Iran, de la Russie, du Venezuela ou de la Corée du Nord. Le syndrome de l’ennemi et le principe de la « Permanent War » se trouvent au cœur de leur politique étrangère. La liste des États et des organisations considérés comme terroristes ou en opposition à leur empire par le Département d’État et celle qui les soutiennent est très longue (wikipedia.org). Nous proposons, ici, un examen des dépenses militaires mondiales comptabilisées en 2013 et 2014 et des stocks d’armements que l’on retrouve dans les banques de données du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) .

Selon le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), les dépenses militaires mondiales ont atteint le total de 1747 milliards de dollars en 2013. Cela correspondait à 2,4% du PIB mondial (figure 1). On a pu aussi constater que ces dépenses semblent diminuer légèrement dans les pays occidentaux alors qu’elles sont à la hausse dans le reste du monde (http://www.sipri.org/research/armaments/milex). Selon la même source, les dépenses militaires mondiales ont atteint le total de 1767 milliards de dollars en 2014 dont 627 milliards de dollars en Amérique du Nord, 270 milliards en Europe de l’ouest et 196 milliards de dollars au Moyen-Orient, total pour cette région qui a presque doublé depuis 2004 alors qu’il était de 107,8 milliards de dollars (SIPRI Milex data 1988-2014) (Figure 1). L’Afrique subsaharienne consacre en 2014 la somme de 30,1 milliards de dollars à la Défense, l’Afrique du Nord 20,1 milliards, l’Amérique centrale et les Caraïbes 10,4 milliards et l’Amérique du Sud 67,3 milliards de dollars. Les 28 membres de l’OTAN allouent la somme de 1 000 milliards de dollars à cette fin (SIPRI).

Figure 1. Les dépenses militaires mondiales entre 1988 et 2013

Source :   http://www.45enord.ca/2014/04/depenses-militaire-dans-le-monde-legere-baisse-sur-papier-legere-hausse-dans-les-faits/

En 2014, un rapport réalisé par IHS Jane’s faisant l’examen des budgets de 77 pays représentant 97% des dépenses militaires mondiales notait que ces dépenses allaient repartir à la hausse en 2014 pour atteindre le total de 1 547 milliards de dollars, une faible progression de 0,6 % sur un an, mais la première depuis 2009. Selon ce rapport, « la Russie, l’Asie et le Moyen-Orient seront le moteur de la croissance attendue cette année et de la reprise prévue à partir de 2016», écrit Paul Burton, directeur chez IHS Janes’s pour l’aéronautique, la défense et la sécurité. La Russie veut augmenter ses dépenses militaires de 44 % sur les trois prochaines années. Le plan adopté par le Parlement a déjà doté la Russie du troisième plus gros budget de défense en 2013, avec 68 milliards de dollars, devant le Royaume-Uni et le Japon. Le budget militaire chinois était de 139 milliards de dollars en 2013, d’après IHS, le deuxième en importance derrière les États-Unis. D’après les projections des consultants, en 2015 la Chine dépensera plus pour sa défense que le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ensemble ». Le ton optimiste de ces mots reflète l’idéologie de cette institution. Il est préférable de considérer avec plus d’attention les données du SIPRI, une organisation beaucoup plus crédible sur ce plan.

« L’Asie est d’ailleurs la seule région à avoir augmenté continuellement ses dépenses militaires depuis la crise de 2009. La région Asie-Pacifique sans la Chine dépassera l’Europe occidentale en 2015, avec des augmentations notables attendues en Australie, en Inde, et en Corée du Sud, prévoit l’étude. Au Moyen-Orient, les dépenses militaires ont accéléré rapidement depuis 2011… Oman et l’Arabie saoudite en particulier ont connu une croissance supérieure à 30 % entre 2011 et 2013. L’Arabie saoudite, en neuvième position en 2013, doit dépasser l’Allemagne cette année pour se hisser à la huitième place en 2014. La baisse des dépenses militaires américaines devrait s’accélérer: de 664 milliards USD en 2012, elles sont passées à 582 milliards en 2013 et sont prévues à 575 milliards en 2014 et 535 milliards en 2015 » (http://www.lapresse.ca/international/201402/04/01-4735474-les-depenses-militaires-mondiales-a-la-hausse-en-2014.php) (figure 2).

