Les Arabes de Turquie pour la paix avec la Syrie

Une cité perdue aux confins de la Turquie. Dernière bande littorale avant la frontière syrienne. C’est là que l’Oronte, le « fleuve rebelle » comme l’appelle les Arabes, se jette à bout de souffle, dans la Méditerranée, après une course folle de près de 600 km à travers le Liban et la Syrie. C’est là que commencent les premiers plis de la chaîne de l’Amanus, un rideau de pierres ocres, de pins et de garrigues remontant jusqu’au Taurus. C’est là aussi que les Phéniciens auraient transmis leur alphabet qui, grâce aux marins grecs du comptoir d’Al-Mina, deviendra le nôtre. Trois montagnes d’altitudes diverses délimitent le territoire de Samandag : la Djebel Samaan qui tire son nom du monastère de Saint-Siméon-le-stylite[1] dominant sa cime, le majestueux Casius appelé la « montagne chauve » (Djebel El-Aqraa) par les Arabes et culminant à 1709 mètres d’altitude, et le mont Moïse aux dimensions plus modestes. Ce dernier massif est celui dont parle Franz Werfel, le romancier autrichien qui écrivit en 1933 Les Quarante jours du Musa Dagh. C’est là que les Arméniens affrontèrent les troupes jeunes-turques en avril 1915 avant d’être évacuées par la marine française. De cette résistance survivra un village : Vakifli. Le seul village arménien de Turquie.

 


Samandag, une ruine en béton au milieu d’un Eden

De prime abord, avec ses façades en béton burinées par les sables marins, ses routes défoncées et ses canalisations à ciel ouvert, Samandag semble avoir été abandonnée comme jalousée pour ses charmes naturels. Il faut reconnaître que la ville, sorte de Borinage-sur-Mer, n’a rien à voir avec les autres stations balnéaires de la riviera turque. Samandag est cependant entourée d’interminables vergers où l’on cultive agrumes, olives, prunes, grenades. Plus de 60% du persil turc provient de Samandag et de ses environs, persil que l’on retrouve même sur le marché de Singapour. Loin des circuits balisés des tour-operators, peu de touristes s’aventurent dans ce lointain pays oublié de l’histoire. C’est pourtant un bout du monde où il fait bon vivre. Les temples alaouites, les mosquées et les églises s’y dressent côte à côte.

Un entrelacs de croyances

Sur la plage de Samandag, on trouve par exemple un temple alaouite, un « ziyara », celui d’Al-Khidr, le Verdoyant, un saint mystérieux cité dans le Coran[2] et parfois assimilé au Saint-Georges des chrétiens. Les alaouites mais aussi les musulmans sunnites et les chrétiens viennent s’y recueillir. Les chauffeurs de véhicules motorisés en font trois fois le tour. Il paraît que ça porte bonheur. Tout comme l’étoffe verte que l’on trouve dans le temple et dont on arrache délicatement un morceau pour l’attacher autour du cou ou du poignet. En pays alaouite, on bénit et on promet par Al-Khidr plus que par tous les saints. D’après les plus superstitieux, il est dangereux de nager en face du temple. Lorsqu’un apprenti nageur se noie dans cette partie de la Méditerranée particulièrement agitée, on invoque une malédiction d’Al-Khidr. La sacralité du lieu ne semble pas dater de la présence alaouite dans la région qui remonte au XIe siècle ni même de l’ère chrétienne. En effet, d’après une légende locale inspirée de la sourate de la Caverne, l’emplacement du temple serait le point de rencontre entre le Verdoyant et Moïse. Sir Leonard Wolley, l’archéologue qui fouilla la région dans les années 1930 prétend qu’à l’emplacement du temple s’élevait jadis un autel dédié à Poséidon. Ainsi à Samandag, on ne compte plus le nombre de religions qui se superposent et se juxtaposent.

