Mexique: L’occupation militaire du Chiapas accentue sa dimension offensive

Mis en ligne par Dial.

Dans ce « dossier Chiapas », on trouvera d’une part un long article présentant les évolutions du conflit depuis 1994, et d’autre part (voir ci-dessous), un bref texte évoquant des changements récents dans la stratégie militaire d’occupation de la région. Ces changements discrets pourraient bien avoir des conséquences importantes pour l’équilibre de la région dans les mois et les années qui viennent. Cet article a été publié par Adital le 25 juillet 2007.

Il aurait pu sembler à première vue que le retrait de dix positions militaires sur décision du Secrétariat de la défense nationale (SEDENA) avait mis un frein au processus de militarisation et de guerre contre les communautés indiennes au Chiapas. Une réactualisation des données à ce sujet démontre cependant que les changements de stratégie militaire de la SEDENA indiquent exactement le contraire.

Le rapport intitulé « Le visage de la guerre : une Armée fédérale mexicaine, des peuples indiens, leur territoire », réalisé par le Centre d’analyse politique et de recherches sociales et économiques (CAPISE), fait apparaître que « la réorganisation de la SEDENA sur le territoire indien du Chiapas est du reste impressionnante : la “qualité militaire” a remplacé la quantité. Les unités militaires traditionnelles ont quasiment disparu au profit de Corps spéciaux d’élite du plus haut niveau ».

Le CAPISE a répertorié, entre mai 2005 et juillet 2007, le retrait de trente positions militaires. Le document signale que, en dépit des retraits, de nouveaux corps d’élite plus offensifs ont été envoyés dans la région. Ceux-ci ne sont plus sous le commandement des militaires de la région du Chiapas, comme cela a été le cas jusqu’en 2006, mais directement sous celui du Camp militaire numéro un de Mexico. « Le Secrétariat de la défense nationale (SEDENA) a déployé aléatoirement des forces spéciales d’élite. Cette réalité traduit un message clair : l’attaque est générale » conclut l’étude.

Le Centre considère que « pour l’État mexicain, le projet et le gouvernement zapatistes en tant qu’expériences de libre détermination des peuples indiens sont un ennemi intérieur ». Il ajoute que le contrôle du territoire et l’administration de ses ressources naturelles et biotiques sont au centre du conflit avec les Indiens. CAPISE dénonce dans son étude que « le gouvernement imposé de Felipe Calderón a militarisé, dans l’État du Chiapas, la quasi-totalité des institutions judiciaires et confié aux militaires le contrôle de la région ».

Le rapport a dénombré plus de 79 bases militaires permanentes au Chiapas dont 56 en zone indienne. Au Mexique, 12 régions militaires ont été identifiées. Le Chiapas et Tabasco forment la septième région, divisée en 5 zones, dont 4 se trouvent au Chiapas. Dans 3 de ces zones (Altos, Norte et Selva), correspondant aux territoires indiens, l’armée a récemment changé la nature et le nombre de ses positions les spécialisant davantage et les rendant plus offensives.

Selon le rapport, la défense des terres et des territoires doit impérativement passer par l’élaboration de liens entre les mouvements sociaux, les réseaux, les organisations sociales et civiles afin d’affronter le pillage capitaliste. « Le développement et l’essor de la Campagne mondiale pour la défense des terres et des territoires des peuples indiens et des paysans du Chiapas, du Mexique et du monde devront contribuer à rapprocher et coordonner des stratégies au niveau local, étatique, national et international. »

Traduction d’Aline Retournard pour DialDiffusion d’information sur l’Amérique latine – D 2953. Dial.

Source (espagnol) : Adital, 25 juillet 2007.



Articles Par : Adital

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