L’élevage industriel sous l’emprise des pandémies en série

Une vague de foyers de peste porcine africaine a infligé d’énormes ravages à la production mondiale de porc au cours de la dernière décennie, avec des répercussions dans l’ensemble de l’industrie de la viande. Heureusement, cette maladie animale ne présente pas une menace directe pour la santé humaine, mais un quart du cheptel porcin mondial a peut-être déjà été anéanti et les coûts économiques se chiffrent en centaines de milliards de dollars. Pourtant, si les petits élevages ont été décimés, les épidémies sont une aubaine pour les multinationales de la viande et les entreprises qui les fournissent. Une fois de plus, elles utilisent sans vergogne cette pandémie, qu’elles ont contribué à propager, comme une arme politique pour consolider leur domination. Une nouvelle approche des maladies animales doit être adoptée de toute urgence afin de protéger les petits agriculteurs, les consommateurs et les animaux, en supprimant la principale source et le principal vecteur de pathogènes mortels – les élevages industriels et les chaînes d’approvisionnement mondiales des multinationales de la viande.

Résumé :

  • La pandémie de peste porcine africaine (PPA) qui décime les élevages de porcs en Europe de l’Est et en Asie est un produit de l’industrie de la viande industrielle mondialisée d’aujourd’hui.
  • La grande majorité des porcs morts de cette pandémie étaient élevés dans des fermes industrielles et les principaux vecteurs de la propagation de la maladie sont les usines de transformation de la viande, les mouvements de porcs vivants et les chaînes d’approvisionnement en aliments pour animaux contrôlées par les grandes entreprises d’élevage porcin.
  • Les foyers épidémiques sont concentrés dans des zones géographiques où les petites exploitations porcines sont rapidement remplacées par de grandes sociétés d’élevage porcin.
  • Les gouvernements et les grandes entreprises d’élevage porcin ont défini conjointement des réponses aux épidémies de PPA qui protègent ces entreprises et pénalisent les petits agriculteurs.
  • Les grandes entreprises du secteur de la viande tirent d’énormes profits de la pandémie de PPA et l’utilisent pour renforcer leur contrôle sur l’approvisionnement mondial en viande.

Duong Van Vu est l’un des milliers d’agriculteurs vietnamiens qui ont tout risqué pour industrialiser leur élevage de porcs. Il a contracté des prêts pour construire deux porcheries fermées, acheté la meilleure race de porcelets et nourri ses porcs avec des aliments de marque vendus par des sociétés nts de marque vendus par des sociétés multinationales.

Mais, en janvier 2019, plusieurs porcs de l’une de ses porcheries du village de Dao Dang sont tombés gravement malades. Il a pensé que c’était peut-être l’alimentation qui les rendait malades et il a alors appelé l’entreprise d’aliments pour bétail. L’entreprise a procédé à des tests et administré des médicaments, mais l’état des porcs s’est aggravé. Duong Van Vu a donc appelé les autorités vétérinaires locales. Les techniciens ont prélevé des échantillons et les ont envoyés au laboratoire. Ces tests ont conclu que la ferme de M. Vu était le premier cas officiel de peste porcine africaine (PPA) au Vietnam, une maladie mortelle du porc qui a tué jusqu’à un quart de la population porcine mondiale au cours des dernières années.

Cela a été un moment terrible pour M. Vu. Il a perdu tous ses porcs et n’a pas été autorisé à se réapprovisionner pendant un an. Quelques semaines plus tard, les porcs de son autre porcherie ont été abattus lorsqu’ils ont commencé à présenter des symptômes similaires.1

M. Vu était perplexe. Il avait fait tout ce que les vétérinaires et les techniciens de l’entreprise avaient dit qu’il devait faire pour préserver ses porcs des maladies. Il s’est demandé si la maladie avait pu être introduite par les négociants qui viennent au village pour acheter des porcs. Après tout, il est probable que la maladie circulait au Vietnam sans avoir été déclarée avant l’épidémie dans sa ferme, car elle avait été détectée dans des viandes transformées à peu près au même moment.2Une explication tout aussi plausible était que la maladie était arrivée par le biais de l’alimentation animale qu’il avait achetée (voir l’Encadré 1 : Les aliments industriels comme vecteur de la PPA).

Carte 1 : Année à laquelle le pays a déclaré le premier foyer de PPA chez des porcs domestiques

La réalité est que M. Vu n’aurait pas pu faire grand-chose pour protéger ses porcs contre la PPA. Les éleveurs du village de Dao Dang, comme ceux d’innombrables autres villages souffrant de la pandémie actuelle de PPA en Asie et en Europe, ont été amadoués et contraints de rejoindre une chaîne de production mondialisée qui expose les élevages aux maladies nouvelles et mortelles que ce système apporte avec lui. La PPA n’est que la dernière en date d’une liste croissante de maladies qui peuvent ruiner n’importe lequel de ces élevages à un moment donné.

Ce lien entre l’expansion de l’élevage porcin industriel et les épidémies de PPA est souvent ignoré. On montre plutôt du doigt les petits agriculteurs et les commerçants locaux, qui sont accusés de mauvaises pratiques d’hygiène.

« La principale raison pour laquelle vous avez la peste porcine africaine en Chine et en Europe de l’Est est que vous avez beaucoup de petits élevages familiaux dans ces deux régions du monde », explique Rick Janssen, président de l’Association européenne de gestion de la santé porcine. 3

Mais la trajectoire géographique de cette épidémie actuelle de PPA en Europe et en Asie correspond davantage au développement agressif d’exploitations industrielles, de systèmes de production sous contrat et d’abattoirs orientés vers l’exportation au cours des quinze dernières années. Les foyers épidémiques de PPA sont particulièrement concentrés dans les zones frontalières, où les grandes sociétés porcines se sont développées, et intègrent ces régions autrefois dominées par les petites exploitations et les marchés locaux dans les chaînes d’approvisionnement internationales du porc, et le commerce mondial de porcs vivants et d’aliments pour animaux, deux des vecteurs les plus importants dans la propagation de la PPA.

Encadré 1 : Les aliments industriels comme vecteur de la PPA

La PPA peut contaminer les aliments pour animaux et survivre à la transformation, au stockage et au transport, et même se cacher dans les doublures des sacs de produits alimentaires commerciaux.4 Les autorités russes comme les autorités chinoises ont déterminé que les aliments industriels étaient l’un des principaux vecteurs des foyers de PPA dans leur pays.5 En outre, la Chine est un fournisseur mondial de plusieurs ingrédients clés couramment utilisés dans les aliments industriels pour animaux qui sont connus pour transmettre la PPA, notamment les suppléments vitaminiques et les protéines fabriqués à partir de sang de porc.6 Malgré les risques évidents de maladie, le sang de porc collecté dans les abattoirs de porcs, souvent appelé « plasma porcin », reste un ingrédient important des aliments industriels pour porcs, et le secteur de l’alimentation animale a exercé de fortes pressions pour le maintenir.7

La façon dont l’histoire est racontée a aussi son importance : elle détermine non seulement l’efficacité de la lutte contre la PPA, mais également qui gagne et qui perd. Avec la vague actuelle d’épidémies de PPA et d’autres pandémies animales mondiales récentes, la description trompeuse des petits éleveurs de porcs comme les vecteurs de la maladie a favorisé une réponse basée sur un modèle d’entreprise de biosécurité, qui a décimé les petites exploitations et accéléré l’expansion des fermes industrielles et le contrôle des entreprises sur toute la chaîne de production porcine (voir l’Encadré 2 : Les recherches de GRAIN sur les maladies animales mondiales).8

La PPA se propage dans les fermes industrielles russes

La PPA apparaît pour la première fois avec des porcs domestiques en Afrique au début du XXe siècle, et entraîne alors des épidémies létales chez les porcs des colons européens au Kenya. La maladie est restée principalement en Afrique depuis lors, mais des défaillances dans l’élimination des viandes contaminées par les navires marchands auraient provoqué plusieurs flambées périodiques ailleurs, tant chez les porcs que chez les sangliers. Chacune de ces épidémies à l’extérieur de l’Afrique a été traitée par des campagnes d’abattage massives dans la mesure où aucun vaccin n’était encore disponible pour cette maladie.

Encadré 2 : Les recherches de GRAIN sur les maladies animales mondiales

GRAIN a commencé à travailler sur les maladies animales mondiales en 2006, lorsque nous avons lancé un rapport sur la pandémie mondiale de grippe aviaire. Ce rapport a remis en cause l’idée reçue, défendue par les entreprises du secteur de la viande et les agences internationales, selon laquelle la maladie était principalement propagée par les oiseaux sauvages et les petits élevages familiaux Il a révélé que la multiplication rapide des élevages industriels en Asie était probablement à l’origine de ce virus hautement pathogène, et que l’industrie mondiale de la viande était le principal vecteur de sa propagation. Notre objectif était d’aider les petits agriculteurs et les négociants des marchés de produits frais à contester les mesures punitives dont ils faisaient injustement l’objet, et de faire pression en faveur d’une réponse mondiale efficace à la maladie qui empêcherait également le système industriel de la viande de produire davantage de maladies tout aussi mortelles. Malheureusement, cet objectif n’a pour l’essentiel pas été atteint, et d’autres foyers sont apparus, notamment l’épidémie de grippe porcine au Mexique en 2009. Hélas, nos enquêtes sur la pandémie actuelle de peste porcine africaine donnent une impression de déjà vu et rappellent le travail que nous avons commencé il y a plus de dix ans.

Voici quelques-uns des rapports de GRAIN sur les maladies animales :

Qui est le dindon de la farce ? Le rôle central de l’industrie de la volaille dans la crise de la grippe aviaire, 2006 : https://grain.org/fr/article/37-qui-est-le-dindon-de-la-farce
L’époque des virus – La politique des maladies animales émergentes dans le monde, 2008 : https://grain.org/fr/article/770-l-epoque-des-virus-la-politique-des-maladies-animales-emergentes-dans-le-monde

Un système alimentaire qui tue – La peste porcine, dernier fléau de l’industrie de la viande, 2009 : https://grain.org/fr/article/197-un-systeme-alimentaire-qui-tue-la-peste-porcine-dernier-fleau-de-l-industrie-de-la-viande

La vague actuelle d’épidémies de PPA en dehors de l’Afrique a commencé dans un pays d’Europe de l’Est, la Géorgie, en 2007. Auparavant, cette souche particulière de PPA n’avait été détectée qu’en Zambie, à Madagascar et au Mozambique. On ne sait pas avec certitude comment la maladie a atteint la Géorgie ; les autorités géorgiennes pensent qu’elle est arrivée avec des déchets de navires déversés près du port de Poti, tandis que les autorités russes pointent du doigt un ancien laboratoire soviétique d’armes biologiques exploité par la Géorgie depuis le début des années 2000 en coopération avec le ministère américain de la Défense.9 Dans les deux cas, on sait que la maladie a circulé dans le pays, entraînant la mort de milliers de porcs, avant d’être officiellement diagnostiquée début juillet 2007. L’une de ces premières flambées épidémiques s’est produite dans le plus grand complexe d’élevage porcin du pays, ce qui peut expliquer comment la maladie s’est propagée si rapidement en Géorgie et dans les pays voisins.10

La Géorgie dispose de services vétérinaires limités et l’élevage porcin est pratiqué presque exclusivement par de petits agriculteurs qui laissent leurs porcs circuler librement. L’abattage et la transformation se font également à petite échelle et dans des circuits locaux.11 Pourtant, malgré les sinistres prédictions d’organismes tels que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’épidémie de PPA dans le pays a pris fin en moins d’un an. Aucun foyer n’a été officiellement déclaré après, même si l’on soupçonne que des cas se sont produits par la suite, notamment une épidémie majeure dans une nouvelle porcherie industrielle en 2014, qui a anéanti les efforts de l’entreprise visant à relancer l’élevage porcin industriel dans le pays.12Une récente enquête nationale sur les porcs domestiques n’a relevé aucune trace de la maladie.13

L’histoire est tout autre dans les régions de production porcine industrielle de la Russie voisine, où la PPA a ensuite frappé.

