Les complotistes d’aujourd’hui sont les sceptiques d’hier

Note de l’auteur : ce point de vue est strictement personnel et n’est pas le reflet de pensée de mon entreprise.

La pandémie qu’est en train de vivre la population mondiale depuis l’année dernière tend à participer au renforcement d’une véritable fracture sociétale dans la façon de penser de chaque individu. Il semble être de moins en moins possible d’exprimer son opinion sous peine d’être considéré comme « complotiste ». Adjectif désormais utilisé par n’importe quelle personne ne partageant pas votre point de vue lorsque qu’une « vérité » est remise en cause, somme toute non questionnable, diffusée par les médias.

Cette tendance me laisse penser qu’il sera de plus en plus difficile de fait état d’un certain esprit critique face à l’actualité, afin de laisser place à une seule et unique pensée : « l’officielle ».

C’est pourquoi j’ai décidé de réaliser des recherches pour vérifier mon hypothèse et dès lors, proposer une nouvelle grille de lecture de ce que l’on considère comme relevant du complotisme, en fonction du degré de crédit à accorder à telle ou telle information. Je parlerai dans une dernière partie de l’importance de replacer l’analyse au cœur d’une réflexion sur les médias afin de replacer la question « qui finance » au centre du débat de tout un chacun et non pas comme étant un adage du complotiste.

Cet article n’aura pas vocation à débattre sur des sujets d’actualité pour savoir si oui ou non il ne s’agit que de théorie du complot, et encore moins de prouver que tel ou tel sujet est véridique ou non.

Les lanceurs d’alertes disparaissent au détriment des complotistes

Considérant que l’opposé du complotiste est le lanceur d’alertes, j’ai souhaité analyser la présence de ces deux termes dans les colonnes des principaux médias nationaux.

Avant toute chose, définissons ces deux termes.

Selon Amnesty, un « lanceur d’alerte est une personne qui, dans le contexte de sa relation de travail, révèle ou signale un état de fait mettant en lumière des comportements illicites ou dangereux qui constituent une menace pour l’homme, l’économie, la société, l’État ou l’environnement, c’est-à-dire pour le bien commun, l’intérêt général. »

Selon Transparency-France, « Un lanceur d’alerte est une personne physique qui révèle ou signale, de manière désintéressée et de bonne foi, un crime ou un délit, une violation grave et manifeste d’un engagement international régulièrement ratifié ou approuvé par la France, d’un acte unilatéral d’une organisation internationale pris sur le fondement d’un tel engagement, de la loi ou du règlement, ou une menace ou un préjudice graves pour l’intérêt général, dont elle a eu personnellement connaissance. Les faits, informations ou documents, quel que soit leur forme ou leur support, couverts par le secret de la défense nationale, le secret médical ou le secret des relations entre un avocat et son client sont exclus du régime de l’alerte ».

Nous retiendrons de ces deux définitions qu’un lanceur d’alerte agit donc dans l’intérêt général, afin de mettre en exergue des comportement illicites, illégaux et graves. Des notions qui sont très subjectives, ce qui rend difficile la tâche des lanceurs d’alertes.

Selon l’Internaute, « une personne complotiste est une personne partisan d’une ou plusieurs théories du complot. Généralement, le complotiste interprète certains signes comme faisant partie d’une conspiration menée par des individus dangereux ».

Nous retrouvons également dans la définition du complotiste cette notion de danger.

Mon hypothèse était la suivante : les journalistes utilisent de plus en plus le terme de « complotiste » pour définir une personne qui suggère l’éventualité d’une contre-vérité au détriment du terme « lanceurs d’alertes ». Ce qui aurait pour conséquence de créer un biais cognitif dans l’esprit des lecteurs qui n’identifieraient plus que de façon négative et péjorative les sceptiques à l’information officielle et décrédibiliserait ces derniers.

Concernant ma méthodologie (qui sera détaillée en fin d’article) : j’ai téléchargé plus de 10 000 articles provenant des principaux quotidiens français et leurs versions numériques dans lesquels étaient mentionnés « lanceurs d’alertes » ou « complotiste » depuis le 1er janvier 2000 jusqu’au 31 décembre 2020. Et j’ai compté manuellement chaque article faisant référence à l’un de ses termes afin d’en sortir un graphique.

L’analyse que j’en est tiré (voir graphique ci-dessous) semble confirmer cette hypothèse ou tout du moins, laisse paraître une tendance semblant aller en ce sens.

