Les Etat-Unis mettent en place des sièges virtuels extra-territoriaux autour de Cuba.

Que nos chers et incontournables défenseurs de la « liberté d’expression  », RSF compris, se rassurent : grâce à eux entre autres, même si après un combat acharné d’un demi-siècle le peuple cubain vient à bout du blocus, ce qui ne devrait tarder, le gouvernement de Washington verra son impunité garantie et ne sera pas traduit devant la Cour Pénale Internationale pour la barbarie, le génocide et les crimes innommables qu’il a commis contre le peuple cubain. Merci de faire suivre.

Les Etat-Unis mettent en place des sièges virtuels extra-territoriaux autour de Cuba. L’application hors de leurs frontières de l’absurde politique du blocus touche aussi le cyberespace.

De nombreux sites web, dont Google le moteur de recherche bien connu, bloquent la décharge de programmes ou codes informatiques depuis Cuba.

Il y a à peine quelques jours, un étudiant cubain en informatique tenta de « décharger » depuis son ordinateur le language de programmation Java développé dans les années 90 par la compagnie Sun Microsystems et de large diffusion aujourd’hui.

Une fenêtre très explicite l’avertit que sa tentative de décharge serait infructueuse, vu que son pays n’avait pas d’autorisation pour utiliser ce programme produit par une entreprise étasunienne. A ce message il ne manquait qu’une explication au jeune homme interloqué : ce refus n’était autre qu’une expression de plus du blocus étasunien..

L’empêchement continu aux cubains d’accéder à tout type de programmes, de services et de nouvelles technologies de l’information et des communications fait partie d’une stratégie très bien planifiée et développée de manière exquise par le gouvernement étasunien, qui même au moyen du Bureau de Contrôle des Actifs Etrangers (OFAC, en anglais) poursuit quiconque essaie de violer dans le cyberespace le siège virtuel déployé par la Maison Blanche autour de Cuba.

Les limitations sont tellement aigües qu’elles atteignent même de grandes et fameuses entreprises comme .COM, les entités commerciales connues du monde de la technologie. Le moteur géant de recherche Google n’échappe pas à ces limitations : bien qu’il ait établi un contrat pour le domaine dénommé .cu, autorisé sans limites par le Registre de Noms de Domaine de Cuba, il refuse actuellement aux cubains des services tels que Google Code Search avec la seule explication en anglais « Désolés, mais Code Searche n’est pas disponible dans votre pays ».

Danger à l’UIT

La présence de Cuba en tant qu’Etat membre de l’Union Internationale des Communications (UIT) s’est vue menacée en 2006 par les pressions de banques suisses qui sont normalement dépositaires du quota que doivent payer les membres de l’organisation internationale.

Le 6 janvier de cette année, le Ministère de l’Informatique et des Communications de Cuba fit les démarches annuelles habituelles et pertinentes pour s’acquitter du paiement du quota de Cuba comme Etat membre de l’UIT pour un montant de CHF 80’557.- (francs suisses).

Cependant ce paiement fut refusé par la banque (l’UBS) où l’UIT a son compte en Suisse avec l’argument : “les fonds ne peuvent pas être crédités à cause de sanctions économiques”. En plus de mettre en danger la présence de Cuba dans un organisme international des Nations Unies, et de constituer une application extra-territoriale du blocus, ceci implique aussi des dépenses additionnelles pour les démarches qui ont dû s’effectuer afin de pouvoir faire ce transfert financier avec une autre banque, avec un retard dans le paiement de près de six mois.

Néanmoins, ce n’est pas le seul exemple de tentatives pour nier au pays le flux de connaissances et de technologies, et pour empêcher ses relations avec l’étranger dans ce domaine. Les impositions parviennent même à boycotter la confiance dans les réseaux informatiques cubains, comme le démontre le refus du Bureau pour la Sécurité des Réseaux Informatiques (OSRI) d’utiliser les sigles CuCERT pour le Groupe de Réponses aux Incidents Informatiques dont la mission est de prévenir et de répondre aux incidents informatiques à Cuba.

L’OSRI a essayé d’obtenir une autorisation pour utiliser les sigles CERT de façon à pouvoir profiter de la reconnaissance internationale qu’elles possèdent, ce qui aurait aidé à l’obtention des objectifs de ce groupe, au niveau national comme international, et aussi à son identification avec des institutions homologues à l’étranger qui ont des missions et des objectifs similaires aux nôtres. Une telle autorisation augmenterait les atoûts à l’échelle mondiale dans la lutte contre les incidents informatiques et le “cybercrime”.