Au début des années 2000, de nouvelles entreprises, connues en Russie sous le nom d’agroholdings, ont commencé à acheter de grandes surfaces de terres agricoles et à établir d’énormes élevages porcins dans le sud-ouest de la Russie, près de la frontière avec la Géorgie, dans le cadre d’un programme national destiné à développer l’agriculture industrielle dans la région. Une grande partie de cette activité était concentrée dans le kraï de Krasnodar, où la production porcine était encore largement entre les mains de petits exploitants.

Le premier foyer de PPA dans le Krasnodar est apparu dans un grand complexe d’élevage porcin appartenant à une agroholding.14 Les autorités russes ont réagi rapidement, abattant les 6 800 porcs de la ferme, et cela a semblé fonctionner. L’année suivante, la maladie n’a été détectée que chez des sangliers et dans un troupeau d’une dizaine de porcs dans une petite ferme. Mais en 2010, la PPA a éclaté dans d’autres élevages de porcs d’agroholdings, et la situation a connu une aggravation spectaculaire.

Encadré 3 : Un vaccin contre la peste porcine africaine peut-il redresser la situation ?

Un vaccin contre la peste porcine africaine pourrait grandement aider les agriculteurs, grands et petits, à faire face à la peste porcine africaine. Cependant, la recherche a stagné, en partie parce qu’il n’y avait pas suffisamment d’intérêt économique à développer des vaccins pour un « problème africain » et en partie parce que la maladie peut muter rapidement. Mais aujourd’hui, alors qu’une seule souche de PPA provoque des pertes massives dans les élevages industriels de porcs en Europe et en Asie et menace de frapper l’Amérique du Nord, la recherche sur un vaccin s’accélère.

La question de savoir si cette intensification de la recherche apportera une solution aux petits éleveurs pourrait dépendre de la manière dont se déroulera la course aux brevets. Il existe déjà plusieurs brevets sur des souches du virus actuel de la peste porcine africaine qui circulent en Europe et en Asie. Le laboratoire vétérinaire public russe détient des brevets sur les échantillons de virus qu’il a prélevés dans les fermes russes.15 L’Institut Pirbright au Royaume-Uni, le laboratoire de référence de l’OIE qui a été le premier à évaluer les échantillons de Géorgie, et le laboratoire Plum Island du ministère américain de la Défense, ont tous deux utilisé les isolats de la peste porcine africaine de Géorgie pour développer et breveter des souches atténuées du virus pouvant être utilisées pour la mise au point de vaccins.16 D’autres laboratoires de recherche en Espagne, au Canada, en Chine et au Vietnam cherchent aussi à obtenir leurs propres brevets pour des vaccins contre la peste porcine africaine.

Les sociétés pharmaceutiques chercheront ensuite à faire de même, lorsque ces laboratoires tenteront de conclure des accords d’exclusivité pour le développement commercial.17 Ces négociations devraient déterminer si un vaccin sera accessible au petit éleveur de porcs moyen.

Ces activités des agroholdings étaient le vecteur parfait pour la diffusion à grande échelle de la PPA dans le Krasnodar et au-delà : des ensembles tentaculaires de fermes industrielles qui génèrent d’énormes quantités de fumier, qui déplacent constamment les porcs, le personnel, les aliments et l’équipement entre les sites et qui injectent des tonnes de viande dans les chaînes d’approvisionnement qui s’étendent dans tout le pays et au-delà. Même les abattages utilisés pour éradiquer la maladie dans ces fermes ont très bien pu la propager, car ils impliquent l’élimination de dizaines de milliers de porcs contaminés.


Élimination des cadavres de porcs, certains emballés dans des sacs en plastique, après la détection d’un foyer de PPA à l’abattoir Sheung Shui à Hong Kong, mai 2019. Crédit : SCMP

Les agroholdings n’ont pas pu venir à bout de la PPA dans leurs exploitations. Kuban Agro, une agroholding appartenant à un ami proche de Vladimir Poutine et l’une des plus grandes entreprises d’élevage porcin du Krasnodar, a connu deux flambées épidémiques dans ses installations en 2011 et deux autres en 2012, conduisant à la mort de 16 000 porcs.18 En 2016, ses exploitations ont de nouveau été touchées.19 Une autre agroholding appartenant à un homme d’affaires de Saint-Pétersbourg a perdu 45 000 porcs lorsque sa méga-porcherie a subi une épidémie de PPA en 2012.20Même l’exploitation industrielle ultramoderne de la société danoise Dan-Invest AS n’a pas fait le poids face à la maladie. En 2012, la société a connu une épidémie qui a tué plus de 15 000 porcs, puis une autre en 2016, qui en a tué 31 000.21

Entre 2010 et 2012, les épidémies de PPA ont entraîné la mort de plus de 255 000 porcs dans des fermes industrielles dans la région de Krasnodar. Il y a eu beaucoup moins de décès signalés dans les petites exploitations, environ 1 400.22 Pourtant, malgré la présence et le risque disproportionnés de PPA dans les grandes exploitations porcines, les autorités russes, sous la pression des agroholdings, ont concentré les mesures répressives sur les petits agriculteurs.

Tous les porcs des petites exploitations, en bonne santé ou malades, ont été abattus s’ils se trouvaient dans un rayon de cinq kilomètres d’une exploitation infectée. Dans le cas des fermes danoises, il a été interdit aux petits agriculteurs d’élever des porcs dans un rayon de 25 km.23 Et tandis que les grandes fermes ont reçu une compensation lorsque leurs porcs étaient abattus, cela a rarement été le cas pour les petits agriculteurs. Ces mesures faisaient partie d’une politique gouvernementale sur la PPA destinée à « diminuer les effectifs de porcs dans les ménages et les exploitations familiales [dans la région de Krasnodar] en les remplaçant par d’autres animaux de ferme ».24

D’autres autorités régionales ont suivi la même orientation. Dans l’oblast de Belgorod, où un cinquième des porcs russes sont élevés, les autorités locales ont tenté de racheter la totalité de l’approvisionnement en porcs provenant des petits agriculteurs et ont même pratiqué un abattage préventif des porcs des petits élevages familiaux avant que la PPA n’arrive sur le territoire.

Les politiques menées par les autorités russes ont été vigoureusement soutenues par les sociétés propriétaires des agroholdings, dont les dirigeants se sont présentés comme des victimes des mauvaises pratiques de biosécurité appliquées dans les petites exploitations.26 « La seule façon de réduire les risques de propagation de la PPA consiste à interdire l’élevage de porcs dans les petites exploitations », a déclaré Maxim Basov, PDG de Rusagro, l’une des plus grandes agroholdings du pays.27 À l’époque, Rusagro n’avait pas encore connu d’épidémie dans ses fermes. Mais, un an plus tard, en 2017, la PPA a frappé l’une de ses méga-exploitations près de la frontière ukrainienne. Cette exploitation approvisionnait une usine de transformation du porc appartenant à l’entreprise dans l’oblast de Tambov, qui venait de recevoir l’autorisation d’exporter du porc en Chine.28

Cadavres de porcs du producteur de porcs chinois Sun Dawu, SEPT. 2019

La campagne d’abattage menée par la Russie et ses mesures répressives à l’encontre des petites exploitations n’ont pas empêché la PPA de se déplacer vers le nord dans d’autres zones de production porcine ou dans les pays voisins. Les mesures ont effectivement permis aux grandes entreprises de rétablir leur production, mais seulement à un coût énorme pour les petits agriculteurs russes. Depuis le début de l’épidémie de PPA, la production de porc dans les petites exploitations a été réduite de moitié, tandis que la production des grandes porcheries industrielles a doublé.29 L’approche russe de la lutte contre la PPA a été un désastre pour les agriculteurs russes et elle n’aurait jamais dû être imitée en Europe de l’Est, où la maladie a ensuite frappé.

La PPA se propage vers l’ouest

Une fois que la PPA a commencé à se propager en Russie, il est devenu probable que l’Ukraine voisine serait la prochaine victime. Des experts de la FAO et d’autres agences de santé animale ont rappelé que le risque numéro un tenait à la prépondérance des petits élevages familiaux le long de la frontière entre l’Ukraine et la Russie. « Le petit élevage porcin représente le risque le plus élevé d’introduction de la PPA » a mis en garde la FAO en 2010. « Si la PPA était introduite en Ukraine, les premiers locaux infectés seraient très probablement les petites exploitations à faible biosécurité ou des petits élevages familiaux. » La FAO a ensuite laissé entendre que les petits éleveurs de porcs ukrainiens devraient être encouragés à se tourner vers la culture ou l’élevage d’autres animaux à la place.30

Mi-2014, la PPA est arrivée en Ukraine, comme l’avait prédit la FAO, près de la frontière russe et dans de petites exploitations qui avaient probablement été infectées par contact avec des sangliers. Mais ces petits foyers ont été rapidement traités et il a fallu encore un an avant que la maladie réapparaisse. Mais cette fois, cela s’est produit dans une immense exploitation, loin de la frontière russe, juste à l’extérieur de la capitale Kiev, où les entreprises s’étaient lancées dans la construction de nombreuses porcheries industrielles.

Début août 2015, une cargaison de 277 carcasses de porcs a été testée positive à la PPA dans un abattoir à l’extérieur de la ville de Poltava.31 On a pu retracer l’origine de la viande, arrivée quelques semaines auparavant. Il s’agissait d’une ferme située à l’extérieur de Kiev, à 300 km de l’usine de Poltava, qui appartenait à Kalita Agrocomplex, l’un des plus grands producteurs de porc du pays.32

Encadré 4 : En quoi cette maladie porcine est-elle africaine ?