Il importe de noter que « l’année 2015 a été celle du 70e anniversaire des bombardements d’Hiroshima et de Nagazaki. Elle a été aussi celle où les dépenses militaires japonaises auront atteint leur plus haut niveau depuis la fin de Seconde Guerre Mondiale, avec un budget alloué aux forces d’autodéfense du pays d’un montant de 4.980 milliards de yen (soit 36 milliards d’euros) (http://www.opex360.com/2015/01/17/le-japon-porte-ses-depenses-militaires-niveau-inegale-depuis-1945/). Ces dépenses consenties par les États n’ont pas d’autres objectifs que de protéger les infrastructures de production des investisseurs capitalistes et de maintenir la paix sociale par la menace ou la violence armée afin que les ressources stratégiques rendues disponibles ou potentielles soient protégées.

Figure 2. Les dix pays avec les plus fortes dépenses militaires en 2013

 

 

 Source : http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_military_expenditures#/media/File:Top_ten_military_expendit

 III.  L’ampleur et la géographie du marché mondial des armements

Les grandes puissances, les principaux pays producteurs et exportateurs, exploitent ce marché en vendant des équipements militaires allant des jeeps blindés aux avions de chasse en passant par les tanks sans oublier les munitions. Le secteur de l’aéronautique militaire est développé principalement avec les avions de combat, les hélicoptères, les avions de surveillance et de drones, les avions de transport, les hélicoptères et les avions d’entraînement. Tous les équipements pour les armées nationales fidèles alliées des forces de l’OTAN leur sont offerts pour maintenir leur capacité opérationnelle et aussi pour répondre aux velléités des militaires et des lobbys qui les entourent qui ne cessent de déplorer leur impuissance à intervenir de façon efficace en exigeant sans cesse la modernisation de leur équipement faisant appel aux plus hauts standards de la technologie, le tout nécessitant des ressources financières, techniques et humaines considérables. Par exemple, les États-Unis possédaient en mars 2016 171 appareils F-35 Linghting II.au coût unitaire de 98 millions de dollars (https://en.wikipedia.org/wiki/Lockheed_Martin_F-35_Lightning_II) (figure 3). Au Canada, l’acquisition de 65 de ces appareils a suscité un vif débat sur les coûts estimés par le gouvernement. En 2014, une étude du Centre canadien des politiques alternatives (CCPA) montrait que le coût total pourrait facilement doubler et atteindre plus de 90 milliards de dollars, plutôt que les 45 milliards de dollars estimés par le gouvernement (http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2014/04/29/001-avions-f35-cout-doubler-etude.shtml). En somme, des dépenses astronomiques sont consenties par les États et ce pour assurer la sécurité du monde « libre », libre d’être en mesure de continuer de dominer et de contrôler la gouvernance planétaire.

Il importe, ici, de prendre note que les principaux fabricants d’avions de chasse sont Lockheed Martin et Boeing aux États-Unis, Soukhoï en Russie, Eurofighter, Dassault Aviation et Saab en Europe, Shenyang Aircraft Corporation en Chine (https://fr.wikipedia.org/wiki/Avion_de_chasse).

Figure 3. Le F-35 Lightning II

Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Lockheed_Martin_F-35_Lightning_II

Un marché florissant justifié par la guerre contre la terreur, les conflits au Moyen-Orient, le confinement de la Russie et les tensions observées dans l’Asie-Pacifique

Selon A. Cherrier, le président du GICAT (Groupement des Industries Françaises de Défense Terrestre (French: French Land Defense Industries Groupe) mentionnait, lors du Salon de l’armement Eurosatory qui se tenait en juin 2012 en région parisienne, qu’« en dehors des États-Unis qui représentent plus de la moitié du marché, nous sommes face à trois mondes :

–         L’ancien: « la vieille Europe ») dont les dépenses de défense sont en déclin ;

–         Le nouveau: « les BRICS ») avec la Russie, la Chine et l’Inde dont les budgets croissent de plus de 10 % par an;

–         Entre les deux, les pays émergents dont les dépenses militaires augmentent de plus de 5 % par an ».

