Pour une Constitution algérienne du XXIe siècle

«Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour perséverer»

Guillaume d’Orange

 

Dans les grands rendez-vous avec le peuple pour ériger un projet de société opposable aux hommes qui sont de passage, il est d’usage d’inscrire dans le marbre les fondamentaux qui doivent régir le vivre-ensemble pour affronter à la fois des défis internes d’épanouissement du citoyen et externes pour promouvoir une visibilité du pays qui repose sur une stabilité et une adhésion du peuple à un projet de société adossée à une Constitution qui est acceptée par le plus grand nombre. J’ai eu l’opportunité et le privilège d’être associé en tant qu’universitaire à la consultation concernant la Constitution. Je restitue ici ma part de vérité.

Etat des lieux

Dans cette mission, il est bon aussi d’avoir comme cap la rédaction d’une Constitution en phase avec le XXIe siècle dans tout ce qu’il comporte de transparence, de mutations rapides et de certitudes éphémères. Cela devrait être annoncé dans le préambule qui fixe les grandes idées Il nous a paru souhaitable de tracer le décor de ce qu’est l’Algérie à la fois sur le plan interne et externe. Cet état des lieux objectif, mais cependant sans complaisance nous permettra d’appréhender en creux. Les lacunes, déficits et insuffisances de la gestion du pays un demi-siècle après l’indépendance. La situation actuelle du pays est délicate, elle demande à chacun de nous de faire son introspection et de prendre position pour le plus grand bien de ce pays. Le chantier de la Constitution devrait non seulement consolider les acquis, les invariants mais faire preuve d’audace en imaginant le futur d’ici une quinzaine d’années, un horizon raisonnable et faire en sorte que la Constitution ne soit pas obsolète à cette échéance-là. Pour cela, un diagnostic est nécessaire pour faire le point et proposer des idées qui paraissent à la fois durables capables de mobiliser favorablement le peuple algérien au moment du vote et nous permettre de rentrer dans ce XXIe siècle, non par effraction, mais en tenant notre rang en invitant un nouveau deal qui soit en phase avec les préoccupations actuelles du peuple algérien mais qui soit dans le même temps en phase avec le mouvement du monde.

L’Algérie de 2014, c’est 39 millions d’habitants dont 90% n’ont pas connu le colonialisme. 75% ont moins de trente ans. C’est donc à une réflexion sur le futur que nous devons apporter toute notre attention. Au fil des ans, nous avons constaté une démonétisation de la fonction d’enseignant, de l’acte pédagogique. L’Ecole ne fait plus rêver. Ce n’est plus un ascenseur social. La perversion des valeurs a fait place à des voies parallèles de réussite sociale en dehors de l’effort du mérite, du travail bien. L’Algérie pour survivre et tenir son rang devra faire émerger d’autres légitimités. Celles du savoir, du travail bien fait, du mérite, en un mot, tourner le dos à la situation anomique actuelle.
Les incertitudes actuelles du vivre-ensemble

Pendant cinquante ans le contrat social a plus ou moins tenu parce que l’aura de la glorieuse révolution de Novembre continuait à éclairer le chemin et d’une façon ou d’une autre les éruptions quant au projet de société ont été contenues grâce justement à ce que l’on pourrait dire au viatique du 1er Novembre. Mais de plus en plus, des Algériens s’interrogèrent à juste titre sur le vivre-ensemble. Ballotés entre des sphères civilisationnelles qui ne sont pas celles de son génie propre, la sphère moyen-orientale.

L’exemple récent de Ghardaïa est à méditer. Il est nécessaire de réconcilier ce peuple avec son histoire. A Dieu ne plaise, si on ne fait rien pour asseoir définitivement un Etat nation, nous allons être soudanisés, voire somalisés. Nous ne sommes pas invulnérables! Le pays peine à se déployer, il ne créé pas de richesse. Nous sommes un petit pays qui se cherche, nous sommes un pays rentier qui n’invente rien, qui se contente de gérer une rente et en tentant de calmer la société par une distribution de la rente. Notre développement ne se mesure pas à l’aune des 4×4 rutilants pour des richesses qui ont jailli du néant, avec on l’aura compris, plus de 6 milliards de dollars pour les centaines de milliers de voitures importées ni même le portable accroché à l’oreille avec à la clé une hémorragie de 2 milliards de dollars par an pour le pays.

