Les fonctionnaires étasuniens persévèrent dans le ridicule

Voilà « Chien Enragé » Mattis, secrétaire à la Guerre des États-Unis, disant n’avoir pas de preuve d’attaque chimique en Syrie la semaine dernière, mais croire personnellement qu’il y en a eu une.

Si je me souviens bien, quand quelqu’un affirme croire une chose nullement prouvée, ce quelqu’un est soit un fanatique religieux, soit un idéologue. Quelqu’un de sérieux n’exprimerait jamais une conviction que rien n’étaye.

Cela pose question quant à l’aptitude de Mattis à son poste. Il est prêt à entraîner les États-Unis dans une guerre avec la Russie, sur la base de rien d’autre que sa croyance. C’est de la folie.

Même un crétin affligé d’un faible QI – ce qui est semble-t-il au-dessus du niveau de l’intelligence de l’actuel secrétaire à la guerre – comprend que les Syriens n’auraient pas, à quelques heures de la libération de la population civile de Douma, utilisé des armes chimiques contre elle, alors que des soldats se sacrifiaient pour la libérer.

Selon RT, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), est sur le point d’inspecter le site. J’ai lu que les États-Unis ont opposé leur veto à l’enquête. Selon RT, Washinton a autorisé l’OIAC à seulement déterminer si des armes chimiques ont été utilisées, pas par qui si c’est le cas. Si une pression peut être exercée sur l’OIAC pour qu’elle dise avoir trouvé des signes d’emploi d’armes chimiques, Washington saisira cela pour prouver que la Syrie l’a fait.

Comme l’a bien fait comprendre l’ancien chef de l’OIAC, cet organisme n’est pas libre de l’emprise de Washington. Il est supposé être indépendant, mais il ne l’est pas. Jose Bustani, un diplomate brésilien qui était directeur général de l’OIAC, dit avoir reçu l’ordre de démissionner de John Bolton, le dangereux fauteur de guerre néocons qui est actuellement conseiller à la Sécurité nationale du Président Trump. Bustani a fait remarquer à Bolton qu’il avait été nommé par les pays membres de l’OIAC, pas par les États-Unis, et il a refusé de démissionner. Voici la réponse de Bolton : « OK, il y aura donc des représailles. Préparez-vous à en assumer les conséquences. Nous savons où sont vos enfants. »

C’est la diplomatie étasunienne à l’œuvre. Elle est entièrement à base de mensonge, soudoiement, menace, coercition, assassinat. Vous souvenez-vous du fonctionnaire du département d’État qui a dit au Président du Pakistan, faites maintenant ce que je dis ou nous allons vous ramener à l’âge de pierre en vous bombardant ?

Bolton a empêché la réélection de Bustani. Les membres de l’OIAC préfèrent les subventions de Washington plutôt qu’être un organisme honnête.

Il est insensé que les Russes comptent sur des « organismes internationaux » qui sont sous l’emprise de Washington.

Il est insensé que les Russes comptent sur le bon sens des Occidentaux. Il n’y a nulle part du bon sens en Occident. S’il y avait du bon sens chez les Occidentaux, ils n’enverraient pas leur flotte attaquer les forces russes et syriennes.

Il est insensé que les Russes parlent de leurs « partenaires étasuniens ». Les partenaires de cette espèce n’existent pas. La Russie a uniquement des ennemis étasuniens.

Les néocons, qui sont aux manettes de la politique étrangère étasunienne, ont clairement fait savoir que le principal objectif de cette politique est d’empêcher la montée en puissance de la Russie et de tout autre pays pouvant présenter une gêne à l’unilatéralisme étasunien. Les néocons ont fait comprendre très clairement que la Russie devait disparaître. Il est dangereux pour les Russes de ne pas tenir compte d’un avertissement aussi clair. Or, lors de mes interviews avec les médias russes, les journalistes sont rendus perplexes par le mot « néocons ». Ils demandent ce que c’est.

Comment se fait-il que les journalistes russes ne sachent pas que le puissant groupe d’intérêts dont John Bolton, le membre le plus belliciste, est le bras droit de Trump, a mis la Russie dans les pays à vassaliser, conquérir ou anéantir ? Des gens aussi mal informés n’ont guère de chances de survivre.

Paul Craig Roberts

 

Article original en anglais :

American Officials Continue to Make Laughing Stocks of Themselves, publié le 13 avril 2018

Cet article a été publié initialement sur le site de Paul Craig Roberts, le 12 avril 2018

Traduction Petrus Lombard

Version française publiée par Réseau International

 

Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique, Paul Craig Roberts a été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur chez Business Week, Scripps Howard News Service et Creators Syndicate, il a écrit de nombreux ouvrages, dont l’un, L’Amérique perdue : Du 11 septembre à la fin de l’illusion Obama, a été traduit en français, et il a aussi été affecté à de nombreux postes universitaires.



Articles Par : Dr. Paul Craig Roberts

A propos :

Paul Craig Roberts, former Assistant Secretary of the US Treasury and Associate Editor of the Wall Street Journal, has held numerous university appointments. He is a frequent contributor to Global Research. Dr. Roberts can be reached at http://paulcraigroberts.org

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