La PPA est appelée peste porcine africaine parce que c’est le nom que lui ont donné les colons blancs en Afrique, lorsque leurs porcs ont commencé à mourir d’une maladie mystérieuse qui ressemblait beaucoup à la peste porcine classique. Mais il est également vrai que la PPA est principalement endémique dans de vastes zones de l’Afrique, provoquant des épidémies sporadiques et parfois dévastatrices.

La PPA est devenue un problème plus important en Afrique au cours des trente dernières années, car la production porcine a doublé et le volume des échanges commerciaux a augmenté. Elle est passée d’une maladie propagée principalement par des tiques hôtes et des porcs sauvages à une maladie qui se propage par l’élevage de porcs et la chaîne d’approvisionnement en viande de porc. Si les pertes de porcs dues à la PPA signalées au cours des quatre dernières années sont loin d’être comparables à celles de l’Asie ou de l’Europe, la PPA reste l’un des principaux obstacles à la production porcine sur le continent.25

Il ne s’agissait pas d’une ferme ordinaire. C’était la plus grande porcherie d’engraissement du pays, avec plus de 60 000 porcs. La viande contaminée originaire du complexe a probablement été distribuée partout dans le pays, avant que la maladie ne soit officiellement enregistrée. De plus, la porcherie elle-même, qui est située au sein d’un complexe plus vaste au côté de fermes horticoles et d’une usine d’aliments pour animaux, a généré de multiples voies de transmission, susceptibles de laisser la PPA se développer et se propager en l’absence d’intervention pendant plusieurs semaines, ce qui a apparemment été le cas.

Plus de 350 foyers de PPA ont été signalés en Ukraine depuis l’épidémie de Kalita, frappant à la fois de grandes et de petites exploitations. L’une des flambées les plus récentes et spectaculaires s’est produite le 18 août 2019 dans une très grande porcherie industrielle appartenant à la société danoise Zythomir Holding et soutenue par des banques de développement scandinaves.33 L’épidémie a entraîné la mort de 95 000 porcs, soit près de 2 % de l’ensemble du cheptel porcin national. Il était de plus en plus évident que les élevages industriels danois, qui prétendent pratiquer les niveaux de biosécurité les plus stricts, sont particulièrement sensibles à la PPA (voir Encadré 5 : Les exploitations des entreprises danoises ne font pas le poids face à la PPA).34

Le premier contact de la Roumanie avec la PPA a également eu lieu dans des petits élevages familiaux, dans le nord du pays en 2017. Cette première épidémie a été rapidement maîtrisée, mais un an plus tard, une série de flambées a éclaté dans de grandes exploitations du sud-est et a entraîné une saturation dans le nombre de cadavres de porcs que les autorités n’ont pas réussi à éliminer correctement.35

Encadré 5 : Les exploitations des entreprises danoises ne font pas le poids face à la PPA

En 2012, un camion de 700 porcs reproducteurs danois transportés vers une ferme industrielle appartenant à Rusagro a été intercepté à la frontière polonaise par les autorités douanières russes. Les investigations ont révélé que 37 porcs étaient morts en cours de route et avaient ensuite été jetés sur le bord de la route en Pologne, sans que l’incident n’ait été notifié aux autorités frontalières russes ni que les résultats des tests de dépistage de la maladie n’aient été fournis.36Le gouvernement russe, craignant que les porcs ne soient morts de la PPA, a menacé d’interdire les importations de porcs danois.

Le chargement de ce camion ne représentait que l’un des nombreux transports de ce type effectués quotidiennement vers la Russie et d’autres pays d’Europe de l’Est à partir du Danemark. Les entreprises porcines danoises exportent environ 10 000 porcs reproducteurs par an vers la Russie, ce qui représente environ 40 % du total. Les porcs traversent la Pologne, qui importe maintenant plus de 6 millions de porcs danois chaque année.37

Mais les entreprises porcines danoises ne se contentent pas de prendre le contrôle du commerce de porcs vivants d’Europe de l’Est ; elles possèdent aussi désormais un grand nombre des plus grands élevages de porcs de la région. Les entreprises danoises affirment que leurs activités sont modernes et plus respectueuses de l’environnement que les fermes délabrées de l’ancien bloc de l’Est, et elles prétendent avoir les normes les plus élevées en matière de biosécurité. Mais la population locale est scandalisée par la pollution générée par les méga-fermes danoises et par les tactiques agressives que ces sociétés utilisent pour les mettre en place.38 La réalité est que les sociétés danoises opérant en Europe de l’Est ont du mal à lutter contre les maladies, en particulier lorsqu’il s’agit de la PPA. Les épidémies de PPA dans les exploitations des entreprises danoises ont représenté environ un quart du total des décès de porcs dus à des épidémies de PPA en Europe de l’Est qui ont été signalés à l’OIE entre 2016 et mai 2019.39

Plus au sud, en Bulgarie, les premiers cas de PPA chez les sangliers et dans un petit élevage familial ont également été traités rapidement et efficacement. Mais en juillet 2019, la PPA a de nouveau frappé, cette fois dans la principale région porcine du pays, dans l’oblast de Roussé. Quatre des plus grands élevages porcins du pays ont connu des flambées, qui ont anéanti plus d’un cinquième du cheptel porcin national.44Le gouvernement a déclaré l’état d’urgence dans les districts touchés et, conformément aux demandes des grandes sociétés d’élevage porcin, a ordonné l’abattage de tous les porcs détenus dans les petites exploitations dans un rayon de 20 km de chaque grande exploitation, alors même que les autorités étaient déjà complètement dépassées en essayant d’éliminer les cadavres de porcs dans les grandes porcheries.45

Comme cela a été le cas en Russie, ces mesures draconiennes déployées contre les petites exploitations ont été inefficaces. Une nouvelle flambée a été enregistrée début 2020, cette fois dans les exploitations de la plus grande entreprise de production de viande de Bulgarie. Selon les premières informations, les exploitations enfreignaient les protocoles de biosécurité et les porcs infectés du complexe d’élevage porcin de l’entreprise étaient la source probable de contamination de l’épidémie dans son installation d’engraissement. Au total, 44 500 porcs ont été tués dans ces deux seules exploitations.46

Personnes protestant contre un abattage massif de porcs prévu dans le nord de Sumatra, Indonésie, FÉV. 2020 ; Crédit : IndonesiaExpatBizz

De même, dans la région de production porcine du département de Braila, en Roumanie, où les autorités ont tué de manière préventive 29 000 porcs en bonne santé dans de petites fermes en août 2018 pour « protéger » les grandes exploitations, la PPA s’est encore propagée à travers les fermes industrielles du département quelques semaines plus tard, causant la mort de plus de 200 000 porcs, dont 140 000 porcs dans une seule exploitation, la deuxième plus grande ferme porcine de l’UE.47

Tous comptes faits, la PPA a tué beaucoup plus de porcs dans les fermes industrielles européennes que dans les petites fermes, mais ce sont les petits agriculteurs qui en paient le prix. Les grandes entreprises ont une assurance et sont indemnisées par des fonds publics en cas d’épidémie. Une méga-ferme en Roumanie, par exemple, détenue par un homme d’affaires néerlandais qu’aucun habitant de la région n’a jamais vu, a reçu 36,5 millions d’euros de l’UE lorsque 200 000 de ses porcs ont été tués par une épidémie de PPA dans ses fermes roumaines de Gropeni.48

Les grandes entreprises d’élevage porcin peuvent ainsi rapidement reconstituer leur cheptel, et les autorités locales et nationales font généralement tout ce qu’elles peuvent pour que ces grands exploitants soient déclarés indemnes de la maladie le plus rapidement possible. Il y a même une pression au niveau de l’UE, à l’initiative de certaines des grandes entreprises danoises investies dans l’élevage porcin en Europe de l’Est, en faveur d’une « compartimentation » dans laquelle les sociétés exploitant de grandes fermes dans les zones touchées par la PPA obtiendraient une autorisation spéciale pour faire entrer ou sortir leurs porcs et leur équipement de la zone.49

Les petites exploitations, en revanche, ont été dévastées par les épidémies de PPA en Europe de l’Est. Non seulement elles ont du mal à faire face à une nouvelle maladie mortelle, mais elles doivent également faire face au « traitement » hostile administré par leurs gouvernements. Le Bélarus, par exemple, a adopté une loi qui autorise le gouvernement à emprisonner les petits agriculteurs si leurs porcs sont infectés par la PPA.50 Plusieurs États ont adopté des mesures interdisant le pâturage des porcs, comme la Roumanie, qui a adopté une ordonnance interdisant aux agriculteurs de conserver plus de deux porcs s’ils n’installent pas d’établissements confinés conformes aux réglementations de l’UE, ce que peu de petits agriculteurs peuvent se permettre.51

Porcs tués par la PPA qui ont été achetés au Groupe Mavin, province de Tuyen, Vietnam. NOV. 2019.

Pour de nombreux petits agriculteurs confrontés à la PPA dans leur région, la seule fois où ils voient les autorités vétérinaires publiques, c’est lorsqu’elles viennent abattre leurs porcs. « Il n’y a pratiquement pas de vétérinaires pour les petits agriculteurs dans les campagnes en Roumanie. Alors tout ce qu’ils font, c’est venir tuer les porcs en cas d’épidémie dans les environs », explique Attila Szőcs de l’association paysanne roumaine Eco Ruralis. « Ils tirent une balle dans la tête des cochons puis ils laissent l’agriculteur s’occuper des cadavres d’animaux. »52

Peu de petits agriculteurs sont indemnisés lorsque leurs porcs sont abattus. Dans l’UE une indemnisation n’est accordée qu’aux éleveurs qui ont enregistré leurs porcs. Mais la plupart des petits éleveurs n’enregistrent pas leurs porcs, car ils devraient alors se conformer aux réglementations de l’UE qui sont inadaptées et difficilement applicables dans leurs exploitations. Et même les éleveurs qui enregistrent leurs porcs et respectent les réglementations de l’UE ne bénéficient d’aucune indemnisation. En Pologne, les petits agriculteurs qui ont modernisé leurs exploitations conformément aux directives de l’UE ont continué à se voir refuser toute indemnisation lorsque leurs porcs ont été abattus parce qu’ils ne respectaient pas un quelconque critère hautement technique des réglementations de l’UE, comme le fait de ne pas avoir le bon type de paillasson.53

Des agriculteurs polonais bloquent l’autoroute A2 pour protester contre les mesures de leur gouvernement contre la PPA, DÉC. 2018 ; Crédits : RMF24

Les petits agriculteurs tentent de mettre fin à ces attaques injustes. Des villageois roumains ont organisé des milices pour protéger leurs porcs des abattages et, en Bulgarie, les agriculteurs ont bloqué les principales autoroutes pour protester contre les mesures sur la PPA dans leur pays. Dans les deux pays, des maires ruraux ont refusé de se conformer aux décrets du gouvernement national.54 Mais au plus haut niveau, peu de choses ont changé et la PPA poursuit son carnage dans les fermes industrielles d’Europe de l’Est. L’année dernière a été la pire année jamais enregistrée pour les flambées de PPA en Europe, et les premières semaines de 2020 ont vu de nouvelles flambées massives dans des fermes industrielles en Roumanie et en Bulgarie.