Le Hatay, terre juive malgré Israël

Mais la religion qui compte aujourd’hui plus de fidèles que toutes les autres réunies, c’est sans aucun doute l’altérité. En effet, la plupart des alaouites, des musulmans sunnites, des chrétiens orthodoxes, des juifs et des arméniens qui peuplent cette petite ville et ses environs se targuent d’abord d’appartenir à une terre fraternelle avant de décliner leur appartenance ethnique, philosophique ou religieuse. Ils cultivent les valeurs qui les unissent aux autres plutôt que les différences. Avant le programme de déjudaïsation lancé par l’Etat d’Israël dans de paisibles villes arabes comme Antioche[3], voisine de Samandag, le jour du shabbat, les musulmans qui traversaient le quartier juif éteignaient leur cigarette en signe de respect.[4] Quand venait l’heure de la prière pour les commerçants sunnites, leurs collègues juifs s’occupaient de leur échoppe.[5] Tout le monde était réuni pour célébrer les fêtes religieuses de chacun. C’étaient des moments de solidarité interconfessionnelle uniques au monde.[6]

Une mini-république soviétique

A Samandag plus qu’ailleurs, il y a une corrélation manifeste entre cette culture ambiante de l’altérité et l’orientation politique de ses habitants qui s’est forgée dans la résistance au nationalisme monolithique et à l’assimilation sunnite prônés par le régime d’Ankara. Samandag a en effet une réputation de ville rouge. On la surnomme la « petite Moscou ». D’innombrables militants ou vétérans de la gauche révolutionnaire peuplent la ville et les villages avoisinants.

C’est sur les rivages de Samandag que les soixante-huitards turcs embarquaient pour rejoindre les camps palestiniens du Fatah et du FPLP où ils s’entraînaient à la lutte armée. Deniz Gezmis, le « Che turc » est le plus connu des révolutionnaires anatoliens qui transita par Samandag.[7] De nombreux pêcheurs du petit port de Cevlik[8] se targuent en tout cas d’avoir servi de passeur pour le révolutionnaire. A moins qu’il ne s’agisse d’une légende marine… C’est également via Samandag que de nombreux révolutionnaires turcs et kurdes se replièrent au Liban après le coup d’Etat fasciste du général Kenan Evren perpétré le 12 septembre 1980.

Aujourd’hui, même le maire de la ville, un vétérinaire répondant au nom de Mithat Nehir, est issu de la gauche radicale[9]. Il est d’ailleurs le seul maire marxiste de tout le pays. J’ignore si c’est un hasard mais on trouve à Samandag, et ce depuis des lustres, une flotte inépuisable de motos datant de l’époque soviétique. S’il est un son qui rappelle Samandag, c’est bien le vrombissement infernal des Csepel 250 hongroises et autres Jawa tchécoslovaques.

Le Munich de l’Orient

Avec ces multiples originalités ethniques, culturelles et politiques, on en vient parfois à se demander si Samandag se situe bien en territoire turc. Peuplée essentiellement d’arabes alaouites, elle accueille une importante minorité chrétienne orthodoxe dans un quartier dénommé « Zeytouniye »[10]. On y trouve également des turkmènes sunnites, un village arménien comme on l’a dit et même une communauté catholique. Cette diversité ethnique et religieuse est typique des bleds syriens. C’est qu’en plus, Samandag fait partie du Hatay, une province autrefois syrienne et que la Turquie a habilement subtilisé aux nationalistes arabes en faisant valider auprès de la Société des Nations (SDN) un referendum totalement truqué à la faveur de la minorité turque de la province. En 1938, le gouvernement kémaliste gonfla artificiellement la présence turque dans la province à coups de programmes de peuplement pour faire accepter son annexion à la Turquie. Le Hatay appelé Liwa Al-Iskandarun (littéralement l’Arc d’Alexandrette) fut en quelque sorte un cadeau offert par la France coloniale à la République kémaliste pour éviter que cette dernière ne bascule dans le camp de l’Allemagne hitlérienne. Pour Lucien Bitterlin, l’abandon du Hatay par la France mandataire à la Turquie fait de cette province la « Munich de l’Orient ». [11]

Des Libyens au Hatay

De nos jours, la population de Samandag et par extension, la province du Hatay, est particulièrement affectée par la détérioration des relations syro-turques et les troubles qui secouent le pays voisin. Cette population se plaint de la présence de djihadistes dans les camps de réfugiés syriens que le gouvernement turc a installés au printemps dernier dans la région. Elle s’étonne que les victimes du séisme de Van n’aient pu bénéficier d’un même confort. Elle reproche au gouvernement turc d’abriter des organisations paramilitaires comme l’Armée syrienne libre (ASL) qui terrorisent la population syrienne, risquant de semer la discorde entre les communautés de la province du Hatay. Elle signale la présence inhabituelle de Libyens dans la région, probablement des combattants d’Abdelhakim Belhadj, le nouveau gouverneur militaire de Tripoli estampillé Al Qaida. [12]

Clochers, muezzins et hazans

Heureusement, le Hatay, province multiconfessionnelle où résonnent avec harmonie les cloches des églises, les appels à la prière des muezzins et les psaumes des hazans[13] est étrangère aux discours sectaires prônés par les combattants islamistes de tendance takfiriste[14] qui s’infiltrent en territoire syrien pour combattre les troupes gouvernementales et les communautés soupçonnées de soutenir le régime baassiste. Mais l’équilibre ethnique de la province turque est de plus en plus fragilisé par les pratiques népotistes, communautaires et donc discriminatoires de l’AKP envers la communauté alaouite en particulier, notamment en matière d’emploi, de logement et d’urbanisme.

