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Nouvelle base militaire US près d’un champ pétrolifère en Irak
Par Sarah Meyer
Mondialisation.ca, 18 septembre 2007
Eldib Wordpress 18 septembre 2007
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Retrait américain d’Irak: simple effet d’annonce, les américains accros au pétrole irakien vont construire une nouvelle base miltaire prés d’un champ pétrolifère. Pendant ce temps là, la population civile irakienne subit de plein fouet les effets de l’occupation sanglante : 1,2 millions de morts, un génocide, et le choléra qui se répand.

Nouvelle base militaire sur la frontière Irak Iran

Selon une dépêche de Reuters du 10/09/07, une nouvelle base militaire US doit être construite sur la frontière Irak Iran (l’Iran et l’Irak partagent 200 Km de frontière), près des quartiers généraux de la police des frontières irakienne à Badrah dans la province centrale de Wasit. Cette province est actuellement le théâtre d’attaques américaines contre des milices shi’ites Cet emplacement n’a pas été choisi par hasard. En effet, d’après Jumaa Awad, un dirigeant syndicaliste irakien, qui a participé récemment à des conférences pour dénoncer la volonté américaine de s’emparer du pétrole irakien, « il y a un nouveau champ dans la province de Wasit en Irak centrale avec un potentiel de millions de barils de pétrole. Selon la loi (si elle est votée ndlt) ce nouveau champ sera donné pour exploitation aux multinationales ».

Selon un document « Irak Revenue Watch », « ce champ se trouve dans les deux provinces de Bagdad et de Salaheddin, et s’étend probablement au sud à l’intérieur de la province de Wasit. Par conséquent il devrait être géré conjointement par les provinces de Bagdad et de Salaheddin et peut être aussi par celle de Wasit. Une production initiale fournirait 20 000 barils par jour pour la section Bagdad, mais la totalité de la production potentielle devrait être de 120 000 barils par jour.

Washington a décidé de nommer et financer un expert américain pour encadrer la rédaction de propositions de lois de remplacement pour l’exploitation du pétrole irakien et d’en rédiger les règles afin qu’elles soient aux normes selon le droit international. Il devra faire part de ses conclusions aux agences US ou aux autorités irakiennes. Sa mission est à long terme puisqu’elle est prévue jusqu’au 31 juillet 2008 avec deux fois 12 mois d’extension jusqu’au 31 juillet 2010. Le département du commerce américain cherche depuis le 31 août dernier un expert juriste maîtrisant bien l’arabe afin de fournir son expertise quand requise par les agences gouvernementales US ou les autorités irakiennes alors qu’elles conçoivent les lois et règles gouvernant le secteur du pétrole et du gaz irakien. Les fonctionnaires irakiens auront accès à l’expertise de professeurs US de renommée mondiale et d’hommes de terrain et ils suivront des ateliers techniques portant sur les problèmes spécifiques légaux et liés aux taxes. Bref les américains ont décidé d’encadrer de A jusqu’à Z l’exploitation des richesses naturelles irakiennes pour bien sûr en faire profiter un maximum leurs multinationales. C’est tout simplement du pillage administrativement organisé.

Les US voit aussi d’un mauvais œil le projet de construction d’un pipeline Irak Iran et le choix du lieu de cette nouvelle base militaire US pourrait intervenir pour saboter la coopération des deux pays en matière d’exploitation pétrolière mais aussi pour développer la construction d’autres bases le long de la frontière Irak Iran pour mener des attaques à l’interieur de l’Iran sous pretexte de mettre fin aux trafics d’armes et/ou à l’entraînement de militants shi’ites irakiens par les Gardiens de la Révolution Iranienne. Ces attaques à l’intérieur du territoire iranien font partie du plan général d’attaque US contre l’Iran, la phase suivante de l’escalade, après d’éventuelles représailles iraniennes (possible blocage du détroit d’Hormuz), devant consister en des attaques aériennes massives contre des cibles militaires, pétrolieres et, scénario le plus noir, des attaques nucléaires contre des installations civiles nucléaires iraniennes. Washington pousse les britanniques à déployer une partie de leurs 5000 soldats, notamment ceux qui se sont recemment retirés de Basra, le long de la frontière avec l’Iran. A Londres, la proposition n’enchante guère et serait même sujette à tension entre l’administration Bush et Brown le premier ministre britannique, car les britanniques craignent de se retrouver embarqués dans le chaos d’une nouvelle guerre, cette fois avec l’Iran.

L’Administration républicaine de Bush, pour des raisons purement électoraliste, envisage un mini retrait d’Irak, mais son projet d’occupation/pillage est à long terme car outre les quelques 100 000 soldats US qui devraient restés stationnés dans le pays, il faut aussi prendre en compte les 150 000 mercenaires employés par des sociétés privées US et britanniques principalement et qui accompagnent cette occupation américaine, qu’ils soient gardes du corps, supplétifs combattants de l’armée US ou simple cuisinier. En Irak, la guerre d’occupation US cela veut dire d’abord et avant tout le bizness. C’est une guerre qui s’insère complètement dans la mondialisation imposée par la force surtout dans les pays riches en ressources pétrolières.

Source de certaines informations le blog de Sarah Meyer chercheuse vivant en Grande Bretagne et qui fait partie du Brussels Tribunal Advisory Committee.

http://indexresearch.blogspot.com/2007/09/iraq-new-us-base-wasit.html

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