Ce n’est qu’une question de temps avant que la PPA ne se déplace plus à l’ouest. Mais, pour l’instant, c’est le mouvement vers l’est de la maladie qui détruit les porcs dans des proportions gigantesques.

La PPA explose en Chine

En août 2018, le cauchemar est devenu réalité. L’épidémie de PPA a été officiellement déclarée en Chine, qui abrite plus de la moitié des porcs du monde.

On ne sait toujours pas comment la maladie est passée de l’Europe de l’Est à la Chine. Ce que l’on sait, c’est que les premières flambées se sont produites dans le nord-est du pays et que la maladie y circulait probablement depuis au moins le mois de mars 2019. En août, lorsque la PPA a été officiellement signalée pour la première fois, la maladie était déjà présente sur le marché des porcelets de la région, dans son secteur d’élevage industriel et au sein de la chaîne d’approvisionnement du numéro un mondial de la production de porc, du Groupe WH – une société chinoise qui possède également Smithfield, la plus grande entreprise porcine aux États-Unis, en Roumanie et en Pologne.55

C’est dans cette région du nord-est que le Groupe WH et d’autres grandes sociétés de l’industrie porcine chinoise ont connu une expansion agressive, dans le cadre d’un projet du gouvernement national visant à réduire l’élevage porcin dans le sud densément peuplé du pays, où la pollution provenant des élevages porcins est devenue insupportable, et à le délocaliser vers le nord.56 Mais la vitesse et l’ampleur de cette concentration orchestrée de fermes porcines industrielles, d’usines d’aliments pour animaux et d’usines de transformation de la viande dans le nord-est de la Chine ne se sont pas du tout accompagnées d’une augmentation de la capacité à gérer la pollution et les risques d’épidémies qu’elle générait. Une fois que la PPA a pénétré dans ce baril de poudre viral, elle a explosé comme une bombe.

Les autorités locales et les agriculteurs ont été complètement dépassés. Les porcs malades ont été envoyés à l’abattoir et des millions de cadavres de porcs ont été inhumés ou déversés de façon inappropriée le long des routes et dans les rivières.60 La PPA a ravagé les zones de production porcine du nord-est, puis s’est rapidement propagée au reste du pays. Les porcs ont littéralement disparu de la campagne chinoise. Un fermier de la province du Hunan a déclaré au New York Times que les porcs étaient devenus si rares dans sa région que des foules de villageois sortaient de chez eux pour le voir transporter ses porcs au marché. « Les gens se rassemblaient autour du camion pour les regarder », a-t-il dit. « C’est comme s’ils voyaient un panda. »61

Seule une petite partie de cette catastrophe est mentionnée dans les rapports officiels. L’État chinois affirme que 1,2 million de porcs ont été abattus, alors que des personnes bien informées du secteur estiment que le nombre réel de porcs victimes des foyers de PPA est plus proche de 200 millions. Le gouvernement a pour ainsi dire laissé les agriculteurs chinois livrés à eux-mêmes face à une maladie mortelle dont ils n’avaient aucune expérience antérieure.

Il n’est donc pas possible de savoir combien de foyers sont apparus dans les grandes installations industrielles ou dans les chaînes de production sous contrat avec les entreprises.62 Certaines entreprises n’ont admis que récemment des flambées dans leurs exploitations survenues des mois auparavant. En septembre 2019, le thaïlandais Charoen Pokphand, l’une des plus grandes entreprises d’élevage porcin et de production d’aliments pour animaux en Chine, a déclaré à Reuters que « plusieurs » de ses exploitations avaient été des foyers de PPA, dont une dans le Shandong.63 À peu près à la même époque, la société de capital-investissement américaine Proterra, créée par Cargill, a divulgué à une source médiatique de l’industrie que « plusieurs » de ses exploitations dans la province du Shandong avaient également été touchées par la PPA.64 Ces deux sociétés n’ont clairement pas été les seules concernées : une source du secteur a déclaré à Reuters qu’en juin 2019, la moitié des porcheries industrielles de la province du Shandong étaient complètement vides. Pourtant, dans les données officielles du gouvernement chinois, un seul foyer de PPA a été signalé dans le Shandong.65

Un paquet contaminé par la PPA de saucisses croustillantes produites par le Groupe WH a été confisqué par les autorités de l’aéroport de Taipei en novembre 2018, trois mois après le signalement d’une épidémie à l’usine de transformation de viande du Groupe WH à Zhengzhou.

Il y a aussi peu d’informations sur le rôle que les entreprises d’alimentation animale ont pu jouer dans la propagation de la maladie. Bien que le gouvernement et certaines grandes sociétés d’alimentation animale aient reconnu que les aliments industriels étaient un vecteur clé de la propagation de la maladie, très peu de mesures semblent avoir été prises pour faire face à cette menace.66 En septembre 2018, le gouvernement a interdit les produits à base de protéines sanguines de porc qui sont couramment utilisés dans les aliments pour animaux, y compris les aliments pour porcs, après que des tests ont révélé que 95 % des échantillons étaient positifs à la PPA.67 Mais il a ensuite immédiatement reculé, après un lobbying intense de la part des principaux transformateurs de viande, ce qui leur a permis de vendre le produit si le test était négatif.68 Peu après, en décembre 2018, les autorités douanières de la province de Tianjin ont annoncé qu’elles avaient trouvé le virus de la PPA dans une cargaison de 73,93 tonnes de protéines de sang de porc produites par l’une des plus grandes entreprises d’élevage porcin et de transformation de la viande du nord-est.69

Il ne fait guère de doute que les grandes entreprises ont joué un rôle majeur dans la propagation et l’ampleur dramatiques de la PPA en Chine, et cela aurait dû amener le gouvernement chinois à remettre en question son engagement en faveur de l’agriculture industrielle et l’industrialisation de son système alimentaire. Mais les épidémies de peste porcine africaine n’ont fait que renforcer cet engagement. Le gouvernement a réagi en accordant des subventions généreuses aux principaux acteurs du secteur, en assouplissant les restrictions environnementales et en abandonnant à leur sort leurs concurrents – les petites exploitations et les petits transformateurs de viande.70 C’est une opportunité sans précédent pour les grandes entreprises d’élevage porcin d’étendre et de consolider leur contrôle, et elles se précipitent pour la saisir.

Le thaïlandais Charoen Pokphand prévoit de faire passer les effectifs de son cheptel porcin en Chine de quatre millions à 10 millions de porcs d’ici l’année prochaine.71 New Hope, aujourd’hui l’un des plus grands éleveurs de porcs et producteurs d’aliments pour animaux au monde, développe actuellement ses activités pour produire 25 millions de porcs par an d’ici 2025, grâce à un prêt de 40 millions de dollars de la Banque asiatique de développement pour la construction de deux nouvelles méga-fermes dans les provinces du Hebei et du Guangxi.72 Le groupe Wen, la plus grande entreprise d’élevage porcin de Chine, prévoit d’augmenter sa production à 70 millions de porcs par an, soit environ 10 % des abattages annuels dans le pays.73

Nous vivons actuellement période de boom pour les grandes entreprises d’élevage porcin, mais c’est une crise majeure pour les petits agriculteurs chinois. Il y a plus de 40 millions de petits éleveurs de porcs en Chine, dont beaucoup élèvent des porcs pour les principaux acteurs du secteur. Leurs élevages ont été dévastés par la première vague d’épidémies de PPA et de campagnes d’abattage, et ils ont maintenant du mal à se remettre sur pied, sans aucun soutien significatif du gouvernement et avec le risque que la maladie réapparaisse. Ils ne sont pas en mesure de mettre en œuvre le modèle de biosécurité promu par les grandes entreprises et les agences gouvernementales pour répondre à la PPA. Les experts ont estimé le coût des produits chimiques et autres intrants associés à environ 220 RMB (30 $US) par porc, une dépense hors de la portée du petit fermier moyen.74 Sans un réel effort pour changer de cap dans la réponse du pays à la PPA, la longue tradition de l’élevage porcin en Chine est vouée à l’échec.

Une aubaine pour les multinationales de la viande

La PPA s’est très rapidement propagée de la Chine vers d’autres régions de l’Asie, infectant tour à tour le Vietnam, le Cambodge, la Mongolie, la Corée du Nord, le Laos, le Myanmar, les Philippines, la Corée du Sud, le Timor oriental et l’Indonésie (voir Encadré 6 : Les petites exploitations agricoles évincées du Vietnam). Des cadavres de porcs chinois morts de la PPA ont également été rejetés sur les côtes de Taïwan et des centaines de colis de produits porcins contaminés en provenance de Chine et d’autres pays infectés par la PPA ont été saisis par les agents de contrôle aux frontières à Taïwan, en Australie, aux Philippines, au Japon et ailleurs.75La Grèce a signalé son premier foyer de PPA en février 2020, et il ne fait guère de doute que cette souche de PPA se retrouvera bientôt dans d’autres pays.

Encadré 6 : Les petites exploitations agricoles sont évincées au Vietnam

La production porcine vietnamienne a connu une croissance exponentielle au cours de la dernière décennie, alimentée par un afflux d’investissements dans les grands élevages de porcs et par des programmes d’élevage sous contrat de sociétés étrangères et nationales. De nombreux éleveurs de porcs vietnamiens engraissent désormais des porcs sous contrat avec ces entreprises, qui leur fournissent les porcelets, la nourriture et d’autres intrants. Ce contexte offrait un terrain propice à une grave épidémie de peste porcine africaine.

À la suite de la première épidémie officielle en janvier 2019, la PPA s’est propagée comme une traînée de poudre à travers le secteur porcin industrialisé du pays. En novembre de la même année, 8 429 foyers épidémiques avaient été signalés, entraînant la mort de 5,8 millions de porcs. Le gouvernement a fustigé les petites fermes pour leur manque de biosécurité, mais les systèmes de biosécurité coûteux des nouvelles fermes industrielles n’ont pas non plus fait le poids face à la maladie.