(http://www.studyramagrandesecoles.com/home_prepas.php?idRubrique=801&Id=8385)

Un marché florissant justifié par la guerre contre la terreur, les conflits au Moyen-Orient, le confinement de la Russie et les tensions obervées dans l’Asie-Pacifique

Selon A. Cherrier, « Le marché de l’armement ne connaît pas la crise économique. La demande mondiale progresse de 14 % entre 2011-2015 par rapport à la période 2006-2010, relève un rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri) » (http://www.20minutes.fr/economie/1792143-20160222-infographie-armements-marche-mondial-quatre-infographies).

Le même auteur, en se basant sur les données fournies par le SIPRI, indique que « avec plus de 400 milliards de dollars (300 milliards d’euros) d’échanges en 2009 sur un total de dépenses militaires qui a atteint 1 464 milliards de dollars la même année, le commerce mondial des armes est une « industrie florissante » que se partagent États, trafiquants et firmes privées… Lesquelles se taillent d’ailleurs la part du lion avec un chiffre d’affaires de 228 milliards de dollars (169 milliards d’euros) pour les dix majors (dont huit américains) — qui s’octroient 57 % du marché international des armements — et de 368 milliards de dollars (272 milliards d’euros) pour les 90 suivantes qui en contrôlent 92 % ! » (http://www.studyramagrandesecoles.com/home_prepas.php?idRubrique=801&Id=8385).

La figure 4 montre l’évolution des ventes globales d’armements entre 2004 et 2011. On note une progression continue de ces ventes avec une baisse entre 2008 et 2010, cette dernière année présidant à une hausse vertigineuse dépassant les 80 milliards de dollars.

Figure 4. Les ventes globales des armements 2004-2011

 

2014. Les ventes d’armements explosent

Selon les données présentées par Le Figaro.fr, « le commerce des armes ne connaît décidément pas la crise. Les exportations et les importations d’armements dans le monde sont passées de 56,5 à 73,5 milliards de dollars (de 43 à 56 milliards d’euros) entre 2008 et 2012, soit un bond de 30% en seulement quatre ans. D’après le cabinet spécialisé dans la défense IHS Jane’s, qui publie ces chiffres, «le marché pourrait atteindre 100 milliards de dollars d’ici 2018 et avoir plus que doublé d’ici 2020». Contrairement à ce que laissent penser les menaces de coupes dans le budget du Pentagone américain ou la baisse des dépenses militaires en Europe, l’heure n’est pas à la rigueur dans le secteur de la défense. La progression des budgets dans le monde devrait au contraire se poursuivre jusqu’à atteindre 1650 milliards de dollars d’ici à 2021 (en hausse de 9,3% par rapport à 2013) » (http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/06/26/20002-20130626ARTFIG00318-les-ventes-d-armes-explosent-dans-le-monde.php).

2015. Les ventes d’armements repartent à la hausse

Selon les données rapportées par le Figaro.fr « Les ventes mondiales d’armement ont battu tous les records en 2015, à 65 milliards de dollars, soit 6,6 milliards de plus qu’un an plus tôt, selon le rapport annuel publié par le cabinet d’étude d’IHS Jane’s. Ce marché « n’a jamais connu une croissance d’une amplitude comparable à celle constatée entre 2014 et 2015 », souligne Ben Moores, analyste du cabinet britannique. La tendance devrait se confirmer cette année avec quelque 69 milliards de dollars de ventes attendues. Lutte contre le terrorisme et les trafics en tout genre, tension entre la Chine et ses voisins en Asie-Pacifique, modernisation des armées au Moyen-Orient… Les raisons ne manquent pas, dans un monde instable et dangereux, pour expliquer cette forte reprise des ventes d’armements. ) » (http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/06/14/20002-20160614ARTFIG00040-les-ventes-mondiales-d-armement-repartent-a-la-hausse.php).

