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Le Pentagone fait le tour du monde
Par Manlio Dinucci
Mondialisation.ca, 13 décembre 2016
ilmanifesto.info
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Aujourd’hui arrive en Italie le chef du Pentagone Ash Carter qui, au nom de l’administration sortante Obama, est en train de faire « le tour du monde pour remercier les troupes USA déployées en Asie, Moyen-Orient et Europe et rencontrer d’important partenaires et alliés ».

Le tour a commencé le 3 décembre en Californie, où a tenu le discours de clôture au « Forum Reagan », qui lui a remis le prix « La paix à travers la force ».

Source : Ashton Carter parle d’«agression» russe et de risques de «conflit» en mer de Chine au Reagan National Defense Forum, 45e Nord, 8 novembre 2015.

Ashton Carter parle d’«agression» russe et de risques de «conflit» en mer de Chine au Reagan National Defense Forum

Carter s’est ensuite rendu au Japon, où il a passé en revue les troupes USA et rencontré le ministre de la défense Inada. Le Japon, qui contribue avec 1,6 milliards de dollars annuels à la permanence de 50 mille soldats étasuniens sur son territoire, est particulièrement important comme base avancée des systèmes de missiles USA dirigés contre la Chine dans un «but défensif » et, précise le Pentagone, est un allié « en mesure de défendre d’autres pays qui puissent être attaqués ».

Source de la photo : United States has ‘enduring’ interests in Asia-Pacific, defense secretary says, Street Insider, 6 décembre 2016.

Du Japon Carter s’est envolé pour l’Inde, devenue le second acquéreur mondial d’armes étasuniennes après l’Arabie Saoudite : un résultat de la stratégie de Washington qui vise à affaiblir les rapports de l’Inde avec la Russie, minant le groupe Brics attaqué en même temps par le putsch « institutionnel » au Brésil.

Le chef du Pentagone est ensuite allé au Bahrein, où il a participé au « Dialogue de Manama » organisé par l’Institut international d’études stratégiques, influent think tank britannique financé par l’émirat avec plus de 38 millions de dollars. Intervenant sur la « logique de la stratégie américaine au Moyen-Orient », Carter a précisé que dans cette région sont basés plus de 58 mille militaires USA, dont plus de 5 mille sur le terrain en Irak et Syrie : « pas seulement pour se battre contre des terroristes comme ceux de l’EI (Etat islamique), mais aussi pour protéger nos intérêts et ceux de nos alliés » (raison pour laquelle les USA et les monarchies du Golfe, comme il a été amplement documenté, ont secrètement soutenu l’Isis, fonctionnel à leur stratégie en Syrie et Irak). Carter a accusé la Russie de ne pas combattre l’EI en Syrie, mais de n’avoir qu’ « enflammé la guerre civile et prolongé les souffrances du peuple syrien ». Il a ensuite ajouté que, comme « l’Iran continue à déployer des missiles », les USA sont en train de réaliser avec leurs alliés « une défense de missiles régionale », comprenant un puissant radar au Qatar, des missiles Thaad aux Emirats et d’autres systèmes de missiles (en réalité non pas de défense mais d’attaque, étant donné que les mêmes tubes de lancement peuvent être utilisés pour des missiles d’attaque y compris nucléaire).

Du Bahrein Carter est allé en Israël, où hier il a participé avec le ministre de la défense Lieberman à la cérémonie de l’arrivée des deux premiers chasseurs F-35 pour l’aéronautique israélienne, symbole du partenariat militaire de plus en plus étroit avec les USA, « porté à des niveaux sans précédents par l’accord décennal d’assistance signé en septembre dernier ».

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman et le secrétaire américain à la Défense Ash Carter assistent à une cérémonie de bienvenue à la base Hakirya à Tel Aviv le 12 décembre 2016. Photo de Matty Stern / Ambassade des États-Unis Tel Aviv

D’Israël le chef du Pentagone arrive aujourd’hui en Italie, pour une visite de deux jours aux troupes USA stationnées ici dans le but -déclare un document officiel- de « soutenir les opérations des USA et de leur coalition à échelle mondiale, dont la dissuasion à l’agression russe en Europe orientale et le renforcement du flanc sud de l’Otan ».

Le tour mondial, qui se concluera à Londres le 15 décembre par une réunion de la « coalition anti-EI », a un but politique bien précis : réaffirmer à la veille de le remise du pouvoir la stratégie de l’administration Obama, qu’aurait dû poursuivre la démocrate Clinton, pour que restent ouverts les fronts de tension et de guerre au Sud et à l’Est que le démocrate Obama laisse en héritage au républicain Trump.

Qui a au moins le mérite de ne pas être Prix Nobel pour la paix.

 Manlio Dinucci

Edition de mardi 13 décembre 2016 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/il-pentagono-fa-il-giro-del-mondo/ 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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