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Marqué au fer rouge par Guantánamo
Par Laura-Julie Perreault
Mondialisation.ca, 25 mai 2011
cyberpresse.ca 25 mai 2011
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Libéré de la base militaire de Guantanamo Bay en 2005 sans avoir été accusé, Moazzam Begg dirige aujourd’hui une organisation de défense des détenus de la prison américaine.

Image tirée du film You don’t like the truth, 4 days inside Guantánamo

Libéré de la base militaire de Guantanamo Bay en 2005 sans avoir été accusé d’aucun crime, le Britannique Moazzam Begg croyait la page tournée depuis longtemps: en trois ans, il a fait le tour du monde deux fois plutôt qu’une. Mais en tentant de prendre l’avion pour Toronto vendredi dernier, il a appris que la marque de Guantánamo n’est toujours pas disparue aux yeux des autorités canadiennes.

Lorsqu’il s’est présenté pour son vol, des représentants d’Air Canada lui ont signifié qu’ils ne pouvaient pas le prendre à bord, sur ordre du haut-commissariat du Canada au Royaume-Uni. «Les gens d’Air Canada m’ont dit que j’étais sur une liste de sécurité. Qu’ils ne pouvaient pas me prendre à bord dans l’éventualité peu probable que l’avion soit redirigé vers les États-Unis», a dit à La Presse M. Begg, joint en Grande-Bretagne hier.

Selon lui, le gouvernement canadien est le seul à blâmer dans cette affaire. «C’est un pays souverain qui doit appliquer ses propres lois, pas celles du pays voisin», tonne-t-il.

Un compagnon de cellule d’Omar Khadr

L’homme qui dirige aujourd’hui l’organisation Cageprisoners, se portant à la défense des détenus de Guantánamo, devait prononcer un discours à Montréal hier soir à l’invitation du Réseau de la commission populaire, une organisation non gouvernementale s’intéressant aux questions de droits humains dans la lutte contre le terrorisme. M. Begg comptait notamment parler du jeune Canadien Omar Khadr, toujours détenu à la base militaire américaine et dont il a partagé la cellule. «J’ai été témoin de la torture qu’il a subie», a-t-il noté hier au téléphone.

Malgré l’absence du conférencier, les organisateurs de l’événement montréalais ont décidé d’aller de l’avant. «Nous voulons discuter de la riposte que nous devons organiser et demander au gouvernement canadien de rendre des comptes, notait hier Mary Foster. Je suis estomaquée par la situation. Moazzam Begg n’a jamais été accusé de quoi que ce soit. Il voyage partout dans le monde et ça ne lui est jamais arrivé avant.»

La Presse a tenté d’obtenir des explications de la part du gouvernement canadien, mais au moment de mettre sous presse hier, aucune réponse ne nous avait été fournie.

Citoyen britannique, Moazzam Begg a été arrêté en janvier 2002 à Islamabad par les services secrets pakistanais et américains qui le soupçonnaient d’avoir des liens avec Al-Qaïda. Il a été détenu à Kandahar et à Bagram avant d’être transféré à Guantanamo Bay, où il dit avoir été victime de mauvais traitements. Il a été relâché en 2005 sur ordre du président américain George W. Bush.

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