1) Les pays exportateurs : États-Unis, Russie, Chine, France et Allemagne

Les grands producteurs et exportateurs d’armements, pour la période allant de 2011 à 2015, sont les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et l’Allemagne, les quatre premiers membres permanents et avec droit de veto du Conseil de sécurité de l’ONU, membres ayant en main presque tout le stock d’armes nucléaires de la planète. Ensuite, suivent le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Ukraine et les Pays-Bas (figures 5 et 6).

Figure 5. Les 20 plus grands exportateurs d’armements dans le monde pour la période 2011-2015

Source : https://www.sipri.org/googlemaps/2014_of_at_top_20_exp_map.html

Figure 6. Les dix plus grands exportateurs d’armements 2011-2015 (% du total mondial)

 Source: Stockholm International Peace Research Institute (Sipri)

Les États-Unis. Depuis le début du siècle : Une nette suprématie

Selon A. Cherrier, « avec un budget en hausse de 66,9 % en termes réels depuis le début de la décennie 2000, le Pentagone a dépensé à lui seul plus que les vingt puissances suivantes, réalisant en moyenne plus de 40 % des dépenses militaires mondiales (43 % en 2010). L’explication passe par la décision du président George W. Bush de « faire la guerre au terrorisme » d’abord en Afghanistan puis en Irak, au lendemain du « Nine Eleven » (la destruction du World Trade Center à New York et d’une partie du Pentagone à Washington, le 11 septembre 2001, par les djihadistes d’Al-Qaïda qui ont fait près de 3 000 victimes) ».

« Cette suprématie quantitative (un budget « défense » supérieur à 700 milliards de dollars) et qualitative (capacités ubiquistes d’observation, de transport et d’intervention) se confirme sur le plan commercial : dans sa chronique « Défense ouverte », Jean Guisnel, le spécialiste militaire du Point, constate que « les États-Unis écrasent le marché mondial de l’armement ». Partant d’un rapport du Congrès américain, il confirme qu’ils ont pris une avance considérable en matière de ventes d’armes en 2011, avec 66,3 milliards de dollars de prises de commandes sur un marché total évalué à 85,3 milliards (doublé par rapport à 2010). Ils sont loin devant le numéro 2, la Russie (avec 4,8 milliards de dollars et 5,6 % de parts de marché, en recul de moitié par rapport à l’année précédente) et le troisième, la France (avec 4,4 milliards de dollars et 5 % du marché), talonnée par le Royaume-Uni et Israël ! ».

« Il est à noter que « prise de commande » n’est pas synonyme de « livraison » car il peut survenir des reports, voire des annulations. Ainsi, en 2011, les États-Unis ont effectivement livré pour 16,2 milliards de dollars d’armes, la Russie pour 8,7 milliards et le Royaume-Uni pour plus de 3 milliards, reléguant la France à la 5e place derrière Israël ! L’explication de cette suprématie réside dans la signature de contrats d’armements véritablement colossaux par les firmes américaines, notamment avec les pays du Golfe face à la menace iranienne, l’Arabie saoudite en tête (84 chasseurs-bombardiers F15 et leurs missiles pour 29 milliards de dollars qui viennent s’ajouter aux autres F15 et hélicoptères Apache et Black-Hawk déjà commandés) ; sans oublier un système anti-missile de 3,5 milliards de dollars aux Émirats arabes unis, 16 intercepteurs F18 — pour une valeur de 1,5 milliard de dollars — pour Oman, 18 chasseurs F16 — pour un coût de 1,4 milliard de dollars — en Irak, 45 chars Abrams-M1 en Égypte pour 1 milliard de dollars, des avions-cargos Globemaster pour 4 milliards de dollars à l’Inde, des batteries antimissiles Patriot Pack 3 — d’une valeur de 2 milliards de dollars — à Taïwan »    (http://www.studyramagrandesecoles.com/home_prepas.php?idRubrique=801&Id=8385).