La crise diplomatique se mue en crise économique

Les habitants du Hatay connaissent d’autres sources d’inquiétudes, notamment les retombées économiques de la crise syrienne. Le 18 décembre dernier, le président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Antakya (ASTO), M. Hikmet Çinçin a annoncé un déficit commercial de 300 millions de dollars en un an. « Nous ignorons ce qu’il va advenir des investissements effectués du temps où les relations avec la Syrie étaient florissantes. Les hôtels qui étaient remplis à près de 90% de leurs capacités ne sont plus occupés qu’à 40% avec la perte des clients syriens. La Syrie, pour nous, ce n’est pas n’importe quel pays. C’est la moitié de notre cœur. Près de 70% de la famille de ma mère vit en Syrie » a-t-il ajouté.[15]

La taxe de 30% imposée le mois dernier par le gouvernement syrien sur les produits en provenance de Turquie et sur le passage des camions de transport turcs en représailles à l’attitude offensive d’Ankara envers Damas ne vas pas arranger la situation.

Manifestations pour la paix

C’est pour ces multiples raisons que le 22 décembre dernier, Samandag a accueilli une manifestation intitulée « Nous ne voulons pas la guerre avec la Syrie ». Ce rassemblement était organisé par une plate-forme d’organisations appelée « Forces démocratiques ».

Étaient présents à ce meeting M. Süleyman Sayar pour l’Association des valeurs alaouites, le président du centre culturel de Samandag M. Adil Nural, un administrateur de la maison du peuple de Samandag, M. Seyifi Altın, un responsable de l’Association de solidarité et de culture méditerranéennes, M. Akın Rencüzogullari, un membre du Parti de l’émancipation sociale (T.Ö.P.G), M. Tuncay Yılmaz, le représentant d’Egitim-Sen, le syndicat des enseignants progressistes M. Tahsin Demir, le président de l’Association d’arts, de culture et d’entraide de la municipalité de Tekebasi (Djilliye en arabe) M. Eser Işık, la présidente de l’association du labeur féminin Mme Gülay Firinciogullari.

« Non à la guerre », « Vive la fraternité entre les peuples » « Les USA et leurs collabos, hors du Proche Orient » étaient les slogans scandés par les quelques dizaines de personnes rassemblées sur la place Oytun.

Certains manifestants ont même scandé des slogans favorables au président syrien Bachar El-Assad. Le jeudi 29 décembre, une cinquantaine de membres du Front populaire (Halk Cephesi), une organisation de gauche extraparlementaire, se sont réunis sur la même place de Samandag pour condamner la politique islamo-militariste de l’AKP contre la Syrie en rappelant que l’AKP avait reçu les félicitations du ministre étasunien de la défense et ex-directeur de la CIA Leon Panetta pour sa politique antisyrienne durant sa visite le mois dernier.[16] Ces deux rassemblements contre les plans de déstabilisation menée visant la Syrie ne sont pas les premiers du genre à Samandag. En juin dernier, la ville avait accueilli une manifestation anti-AKP et pro-Bachar rapportée par le journal The Independent.[17] Et en juillet dernier, des calicots favorables au gouvernement syrien avaient été déployés lors d’un concert donné en bordure de mer par Grup Yorum, un groupe ethno-rock de tendance marxiste.

Corridors humanitaires ou couloirs de la mort ?

Pour la population du Hatay témoin et otage des manœuvres politiques et militaires menées par les grandes puissances, les « corridors humanitaires » d’Alain Juppé et de son homologue turc Ahmet Davutoglu existent déjà mais ils ressemblent davantage à des corridors terroristes par où transitent armes, moyens de communications, argent et combattants. Ces couloirs de la mort s’étendent désormais de la frontière turque au maquis islamiste du Djebel Zaouia, au cœur de la province syrienne d’Idleb.