Les fermes industrielles du groupe australo-vietnamien Mavin, par exemple, ont été présentées comme un modèle de biosécurité au cours des premiers mois de l’épidémie. En octobre 2019, la société a assuré aux agriculteurs vietnamiens que ses exploitations de reproduction étaient totalement à l’abri de la PPA et qu’elle était prête à leur fournir de nouveaux porcelets pour se réapprovisionner en cas d’épidémie de PPA. « Tout cela grâce à des pratiques strictes de biosécurité », déclarait Dao Manh Luong, le PDG de Mavin.57

Mais quelques semaines plus tard, 400 porcelets qu’un éleveur de la province de Tuyen avait achetés à la société sont morts en quelques jours. Les porcelets étaient certifiés indemnes de la peste porcine africaine, mais lorsque l’éleveur a envoyé des échantillons à un laboratoire local, il a été confirmé qu’ils avaient été infectés. L’éleveur a immédiatement appelé la société pour l’en informer, mais celle-ci a refusé de reconnaître lui avoir vendu les porcelets. Lorsqu’il a menacé de signaler l’incident aux autorités locales, la société a déclaré qu’elle discuterait de la situation en interne et qu’elle le recontacterait. Après quelques jours d’attente et de tentatives répétées de les appeler, l’éleveur a averti les autorités et a contacté les médias, avec des documents prouvant que Mavin lui avait vendu des porcelets infectés par la peste porcine africaine. Ce n’est qu’à ce moment-là que l’entreprise a répondu en disant avoir suspendu ses livraisons de porcelets et qu’elle allait procéder à des investigations dans ses exploitations.58

La réalité est que les épidémies de PPA ont touché tous les types d’exploitations au Vietnam, même les petites exploitations des zones montagneuses où sont encore élevées les races traditionnelles de porcs. C’est une situation traumatisante pour les petits éleveurs vietnamiens. La maladie et les abattages préventifs imposés par le gouvernement ont anéanti leurs élevages de porcs, et maintenant ils ont peur de se réapprovisionner au cas où la maladie réapparaîtrait. Certains ont reçu une indemnisation, mais celle-ci n’est pas suffisante pour leur permettre de reprendre l’élevage des porcs et ils sont ainsi privés d’une source essentielle de revenus et de sécurité alimentaire.59

L’ampleur de cette pandémie est inégalée en termes de nombre de porcs morts, mais elle n’est pas sans précédent. Avant la PPA, il y a eu la diarrhée épidémique porcine (DEP), un coronavirus qui a commencé à dévaster les élevages de porcs en Chine en 2010 avant d’arriver aux États-Unis où il a causé la mort de 7 millions de porcelets en moins d’un an. Et avant la DEP, il y a eu le virus du syndrome dysgénésique et respiratoire du porc (SDRP), connu sous le nom de maladie de l’« oreille bleue », qui est apparu pour la première fois dans les fermes industrielles des États-Unis et d’Europe dans les années 1990 et s’est propagé en Chine en 2007 et au Vietnam en 2008, tuant des millions de porcs. Chacune de ces pandémies, générées et propagées par l’industrie de la viande, a permis d’approfondir et d’étendre le contrôle des grandes entreprises sur la production mondiale de porc.76

« Voilà l’ironie de l’histoire [à propos de la diarrhée épidémique porcine] : Nous sommes le plus grand producteur de porcs au monde, et il y a cette maladie porcine, et elle nous a frappés », a expliqué Ken Sullivan, le PDG de Smithfield. « Cela a provoqué une hausse disproportionnée des prix et cela nous a amenés au final à gagner plus d’argent. »77

Et cette situation se reproduit maintenant pour Smithfield avec la PPA. Son propriétaire, le Groupe WH, a subi des pertes initiales au cours de la première année de l’apparition de la PPA en Chine. Mais il profite maintenant des prix élevés du porc en important des carcasses de porc de ses exploitations Smithfield aux États-Unis et du Brésil, où il a signé un accord avec la plus grande entreprise de viande au monde, JBS, pour lui fournir du bœuf, de la volaille et du porc à destination du marché chinois.78

L’agriculteur vietnamien Duong Van Vu inspecte sa ferme, après avoir subi la première épidémie de PPA signalée dans le pays, FÉV. 2019

La PPA a pour l’essentiel anéanti la concurrence des petites exploitations agricoles et des petits transformateurs, laissant les grandes entreprises profiter seules de la flambée des prix du porc et de la demande accrue d’autres viandes. Les industriels qualifient ce moment d’« océan bleu » pour les multinationales de la viande.79 Déjà, au trimestre financier se terminant en septembre 2019, un an seulement après le début de l’épidémie de PPA, les principales entreprises d’élevage porcin en Chine avaient suffisamment rétabli leur production pour effacer les pertes et nombre d’entre elles enregistraient des bénéfices records.80 Ces sociétés réinvestissent maintenant leurs bénéfices dans des plans d’expansion qui assureront leur domination pour les années à venir. C’est non seulement le cas en Chine, mais aussi dans d’autres pays touchés par la PPA, comme le projet de méga-ferme de New Hope au Vietnam et les multiples investissements de Charoen Pokphand dans des sociétés d’élevage de porcs russes.81

Les exportateurs de viande vers la Chine profitent également de la siutation. Danish Crown vient de vendre pour 100 millions de dollars de viande de porc européenne à COFCO, la plus grande société chinoise de produits agricoles de base.82 L’Association des producteurs de porcs d’Argentine (AAPP) affirme avoir signé cette année un accord d’investissement de 27 milliards USD avec la Chine pour faire passer la production annuelle de l’Argentine de 6 millions à 100 millions de porcs au cours des huit prochaines années, afin de répondre à la demande chinoise attendue.83 Et cela ne concerne pas que le porc : L’entreprise américaine Cargill attribue le montant stupéfiant d’un milliard de dollars de bénéfices, qu’elle a réalisé au cours des deux premiers trimestres financiers de 2019, à une augmentation des exportations de volailles vers la Chine, qui a connu une forte hausse après l’apparition des foyers de peste porcine africaine.84

Une meilleure façon de faire face à la PPA et aux maladies animales

Les multinationales de la viande n’ont pas créé la PPA. Mais elles ont créé les conditions d’une pandémie mondiale de la maladie qui a entraîné la mort de centaines de millions de porcs au cours de la dernière décennie. Et la PPA n’est qu’une des nombreuses nouvelles pandémies touchant le bétail qui ont été propagées par l’industrie, dont certaines peuvent se propager à l’homme, comme la grippe aviaire, la grippe porcine et les coronavirus comme le syndrome de la diarrhée aiguë du porc.85

Ces grandes entreprises veulent nous faire croire qu’il n’y a qu’une seule façon de répondre à la PPA et à la liste croissante des agents pathogènes mortels pour le bétail. C’est une approche qui est fondée sur la vulnérabilité de leurs exploitations, où des milliers de porcs génétiquement uniformes sont entassés dans des porcheries et engraissés pour être commercialisés le plus rapidement possible. Les porcs de ces fermes sont si vulnérables aux maladies et les conséquences économiques des épidémies qui les frappent sont si importantes qu’il faut empêcher l’entrée de tout agent pathogène et tout contact possible avec le milieu environnant. Il est maintenant devenu pratique courante dans les plus grandes fermes industrielles de garder les travailleurs confinés dans les locaux pendant des semaines afin de minimiser les risques d’introduction accidentelle d’agents pathogènes avec leurs bottes ou leurs vêtements. Mais, quelle que soit la sévérité de ces mesures, des épidémies continuent de se produire, avec des conséquences catastrophiques.

Dans cette vision d’entreprise de la biosécurité, les petites exploitations agricoles représentent pour les entreprises un risque qui doit être toléré jusqu’à ce qu’elles puissent être éliminées. « Les petits élevages familiaux sont une véritable bombe », déclare Ly Laville, directeur du lobby des grandes entreprises d’élevage de porcs au Cambodge.86 C’est ainsi que le monde des affaires considère les petits éleveurs de porcs : comme une menace pour leur existence.

Le récit diffusé aux agriculteurs par les entreprises et les gouvernements, sur la nécessité de moderniser leurs exploitations et de rejoindre les chaînes d’approvisionnement des entreprises pour survivre, est une subterfuge. C’est le contraire qui est vrai. Comme les agriculteurs du Vietnam et de Pologne peuvent en témoigner, la « modernisation » est en train de les anéantir – et elle dégrade la sécurité de leurs élevages porcins.

Il est possible de lutter autrement contre la PPA. Prenons l’exemple de Madagascar où, en 1997, une souche de PPA similaire a frappé pour la première fois et a décimé 60 % du cheptel national. Au bout de deux ans, la maladie s’est calmée et est devenue endémique, des foyers sporadiques continuant à se déclarer dans tout le pays. Comme en Géorgie, la situation était trop risquée sur le plan économique pour les grandes exploitations commerciales et celles-ci ont rapidement disparu. Mais les petits élevages, pour la plupart en plein air, ont commencé à se reconstituer, ignorant l’interdiction des élevages de porcs en plein air que le gouvernement a tenté d’imposer en 2000. Aujourd’hui, la population porcine de Madagascar a dépassé le niveau d’avant la PPA, malgré l’apparition continue de foyers de la maladie.87

Cela ne veut pas dire que la situation à Madagascar est parfaite. Les petits éleveurs de porcs sont toujours touchés par la PPA, et les conséquences peuvent être dévastatrices. Mais beaucoup de choses ont été réalisées par les petits éleveurs travaillant entièrement seuls, et il est certain que l’on pourrait faire bien plus si le gouvernement s’engageait sérieusement à soutenir ces éleveurs au lieu d’essayer de les mettre hors la loi.

Il est également important de comprendre le rôle que les races locales de porcs peuvent jouer dans la lutte contre la PPA. Des études indiquent que les porcs de races locales de Madagascar ont développé une certaine résistance à la PPA et que les taux de mortalité dus aux épidémies sont en baisse.88 Des enquêtes sur les races locales dans d’autres régions d’Afrique touchées par la PPA indiquent également que les races locales peuvent être plus tolérantes à la maladie, ce que les éleveurs d’Asie ont également observé.89 Et bien sûr, les races locales ne sont peut-être pas les seules responsables de cette résistance à la peste porcine africaine ; les connaissances traditionnelles des agriculteurs qui élèvent des porcs de ces races pourraient également jouer un rôle. Mais les connaissances traditionnelles et les races locales ne sont pas des aspects dans lesquels les gouvernements investissent sérieusement dans le cadre de leurs efforts pour mettre fin à la PPA.

Beaucoup de choses peuvent être faites pour aider les petits agriculteurs à lutter efficacement contre la PPA et d’autres maladies importantes, si l’on cherche à adopter une approche centrée sur leurs besoins et leurs réalités. Une telle approche ne protégera pas les activités industrielles du Groupe WH ou de Charoen Pokphand, mais elle peut permettre aux agriculteurs d’avoir de petits élevages de porcs en bonne santé. Elle ne permettra pas d’ouvrir de nouveaux horizons à une production porcine industrielle excédentaire, mais elle peut garantir l’approvisionnement des marchés locaux et satisfaire des niveaux modérés de consommation de viande adaptés à une époque de crise climatique.90 Elle ne permettra pas non plus aux entreprises pharmaceutiques de faire de substantiels profits, mais elle contribuera à protéger le monde contre les pandémies mondiales de maladies animales. Les entreprises se battront avec acharnement contre une telle approche, mais c’est la seule approche qui a du sens pour tous les autres.