2) Le marché mondial de l’armement : L’Asie et L’Océanie

Entre 2011 et 2015, six des dix plus gros importateurs d’armes au monde se trouvent en Asie et en Océanie. L’Inde, premier importateur du monde d’armement (14 %) est suivi de la Chine (4.7 %), de l’Australie (3.6 %), du Pakistan (3.3 %), du Vietnam (2.9 %) et de la Corée du sud (2.6 %). Cette région du monde représente 46 % des importations mondiales au cours des cinq dernières années (http://www.20minutes.fr/economie/1792143-20160222-infographie-armements-marche-mondial-quatre-infographies) (figure 7).

C’est surtout au Proche-Orient que les États-Unis (1er pays exportateur) et la France (4e) trouvent leurs meilleurs clients. À titre d’exemple, en 2011, les États-Unis ont vendu à l’Arabie saoudite 84 chasseurs-bombardiers F-15 et de modernisation de 70 autres appareils, pour 29,4 milliards de dollars au total (22,7 milliards d’euros (http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/12/29/les-etats-unis-vendent-des-avions-de-combat-a-l-arabie-saoudite_1624196_3218.html).

La Russie vend plus volontiers à l’Inde (son acheteur traditionnel), à la Chine, au Vietnam. Pékin vise tout à la fois ses alliés en Asie et les pays africains. Curieusement, la Chine apparaît comme le deuxième client de la France, alors qu’elle reste frappée d’un embargo sur les armes décidé par les États-Unis et l’Union européenne après les événements de Tiananmen en 1989 (voir « Les affaires reprennent… du côté des acheteurs »). Le Stockholm International Peace Research Institute (Sipri) explique ce résultat par le fait que la définition de l’embargo européen « n’est pas claire et laisse des marges de manœuvre » aux États. Surtout, il inclut dans son calcul les redevances et achats de licences de fabrication (par exemple pour les hélicoptères Super Frelon, pour des moteurs de navire…), ainsi que la vente de matériels civils pouvant être utilisés à des fins militaires (https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/ventesdarmes16).

Figure 7. Les dix plus grands importateurs d’armements, par pays, 2011-2015 en % du total

 

Source: Stockholm International Peace Research Institute (Sipri)

2015 et 2016. Les grandes puissances continuent de se partager le marché mondial des armements (figure 8)

Les États-Unis, la Russie, la Chine et la France cherchent sans cesse à sauvegarder leur marché traditionnel tout en étendant davantage leur zone d’influence. Ces puissances veillent à la protection de leur marché via des moyens stratégiques et diplomatiques. Le marché des États-Unis se situe dans tous les continents, bien qu’ils concentrent leurs exportations au Moyen-Orient et en Asie de l’Est. La Russie vend aux pays asiatiques et, notamment, à l’Inde, à la Chine et au Vietnam. Elle a comme clients également le Venezuela et l’Algérie. La Chine vend au Pakistan, à la Birmanie et au Bangladesh. La France dirige sa production en Afrique et au Moyen-Orient.

Figure 8. Cartographie des ventes d’armes

 

 

 Source : https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/ventesdarmes16

Conclusion 

Comment pouvons-nous continuer de supporter l’idée que l’humanité soit amenée, malgré elle, à se consacrer à ce commerce de la mort et ce à l’encontre du maintien de la vie et au détriment de sa survie. Dans les faits, les peuples sont contraints d’assurer un ordre injuste pour eux, un ordre dicté par une minorité d’individus et de leurs fidèles serviteurs supportée par un système financier destructeur, une minorité qui a pris en otage la vérité et qui imposent aux États un armement continu s’avérant la plateforme des guerres qui sévissent dans plusieurs régions du monde, celles-ci étant les victimes d’un génocide généralisé.