Malgré cela, et bien que depuis la fin octobre 2004 l’OSRI fait des démarches par courrier électronique avec l’Institut d’Ingénierie de Logiciels de l’Université Carnegie Mellon à Pittsburg, Pennsylvanie, la propriétaire de la Marque Déposée CERT, après de nombreuses et longues démarches, a répondu le 17 mars 2006 que « … malheureusement, à cause des politiques du Gouvernement des Etats-Unis » ils étaient incapables de satisfaire notre demande d’autorisation du moment (c’est-à-dire, l’usage des sigles CERT).

Câbles coupés

En plus d’empêcher le pays de se connecter aux réseaux internationnaux de fibres optiques, le gouvernement étasunien a aussi essayé d’éviter que cette importante voie de connection ne s’étende à l’intérieur du pays, en refusant l’exportation de câbles aux entreprises étasuniennes qui les produisent et en menaçant de sanctions celles d’autres pays.

CUBATEL, l’entité chargée de cette tâche, a demandé en 2006 des offres à un total de 45 entités de production ou commercialisation de différents types de câbles, d’accessoires ou d’équipements qui ont à voir avec les communications par fibre optique.

Seules quatre ont envoyé des réponses disant qu’elle n’étaient pas intéressées ou ne pouvaient pas mener des affaires avec Cuba à cause des lois du blocus, deux répondirent proposant la possibilité de prendre contact avec des intermédiaires de succursales de pays tiers, et les 39 restantes n’ont tout simplement pas répondu.

Certains courriers de réponses négatives d’hommes d’affaires étasuniens décelaient à l’évidence l’intention d’entreprises de ce pays d’établir des relations commerciales normales avec Cuba qui se révèlaient impossibles à cause de l’absurde politique du blocus.

Ainsí, Saif Usmani, fonctionnaire du Département de Ventes de Standard Marketing Incorporated, a répondu : « Nous vous remercions pour nous avoir contacté au sujet de vos besoins industriels, mais nous ne pouvons que décliner votre demande parce que nous ne pouvons pas aller contre la loi fédérale. Au cas où dans le futur les relations USA-CUBA s’améliorent et l’embargo se lève, alors nous aimerions vous offrir nos produits ».

Et puis, Scott Clay, fonctionnaire de ventes de 3M Telecommunications, expliquait : « Nous souhaiterions faire des affaires avec vous, mais à cause de l’embargo des Etats-Unis contre Cuba, ces affaires nous sont interdites. Si un jour ces règles changent, alors nous serons heureux d’entrer en matière avec vous dans le futur ».

Gourdins extra-territoriaux

Même des programmes aussi nobles que celui d’amener l’informatique à toutes les écoles cubaines, l’installation de salles de video, les cabinets médicaux ou les centres d’accès aux nouvelles technologies, nombre d’entre eux situés dans des lieux d’accès difficile et qui en conséquence doivent fonctionner avec des panneaux solaires, sont affectés par cette persécution criminelle de toute tentative de la plus Grande des Antilles d’accéder aux nouvelles technologies.

Un exemple dans ce sens en est la situation concernant les inverseurs de courant et d’autres équipements qui s’utilisent pour les Systèmes d’Energie Photovoltaïque, et qui s’obtenaient d’une entreprise canadienne qui, à cause de ses intérêts commerciaux avec les Etats Unis, a refusé de continuer de vendre ces produits à une autre entité du même pays qui fait des affaires avec la cubaine COEXTEL, ce qui obligea à chercher un fournisseur alternatif avec une augmentation des prix.

En fait, même les succursales au Canada des trois principaux fournisseurs de matériel informatique aux Etats Unis, Ingram Micro, Tech Data et Sinnex, ont refusé de fournir du matériel à une compagnie canadienne parce qu’elle faisait des affaires avec Cuba bien que la majeure partie de ces fournitures n’était même pas fabriquée aux Etat Unis, en somme une claire application extra-territoriale du blocus.

Ce ne sont que quelques exemples d’un acharnement cruel et superflu contre les cubains qui malgré tout atteignent chaque jour qui passe une plus grande maîtrise des nouvelles technologies, pour leur usage social en faveur du développement de tout un peuple.

23 novembre 2006

Amaury E. del Valle Courriel : [email protected]

Version originale sous : http://www.juventudrebelde.cu/cuba/2006-11-23/estados-unidos-realiza-cercos-virtuales-extraterritoriales-contra-cuba/   

Traduction : Raymond Muller


Articles Par : Amaury E. del Valle

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