Ce n’est pas cela le développement

L’école encore une fois qui ne joue plus son rôle d’ascenseur social. Nous nous plaignons du manque d’engouement pour les études, le savoir, le devoir bien fait, mais c’est nous qui avons fait le lit de ces dérives par cette mercuriale de l’échelle du savoir basée sur la capacité de nuisance, le soporifique éphémère du football pour gagner du temps, qui en réalité nous manque cruellement si on veut mettre le pays sur les rails. Cette inversion des valeurs, nous la payons au quotidien par l’incivilité, le manque de civisme et la tentation d’une visibilité sociale quel qu’en soit le prix. La gestion par la paresse intellectuelle est encore possible tant que nous pompons une ressource qui appartient aux générations futures. Notre errance actuelle c´est aussi le gaspillage frénétique de nos ressources en hydrocarbures du fait de l´absence d´une stratégie et c´est enfin, la corruption, L’Algérie se retrouve à la croisée des chemins. Elle n’a pas permis l’émergence de la nation au sens du désir de vivre ensemble.

Dans moins d’une génération, l´Algérie importera son pétrole, avec quoi? Puisque présentement, il représente 98% de ses recettes. La société civile que nous devons contribuer à faire émerger devra être partie prenante du destin de l´Algérie. S´agissant de la stratégie énergétique, il est important de tout mettre à plat et tracer un cap qui nous permette d´aller vers la sobriété énergétique et miser sur les énergies renouvelables en n´extrayant du pétrole et du gaz que ce qui est strictement nécessaire au développement. Qu´on se le dise! Notre meilleure banque est notre sous-sol, Utiliser avec parcimonie et à bon escient ce viatique et en laisser une bonne part aux générations de 2030 ,cela s’appelle  le développement durable.

Dans l’Algérie actuelle tout est à prendre, les Algériens qui font leur travail, qui méritent durement leur salaire sont de plus en plus scandalisés par le m’as-tu-vu et les fortunes qui ont jailli du néant, de toute une faune dont l’unité de mesure est le milliard. Il n’y a jamais de place dans les journaux pour la science, la recherche, la prouesse scientifique  des Algériens. Sait-on par exemple que des chercheurs participent à la construction d’un télescope spatial au Japon ? Ces Algériens besogneux, -les meilleurs des fils de l’Algérie-, n’ont aucune visibilité sur l’échelle sociale algérienne squatté entre autres par des pousseurs de ballons à qui on donne en une fois ce que touche un professeur s’il se réincarne plusieurs fois à l’image de Duncan Mc Leod.. C’est tout ceci qui doit changer ! La nouvelle Constitution peut y contribuer.

Ces problèmes de fond attendent d’être abordés résolument et seul le parler vrai permettra de repartir du bon pied. L’élaboration d’un projet de société – à travers les fondamentaux de la Constitution- permettra de poser justement  les jalons d’une transition multidimensionnelle.

Qu’est-ce qu’être algérien au XXIe siècle?

L’une des grandes interrogations toujours d’actualité est le socle identitaire. L’Algérie ne s’est jamais posée la question de savoir ce qu’elle est réellement. Les différents gouvernements ont toujours occulté cette interrogation au nom de l’unité et des «urgences». Le jeune Algérien dont la conscience est ouverte à tout vent, du fait d’une éducation désastreuse, de médias indigents et d’une sous-culture s’identifie au gré des vents à son quartier, à sa tribu, à son ethnie, rarement, il ne se sent Algérien.

L’Algérie ne connaîtra pas le repos tant qu’elle n’aura pas réglé l’épineux problème du vivre-ensemble. Que voulons-nous pour ce pays? Etre Algérien au XXIe siècle, c’est avant tout aimer l’Algérie et le prouver au quotidien, quel que soit l’horizon d’où nous venons. Le jacobinisme a montré ses limites. L’instauration d’un État fédéral trouve son justificatif dans le fait que c’est le meilleur moyen de maintenir la cohésion du peuple algérien, de garantir l’intégrité territoriale nationale.
Un projet de société viable: le préambule sur l’identité de l’Algérien au XXIe siècle

Le monde change très vite et il est possible dans un avenir proche que les frontières soient redessinées pour un nouveau paradigme international, les tentatives ne manquent pas. que reste-t-il aux pays arabes et plus largement aux pays musulmans qui n’ont pas pu prendre pour des raisons diverses -notamment la plus importante, la liberté, l’alternance, la démocratie participative,- le train du progrès et des rapides mutations du monde où le futur sera formaté par l’énergie, l’eau, la sécurité alimentaire dans un contexte de changements climatiques de plus en plus erratiques et naturellement la révolution la plus importante de toute celles du big data fille de l’économie de la connaissance.

