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Manifestations : Pourquoi nos médias parlent-ils des uns (Hongrie, Russie) et pas des autres (Lettonie, Ukraine, Grèce) ?
Par Jean-Marie Chauvier
Mondialisation.ca, 16 avril 2012
16 avril 2012
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Cartes de la Lettonie et de l’Ukraine


Suite aux divers envois sur les manifs néonazies en Lettonie et en Ukraine occidentale, deux questions me sont souvent posées: 
1) Que représentent-ils ? 
2) Pourquoi nos médias parlent-ils des uns (Hongrie, Russie) et pas des autres (Lettonie, Ukraine, Grèce) ?

A la première question
, la réponse n’est pas simple. Les groupes néonazis ou néofascistes sont minoritaires partout, sauf dans certains pays comme la Hongrie, et régions, comme l’Ukraine occidentale (Galicie). Le parti ukrainien d’extrême-droite admirateur de la Waffen SS « Svoboda », par exemple, n’a guère d’influence dans l’ensemble de l’Ukraine, mais dispose d’une majorité dans les principales villes de Galicie (dont Lviv, ou Lvov), berceau du nationalisme radical (OUN) et de la collaboration nazie. A Lviv, Ternopil, Ivano-Frankivsk, les néonazis et autres ultranationalistes défilent fréquemment par milliers, ils ont des milices paramilitaires.

Mais il faut ajouter que les IDEES ultranationalistes et fascisantes sont également présentes au sein de GRANDES formations politiques et d’une partie des populations. L’extrême-droite était influente au sein des formations de la « révolution orange ». Ca dérange  ?

A la deuxième question,
la réponse est simple, et en partie d’ordre géopolitique.

L’extrême-droite et le nationalisme hongrois dérangent en raison de leur opposition partielle à l’Union Européenne
, alors que l’extrême-droite grecque a été momentanément associée au gouvernement vu qu’elle appliquait les plans d’austérité recommandés par Bruxelles.

Les dictatures appliquant les programmes du FMI et du néolibéralisme ont toujours eu « nos » préférences !

L’extrême-droite et les néonazis baltes et ukrainiens sont « utiles » en tant qu’ardents adversaires de la Ru
ssie.


Nos médias, dès lors, parlent abondamment des fascistes russes, mais pas des baltes ou des ukrainiens.

« Les ennemis de nos ennemis sont nos amis ». Il y a toujours eu de « bons » fascistes et d’autres pas. C’est comme « les dictateurs ».
J’ajouterais une autre réflexion à l’occasion du procès de Breivik en Norvège.

Ce personnage défend un programme idéologique très clair et bien structuré: anticommunisme (ce point est rarement rappelé), islamophobie et rejet du modèle multi-culturel. Il y a des tentatives de le faire passer pour « fou » ou « tireur isolé ». On entend souvent des commentaires de journaux télévisés qui reviennent en détail sur les faits criminels mais non sur l’idéologie. Il y a une explication, je crois. Cette idéologie est très dans la tradition européenne, et très proche de l’idéologie latente de la droite « modérée » en Europe. Breivik est donc assez « dérangeant ». Voyez la différence de traitement avec Mohammed Merha. Son cas est hyper « idéologisé ». En effet, il incarne « l’ennemi » de notre civilisation occidentale. Alors que son comportement semble beaucoup plus proche du déséquilibré et du « tireur isolé ».

Breivik est « des nôtres », Merha est un Autre.

Jean-Marie Chauvier
16 avril 2012 

 

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