Les otages libanais en Syrie libérés: décryptage d’un dénouement heureux

Les neuf otages libanais enlevés par des rebelles syriens à Alep, il y a 17 mois, sont arrivés à Beyrouth samedi soir, après avoir été remis au chef de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim. Un accueil officiel et populaire leur a été réservé à l’aéroport de Beyrouth et dans les rues de la banlieue sud.

Les deux pilotes turcs, enlevés à Beyrouth le 9 août dernier, ont également été libérés, dans une opération complexe d’échange, qui a vu aussi la libération par la Syrie de plusieurs dizaines de détenus, des femmes en majorité.

Ce dénouement heureux ne doit pas nous empêcher de procéder à une évaluation rationnelle de cette affaire:

-L’enlèvement des otages libanais de retour d’un pèlerinage en Iran avait pour but de provoquer une discorde sectaire au Liban et dans la région. Ce plan a pu être évité grâce, en premier lieu, à l’attitude responsable du leader de la Résistance, sayyed Hassan Nasrallah, qui a interdit, toute réaction de vengeance. La base populaire de la Résistance a réagi avec un sens aigu de la responsabilité, tout en faisant preuve de détermination dans son mouvement réclamant la libération des otages. Les familles des détenus libanais ont fait preuve de patience face aux discours provocateurs, appuyées par des prises de positions patriotiques exprimées par le mufti de la République Mohammad Rachid Kabbani, cheikh Maher Hammoud, imam de la mosquée al-Qods à Saïda, l’ancien Premier ministre Salim Hoss, le ministre Fayçal Karamé et beaucoup d’autres. Le plan de discorde, fomenté par l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, et exécuté par les Frères musulmans et les groupes takfiristes et terroristes en Syrie, a été mis en échec.

-Dès le début de cette affaire, l’Etat libanais aurait dû exercer des pressions sur les Etats soutenant les groupes terroristes en Syrie, s’il avait vraiment voulu libérer les otages. Mais le pouvoir libanais n’a pas osé, même verbalement, critiquer le trio responsable de l’agression contre la Syrie, l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar, et leur véritable maitre, les Etats-Unis. Seul le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, s’est investi à fond dans ce dossier, malgré les honteuses critiques dont il a fait l’objet de la part des parties libanaises impliquées dans la guerre terroriste contre la Syrie.

-Le timing de la libération des otages libanais est lié à l’échec de l’agression contre la Syrie et à la dislocation du front international et régional constitué pour combattre ce pays. Cette dislocation s’est accentuée depuis que l’axe de la Résistance, appuyé par l’allié russe, a réussi à empêcher l’intervention militaire américaine contre la Syrie. La Turquie a été contrainte à obtempérer à cause des répercussions de la crise syrienne sur son sol et, malheureusement il faut le reconnaitre, après l’enlèvement des deux pilotes turcs sur la route de l’aéroport, le 9 août dernier.

-Cette affaire a dévoilé l’esprit mercantiliste de certains médias libanais qui ont tenté de profiter de ce drame, à travers des voyages de presse, des reportages et des enquêtes, financés par le Qatar et les milieux proches de Saad Hariri. L’objectif étant d’améliorer l’image des ravisseurs des otages libanais et de ternir celle de la Résistance.

-La libération n’aurait pas pu réussir si la Syrie n’avait pas répondu positivement, dès le début, aux démarches de Abbas Ibrahim, ce qui illustre une volonté syrienne de préserver la stabilité du Liban. Et le fait que l’interlocuteur syrien d’Ibrahim soit le général Ali Mamlouk prouve à quel point la Syrie s’élève au dessus des mesquineries de certains libanais.

Ghaleb Kandil

 

 



Articles Par : Ghaleb Kandil

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