L’ancien P-DG de Google, Éric Schmidt, estimait en 2010 que nous produisions tous les deux jours autant d’informations qu’entre le début de la culture humaine et 2003. Nous devons mettre tous nos efforts pour faire aboutir un projet de société consensuel sur la base d’un fond rocheux trois fois millénaire, en combattant le régionalisme, le népotisme et les déviations basées sur l’ethnie ou la religion. La République garantit à chacun le respect de ses opinions, de ses croyances. Il vient qu’au-delà des libertés de la démocratie, de l’alternance à graver dans le marbre lors d’une nouvelle Constituante pour une deuxième République, il faut réconcilier l’Algérie avec son histoire et enseigner que 18 siècles avant l’avènement de l’Islam au Maghreb, il y avait un peuple, une identité, une civilisation. Massinissa battait monnaie quand l’Europe n’avait pas émergé aux temps historiques. Revendiquons nos racines amazighes sans en faire un fonds de commerce. Donnons à cette langue tous les attributs de son épanouissement sans arrière-pensée. Les vrais combats du pays ne pourront être gagnés que si tous les Algériens se sentent unis.

Quels sont les espaces de délibération?

On peut en citer quelques-uns: le Conseil de l’éducation, le Conseil national des Ressources énergétiques et du développement durable de l’énergie, le Conseil économique et social. La nouvelle Constitution devra trancher aussi entre régime présidentiel- semi-présidentiel ou parlementaire. Il serait hautement souhaitable en outre et pour éviter l’usure du pouvoir de limiter le nombre de mandats au plus à deux, de redynamiser les institutions de contrôle politique (parlementaires). Il faut se convaincre que seules des conditions de liberté politique sous toutes ses formes, des libertés de délibération, d’expression d’une part, et des élections libres et transparentes d’autre part, permettent à l’économie de progresser. Il faut cependant, au préalable, la nécessité justement de mettre en place les différentes transitions rendues nécessaires par le mouvement du monde.

S’il est une personnalité qui a toujours posé problème, c’est la valeur ajoutée de nos députés. Comment associer dans le débat d’idées sur les grands dossiers qui conditionnent la vie de la nation les compétences issues la société civile» qui n’a la légitimité de sa compétence et son dévouement au service du pays. Nous pensons que l’Assemblée parlementaire devrait réserver- pourquoi ne pas innover?- une place respectable à ces acteurs de la société civile compétents et désintéressés,. Ils seront à n’en point douter des modérateurs et permettront de cadrer scientifiquement les débat (les professeurs, les magistrats ayant de l’expérience, les anciens cadres notamment de sociétés nationales ont toutes leurs places dans ce vivier).

Il nous a paru important  et avant toute chose de proposer d’intégrer dans la Constitution quelques articles faisant référence à la protection de l’enfant le futur citoyen . Les droits doivent être reconnus à tous les enfants sans exception L’enfant doit bénéficier d’une protection spéciale. Par ailleurs, toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience. La dignité de l’être humain est intangible. La liberté de la personne est inviolable. Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. La liberté de croyance et de conscience et la liberté de professer des croyances religieuses et philosophiques sont inviolables. Le libre exercice du culte est garanti.

La société algérienne est agitée par un mouvement brownien et les valeurs de stratification sociale en fonction du mérite sont à inventer. La Constitution devra d’une façon ou d’une autre réhabiliter le savoir et la compétence si on veut donner une visibilité à ce pays. Dans le monde moderne, la puissance est principalement définie par des facteurs tels que l’économie, la défense et l’influence scientifique et culturelle. Le savoir, la compétence, l’éthique: les Conseils à prévoir dans la Constitution

La mise en place d’un Conseil supérieur de l’éducation et d’une Académie des sciences seront des signes de réhabilitation ou mieux de l’avènement de nouvelles légitimités qui devront avec les outils du XXIe siècle traduire dans les faits le combat permanent pour la dignité humaine et dont la révolution de Novembre en fut le point d’orgue du XXe siècle. De plus, rien ne peut se faire sans une éthique de nos actes.

