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Les cinq prisonniers politiques cubains doivent être immédiatement libérés
Par Nadine Gordimer et al.
Mondialisation.ca, 22 décembre 2006
22 décembre 2006
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Le 16 et le 17 juin 1998, le gouvernement cubain a invité deux importants responsables du FBI, pour leur remettre de nombreux documents prouvant la dangerosité de plusieurs personnes lourdement impliquées dans le terrorisme contre Cuba et vivant en Floride. A ce jour, aucune d’entre elles n’a été inquiétée par les autorités étasuniennes malgré les preuves dont elles disposent.

Trois mois plus tard, le 12 septembre 1998, le FBI a procédé à l’arrestation de cinq Cubains : Antonio Guerrero, Fernando González, Gerardo Hernández, Ramón Labañino et René González. Leur crime ? Avoir infiltré, au risque de leur vie, les groupuscules criminels d’origine cubaine responsables de nombreux attentats violents, qui ont coûté la vie à de nombreux innocents. Depuis 1959, le terrorisme contre le peuple cubain a fait 3 478 morts et a rendu infirme 2 099 personnes.

Après une parodie de procès parsemé de nombreuses violations juridiques, ils ont été condamnés au total à 4 peines de prisons à vie doublées de 77 ans pour avoir combattu le terrorisme. Depuis plus de 8 ans, ils sont enfermés dans cinq différents pénitenciers de haute sécurité aux quatre coins du pays, afin d’empêcher les visites consulaires.

            Ces cinq Cubains ont été soumis à plusieurs reprises à des traitements cruels, inhumains et dégradants. Depuis le jour de leur arrestation jusqu’au 3 février 2000, c’est-à-dire durant 17 mois, ils ont été maintenus en cellule d’isolement, sans aucun contact avec les autres détenus ou leurs gardiens.

Le 27 mai 2005, le Groupe de travail sur les Détentions arbitraires des Nations unies a dénoncé l’emprisonnement « arbitraire » des cinq Cubains en soulignant qu’il violait les normes internationales, et a ainsi exigé un nouveau procès.

Le 9 août 2005, 3 juges de la Cour d’Appel du Onzième Circuit d’Atlanta, qui accumulaient ensemble près de 80 années d’expérience, ont décidé unanimement d’annuler le jugement de première instance et ont demandé la tenue d’un nouveau procès.

Le 28 septembre 2005, le gouvernement des Etats-Unis a demandé à l’ensemble de la Cour d’Appel composée de 12 juges de reconsidérer la décision rendue le 9 août 2005, ce qui est une action très peu commune selon les experts juridiques étasuniens.

Le 9 août 2006, suite à des pressions politiques très fortes, la Cour d’Appel d’Atlanta a renversé la décision rendue par le panel de 3 juges et a ratifié les peines prononcées.

 
Plusieurs cas de torture psychologique et morale ont eu lieu à l’encontre des familles des cinq Cubains. Olga Salanueva, épouse de René González et sa fille Ivette, ainsi qu’Adriana Pérez, épouse de Gerardo Hernández, n’ont toujours pas eu le droit de rendre visite à leurs parents. Le 25 juin 2002, Adriana Pérez avait obtenu un visa pour rendre visite à son mari détenu à Los Angeles, après 5 ans d’attente. Mais à son arrivée aux Etats-Unis, elle a été arrêtée par le FBI, interrogée pendant 11 heures et expulsée vers Cuba sans avoir pu voir son compagnon. Une telle cruauté est révoltante et inacceptable.

Nous, signataires de cette déclaration, condamnons cette injustice et exigeons du gouvernement des Etats-Unis l’immédiate libération de ces cinq innocents. Nous lançons également un appel aux citoyens du monde entier : il est temps de mettre un terme au calvaire des cinq Cubains et de leur familles.

Nadine Gordimer, Salim Lamrani, Noam Chomsky,

Adolfo Pérez Esquivel, José Saramago.

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