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Le ministère de la Propagande est connu sous le nom de «presse libre»
Par Dr. Paul Craig Roberts
Mondialisation.ca, 02 juillet 2019
paulcraigroberts.org 27 juin 2019
Url de l'article:
https://www.mondialisation.ca/le-ministere-de-la-propagande-est-connu-sous-le-nom-de-presse-libre/5635031

Comme je l’ai écrit maintes fois, la pressetituée n’est pas une presse libre, mais joue le rôle de ministère de la Propagande du gouvernement, pour les intérêts de l’oligarchie au pouvoir. Ben Norton explique que le New York Times demande l’aval de l’Oncle Sam avant de publier certains articles :

Le New York Times a publiquement reconnu qu’il envoyait certains de ses articles au gouvernement étasunien pour obtenir la permission de les publier des « responsables de la sécurité nationale. » 

Il explique que le contrôle et la manipulation des médias par la CIA est une vieille tradition, tradition révélée par des journalistes qui sont au courant : 

En 1977, le journaliste légendaire Carl Bernstein, ancien reporter du Washington Post ayant participé à la révélation du scandale du Watergate, a écrit pour Rolling Stone un important article de couverture, intitulé « La CIA et les médias : Comment les médias d’information les plus influents des États-Unis ont travaillé main dans la main avec la Central Intelligence Agency et pourquoi la Commission Church l’a couvert. » 

Bernstein a obtenu de la CIA des documents révélant qu’au cours des 25 dernières années, plus de 400 journalistes des États-Unis ont « effectué secrètement des missions pour la Central Intelligence Agency. » 

Bernstein a écrit : 

« Certaines relations de ces journalistes avec l’Agence étaient tacites, certaines étaient explicites. Il y a eu coopération, arrangement et recoupement [d’informations bien sûr fausses, NdT]. Les journalistes fournissaient toute une gamme de services clandestins, allant de la simple collecte de renseignements à la fonction d’intermédiaire entre espions dans les pays communistes. Les journalistes partageaient leur bloc-notes avec la CIA. Les rédacteurs en chef partageaient leurs personnels. Certains de ces journalistes étaient lauréats du prix Pulitzer. Ils étaient distingués et considéraient être des ambassadeurs sans portefeuille de leur pays. La plupart, les moins exaltés, étaient des correspondants à l’étrangers qui trouvaient que leur association avec l’Agence les aidait dans leur travail ; des pigistes et des journalistes indépendants qui s’intéressaient autant aux affaires d’espionnage qu’à produire des articles ; et, la plus petite catégorie, des employés à temps plein de la CIA se faisant passer pour des journalistes à l’étranger. Les documents de la CIA montrent que, dans de nombreux cas, des journalistes étaient engagés afin de remplir des missions pour la CIA, avec l’assentiment des directions des principales organisations de presse étasuniennes. » 

Bernstein a révélé que pratiquement tous les principaux organes de presse étasuniens coopéraient avec la CIA, notamment ABC, NBC, AP, UPI, Reuters, Newsweek, Hearst, Miami Herald, Saturday Evening Post et New York Herald-Tribune. 

Toutefois, il a rajouté que, « Selon les responsables de la CIA, les associations les plus précieuses ont été celles avec le New York Times, CBS et Time Inc. » 

Cette sphère de manipulation, de censure et même de rédaction directe d’articles de presse par l’État, montre que, même s’ils se prétendent indépendants, le New York Times et les autres organes de presse sont en réalité, de facto, des porte-parole du gouvernement – ou du moins de la sécurité nationale des États-Unis.

Udo Ulfkotte, le rédacteur en chef du journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, a expliqué dans son livre, « Journalistes achetés, » qu’aucun journaliste important en Europe n’est à l’abri de l’influence de la CIA. L’édition en langue anglaise, « Journalistes à louer : Comment la CIA corrompt l’information, » a été censurée. Quelques exemplaires ont pu échapper à la destruction. Deux sont actuellement disponibles sur Amazon, l’un pour 910,99 dollars et l’autre pour 1994,99 dollars.

Comme je l’écris souvent, dans les ‘démocraties’ occidentales, la vérité est censurée et des interprétations contrôlées la remplacent. Les Occidentaux ignorent largement les programmes de sécurité nationale de l’État et de l’oligarchie dirigeante. Des gens de tous horizons servent ces programmes sans le savoir. Ceux qui tentent de les informer sont généralement qualifiés de ‘théoriciens du complot’ et écartés.

De toute évidence, il ne peut y avoir de démocratie quand l’électorat est maintenu dans l’ignorance.

Paul Craig Roberts

 

 

Original : www.paulcraigroberts.org/2019/06/27/the-propaganda-ministry-known-as-the-free-press/

Traduction Petrus Lombard, Réseau international.

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