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Notes 
1. « Trắng xóa chuồng trại nơi ổ dịch tả lợn châu Phi », Nong Nghiep, 20 février 2019 : https://nongnghiep.vn/trang-xoa-chuong-trai-noi-o-dich-ta-lon-chau-phi-post236977.html
2. Le 5 février, les autorités taïwanaises ont confisqué un sandwich au porc transporté par un passager d’une compagnie aérienne du Vietnam à Taïwan, qui a été testé positif à la PPA. Voir Mai Nguyen, « Vietnam confirms first African swine fever cases on three farms », Reuters, 19 février 2019 : https://www.reuters.com/article/us-swine-fever-vietnam/vietnam-confirms-first-african-swine-fever-cases-on-three-farms-idUSKCN1Q80ZP
3. « Can China learn from Russia and save its pigs from African swine fever? » Bloomberg, 7 décembre 2018 : https://www.scmp.com/news/china/politics/article/2176866/can-china-learn-russia-and-save-its-pigs-african-swine-fever
4. Scott Dee et al., « Survival of viral pathogens in animal feed ingredients under transboundary shipping models », PLoS ONE 13(3): e0194509: https://doi.org/10.1371/journal.pone.0194509
5. A.A. Shevchenko et al. « The spread of African swine fever in the Krasnodar Territory », Kuban Vet, 2012 : http://www.kubanvet.ru/journal_n5_20121.html?template=print ; Betsy Freese, « Why you can’t believe what China says about African swine fever », Successful Farming, 13 mars 2019 : https://www.agriculture.com/news/livestock/china-says-african-swine-fever-is-under-control-but-nobody-believes-it
6. Voir Scott Dee et al., « Survival of viral pathogens in animal feed ingredients under transboundary shipping models », PLoS ONE 13(3): e0194509: https://doi.org/10.1371/journal.pone.0194509 ; annonce faite le 13 septembre 2018 par le ministre de l’Agriculture chinois sur de nouvelles mesures visant à lutter contre les ventes d’aliments contaminés (traduction fournie sur le site Avian Flu Diary) : https://afludiary.blogspot.com/2018/09/china-moa-issues-new-regulations-on-pig.html ; « China suspects ASF virus in porcine-based protein powders », Feedstuffs, 26 décembre 2018 : https://www.feedstuffs.com/news/updated-china-suspects-asf-virus-porcine-based-protein-powders.
7. Dongming Zhao et al. « Replication and virulence in pigs of the first African swine fever virus isolated in China », Journal of Emerging Microbes & Infections, Volume 8, 2019 – Numéro 1 : https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/22221751.2019.1590128 ; Jane Byrne, « PED virus: Is time running out for porcine plasma as a feed ingredient? » Feed Navigator, 25 février 2014 : https://www.feednavigator.com/Article/2014/02/25/PED-virus-Is-time-running-out-for-porcine-plasma-as-a-feed-ingredient
8. GRAIN, « L’époque des virus – La politique des maladies animales émergentes dans le monde », 2008 : https://grain.org/fr/article/770-l-epoque-des-virus-la-politique-des-maladies-animales-emergentes-dans-le-monde. Voir également les travaux de Rob Wallace sur Farming Pathogens : https://farmingpathogens.wordpress.com/tag/big-farms-make-big-flu/
9. Bien que toutes les publications scientifiques adoptent la théorie de l’arrivée par le port de Poti, il n’y a aucune preuve solide pour étayer cette théorie. Selon le Dr Levan Tsitskishvili, chercheur principal au Centre de biomédecine expérimentale Ivane Beritashvili, on n’a pu identifier aucun navire qui aurait pu transporter des produits porcins contaminés d’Afrique australe et l’épidémie n’a pas été diagnostiquée pendant plusieurs mois dans plusieurs régions du pays avant que les premiers cas aient été confirmés à l’OIE, Poti étant classé comme le premier foyer épidémique. En fait, une première déclaration de foyer, envoyée à l’OIE, a été révisée quelques semaines plus tard sous la forme d’une déclaration de foyer de PPA, après que des échantillons prélevés de foyers dans d’autres régions du pays se sont révélés positifs lors de tests effectués dans un laboratoire britannique. Le rapport initial ne faisait aucune mention d’une épidémie à Poti. Voir https://www.oie.int/wahis_2/public/wahid.php/Reviewreport/Review?reportid=5720; https://www.oie.int/wahis_2/public/wahid.php/Reviewreport/Review?reportid=7885
10. Comme l’indique le rapport de la Géorgie à l’OIE, « le foyer numéro 4 » est apparu dans une exploitation abritant 16 073 porcs, bien que l’emplacement ait été incorrectement signalé sous le nom de « Senaki, Mtskheta-Mtianet ». L’emplacement correct était Samegrelo (Senaki) et il s’agissait de la plus grande exploitation de la région. Communication personnelle avec le Dr Levan Tsitskishvili, chercheur principal au Centre Ivane Beritashvili de biomédecine expérimentale, décembre 2019.
11. D. Beltra’n-Alcrudo et al., « Descriptive and multivariate analysis of the pig sector in Georgia and its implications for disease transmission », PLoS ONE 13(8), 2018: e0202800. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0202800
12. Selon le propriétaire de l’exploitation de 13 000 porcs de Kalanda LLC, Soso Murvanidze, « les autorités vétérinaires locales » ont affirmé que l’épidémie était due à la peste porcine classique (PPC). Cependant, l’expert en maladies infectieuses invité par la société à examiner les porcs a diagnostiqué une épidémie de PPA sur la base d’un examen clinique. Il semble qu’aucun test de laboratoire n’ait été réalisé. Selon ce même expert, le diagnostic de PPC a été établi par un vétérinaire collaborant avec la société britannique qui a fourni les porcs à Kalanda LLC. Communications personnelles avec Soso Murvanidze, en novembre 2019 et le Dr Levan Tsitskishvili, chercheur principal au Centre de biomédecine expérimentale Ivane Beritashvili, en décembre 2019.
13. N.G. Vepkhvadze et al, « Active surveillance of African swine fever in domestic swine herds in Georgia », 2014, Rev. Sci. Tech. Off. Int. Epiz., 2017, 36 (3): https://pdfs.semanticscholar.org/d435/b0be70f03f068e7f6bb8773832ce70a13533.pdf
14. Le propriétaire de l’exploitation, selon la déclaration initiale des autorités de Krasnador, est KSP Kuban CJSC : http://pravo.gov.ru/proxy/ips/?doc_itself=&infostr=xO7q8+zl7fIg7vLu4fDg5uDl8vH/IO3lIOIg7+7×6+Xk7eXpIPDl5ODq9ujo&nd=140015007&page=1&rdk=1#I0
15. Les brevets en question portent les numéros RU2439152C1, RU2575079C1 et RU2577997C1.
16. Le brevet Pirbright porte le code US10,507,237, tandis que le laboratoire de Plum Island détient deux brevets pertinents (US 9,808,520 et US 9,474,797) et a probablement déposé une demande pour un troisième brevet associé à cette étude : « Development of a highly effective African swine fever virus vaccine by deletion of the I177L gene results in sterile immunity against the current epidemic Eurasia strain, » https://www.biorxiv.org/content/10.1101/861666v1.full
17. L’Institut Pirbright travaille déjà avec une société de biotechnologie du New Jersey pour créer un vaccin potentiel viable pour la souche géorgienne de 2007. Voir https://www.the-scientist.com/features/can-a-vaccine-save-the-worlds-pigs-from-african-swine-fever–66931?_ga=2.110059717.1182306610.1580416002-527485586.1580416002
18. A.A. Shevchenko et al. « The spread of African swine fever in the Krasnodar Territory », Kuban Vet, 2012 : http://www.kubanvet.ru/journal_n5_20121.html?template=print. Kuban Agro appartient à Oleg Deripaska, qui est également un associé de l’ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort. Voir « Here’s what we know about the Russian billionaire at the center of a U.S. political scandal », LA Times, 24 mars 2017 : https://www.latimes.com/world/la-fg-oleg-deripaska-20170323-story.html
19. Oane Visser, Alexander Kurakin et Alexander Nikulin, « Corporate social responsibility, coexistence and contestation: large farms’ changing responsibilities vis-à-vis rural households in Russia », Canadian Journal of Development Studies, 40:4, 580-599, DOI: 10.1080/02255189.2019.1688648
20. L’homme d’affaires de Saint-Pétersbourg est Alexey Antipov, et il était propriétaire de l’exploitation, Delimit LLC, par le biais de sa société Baltimor-Krasnodar LLC. Après l’épidémie de PPA, la société a été reprise par Argest LLC et Solnecynaya Kultura puis, en 2016, elle a été reprise par une entreprise appartenant à la fille du ministre russe de l’Agriculture. Voir « Minister Tkachev’s daughter acquired Delimit bankrupt », Yuga, 5 mars 2016 : https://www.yuga.ru/news/392143/ et Trading House Baltimor acquired Baltimore-Krasnodar, AK&M, 2016 : http://www.akm.ru/eng/news/2016/august/24/ns5609477.htm
21. « Dansk kæmpefarm ramt af svinepest », Finans, 2 août 2016 : https://finans.dk/finans/erhverv/ECE8968383/dansk-kaempefarm-ramt-af-svinepest/
22. Le rapport le plus complet sur les épidémies dans la région de Krasnodar entre 2008 et 2012 a été établi par A.A. Shevchenko et al. « The spread of African swine fever in the Krasnodar Territory », Kuban Vet, 2012 : http://www.kubanvet.ru/journal_n5_20121.html?template=print.
23. « Dansk kæmpefarm ramt af svinepest », Finans, 2 août 2016 : https://finans.dk/finans/erhverv/ECE8968383/dansk-kaempefarm-ramt-af-svinepest/
24. Oane Visser, Alexander Kurakin et Alexander Nikulin, « Corporate social responsibility, coexistence and contestation: large farms’ changing responsibilities vis-à-vis rural households in Russia », Canadian Journal of Development Studies, 40:4, 580-599, DOI: 10.1080/02255189.2019.1688648
25. Penrith, M.-L., Bastos, A. D. S., Etter, E. et Beltrán-Alcrudo, D. (2019). Epidemiology of African swine fever in Africa today: sylvatic cycle versus socio-economic imperatives. Transboundary and Emerging Diseases. doi:10.1111/tbed.13117
26. Oane Visser, Alexander Kurakin et Alexander Nikulin, « Corporate social responsibility, coexistence and contestation: large farms’ changing responsibilities vis-à-vis rural households in Russia », Canadian Journal of Development Studies, 40:4, 580-599, DOI: 10.1080/02255189.2019.1688648
27. « Rusagro : la situation de la peste porcine africaine est proche de catastrophique », Baker Group, 2016 : https://fr.baker-group.net/articles/news-of-the-confectionery-world-articles/rusgro-situcija-s-achs-blizk-k-ktstroficheskojj.html
30. FAO Transboundary Disease Bulletin, No. 36, 2010 : http://www.fao.org/3/i1958f/i1958f00.pdf
31. Voir le rapport officiel soumis à l’OIE selon lequel l’infection a été détectée « dans la viande de porc importée de l’exploitation de ‘Kalyta’ (district de Brovary, région de Kiev) au cours de la période du 23 au 27 juillet 2015 (avant que le diagnostic officiel de PPA ne soit établi pour cette exploitation). » https://www.oie.int/wahis_2/temp/reports/en_imm_0000018355_20150811_194100.pdf
32. « African Swine Flu found at Kalita farm in Kyiv Oblast », Interfax-Ukraine. 29 juillet 2015 : https://www.kyivpost.com/article/content/ukraine-politics/african-swine-flu-found-at-kalita-farm-in-kyiv-oblast-394555.html?cn-reloaded=1. L’installation de Kalita a été construite par une société appartenant à l’oligarque ukrainien Vadim Novinsky (le propriétaire de Smart-Holding) qui a vendu l’exploitation en 2013 aux fondateurs des hypermarchés ukrainiens Karavan. Voir « The owner of the Nikolaev shipyards found someone to sell his pig farm », News PN, 2013 : https://news.pn/ru/money/85569
33. La porcherie, située dans la région de Lviv dans l’ouest de l’Ukraine, fait partie du groupe Halychyna Zahid, détenu à 83 % par Zythomir Holding A/S, une société holding créée par un groupe d’éleveurs porcins danois. Les banques de développement scandinaves concernées sont le Fonds d’investissement pour les pays en développement et la Société nordique de financement pour l’environnement (NEFCO). Voir : https://halwest.com.ua/en/about-us/
34. « Dansk storfarm i Ukraine rydder », Landbrugs Avisen, 20 août 2019 : https://landbrugsavisen.dk/dansk-storfarm-i-ukraine-rydder-staldene-ramt-af-afrikansk-svinepest ; « Ukraine Pork Industry Takes A Huge Hit from African Swine Fever », Pork, août 2019 : https://www.porkbusiness.com/article/ukraine-pork-industry-takes-huge-hit-african-swine-fever
 