Les peuples sont laissés dans l’ignorance concernant cette réalité implacable qui se développe selon une logique parallèle qui échappe ainsi à tout contrôle démocratique.

Pour faire face à cette situation intolérable pour l’environnement planétaire et l’humanité l’ONU, la seule organisation qui serait autorisée à intervenir de façon décisive ne fait que déplorer sans succès les puissants de ce monde et ce par la voix de son Secrétaire général. Ses bonnes intentions sont neutralisées ab ovo, car elle est redevable envers les volontés des grandes puissances et ce dans le cadre du Conseil de sécurité. L’hécatombe de la Seconde mondiale s’est poursuivie depuis sans que cette organisation, conçue pour la paix sans armes, soit en mesure de prévenir les conflits armés et de travailler avec détermination à l’entreprise du désarmement et à la reconversion des usines qui les fabriquent. Dans la mémoire collective on a oublié que depuis 1945 plus de 200 guerres et conflits armés ont affligé l’humanité et causé la mort de dizaines de millions de personnes (M. Leitenberg, 2006) et (https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_guerres_contemporaines).

Alors que faire pour sortir de cette impasse? Une première voie est de procéder à l’éducation du public et à la sensibilisation des leaders de demain dans les institutions d’enseignement post-secondaire. Cette avenue doit être secondée par les efforts déployés par le mouvement mondial pour la paix et la solidarité entre les peuples, mouvement animé par le Forum social mondial. C’est la société civile en action qui permet de garder l’espoir (http://www.mondialisation.ca/la-societe-civile-en-action-plus-de-40-000-ong-dans-le-monde/5442868). La seconde voie est de proposer aux parlementaires avertis des États nationaux un plan d’intervention déterminant pour le désarmement à l’échelle nationale en exposant les effets néfastes de l’industrie de la mort sur l’environnement, l’économie et la société. Si ces deux avenues ne sont pas privilégiées la paix mondiale devient un projet impossible à réaliser, les grandes puissances veillant à ce qu’aucune ressource ne soit allouée pour leur développement et ce avec la complicité explicite des médias manstream qui ne cessent de louanger les exploits et le courage des militaires de même que leur contribution au maintien de la paix pour le monde « libre » (entendre dominant et destructeur).

Nous voudrions bien que ces actions se réalisent et, notamment, la reconversion industrielle des usines d’armements. Il nous apparaît que ce projet ne peut même pas être envisagé dans le contexte des tensions inter et intra étatiques activées par les grandes puissances et, tout spécialement, par l’US-OTAN au Moyen-Orient, en Europe de l’Est et dans l’Asie-Pacifique. Bien plus, les appels de la part des militaires se font entendre sans relâche pour une augmentation des budgets nationaux de la défense des membres de l’OTAN. En effet, dans un communiqué diffusé le 10 juin dernier, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a enjoint les alliés à respecter leurs engagements en augmentant leurs dépenses en matière de défense alors que l’Alliance est confrontée à une « situation sécuritaire difficile ». Les pays de l’OTAN s’étaient engagés en 2014, lors d’un sommet au Pays de Galles, à enrayer « la baisse constante » de leurs dépenses de défense pour revenir à un niveau équivalent à 2% du PIB (AFP, Journal Le Devoir, le 10 juin 2016, p. B 9).

Un réquisitoire permanent cherchant à modifier cette trajectoire dangereuse pour l’humanité  

Il serait primordial d’entendre des voix fortes pour dénoncer l’ordre injuste actuel. Les leaders qui pourraient être invités à le faire sont rares. Ceux-ci sont ignorés par les grandes chaînes de communication. Leur discours pourrait nuire à leur image et à ceux qui les adulent.

