Le plafonnement occidental du prix sur le pétrole russe aura peu d’impact sur la Russie

Le plafonnement des prix sur le pétrole en provenance de Russie ne fera que payer à l’Occident le prix élevé pour de telles actions, à l’inverse de l’Etat russe, paralysant par la même occasion les principes de marché occidentaux. C’est ce qu’il ressort de l’avis des experts chinois.

Alors que la Russie a averti ce lundi qu’elle répondra au plafonnement des prix sur son pétrole brut à l’initiative étasunienne et de ses alliés, les experts chinois interrogés par le quotidien Global Times ont souligné que ledit plafonnement des prix entrainerait des pertes pour Moscou, mais dont l’étendue sera relativement limitée, car la Russie dispose de plusieurs plans alternatifs.

Le quotidien chinois indique à ce titre que le prix fort sera payé par l’Europe bruxelloise – creusant l’écart de ses propres divisions internes et paralysant les principes de marché sur lesquels l’Occident s’est construit. Tout en rappelant la position officielle chinoise sur la question, citant Mao Ning – porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine qui a déclaré que la coopération énergétique sino-russe était toujours menée dans un esprit de respect et d’avantages mutuels, et que le fait de pouvoir assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique mondial était d’une importance vitale.

Pour Cui Heng – chercheur adjoint au Centre d’études russes de l’Université normale de Chine orientale – Moscou ressentirait un pincement car la décision occidentale de plafonnement limiterait la capacité de la Russie à exporter du pétrole en Occident, mais cela n’aura pas d’impact majeur.

«Elle peut trouver des acheteurs tels que la Chine et l’Inde dans l’objectif de combler le vide, tout comme elle peut contourner le plafonnement en exportant d’abord le pétrole vers les pays du Moyen-Orient, puis en Europe», a déclaré l’expert chinois. Cela sans oublier l’option de pousser davantage de pays européens à demander des exemptions aux nouvelles limitations (à l’instar de la Hongrie, ndlr).

Cui Heng ajoute que l’Europe bruxelloise paiera le prix de ses actions, car devra trouver des substituts au brut russe et payer des tarifs plus élevés pour acheter au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Pour Wang Yiwei – directeur de l’Institut des relations internationales de l’Université Renmin de Chine – le fait de vouloir fixer un prix plafonné constitue une grave violation des principes du marché pour une industrie mature. Et qu’une telle intervention ne fera que saper la crédibilité des gouvernements concernés, tout en pesant lourdement sur leurs économies déjà en difficulté.

Enfin et au-delà de l’opposition des grandes puissances internationales comme la Chine et l’Inde à de telles pratiques et désireuses de maintenir le cap d’une coopération énergétique de haut niveau avec la Russie, les experts chinois interrogés par Global Times ont également rappelé que l’OPEP+, qui réunit les principaux exportateurs mondiaux de pétrole, a convenu de maintenir le cap visant à réduire la production journalière de pétrole – à hauteur de deux millions de barils par jour.

En ajoutant que la voix de l’OPEP+ grandit sur la scène internationale, au moment où l’organisation devient de plus en plus indépendante dans l’élaboration de sa politique, et en se libérant des pressions étasuniennes.

En parlant donc des perspectives à venir, et comme bien rappelés par les experts chinois – l’Europe bruxelloise continuera à représenter le dindon de la farce dans la guerre de Washington contre la Russie et les partisans de la multipolarité. Vraisemblablement le dossier gazier n’apprend rien aux agents de l’atlantisme sur le sol européen, qui oublient par la même occasion que de nombreuses options de Moscou restent toujours dans le tiroir. La question – jusqu’à quand? Et cela non seulement dans les domaines du pétrole et du gaz, mais aussi sur la question stratégique par exemple de l’uranium, entre autres.

Mikhail Gamandiy-Egorov



Articles Par : Mikhail Gamandiy-Egorov

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