35. Des enquêtes ultérieures par un journaliste roumain ont révélé que le gouvernement roumain avait annulé les inspections sanitaires de routine des grandes fermes ce printemps, et que cela pourrait avoir été fait pour dissimuler une épidémie dans une grande exploitation appartenant au fils de l’ancien chef du Parti social-démocrate au pouvoir (PSD), qui est maintenant en prison pour corruption. Selon l’enquête, cette exploitation a abattu la plupart de ses porcs juste avant l’annonce de la présence de la PPA dans la région. Voir « Apocalipsa porcilor din Brăila a venit pe apa Dunării », Braila, 26 août 2018 : https://adevarul.ro/locale/braila/apocalipsa-porcilor-braila-venit-apa-dunarii-Seful-directiei-veterinare-cetatenii-inconstienti-vina-1_5b826cbadf52022f75cf03ac/index.html et « Băiatul lui Dragnea a scăpat de 10.000 de porci înainte de molimă ! Guvernul știa că vine pesta, dar populația și ceilalți fermieri au aflat ultimii! » Libertatea, 7 août 2018 : https://www.libertatea.ro/stiri/investigatie-exclusiva-baiatul-lui-dragnea-scapat-de-10-000-de-porci-inainte-de-molima-valentin-dragnea-un-om-de-afaceri-mai-bine-informat-decat-altii-2354597.
36. « Russia may ban import of breeding pigs from Denmark », Pig Progress, 22 mai 2012 : https://www.pigprogress.net/Breeding/Management/2012/5/Russia-may-ban-import-of-breeding-pigs-from-Denmark-PP008801W/
37. Voir « Two billion and rising: the global trade in live animals in eight charts », Guardian, 20 janvier 2020 : https://www.theguardian.com/environment/2020/jan/20/two-billion-and-rising-the-global-trade-in-live-animals-in-eight-charts
38. Voir par exemple, « Lithuanian locals kick up stink over Danish pig farm », AFP, 28 mai 2005 : http://www.terradaily.com/2005/050528024253.403zbaop.html. Quand les communautés locales ont remporté leur procès contre l’entreprise danoise Saerimner, celle-ci a intenté une action en justice contre le gouvernement lituanien en 2012 pour obtenir des dommages et intérêts. Voir : https://www.pigprogress.net/Pork-Processing/Meat-Companies/2012/7/Lithuanian-pork-producer-Saerimner-seeks-damages-from-the-state-PP009006W/
39. Le total pour l’OIE est de 777 244 porcs (voir : https://www.oie.int/fileadmin/Home/eng/Animal_Health_in_the_World/docs/pdf/Disease_cards/ASF/Report_17._Global_situation_of_ASF.pdf) ; les calculs pour les exploitations danoises sont basés sur le Tableau 1.
40. « En farm på den russiske savanne », Berlingske, janvier 2014 : https://www.berlingske.dk/virksomheder/en-farm-paa-den-russiske-savanne ; « Russia: ASF reduced backyard farms; large farms profit », Pig Progress, 17 janvier 2019 : https://www.pigprogress.net/Health/Articles/2019/1/Russia-ASF-reduced-backyard-farms-large-farms-profit-382386E/
41. « 98 000 danske griser rammet », Svin, 26 février 2019 : https://svineportalen.no/98 000-danske-griser-rammet/
42. « Idavang igen ramt af afrikansk svinepest », Svin Effectivt Landbrug, 13 août 2018 : https://effektivtlandbrug.landbrugnet.dk/artikler/svin/idavang-igen-ramt-af-afrikansk-svinepest.aspx
43. « Svinepest rammer dansk farm – 26.000 svin skal slagtes », Nyheder, 9 janvier 2020 : https://nyheder.tv2.dk/business/2020-01-09-svinepest-rammer-dansk-farm-26000-svin-skal-slagtes ; rapport d’entreprise de DCH International, décembre 2018 : https://premiumporc.com/wp-content/uploads/2019/09/20181210-EGF-Pr%C3%A6sentation-2018-18.0.pdf?x74642
44. « ASF Bulgaria: 130,000 pigs culled », Pig Progress, 9 août 2019 : https://www.pigprogress.net/Health/Articles/2019/8/ASF-Bulgaria-130000-pigs-culled-459856E/
45. « ASF: Bulgaria’s pig industry calls for national emergency to be declared », Sofia Global, 2 août 2018 : https://sofiaglobe.com/2019/08/02/asf-bulgarias-pig-industry-calls-for-national-emergency-to-be-declared/
46. « Animals of Brestak pig farm to be euthanized », Focus, 13 janvier 2020 : http://www.focus-fen.net/news/2020/01/13/443186/animals-of-brestak-pig-farm-to-be-euthanized.html
47. « Pesta porcină, război cu sătenii », Obiectiv, 7 août 2018 : http://obiectivbr.ro/content/pesta-porcin%C4%83-r%C4%83zboi-cu-s%C4%83tenii ; « Pesta porcină africană, confirmată la cea mai mare fermă din România », RL, 25 août 2018 : http://romanialibera.ro/actualitate/a-doua-ferma-ca-marime-in-europa-aflata-in-judetul-braila-suspecta-de-pesta-porcina-749030
49. Voir, par exemple, les commentaires du PDG de DCH International dans « Danske DCHI øger sin biosecurity mod afrikansk svinepest », LandbrugNord, 8 septembre 2018 : https://landbrugnord.landbrugnet.dk/artikler/global/danske-dchi-oeger-sin-biosecurity-mod-afrikansk-svinepest.aspx
50. Pendant ce temps, le gouvernement du Bélarus est fortement soupçonné de dissimuler des flambées de PPA dans les élevages de porcs appartenant à l’État. Voir : « Is there life after the ASF epidemic », Pig Progress, 2015 : https://www.pigprogress.net/Health/Articles/2015/11/Belarus-Is-there-life-after-the-ASF-epidemic-2712797W/
51. Communication avec Attila Szőcs d’Eco Ruralis, janvier 2020.
52. Communication avec Eco Ruralis (Roumanie), janvier 2020.
53. Voir le cas de l’agriculteur Hubert Ojdana dans « 2 lata walki o odszkodowanie za ASF », TPR, 20 janvier 2019 : http://www.tygodnik-rolniczy.pl/articles/hodowla-zwierzat/2-lata-walki-o-odszkodowanie-za-asf/?page=2
54. Communication avec Eco Ruralis (Roumanie), janvier 2020 et « ASF: Compulsory culling of pigs begins in southern Bulgaria », Sofia Global, 29 août 2019 : https://sofiaglobe.com/2019/08/12/asf-compulsory-culling-of-pigs-begins-in-southern-bulgaria/
55. La première flambée dans la province du Liaoning remonte à l’achat de 100 porcelets, en mars, dans la ville de Jilin, par un agriculteur qui a ensuite vendu ses porcs à l’agriculteur qui a déclaré le foyer. La deuxième flambée a été signalée à l’abattoir du Groupe WH à Zhengzhou, dans la province du Henan, et elle a été attribuée à des porcs qui sont arrivés dans l’installation après un transport de plus de 2 000 km par la route depuis l’extrême nord de la province du Heilongjiang. La troisième flambée a eu lieu dans le district de Haizhou, dans la ville de Lianyungang, province du Jiangsu, dans une ferme d’engraissement de grande taille qui prétendait respecter les protocoles modernes de biosécurité, ce qui laisse à penser que des aliments pour bétail contaminés pourraient avoir été un facteur de cette flambée. Voir « Second outbreak of ASF found in China », Université du Minnesota, 16 août 2018 : https://cahfs.umn.edu/news/second-outbreak-asf-found-china ; « Pork processor shut down over outbreak », China Daily, 18 août 2018 : http://www.chinadaily.com.cn/a/201808/18/WS5b7765e3a310add14f38673b.html ; et, « The First African Swine Fever Diagnosis Report of Jiangsu », China Animal Quarantine, 2018 : https://www.vetmed.umn.edu/sites/vetmed.umn.edu/files/jiangsu_asf_first_report_2018.pdf
56. Le plan quinquennal de production porcine de la Chine (2016-2020) publié par le ministère de l’Agriculture a réparti les provinces du pays en une zone de développement « majeure » (provinces du nord-est du Henan, du Shandong, du Sichuan et du Hebei), une zone à « potentiel » de développement (les provinces du nord-est du Jilin, du Liaoning, du Heilongjiang et de la Mongolie intérieure et une zone « restreinte » englobant la plupart des villes du sud-est et des grandes villes. https://www.reuters.com/article/us-china-farming-pigs-factbox/factbox-policies-companies-in-northern-expansion-by-chinas-pig-farmers-idUSKBN1DM12R
57. « African Swine Fever Update », Asian Agribiz : https://asian-agribiz.com/magazines/asian-pork/asf-update/
58. « Dân cầu cứu vì mua phải 400 lợn con của Mavin nhiễm dịch tả heo Châu Phi?, » Nong Nghiep, 18 novembre 2019 : https://m.nongnghiep.vn/dan-cau-cuu-vi-mua-phai-400-lon-con-cua-mavin-nhiem-dich-ta-heo-chau-phi-post253150.html
59. Voir l’importante étude menée par Aaron J. Kingsbury et Ho Ngoc Son, « An Analysis of Value-Chains and Market Development to Support the Smaller-Scale Production of Pork by Ethnic Minority Women in the Northern Mountainous Region of Vietnam », décembre 2019 : https://drive.google.com/file/d/1s9jXEaTzXo-kNx5ibDoJeG9pEOKTSZoX/view
60. See for example, « How Secrecy and Loopholes Fueled China’s Swine Fever Crisis », Caixin, 5 juillet 2019 : https://www.caixinglobal.com/2019-07-05/how-secrecy-and-quarantine-fueled-chinas-swine-fever-crisis-101436251.html
61. « China Responds Slowly, and a Pig Disease Becomes a Lethal Epidemic », NY Times, 17 décembre 2019 : https://www.nytimes.com/2019/12/17/business/china-pigs-african-swine-fever.html