Pour ne pas oublier. Les conséquences économiques et sociales de la course aux armements sont occultées ainsi que la nécessité impérieuse de désarmer

Les dépenses militaires mondiales consenties par les États sont astronomiques. Elles nourrissent un marché des armements considérables. Nous ne cessons de le répéter. Les arsenaux actuels mettent en danger la survie même de l’humanité. La reprise des tensions Est-Ouest relance cette course qui a marqué les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, le tout étant alimenté par la menace soviétique.

Un document des Nations Unies publié en 1983 lançait un appel pour que les conséquences de cette course soient mieux connues. Le même appel pourrait être émis aujourd’hui, car nous nous trouvons devant les mêmes constats globaux : « Pour que l’opinion publique reste vigilante et puisse mesurer les coûts sociaux et économiques de la course aux armements, il faut l’informer davantage de l’ampleur des dépenses militaires, de la composition et de l’objet des budgets militaires et des arsenaux d’armes meurtrières, en particulier dans le domaine nucléaire. Il faut également analyser de façon suivie et documentée les occasions perdues et les options rejetées. Par une série d’études menées avec l’aide d’experts et à partir d’éléments de réflexion proposés par divers instituts de recherche, organisations non gouvernementales et autres groupes concernés, l’Organisation des Nations Unies a été amenée à centraliser les idées constructives portant sur les différents aspects de la course aux armements et sur la nécessité impérieuse de désarmer. Il convient de renforcer encore son rôle de coordination et de compilation des éléments d’information fournis par l’ensemble de la communauté mondiale. Des documents tels que le présent rapport, outre qu’ils apportent une contribution à l’analyse des faits nouveaux les plus marquants intervenus dans ce domaine, permettent à la fois de mobiliser l’opinion en l’avisant des conséquences sociales et économiques de plus en graves de la course aux armements et d’en tirer des enseignements des réactions du public. Après tout, c’est dans la contestation croissante et quasi-universelle suscitée par la course aux armements que les auteurs du présent rapport pressentent qu’un seuil a bel et bien été atteint au-delà duquel toute nouvelle escalade ne pour que se heurter à un rejet social plus violent » (C. Schmidt. 1983, p. 120). Ce qui doit donc être priorisé doit apporter un éclairage global sur le processus de réarmement planétaire et sur ses conséquences économiques et sociales et une action déterminante pour le diffuser le plus largement possible.

Pendant ce temps, les grandes puissances s’activent dans la préparation de la guerre. Le plus grand exercice militaire de l’OTAN. Le prélude d’une confrontation entre l’Occident et la Russie?

Selon les données exposées par Manlio Dinucci, le 7 juin 2016,

« en Pologne commence l’Anaconda 16, « le plus grand exercice allié de cette année » : y participent plus de 25 milles hommes de 19 pays Otan (USA, Allemagne, Grande-Bretagne, Turquie et d’autres et de 6 partenaires : Géorgie, Ukraine et Kosovo (reconnu comme État), de fait déjà dans l’Otan sous commandement USA  ; Macédoine, qui n’est pas encore dans l’Otan du fait seulement de l’opposition de la Grèce sur la question du nom (le même que celui d’une de ses provinces, que la Macédoine pourrait revendiquer) ; Suède et Finlande, qui se rapprochent toujours plus de l’Otan (elles ont participé en mai à la réunion des ministres des affaires étrangères de l’Alliance). Formellement l’exercice est sous conduite polonaise (d’où le « k » dans le nom en anglais «Anakonda»), pour satisfaire l’orgueil national de Varsovie.  En réalité il est sous commandement de l’US Army Europe qui, avec une « aire de responsabilité » comprenant 51 pays (y compris toute la Russie), a la mission officielle de « promouvoir les intérêts stratégiques américains en Europe et Eurasie ». Chaque année il effectue 1000 opérations militaires dans plus de 40 pays de l’aire » (http://www.mondialisation.ca/dans-les-anneaux-de-lanaconda-le-plus-grand-exercice-allie-militaire-de-lotan/5529441).

 Jules Dufour

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