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Ce graphique représente le nombre d’articles mentionnant les termes « complotistes » en orange et « lanceurs d’alertes » en bleu. Depuis 2019, nous constatons une augmentation constante du terme « complotiste » dans la presse, là où le terme « lanceurs d’alertes » est utilisé par intervalle. A partir de 2020, un croisement s’opère, il y a plus d’articles utilisant le terme de « complotistes » que d’articles utilisant le terme de « lanceurs d’alertes ». Ce résultat aurait pu être davantage probant en ajoutant également le mot clé « conspirationniste », qui est utilisé comme synonyme de « complotiste » par les médias.

Que peut-on en déduire ?

Les médias semblent privilégier le terme de « complotistes » pour définir des personnes étant sceptiques sur un sujet précis au détriment du terme « lanceurs d’alertes ». Cette première analyse purement quantitative semble se vérifier lorsque l’on approfondit la recherche en analysant des éléments qualitatifs.

Si nous affinons la recherche pour en savoir davantage sur les sujets abordés par les médias (graphique ci-dessous), un élément important transparaît : les journalistes utilisent le terme « lanceurs d’alertes » pour des sujets internationaux et généraux (Affaire Snowden, Panama Papers, Affaire Zelenski), là où les « complotistes » semblent privilégier une actualité plus nationale (Attentat de Charlie Hebdo, Crise des Gilets jaunes…) et spécifique. Il semblerait qu’à chaque crise qui touche la Nation, les médias sapent tout esprit critique.

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Il est intéressant de noter que le terme de « complotiste » a commencé à prendre de l’ampleur presque un an après l’Affaire Snowden. Ce qui pourrait laisser penser qu’il fallait trouver un moyen pour les détracteurs de Snowden de décrédibiliser toutes les personnes souhaitant suivre ses traces. N’oublions pas que le lanceur d’alertes est autant considéré en héros par les uns que comme traître à sa Nation par les autres.

Le premier pic a été atteint au moment des attaques de Charlie Hebdo. On peut aisément faire un parallèle avec la montée en puissance des médias alternatifs et l’avènement des réseaux sociaux. Facebook a passé le cap du milliard d’utilisateurs depuis deux ans, plusieurs plateformes de communication ont vu le jour, et de plus en plus d’internautes se détournent de la presse « mainstream » pour s’informer ailleurs. La remise en question de la qualité de l’information se fait de plus en plus ressentir à mesure que chacun peut exprimer librement son opinion, forçant les médias à réagir et à publier davantage d’articles tentant d’analyser le profil du complotiste pour le décrédibiliser.

Ce parallèle entre « lanceurs d’alertes »/international et « complotiste »/national est d’autant plus visible lorsque l’on zoome à une échelle mensuelle sur l’analyse (graphique ci-dessous).

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L’analyse de ce graphique fait ressortir deux observations

  • La confirmation que les journalistes privilégient les affaires internationales lorsqu’il s’agit de lanceurs d’alertes, et le terme de complotistes lorsqu’il s’agit d’une affaire nationale, autrement dit, qui remettrait en cause la version officielle des affaires et par conséquent la souveraineté étatique.
  • Les pics concernant les affaires internationales sont plus nombreux comparé aux affaires locales. Un constat flagrant que j’ai réalisé lors de mon analyse des articles mentionnant le terme « complotiste » est qu’il est difficile d’identifier des sujets précis sur lesquels est employé ce mot clé. Autrement dit, le mot est utilisé de plus en plus sur tous les types de sujets. Il s’agit désormais d’un nom commun utilisé par les journalistes sur n’importe quel type de sujet, du plus léger au plus grave lorsqu’il s’agit de désigner des sceptiques : tirage au sort du mondial de football 2014 (Mondial 2014: le tirage au sort, une question de probabilités – Le Monde, 06/12/2013), cyclisme (Cyclisme : un rapport dénonce les échanges de faveurs entre Armstrong et l’UCI – Les Echos, 09/03/2015), agriculture (En Italie, enquête sur la lutte contre la bactérie tueuses d’oliviers – Le Monde, 24/12/2015), Gérard Depardieu (Nazis, Poutine et Sida : Gérard Depardieu, sa « folle » interview complotiste – L’Express, 21/09/2017)…

Là où il a été facile de définir des sujets bien précis selon des périodes précises concernant les lanceurs d’alertes, l’exercice a été nettement plus difficile lorsqu’il s’agit des complotistes. Il n’y a pas de véritable sujet qui prend le pas sur un autre, tout est prétexte à utiliser ce terme.