62. L’une des rares flambées survenues dans une grande exploitation industrielle qui a été signalée concernait une ferme modèle moderne récemment construite dans le Heilongjiang en utilisant l’équipement danois le plus avancé. Heilongjiang Asia-Europe Animal Husbandry appartient conjointement à deux acteurs majeurs du financement agricole au niveau mondial : la société immobilière chinoise Shanghai Pengxin et la société d’investissement publique danoise Investeringsfonden for Udviklingslande (IFU). Il a fallu plus d’un mois à l’entreprise pour signaler le foyer aux autorités chinoises après que les porcs ont commencé à mourir en nombre inhabituel dans l’une de ses porcheries. Au moment de l’abattage des 73 000 porcs de la ferme, 3 766 porcs étaient déjà morts de la maladie. Voir : https://www.caixinglobal.com/2019-03-25/in-depth-dream-of-star-pig-farm-turns-into-ghastly-nightmare-101396497.html
63. « Thai pig producer set to build bigger, cleaner farms in wake of African swine fever », Pig Site, 24 septembre 2019 : https://thepigsite.com/news/2019/09/thai-pig-producer-set-to-build-bigger-cleaner-farms-in-wake-of-african-swine-fever
65. « Shandong’s pig stocks dropping as deadly African swine fever hits China’s pork supply, drives up prices », South China Morning Post, 28 mars 2019 : https://www.scmp.com/economy/china-economy/article/3003538/shandongs-pig-stocks-dropping-deadly-african-swine-fever-hits
66. Annonce par le ministère chinois de l’Agriculture, le 13 septembre 2018, de nouvelles mesures visant à lutter contre les ventes d’aliments contaminés (traduction fournie sur le site Avian Flu Diary) : https://afludiary.blogspot.com/2018/09/china-moa-issues-new-regulations-on-pig.html ; Betsy Freese, « Why you can’t believe what China says about African swine fever », Successful Farming, 13 mars 2019 : https://www.agriculture.com/news/livestock/china-says-african-swine-fever-is-under-control-but-nobody-believes-it
67. Voir l’annonce du ministère chinois de l’Agriculture, le 13 septembre 2018, sur de nouvelles mesures visant à lutter contre les ventes d’aliments contaminés (traduction fournie sur le site Avian Flu Diary) : https://afludiary.blogspot.com/2018/09/china-moa-issues-new-regulations-on-pig.html ;
68. Selon des entretiens de Betsy Freese avec une société de production d’aliments basée aux États-Unis et opérant en Chine, « Why you can’t believe what China says about African swine fever », Successful Farming, 13 mars 2019 : https://www.agriculture.com/news/livestock/china-says-african-swine-fever-is-under-control-but-nobody-believes-it
69. Il s’agit de l’entreprise Tianjin Baodi Agriculture & Technology. Voir « China suspects ASF virus in porcine-based protein powders », Feedstuffs, 26 décembre 2018 : https://www.feedstuffs.com/news/updated-china-suspects-asf-virus-porcine-based-protein-powders
70. « China races to expand its pig population after African swine fever », Business Day, 23 octobre 2019 : https://www.businesslive.co.za/bd/world/asia/2019-10-23-china-races-to-expand-its-pig-population-after-african-swine-fever/ ; « China to subsidize pig farms to ensure supply », Xinhua, 9 septembre 2019: http://www.xinhuanet.com/english/2019-09/09/c_138377820.htm
71. Le PDG de Charoen Pokphand pour la Chine a déclaré que la société a commencé à investir dans des élevages de porcs en Chine après l’épidémie de SDRP (syndrome dysgénésique et respiratoire du porc), car c’était « un signal fort indiquant que les fermes traditionnelles de la Chine doivent être remplacées par des systèmes intensifs » : https://thepigsite.com/news/2019/09/thai-pig-producer-set-to-build-bigger-cleaner-farms-in-wake-of-african-swine-fever. Le PDG de Smithfield, du groupe WH, Kenneth Sullivan, a déclaré que l’épidémie de diarrhée épidémique porcine qui avait dévasté leurs fermes américaines en 2014 leur était également profitable. « Voilà l’ironie de l’histoire : Nous sommes le plus grand producteur de porcs au monde, et il y a cette maladie porcine, et elle nous a frappés. Cela a provoqué une hausse disproportionnée des prix et cela nous a amenés au final à gagner plus d’argent, certainement à partir des fermes, qu’au cours des années précédentes. L’impact sur les prix l’a donc emporté sur la perte d’animaux et au niveau de la productivité. » https://www.nationalhogfarmer.com/marketing/smithfield-ceo-looks-ahead-2019.
73. « How China’s Giant Pig Purge Is Shaking Up the $118 Billion Pork Industry », Bloomberg, 23 octobre 2019 : https://www.bloomberg.com/news/articles/2019-10-23/china-s-mammoth-pig-purge-to-shake-up-118-billion-pork-industry
74. Simon Quilty, « Analyse: China at crossroads in rebuilding its pork industry, post ASF », Beef Central, 7 novembre 2019 : https://www.beefcentral.com/trade/analysis-china-at-crossroads-in-rebuilding-its-pork-industry-post-asf/
76. L’entreprise thaïlandaise Charoen Pokphand, par exemple, affirme s’être lancée dans l’élevage de porcs en Chine après l’apparition de la DEP (appelée « maladie de l’oreille bleue ») en 2008. « La maladie de l’oreille bleue a durement frappé le cheptel porcin chinois et a envoyé un signal fort indiquant que les fermes traditionnelles de la Chine doivent être remplacées par des systèmes intensifs. » The Pig Site, 24 septembre 2019 : https://thepigsite.com/news/2019/09/thai-pig-producer-set-to-build-bigger-cleaner-farms-in-wake-of-african-swine-fever
77. « Smithfield CEO looks ahead to 2019 », Bloomberg, 21 décembre 2018 : https://www.nationalhogfarmer.com/marketing/smithfield-ceo-looks-ahead-2019,
78. « Chinese meat packing giant locks in JBS supply », AG Canada, 27 janvier 2020 : https://www.agcanada.com/daily/chinese-meat-packing-giant-locks-in-jbs-supply
79. Le terme « océan bleu » désigne un espace commercial échappant à toute concurrence. « Tout pays touché par la peste porcine africaine, qu’il s’agisse du Vietnam ou de la Chine, est un marché de type  »océan bleu » pour l’élevage de porcs », explique Lei Yi, un analyste de China Merchants Securities basé à Shenzhen, dans https://www.reuters.com/article/us-china-newhope-pigfarming-vietnam/chinas-new-hope-breaks-into-southeast-asia-pig-farming-amid-disease-woes-idUSKBN1X812Z
80. « Swine fever pushes Chinese pig farmers to record quarterly profits », Reuters 31 octobre 2019 : https://www.reuters.com/article/us-china-swinefever-companies/swine-fever-pushes-chinese-pig-farmers-to-record-quarterly-profits-idUSKBN1XA11F
82. « China ‘Scouring the World for Meat’ as African Swine Fever Impacts Protein Markets », Farm Policy News, 10 novembre 2019 : https://farmpolicynews.illinois.edu/2019/11/china-scouring-the-world-for-meat-as-african-swine-fever-impacts-protein-markets/
83. Fermín Koop, « Argentina looks to capitalise on China’s swine fever crisis », Dialogo Chino, 29 janvier 2020 : https://dialogochino.net/33102-argentina-looks-to-capitalise-on-chinas-swine-fever-crisis/
84. « Cargill profits jump after pig cull causes meat shortage », Financial Times, 7 janvier 2020 : https://www.ft.com/content/9d9e1d60-3160-11ea-9703-eea0cae3f0de
85. Melody Schreiber, « A Novel Virus Killed 24,000 Piglets In China. Where Did It Come From? » NPR, 4 avril 2018 : https://www.npr.org/sections/goatsandsoda/2018/04/04/599179621/a-novel-virus-killed-24-000-piglets-in-china-where-did-it-come-from ; Yong Le-Yang et al., “Broad Cross-Species Infection of Cultured Cells by Bat HKU2-Related Swine Acute Diarrhea Syndrome Coronavirus and Identification of Its Replication in Murine Dendritic Cells In Vivo Highlight Its Potential for Diverse Interspecies Transmission,” Journal of Virology, novembre 2019, 93 (24) e01448-19: https://doi. org/10.1128/jvi.01448-19
86. « African swine fever wipes out Asia’s backyard pig farmers », Nikkei, 11 octobre 2019 : https://asia.nikkei.com/Business/Agriculture/African-swine-fever-wipes-out-Asia-s-backyard-pig-farmers
87. H. Rasamoelina Andriamanivo et al. How could an African swine fever outbreak evolve in an enzootic context? The case of Imerintsiatosika, Madagascar in 2015. PLoS ONE 14(9): e0221928, 2019: https://doi.org/10.1371/journal.pone.0221928
88. H. Rasamoelina Andriamanivo et al. How could an African swine fever outbreak evolve in an enzootic context? The case of Imerintsiatosika, Madagascar in 2015. PLoS ONE 14(9): e0221928, 2019: https://doi.org/10.1371/journal.pone.0221928
89. FAO, « African Swine Fever: Detection and Diagnosis », 2017 : http://www.fao.org/3/a-i7228e.pdf
90. GRAIN and IATP, « Émissions impossibles : comment les grandes entreprises du secteur de la viande et des produits laitiers réchauffent la planète », 18 juillet 2018 : https://www.grain.org/fr/article/5997-emissions-impossibles-comment-les-grandes-entreprises-du-secteur-de-la-viande-et-des-produits-laitiers-rechauffent-la-planete


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