« Raison humanitaire » est une fois encore le prétexte invoqué par le gouvernement islamo-militariste de l’AKP pour héberger le colonel Riad El-Assad transfuge et nouveau mercenaire des royaumes du Golfe, de l’Etat turc, de la CIA, de la France et de l’OTAN. Placé sous protection turque, ce même colonel dirige une armée de conjurés basée non loin de Samandag. Vu l’ampleur et l’horreur de son tableau de chasse, on peut difficilement en conclure que l’Armée syrienne libre (ASL) se comporte de manière humanitaire avec les soldats et les citoyens syriens qui affichent leur sympathie pour le régime.

En attendant, les minorités religieuses de la région sont livrées à elles-mêmes et ne savent vers quel « saint » se tourner si ce n’est vers le président syrien qu’ils considèrent comme un moindre mal.

Vœux… pieux

Osons espérer que l’unité des forces sociales arabes et européennes anti-impérialistes et donc réellement humanitaires désamorcera la fitna et l’épuration religieuse aujourd’hui encouragée par l’Occident colonial avide d’en découdre avec l’Iran et tous ses soutiens régionaux pour la pérennité d’Israël.

On a beau être athée ou agnostique, quand on est originaire d’une province comme le Hatay que même Moïse, Al-Khidr, Saint-Pierre et Saint-Siméon sont supposés avoir foulé et qui, de surcroît fête Noël, on ne peut s’empêcher d’exprimer des vœux pieux.

Voici le communiqué qui a été lu sur la place Oytun à Samandag durant le meeting du 22 décembre :  

En ce XXIe siècle, le monde connaît des avancées exceptionnelles en sciences et technologies. Pourtant, les peuples continuent de subir les guerres, la misère et la faim. La convoitise et la soif de profits des pays capitalistes et impérialistes, les États-Unis en tête, se matérialise pour les peuples en sang, en souffrances et en larmes.

Nous voyons aujourd’hui que pour résoudre leur crise, les États impérialistes recourent au Projet du Grand Moyen-Orient (GMO).

L’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak fut la première étape de ce projet. Près de deux millions d’êtres humains sont morts des suites de ces interventions et trois fois plus ont été blessés. Pas moins de 5 millions de personnes ont été contraintes à l’exil.

Les États impérialistes ont vomi la mort avec leurs avions furtifs, leurs missiles à têtes chercheuses, leurs tanks et leurs blindés. Ils ont torturé, violé et assassiné. Et ils ont commis tous ces crimes en invoquant honteusement la démocratie et les droits de l’homme.

LA RÉALITÉ DU GMO : ATROCITÉS ET BARBARIE

La Syrie est aujourd’hui le théâtre du même scénario que celui utilisé en Afghanistan, en Irak et en Libye. Quant à l’AKP, il se fait le sous-traitant du bellicisme impérialiste.

Il est intéressant de constater que l’AKP n’est pas un simple sympathisant du GMO, il en est un acteur chevronné. Erdogan se dit d’ailleurs vice-président du GMO tandis que son gouvernement déclare la guerre aux pays voisins en préparant l’installation d’un bouclier antimissile de l’OTAN à Malatya et en soutenant des groupes paramilitaires.

L’AKP prétend avoir une sensibilité musulmane. Nous souhaitons nous adresser ici à sa communauté : attenter à la pudeur, aux biens et à la vie de ces voisins n’est-ce pas contraire à toutes les religions ?

Il est tragicomique de voir que les donneurs de leçons de démocratie et de droits de l’homme à d’autres pays ont gardé le silence lorsque l’Arabie saoudite a lancé ses tanks contre les opposants à Bahreïn. Ces mêmes apôtres de la démocratie ne parviennent à résoudre les problèmes des ouvriers, des femmes, des Alévis, des chrétiens, des musulmans, des Arméniens, des Arabes, des Circassiens, des Syriaques, des Kurdes et des autres communautés ethniques de notre pays. Pire, ils nous dirigent en recourant à des méthodes dignes de la junte militaire du 12 septembre. Une politique de tension avec les pays voisins a un impact négatif sur l’économie turque. Cet effet se ressent d’autant plus dans les provinces frontalières. Ces provinces ne connaissent pas que des difficultés économiques. En raison des liens familiaux et historiques qui lient les gens par-delà les frontières, les tensions provoquées par le gouvernement turc ont des répercussions directes sur une population en butte à des tensions sociales et culturelles. La province du Hatay est un lieu où cohabitent diverses religions, cultures et ethnicités dans la paix et la fraternité. La paix et la tolérance sont deux qualités qui caractérisent notre province. Nous ne voulons pas que notre province soit associée à la guerre. Les principales activités économiques qui constituent le nerf vital de la province du Hatay depuis quelques années, à savoir le transport, le commerce transfrontalier et le tourisme sont quasi au point mort. Les tensions avec la Syrie ont non seulement des retombées économiques mais aussi des conséquences sociales. Compte tenu des intenses relations commerciales, des liens familiaux et historiques qui lient les gens par delà les frontières, la stratégie de la tension prônée par le gouvernement AKP ainsi que les approches racistes et provocatrices de certains groupes de presse sèment un climat délétère parmi la population du Hatay.