Cette première analyse me permet de mettre en exergue le rôle des médias quant à la diminution progressive de la volonté d’esprit critique chez autrui. Ou tout du moins, la volonté de partager son esprit critique. La liste des articles pointant du doigt « les complotistes de votre famille »* ne cesse de s’agrandir, creusant de plus en plus un fossé entre les citoyens. Cette vision manichéenne de la société n’est pas saine dans une démocratie et il est vital de pouvoir laisser la parole et la libre interprétation des informations au peuple. Bien entendu, il doit le faire selon un cadre précis et des règles d’analyses bien identifiées.

* comme par exemple : « Ils adorent « Hold-up » et refusent en bloc la vaccination : que répondre à vos proches complotistes ? » (LCI – 23 décembre 2020)

La baromètre du « complotisme » : redonner de la valeur à l’esprit critique

Je pense qu’il est important de ne pas confondre esprit critique et complotisme. Il est primordial, voire vital pour une population de conserver cet esprit critique utile au bon fonctionnement d’une démocratie. Pour chaque pouvoir, il doit pouvoir exister librement un contre-pouvoir. Et le pouvoir de l’information ne doit pas être contre-balancé par la désinformation mais par une autre information, sourcée, vérifiée, crédible.

L’esprit critique doit pouvoir servir de contre-pouvoir et les médias ont un rôle à jouer en ce sens. C’est pourquoi je pense qu’il faut pouvoir créer des outils permettant de nuancer la qualité d’une information.

Bien entendu, il existe déjà des outils de ce type, notamment des méthodologies clairement définies permettant de qualifier une source (je parle ici de véritables méthodes d’analystes et non pas des plateformes créées par les médias pour indiquer si telle ou telle source est une source fiable ou non).

A ce sujet, je vous renvoie vers deux très bons posts de Loïc Lucas, Consultant en Intelligence Économique, qui vous permettront de mieux appréhender ces outils :

Analyser la fiabilité d’une information et d’une source…un peu de méthode

Analyse d’un article de presse: un peu de méthode

Le réalisateur documentariste Francis Gillery parle de cette perte d’esprit critique dans une interview concernant son livre « Lady Died ». A la question : Depuis longtemps déjà dans les pays anglo-saxons, et depuis cinq ans en France, les autorités ont appris à disqualifier tout questionnement de leurs déclarations en les qualifiant de « théorie du complot ». Précisément, n’a-t-on pas dénoncé une « théorie du complot » chez les gens qui doutent de la version officielle de la mort de la princesse Diana ?

Il répond : « C’est ce procédé de disqualification qui m’a intéressé. Alors qu’une enquête scientifique doit être contradictoire, toute personne qui conteste la version initiale est frappée d’infamnie. C’est ce mécanisme d’interdiction de penser, de désinformation, qui est le sujet de mon étude dont l’affaire Diana n’est qu’un cas. » (Francis Gillery : « J’ai étudié le mécanisme du mensonge d’Etat dans l’affaire Diana, Mondialisation.ca, 23/08/2007)

Je partage cet avis, c’est pourquoi, j’ai souhaité mettre au point un nouvel outil d’analyse. J’ai créé un baromètre qui permet de replacer les informations selon leurs sourçabilités et vérifiabilités ; de façon à pouvoir redonner du crédit aux personnes qui ne sont pas du même avis que les médias.

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J’ai défini quatre typologies de personnes en fonction de la qualité de leurs sources (ou de leurs expériences si la source est humaine), du nombre de preuves qu’il est possible de trouver pour vérifier une information et de la vérifiabilité de l’information : est-elle imaginaire ou non vérifiable ? Ou est-elle plausible ou vérifiable ?