A titre indicatif, les Conseils que je propose seraient aussi des gardes-fous contre l’aventure…

Il est important de disposer d’abord d’une Institution cerveau véritable banques de données constamment mise à jour. De noter que pour prendre en charge les difficiles paris et défis de l’Algérie et d’être une aide à la décision des plus hautes autorités, il s’avère judicieux de mettre en place une série de Conseils supérieurs nationaux qui sont autant de centres de réflexion permanente, de Think Thanks qui permettront de guider le bateau Algérie en préparant des stratégies finement élaborées dans les domaines vitaux. Il ne s’agit pas de Conseils administratifs classiques mais de ruches de boîtes à idées, « bourdonnant en permanence un espace de brainstorming , de « remue-méninges » où seul le neurone   a droit de citer…

1° Les Conseils du Mérite de la Nation qui permettent de récompenser l’effort scientifique culturel  véritble boussole qui nous permettra de séparer constamment le bon grain de l’ivraie  et rendre justice àtous  les méritants aussi diversifiés et humbles soient ils

2°Le Conseil National de Sécurité et de l’Action Diplomatique C’est peut-être l’institution la plus délicate il s’agit de promouvoir la sécurité du pays avec les outils du XXIe siècle, basés notamment sur la veille technologique et sécuritaire,

3° Les Conseils National de l’Education et de l’Economie de la Connaissance A n’en point douter, les générations ne devront plus être formés sur des programmes obsolètes redondants, mais constamment évolutifs. Ce sera l’action des compétences qui seront à l’écoute des transformations scientifiques et technologiques du monde

4° Le Conseil National des ressources et du développement durable (eau, énergie, terres agricoles)

Il devra veiller à une rationalité, une sobriété en tout et en une utilisation cohérente et optimale. L’affaire du gaz de schiste est de mon point de vue un dossier crucial pour le pays. Car continuer à pomper d’une façon frénétique pour assurer un développement artificiel et avoir la paix sociale est une erreur si l’exploitation des gaz de schiste est vue dans ce sens. Un  Conseil National permettra d’être un garde fou et ses propositions ne sont pas indexés sur un agenda politique de gestion du quotidien.. Au contraire, il sera mû par le destin des générations futures, d’autant que cette technologie est pour le moment brutale dans tous les sens du terme (20.000 m3 par frack, un puits pouvant être fracté plusieurs fois, 2500 produits chimiques dont 650 hautement dangereux pour la santé humaine, et l’environnement ( faune et flore…) .Tout ceci dans un contexte d’éco-système saharien fragile. Le Conseil aura fort à faire à faire changer le paradigme actuel qui est celui de l’ébriété énergétique vers la sobriété consubstantielle du Développement durable

6° L’Académie des Sciences, des Arts et des Lettres. La mise en place de cette Institution sera un tournant, elle ancrera la volonté de tourner le dos aux  anciennes légitimités  et miser sur l’avenir en donnant à l’Algérie les outils pour rentrer dans ce XXIe siècle du big data et de l’avalanche et l’obsolescence en permanence des savoirs

Conclusion

Nous militons  par nos modestes contributions pour que le peuple bien informé puisse donner son avis. De ce fait, l’idée d’organiser une élection législative devrait être l’aboutissement du projet. Nous devons prendre en compte les attentes de l’Algérie profonde, les dynamiques souterraines des jeunes, leurs aspirations; leurs angoisses. Nous devons être à l’écoute des mutations du monde qui, qu’on le veuille ou non, devraient être prises en charge par le texte de la Constitution.

En définitive, il nous faut retrouver cette âme de pionnier que l’on avait à l’Indépendance en mobilisant, le plus grand nombre, quand il y a un cap. Imaginons que le pays avec une nouvelle Constitution qui ancre la démocratie, décide de mobiliser dans le cadre du Service national, véritable matrice du nationalisme et de l’identité, des jeunes capables de faire reverdir le Sahara, d’être les chevilles ouvrières à des degrés divers d’une stratégie énergétique qui tourne le dos au tout-hydrocarbures et qui s’engage à marche forcée dans les énergies renouvelables. Le bonheur transparaîtra en chacun de nous par la satisfaction d’avoir été unis, utiles, et en contribuant par un travail bien fait, par l’intelligence et la sueur, à l’avènement de l’Algérie de nos rêves. Il ne tient qu’à notre volonté de faire de nos rêves une réalité. Nous le devons, nous le pouvons.

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz



Articles Par : Chems Eddine Chitour

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