En tant qu’ONG et organisations démocratiques basées à Samandag, nous déclarons que ;

– Nous n’avons aucun problème avec les peuples des pays voisins qui sont la Syrie, l’Irak et l’Iran.

– Toute intervention dans l’un de ces pays est inopportune et ce, quelle que soit la raison invoquée

– Nous nous opposons à toute intervention guerrière

– Nous nous opposons à l’accueil dans notre province pacifique, tolérante et fraternelle de toute force paramilitaire

– Nous dénonçons l’autorisation donnée par le gouvernement turc aux forces impérialistes notamment aux USA de faire de notre territoire une base d’activités hostiles aux pays voisins et exigeons l’arrêt de ces activités

– Nous demandons la paix dans notre pays et dans le monde et le retour à une politique de zéro problème avec les pays voisins.

 
Bahar Kimyongür

Notes :

[1] Ce lieu saint donna à la fois son nom au relief montagneux et à la ville (Saman Dagi signifie en turc la montagne de Siméon).

[2] Sourate XVIII dite de « La Caverne »

[3] Il est intéressant de noter qu’à Antioche se trouve la première église du monde, celle de Saint-Pierre et que la première mosquée de la ville bâtie en l’an 636 porte le nom du premier habitant de la ville à se convertir au christianisme, à savoir Habib le charpentier (Habib Al-Najjar).

[4] J’ai retrouvé une anecdote semblable rapportée dans un livre traitant de la ville de Zakho. Cf. Moti Zaken, Juifs, Kurdes et Arabes entre 1941 et 1952, Errance, et terre promise, Juifs, Kurdes, Assyro-chaldéens, dans Etudes kurdes, Ed. L’Harmattan, 2005, p. 8

[5] Dépêche Cihan parue dans Hatay Gündem, 26 janvier 2010

[6] A cause du colonialisme sioniste, Antioche s’est vue dépossédée de sa population juive par Israël. Actuellement, il ne reste hélas plus qu’une quarantaine de Juifs à Antioche d’après le président de la communauté juive du Hatay M. Saul Cenudioglu.

[7] Deniz Gezmis fut pendu par la junte le 6 mai 1972.

[8] Cevlik est un mot dérivé de Séleucie de Piérie, ville bâtie en 301 avant J.C. par Séleucos Nicatôr, général d’Alexandre le Grand.

[9] Mithat Nehir est membre du Parti de la liberté et de la solidarité (Özgürlük ve Dayanisma Partisi)

[10] Le site web des arabes de rite grec orthodoxe de Samandag est : www.samandagortodoks.com

[11] Alexandrette, le « Munich » de l’Orient ou Quand la France capitulait, Éd. Jean Picollec, 1999

[12] Daniel Iriarte, reporter du quotidien espagnol ABC, a croisé ces combattants libyens dans la province syrienne d’Idleb, voisine du Hatay. Voir : ABC, Islamistas libios se deplazan a Siria para « ayudar » a la revolucion, 17 décembre 2011

[13] « Çan-ezan-hazan » (respectivement la cloche, l’appel musulman à la prière et le chantre de synagogue) est le slogan trinitaire de la ville d’Antioche, chef-lieu de Hatay.

[14] Le takfirisme est une tendance issue du sunnisme orthodoxe qui prône l’extermination pure et simple de tous les non-musulmans.

[15] Ziya Özisik, Radikal, 18 décembre 2011

[16][16] Halkin Sesi TV, 31 décembre 2011 (www.halkinsesitv.com)

[17] The Independent, 15 juin 2011

Bahar Kimyongür (alias Rabi’ Kemouné en arabe), auteur du livre Syriana, la conquête continue



Articles Par : Bahar Kimyongür

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