  • Les paranoïaques : ils se basent sur des sources peu fiables et n’ont pas de preuve à apporter à leurs théories. Il est difficile de pouvoir débattre avec ces personnes puisqu’elles sont enfermées dans leur propre réalité. Les théories qu’ils défendent sont pourtant très facilement vérifiables d’un point de vue scientifique (ex. La erre est plate, les gouvernements déversent des produits chimiques par le biais des fumées blanches des avions (chemtrails), la grande majorité des politiciens sont des reptiliens).
  • Les historiens : leurs informations proviennent de diverses sources (allant de la moins fiable à la plus fiable) mais leurs théories sont à prendre en considération dans la mesure où elles se basent sur des événements similaires qui ont pu avoir lieu dans l’histoire de l’humanité (ex. L’assassinat de JFK – le nombre élevé d’assassinats de chefs d’État à travers l’isHtoire pour des raisons politiques justifie le scepticisme d’un grand nombre de personnes face au Rapport Warren – ). Comme me l’a appris mon mentor en Intelligence Economique, il faut « analyser le passé, pour comprendre le présent et anticiper l’avenir ».
  • Les sceptiques : leurs informations proviennent de sources sûres (de part leurs expériences professionnelles ou leur éthique) mais ils ne sont pas en mesure de prouver leurs théories (ex. Les attentats du 11 Septembres ont été orchestrés par les États-Unis. De nombreuses voix se sont élevées pour défendre cette théorie parmi lesquelles des journalistes, des politiciens, des experts en démolition, des experts en géopolitique… Il ne s’agit en aucun cas « d’illuminés » ou de paranoïaques, et leurs avis peuvent contribuer au débat).
  • Les analystes : leurs sources sont sûres et il existe des preuves leur permettant de contre-balancer l’information officielle. Ils doivent néanmoins se battre pour faire entendre leurs arguments et ne pas se laisser démonter par la pression et les menaces (ex. Les prisons secrètes de la CIA : si Daniel J. Jones n’avait pas résisté à la pression et les mensonges de la CIA, il n’aurait jamais pu sortir son rapport sur les prisons secrètes et les tortures orchestrées par l’Agence à la suite des attentats du 11 septembre. Il aurait été considéré comme un complotiste parmi tant d’autres). Cette dernière typologie comprend le plus de lanceurs d’alertes.

Ce baromètre a vocation à être vivant, une information peut passer d’une case à l’autre en fonction de l’avancée des recherches des journalistes. Il doit aussi servir de point d’alerte : toute personne présente dans les cases jaunes, bleues et vertes doit être entendue et leurs informations doivent être vérifiées par des journalistes indépendants.

Cette indépendance du journalisme est un point central concernant la liberté d’expression et sa remise en question ne doit pas discréditer le sceptique.

Les médias : ne sont-ils pas juge et parti ?

Se poser la question de : « qui finance ? » n’a rien de complotiste, mais fait partie d’un réflexe à avoir pour qui cherche à comprendre le développement et le sens d’une action. Car non, malgré l’existence d’une « rhétorique complotiste », tout n’arrive pas forcément par hasard, et les exemples d’événements ayant eu un démarrage calculé et prémédité sont légions.

Ce « qui finance ? » doit être une question à avoir en tête à chaque publication d’un article dénonçant la remise en cause d’une actualité gouvernementale ou géopolitique.

Il devrait être normal, voire sain de pouvoir garder un esprit critique sur ce qui est publié dans la presse lorsque l’on a en tête la cartographie des propriétaires des journaux français et les intérêts financiers en jeu derrière chaque propriétaire de journaux (image ci-dessous).

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Il n’y a rien de complotiste à se poser la question de savoir si les médias français actuels ont le droit d’aborder des sujets qui les mettraient dans un conflit d’intérêt certain ; et de penser que s’ils sont autant sur la défensive sur certaines problématiques, sujet à scepticisme, c’est parce qu’il y a des intérêts à défendre.

Lorsque que le Chef de l’État annonce en août 2020 une aide de près de 500 millions d’euros pour la presse française, il est naturel de remettre en question l’altruisme de ce geste au profit d’un geste intéressé. Tout comme, il est naturel de se demander si Le Monde peut décemment prendre partie sur tous les sujets liés au Covid-19 et à la vaccination lorsque le journal a reçu près de 4 millions de dollars de subvention de la Fondation Bill et Melinda Gates, alors que cette Fondation milite pour une vaccination massive.

Xavier Niel semblerait également confirmer cette vision puisqu’il est l’auteur d’une citation plutôt laconique : « Quand les journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard et ensuite ils me foutent la paix. »

Cette remise en question de la légitimité médiatique ne doit pas, à l’inverse, décrédibiliser totalement la presse. Les journalistes de l’ICIJ par exemple, font un excellent travail et permettent à certaines affaires d’éclater au grand jour.

