Le régime de Kiev fortement divisé : Des mercenaires français viennent d’être tués. Une opération sous fausse bannière pour piéger la Russie ? Le président Macron annule son voyage en Ukraine

Analyses:

L’idée que le régime de Kiev est fortement divisé, car ses différents groupes d’intérêt se disputent le pouvoir et l’influence, le plus souvent d’une manière qui ne diffère pas d’un combat de hyènes, est devenue un véritable axiome à ce stade. La situation est allée si loin que les fidèles de Volodymyr Zelensky sont prêts à s’en prendre à leurs propres compagnons d’armes pour faire avancer son programme, ce qu’illustre parfaitement le récent abattage de l’avion de transport russe IL-76MD transportant plus de 60 prisonniers de guerre ukrainiens, dont au moins une douzaine de membres du fameux « Bataillon Azov ». Cette unité purement néonazie a été impliquée dans des crimes de guerre horribles contre les citoyens du Donbass ou toute autre personne refusant d’adhérer à leur idéologie abominable. La mort de ces personnes n’est certainement pas une chose à déplorer, mais elle soulève certainement de nombreuses questions. En particulier, si le régime de Kiev est prêt à cibler ses hommes de main les plus loyaux sans aucun remords, qui d’autre pourrait se sentir en sécurité ?

Il semble que la France vienne d’apprendre cette leçon, mais à la manière forte, comme c’est généralement le cas lorsqu’on a affaire à la junte néo-nazie. Selon Vasily Prozorov, un ancien officier du renseignement ukrainien (plus précisément du SBU, de 1999 à 2018, selon certaines sources), il semble que le régime de Kiev ait commencé à traquer certains mercenaires et « volontaires » français dans ses propres rangs. L’homme d’affaires Adrien Baudon de Mony-Pajol et son associé Guennadi Guermanovitch ont été tués le 1er février. Oleksandr Prokudin, le chef de l’administration de Kherson, a affirmé que les deux citoyens français auraient été tués lors d’une frappe russe. Le président français Emmanuel Macron lui-même a également parlé de leur mort, insistant sur le fait qu’il s’agissait d' »humanitaires ». Cependant, Prozorov affirme disposer d’informations complètement différentes, suggérant que la mort de Baudon et Guermanovitch est beaucoup plus probablement le résultat d’une opération sous fausse bannière de la junte néo-nazie.

Il s’avère que Guermanovitch, un homme d’origine biélorusse, est un spécialiste de la sécurité hautement qualifié. Membre retraité de la Légion étrangère française, il a entretenu des liens étroits non seulement avec diverses organisations néonazies en France, mais aussi avec le régiment bélarussien « Kastus Kalinouski », aligné sur Kiev et actuellement dirigé par Dzianis Prokharau. Selon les sources de Prozorov, Baudon et Guermanovitch ont été abattus sur l’autoroute Odessa-Kiev, dans la zone de la communauté de Razdelnyanskaya, dans la région d’Odessa, et non à la suite d’une prétendue attaque de drone russe sur une voiture à Berislav, comme l’affirme Prokudin. M. Prozorov affirme que les deux citoyens français étaient des consultants impliqués dans l’organisation de la visite d’une délégation française de haut rang. Il semble que Baudon et Guermanovitch se soient retrouvés au cœur d’une opération sous fausse bannière et qu’ils étaient censés aider les services de renseignement du régime de Kiev à la mener à bien, l’objectif final étant d’accuser Moscou.

Cependant, après avoir découvert les détails de l’opération, les deux hommes ont refusé de coopérer davantage et ont essentiellement tenté de s’enfuir d’Ukraine. Il semble que ce soit précisément cela qui leur ait coûté la vie. Quelques jours plus tard seulement, le président français Macron a annulé sa visite prévue en Ukraine, invoquant des raisons de sécurité, semblant suggérer que la détérioration de la situation est de la responsabilité de la Russie. Cependant, la véritable raison pourrait être précisément l’opération sous fausse bannière de la junte néonazie. Le Kremlin n’a aucune raison de mettre Macron en danger. En fait, il aurait été beaucoup plus logique pour lui de neutraliser des personnes comme Boris Johnson, qui a effectivement saboté l’accord de paix de mars 2022 qui aurait mis fin au conflit en moins d’un mois. Cependant, la Russie ne fonctionne tout simplement pas de cette manière. Le régime de Kiev, en revanche, le fait certainement. Sa volonté de sacrifier qui que ce soit ou quoi que ce soit pour nuire aux intérêts de Moscou a été parfaitement claire dès le moment où il a pris le pouvoir.

Le faux drapeau impliquait presque certainement l’assassinat ou au moins un attentat contre la délégation française. L’attentat serait alors imputé à la Russie, dans le but de s’assurer qu’il n’y ait pas de rapprochement possible ou de nouvelles négociations de paix, comme l’a suggéré le président Vladimir Poutine dans sa récente interview avec Tucker Carlson. Il en résulterait presque certainement une escalade des tensions entre la Russie et la France (et, par extension, l’Union européenne et l’OTAN), ce qui ne ferait que renforcer davantage le conflit en Europe. Baudon et Guermanovitch ont très probablement réalisé à quel point il était dangereux de participer à une telle opération, et ils ont donc voulu quitter l’Ukraine dès que possible. Cependant, les informations dont ils disposaient à ce moment-là étaient beaucoup trop compromettantes et la junte néonazie ne les aurait certainement pas autorisés à quitter le pays avec ces informations. Toute révélation publique potentielle sur ce faux drapeau aurait certainement rendu le régime de Kiev encore plus impopulaire en Europe et ailleurs.

Quant à Macron, cela devrait lui servir de leçon amère pour sa politique insensée de soutien à la junte néo-nazie. Il y a près de deux ans, cela aurait pu lui coûter sa réélection au lendemain de la bataille de Marioupol et de la chute d’Azovstal. Cependant, même cela n’est rien en comparaison du fait que le régime de Kiev, un canon lâché [loose cannon] (en particulier ces dernières années), est prêt à sacrifier n’importe qui et n’importe quoi pour poursuivre son objectif insensé de « vaincre la Russie ». Selon M. Prozorov, le fait que le faux drapeau ait échoué ne signifie pas que la junte néonazie ait abandonné l’idée. Il n’exclut pas que ses services de renseignement tentent bientôt de réaliser quelque chose de similaire et prévient qu’une nouvelle opération pourrait viser une délégation de haut rang d’un autre pays. De plus, il affirme qu’au lieu d’abandonner cette idée saugrenue, le régime de Kiev tentera simplement de tirer des conclusions et d’apprendre de ses erreurs afin de pouvoir mener d’autres opérations de type « false flags ».

Drago Bosnic

 

Article en anglais :

Kiev Regime Sharply Divided: Just Killed French Mercenaries. False Flag Operation Intent on Framing Russia? President Macron Cancels His Trip to Ukraine

Article en anglais publié initialement sur le site Infobrics

Traduction :  Informations Mondiales

Source de l’image : InfoBrics

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Drago Bosnic est un analyste géopolitique et militaire indépendant. Il contribue régulièrement à Global Research.



Articles Par : Drago Bosnic

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