Je ne remets pas en question uniquement leur légitimité vis à vis de leurs investisseurs, mais également leurs nouveaux business model : il ne faut plus sortir l’information juste mais il faut sortir l’information en premier, quitte à ne pas vérifier leurs sources (qu’ils prendront néanmoins la peine de fact-checker lorsqu’il s’agit de la déclaration d’un citoyen lambda). La personne prise à tort par tous les médias de France pour Xavier Dupont de Ligonès doit certainement être du même avis.

« L’histoire est écrite par les vainqueurs » prétendait le controversé Brasillach, j’oserais ajouter que l’information est écrite par les plus riches. Sans rentrer dans une démagogie sommaire, il n’y a pas qu’une seule façon d’observer ou de comprendre le monde et chaque acteur d’un événement va souhaiter imposer SA vérité. Elle ne correspond pas forcément à la vôtre, ou à la nôtre, mais elle n’est pas forcément fausse pour autant, et il faut lui laisser une place dans le débat.

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Ce refus d’écouter ou de croire à une autre « vérité » pourrait également prendre sa source d’un point de vue psychologique, voire philosophique. C’est ce que décrit l’Allégorie de la caverne de Platon. Il est aussi humain de se protéger d’une vérité complètement différente de la sienne. Cela remettrait en question nos croyance, nos idéaux. Pourtant, et paradoxalement, des exemples de « complots » qui se sont avérés véridiques ont servi de sources d’inspirations pour de nombreux auteurs et réalisateurs (John Le Carré, Oliver Stone…) qui ont utilisé leurs talents pour faire passer des messages, pour mettre en lumière des informations masquées, des vérités détournées par des grandes puissances (CIA, MI6, Mossad…). Ces films ont souvent été bien accueillis par le public, ont permis de mettre en lumière des événements sombres de notre Histoire. Alors pourquoi ce refus de croire que les médias « ne nous disent pas tout » ? Qu’est-ce qui rend crédible un film « inspiré d’une histoire vraie » et complotiste l’hypothèse de vôtre voisin ? Malheureusement je n’ai pas la réponse à cette question.

Je crois néanmoins au pouvoir des médias alternatifs et des réseaux sociaux, qui ne doivent pas dévier de leurs fonctions (en censurant le Président des États-Unis par exemple) pour permettre à l’opinion publique de se reforger et de permettre à l’esprit critique de revenir afin de forcer les médias à jouer leurs rôles d’informateurs, éthiques et transparents. Cette transparence, je plaide également pour la retrouver sur les sites des journaux. Je plaide pour voir apparaître un onglet « nos donateurs », clairement visible sur la page d’accueil, de façon à pouvoir identifier les potentiels conflits d’intérêts.

Lors de la sortie en salles de Snowden d’Oliver Stone, ce dernier disait « La paranoïa est un thème intéressant au cinéma. D’ailleurs, les paranoïaques ont souvent raison, malheureusement. Je crois que la plupart des gouvernements à travers le monde ne sont pas honnêtes avec les gens. Et tous les leaders politiques sont paranoïaques. »

Loin d’être complotiste, cette réflexion provient de l’un des réalisateurs s’intéressant au plus près de cette thématique. Espérons néanmoins qu’il n’ait pas tout à fait raison au sujet des paranoïaques, ou nous devrions nous résoudre à vivre en compagnie des reptiliens.

Sébastien Lucas

 

Cet article a été publié initialement sur Linkedin.com.

Méthodologie de recherche

  • Recherches effectuées sur Nexis entre le 17 novembre 2020 et le 07 janvier 2021
  • Mots clés utilisés : « complotistes » OR « complotiste » // « lanceur d’alerte » OR « lanceurs d’alertes » OR « lanceurs d’alerte » OR « lanceur d’alertes »
  • Journaux analysés : lemonde.fr, lefigaro.fr, Le Monde, LesEchos.fr, L’Humanité ,Le Figaro, Le Figaro Economie, Les Echos, Challenges.fr, L’Obs, La Tribune, La Tribune.fr, LExpress.fr, La Croix, Libération,Valeurs Actuelles, Challenges,Liberation.fr
  • Nombre d’articles analysés : 11 919, marge d’erreur dû au traitement manuel : 3,3%
  • Méthodologie : comptage manuel dans un fichier Excel de chaque article comprenant au moins une fois les mots clés « complotiste » (et variante) ou « lanceurs d’alertes » (et variante).
  • Les doublons entre la version papier et en ligne ont été pris en compte

 

Sébastien LUCAS
Sébastien LucasResponsable de projets veille marketing


Articles Par : Sébastien Lucas

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